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3ème Session ordinaire du Conseil des Ministres du G-5 Sahel: vers la pleine opérationnalisation de la FC-G5S, en mars 2018

La 3ème Session ordinaire du Conseil des Ministres du G-5 Sahel a débuté ses travaux ce matin au Palais des Congrès de Niamey sous la présidence de Monsieur Tiéman Hubert COULIBALY, Ministre des Affaires étrangères et de la Coopération Internationale du Mali, Président du Conseil des Ministres du G5 Sahel en présence de ses homologues des 5 pays membres, de plusieurs membres du gouvernement du Niger, du Secrétaire permanent du G5 Sahel, des experts des pays membres et de plusieurs autres personnalités de marque. Dans le discours d’ouverture prononcé en cette occasion, le Président du Conseil des Ministres du G5 Sahel s’est longuement appesanti sur le bilan de réalisation du G5 Sahel pendant l’année écoulée.

C’est ainsi que « le 5 février 2017, les Chefs d’Etat et de gouvernement ont réitéré leur ferme volonté d’affronter conjointement et de façon coordonnée les nombreux défis transfrontaliers, décidé de la mise en place immédiate de la Force Conjointe du G5 Sahel, avant d’instruire le Secrétariat permanent d’approfondir la réflexion sur les modalités de création d’un Fonds de financement des activités de défense et de sécurité.

Toujours selon le ministre malien des Affaires étrangères, les Chefs d’Etat ont convenu d’accélérer le lancement de projets de développement en faveur de la jeunesse du Sahel, en termes d’éducation et d’emplois, afin de lutter concrètement contre le chômage, la radicalisation et la migration irrégulière.

« C’est à partir de ces décisions que la Présidence Malienne du G5 Sahel, appuyée par les différents instances de notre Institution, a travaillé sans relâche durant l’année qui vient de s’écouler pour opérationnaliser la Force conjointe du G5 Sahel, qui s’appuie désormais sur deux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies, possède son propre quartier général à Sévaré, et a effectué les deux opérations militaires baptisées « Haw-bi » et « Pagnali » dans le fuseau centre, respectivement, le 1er novembre 2017 et le 15 janvier 2018, visant à rendre la Force conjointe plus solide, plus structurée, et pleinement opérationnelle, à l’échéance du 31 mars 2018.

D’autres avancées en matière de défense et de Sécurité ont été réalisées, courant 2017, particulièrement: – la création du « Bureau Défense et Sécurité » du Secrétariat permanent du G5 Sahel. – la validation du Document-Cadre sur la composante civile-police de la FC-G5S. – le démarrage du projet « Groupes d’Actions Rapides-Surveillance et Intervention au Sahel (GAR-SI). – l’opérationnalisation du Collège Sahélien de Sécurité (CSS) du G5 Sahel à Bamako.

– le lancement du processus de création du Centre d’Analyse des Menaces et d’Alerte Précoce (CSAMAP).

– la tenue du « Dialogue de haut niveau sur Genre-Radicalisation et Extrémisme Violent »- (Bamako, 21-22 février 2017).

Par ailleurs, pendant l’année écoulée, la feuille de route de la Présidence malienne du G5 Sahel s’était, également, fixée trois (3) autres objectifs phares; à savoir:

– l’organisation de la Taie-ronde des bailleurs de fonds pour le financement du Programme d’Investissements Prioritaires (PlP)-Première phase (2018-2020),

– le lancement de la Compagnie aérienne régionale ‘ ‘Air Sahel – la réalisation de l’Etude sur la « Stratégie intégrée de la jeunesse G5 Sahel »- (SU). Pour Monsieur Tiéman Hubert COULIBALY, les résultats obtenus par la Présidence malienne du G5 Sahel (2017-2018) nous donnent, ainsi, les outils pour avancer dans la bonne direction et notre présence ici, aujourd’hui, est le reflet de notre engagement commun à faire davantage des progrès et à parvenir à de plus grandes réalisations afin d’offrir de meilleures conditions d’existence aux peuples de notre espace G5 Sahel.

Périodiquement, les sessions du Conseil des Ministres du G5 Sahel nous offrent l’opportunité de réitérer les engagements de nos Etats membres, et leur attachement aux valeurs et principes fondateurs de notre Institution commune. Activité essentielle dans la vie de notre organisation, la présente session du Conseil des Ministres devrait nous permettre de nous focaliser en profondeur sur nos objectifs stratégiques, particulièrement :

– la consolidation de la paix, la sécurité, et la stabilité dans l’espace du G5 Sahel,

– le développement des infrastructures de transport, d’hydraulique, d’énergie et de télécommunications,

– la création des conditions d’une meilleure gouvernance dans les pays membres.

– le renforcement des capacités de résilience des populations en garantissant durablement la sécurité alimentaire, le développement humain et le pastoralisme.

L’interdépendance, la solidarité, et la coopération interétatique pour la paix, la sécurité, la résilience et l’intégration transfrontalière représentent les fondements du G5 Sahel. Aujourd’hui, les avancées sont palpables dans plusieurs domaines, et je voudrais saluer ici les efforts déployés par le Secrétariat permanent du G5 Sahel, et l’appui de nos partenaires bilatéraux et multilatéraux, qui contribuent pleinement à l’atteinte de ces objectifs. Toutefois, des défis majeurs persistent encore face aux enjeux sécuritaires et de développement qui dominent notre espace du G5 Sahel.

La paix et la sécurité sont plus que jamais menacées. Les trafics illicites, la criminalité transnationale organisée, l’immigration clandestine, l’extrémisme violent, le changement climatique, et l’insécurité alimentaire ont pour conséquence de ralentir dramatiquement le développement économique et social de nos populations. Lors de notre 2ème session ordinaire, tenue à Bamako le 6 juin 2017, nous avons décidé, particulièrement :

– la modification du règlement intérieur en vue de prendre en compte l’élargissement du Conseil des ministres aux Ministres en charge des Affaires étrangères, tel que décidé par le Sommet des Chefs d’Etat du 20 novembre 2015 à N’Djamena;

– l’institution du 19 décembre comme Journée du G5 Sahel dans tous les Etats membres;

– l’organisation de la Table-ronde des bailleurs de fonds, avant la fin de l’année 2017.

La 2ème session ordinaire du Conseil des Ministres a, également, instruit le Secrétaire permanent :

– de diligenter l’audit opérationnel du Secrétariat Permanent à travers un projet de Termes de référence (TDR) à soumettre aux Etats dans les meilleurs délais ; – d’élaborer un Document-cadre de coopération avec les Partenaires Techniques et Financiers (PTF).

Aussi, ail a été rappelé aux Etats membres la nécessité de rendre effective la décision des Chefs d’Etat de supprimer sans délai les visas dans l’espace du G5 Sahel, et l’urgence de payer les contributions au budget, au titre des années 2016 et 2017. Enfin, il a été convenu de soumettre le rapport de la commission technique chargée de la relecture de la grille salariale aux ministres de tutelle pour décision.

A ces importantes décisions s’ajoutent celles prises par la Première (1ère) réunion ministérielle conjointe, tenue le 8 janvier 2018 à Bamako, dont notamment la création d’un Fonds fiduciaire pour la FC-G5S destiné à recevoir les contributions des donateurs articulés autour d’un comité de soutien et d’un comité de contrôle, qui sont ouverts aux donateurs. Evoquant les instructions données au Secrétariat permanent du G5 Sahel, M. Coulibaly a estimé que « le Secrétariat permanent a été instruit, particulièrement, de:

– élaborer un projet de « Manuel de procédures spécifique » relatif à la gestion administrative, financière et comptable du Fonds fiduciaire pour la FC-G5S, au plus tard le 22 janvier 2018, sous la supervision du Ministre Malien de l’Economie et des Finances.

– élaborer à l’attention du Président du Conseil des Ministres un projet de Décision relatif à la gouvernance ainsi que la composition, le fonctionnement et l’organisation du Comité de soutien et du Comité de contrôle.

– élaborer les textes portant sur la plateforme de coordination, de suivi et d’évaluation des contributions à la FC-G5S.

-créer et opérationnaliser le « Groupe de soutien », conformément au CONOPS et à la résolution 2391 (2017) du Conseil de sécurité des Nations Unies en vue d’assurer le plaidoyer politique au profit de la FC-G5S.

-démarrer le processus d’élaboration et de conclusion de l’Accord technique avec la MINUSMA, tel que suggéré par la résolution 2391 (2017) du Conseil de sécurité des Nations Unies. S’agissant de la mise en œuvre des programmes, notre session examinera l’état d’avancement des projets relatifs à :

– la construction du chemin de fer-leTrans-sahélien,

– l’Appui à la lutte contre la prolifération des armes légères et la criminalité organisée dans les zones frontalières, – la suppression des frais d’itinérance entre les pays du G5 Sahel,

-la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent, l’opérationnalisation des Plateformes Jeunes-Femmes, et l’organisation de conférences de haut niveau traitant entre autres de la lutte contre la radicalisation, du financement du terrorisme et du genre.

Aussi, nous passerons en revue l’évolution des partenariats avec les différents acteurs internationaux, notamment la Feuille de route UE/G5 Sahel, et les engagements avec l’OCI, la FAO, le FIDA, l’OADA, le PAM, la BADEA, le PNUD, l’USAID, le Japon, l’Italie, et les autres partenaires bilatéraux. Les défis qui se présentent à nous, courant l’année 2018, s’articulent, essentiellement, autour de:

– la pleine opérationnalisation de la FC-G5S, en mars 2018.

– la tenue de la Conférence internationale sur la Sécurité et le Développement au Sahel, destinée à boucler le financement de la Force conjointe, afin que l’action militaire des pays du G5 s’inscrive dans le temps et de manière autonome.

– l’accélération de l’accompagnement des opérations militaires et sécuritaires par des projets socioéconomiques intégrateurs, y compris l’Alliance avec le Sahel, ciblant, aux plans des infrastructures, de la résilience de la jeunesse et l’autonomisation des femmes dans l’espace du G5 Sahel.

– l’organisation de la Table-Ronde des bailleurs de fonds pour le financement du PIP, courant 2018, dont la tenue exige au préalable la réalisation de la cartographie du PIP en rapport avec les PTF, en vue d’établir la cohérence à tous les paliers et éviter ainsi les doubles usages.

– l’opérationnalisation de la Plateforme des Femmes du G5 Sahel et la gestion des réseaux (Jeunes et Journalistes).

Dans son mot de bienvenue, la Ministre du Plan, Mme Kané Aichatou Boulama a vivement remercié tous ceux qui ont effectué le déplacement de Niamey.

« Votre présence dénote, si besoin est, de l’intérêt particulier que vous accordez à notre jeune organisation qu’est le G5 Sahel. Cette organisation a la particularité de regrouper à la fois les Ministres en charge du Développement, en charge de la Coopération, ainsi que ceux de la Défense et de la Sécurité des Etats membres, et ce, pour adresser de manière efficace et durable toutes les questions liées au couple « Sécurité et Développement » dans notre espace sahélo-saharien ».

Auparavant le Secrétaire Permanent du G5 Sahel, M. Mohamed Najim s’est félicité du pragmatisme, de la célérité et du dynamisme dont la présidence Malienne du G5 Sahel a constamment fait montre, dans le traitement des dossiers, en nous permettant d’enregistrer des avancées significatives à tous les niveaux, pour le développement de notre jeune organisation et particulièrement dans la bonne mise en œuvre de sa pertinente feuille de route.

Et M. Najim d’ajouter que « la réunion des experts qui s’est tenue trois jours durant s’est penchée sur des sujets d’importance pour le futur du G5 Sahel, aux plans budgétaire, programmatique et de mise en œuvre des programmes et projets relevant des domaines de la sécurité et de développement. Les résultats de ses réflexions vous seront soumis pour examen en vue de leur adoption par le sommet des chefs d’Etat qui tiendra le 8 février 2018, sa quatrième conférence statutaire.

 

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12 plusieurs commentaires

  1. l’algerie a une politik trés différente de ces états du sahel . aux yeux des algeriens et pour bcp d’africains le G5 sahel n’est pas important, ces pays dependent trop de la france et sont trop faibles pour s’autogerer. toute adhesion au g5 sahel est percue comme une trahison pour le peuple épris de paix et d’indépendance et de souverainété. n’oublie pas cher Zakou que les pays du g5 sahel sont les plus faibles au monde.

    • A partir de 1992 et pendant 15 ans l’Algérie a eu une guerre civile qui a fait 100 000 morts menée par le GIA. D’ailleurs ce sont les derniers combattants islamistes qui se sont réfugiés au Mali après leur défaite et qui ont commencé à déstabiliser toute cette région
      Il y a eu de multiples attentats sur le sol algérien. C’est sûr qu’ils ont 20 ans d’avance sur nous dans la guerre contre le terrorisme.
      Ensuite d’un point de vue économique, l’Algérie a une puissance bien supérieure aux pays du G5 Sahel.
      Enfin, pour les questions d’indépendance, les algériens sont partis immigrer partout en Europe et ils savent négocier de bons partenariats, tout comme les marocains ou les tunisiens.

  2. L’AFRIQUE FRANCONPHONE… A MUST CONTROL POUR LA FRANCE……. POUR SA SURVIE AVEC LA COMPLICITÉ D’APATRIDES VENDUS DE MATOU…..
    Raison du pourquoi L’Afrique franCONphone va…. Une Afrique bien que très vaste….. Très riche……. Mais aussi ….. Malheureusement…. très pauvre ….tres mal gérée ……

    Pourquoi L’Afrique pourtant très riche…… S’avère pauvre…… Se révèle un continent de malheurs multiples…..
    La faute à qui ??
    Ne dit on pas d’abord… La défense et sécurisation de ses intérêts d’abord…..
    Encore ses intérêts…..
    Ensuite tes intérêts…
    …….puis …peut être un semblant d’amitié multilatérale…….
    Pourquoi l’Afrique franCONphone fait dérogation à cela ?

    Toujours est il que TOTO A DIT partage cet entretien avec ceux là pouvant être intéressés …..du POURQUOI L’AFRIQUE VA MAL…..

    Et comme concluait Laurent Bigot cet entretien… Pourquoi ne pas s’intéresser dans le même temps à ce que les partenaires africains peuvent faire pour que cette relation soit harmonieuse ?

    Avoir des ambassadeurs espions…. n’a rien de nouveau pour les autres… . Méconnus et inconnus peut être des africains…. .parce que les autres sont des soit disant ZAMIS…
    ..Ce qui fut, cela sera ; ce qui s’est fait se refera … Cette pratique d’antan…… Pour la sauvegarde de leurs intérêts…. de la France ou autre… : VOUS AVOIR AUX ZOEIL..

    SANS L’AFRIQUE QUE VAUT LA FRANCE DES GAULOIS ???? 😉😉

    De l’Afrique à la France qui peut se passer de l’autre et existe comme si de rien n’était.? 😕

    Es tu forcé d’aller à la ligne pour ……le partage ?

    LE CON DE MAC ROND….  était au Sénégal pour une visite officielle de deux jours. À Dakar, le président français a fait de belles promesses. Il s’est engagé à donner 125 milliards de FCFA au Partenariat mondial pour l’éducation. Il a, en outre, promis une aide de 26 milliards de FCFA pour endiguer l’érosion côtière, à Saint-Louis. Le locataire du palais de l’Elysée s’est rendu au collège de Hann-Bel Air, un établissement dont la construction a été financée par la coopération française et un accord a été signé pour la réalisation d’un campus franco-sénégalais.

    L’IMBÉCILE DE MAC ROND s’est aussi soucié des entreprises françaises. Il a visité le chantier du Train Express Régional qui va relier Dakar à l’Aéroport international Blaise Diagne de Diass, et dont la mise en œuvre est pilotée par Engie et Thales. En sa présence, Airbus a confirmé la vente de deux A3380 à Air Sénégal. Le chef de l’Etat français n’est pas venu seul. Macron a joué les VRP. Il était accompagné, pour la circonstance, par des entrepreneurs français. Sur le plan culturel, Emmanuel Macron a défendu, à Dakar, la francophonie. « Ce que nous avons en commun, c’est la langue. La francophonie n’appartient pas aux Français. L’épicentre de la francophonie, sa vitalité, sa force à la fois en termes d’inventivité linguistique, mais aussi en termes culturel et artistique, elle se joue en Afrique », a-t-il soutenu.

    Rien de nouveau. Rien ne change.
    La visite d’Emmanuel Macron au Sénégal s’inscrit dans la continuité des relations complexes entre l’Afrique et la France. Une relation qui convient parfaitement aux dirigeants africains, encore incapables de porter, par manque de fonds et d’ambitions, des projets économiques, militaires et culturels d’envergure sans faire appel à la générosité des autres. La France est donc chez elle en Afrique. Par la force des choses.

    Quels sont les grands enjeux de la présence française en Afrique ?
    Comment sont tissés les intérêts mutuels ?

    Laurent Bigot, ancien diplomate français, aujourd’hui consultant, apporte des éclairages sur les relations qui lient le continent à Paris. Ce dernier a été au cœur de la politique française en Afrique. Il avait été relevé de ses fonctions de chargé de l’Afrique de l’Ouest au ministère français des Affaires étrangères pour avoir, dès 2012, prédit la chute de Blaise Compaoré. Entretien.

    En novembre dernier, au Burkina Faso, Emmanuel Macron a dit qu’il « n’y a plus de politique africaine de la France ». Que vous inspire ces propos ?

    De la stupéfaction ! S’il n’y a plus de politique africaine de la France, c’est-à-dire une politique visant à défendre et promouvoir les intérêts de la France en Afrique compte tenu des spécificités de chacun des pays africains, à quoi bon avoir une diplomatie ? Autant fermer toutes nos ambassades en Afrique !

    Exit la Françafrique. Emmanuel Macron promet un nouveau départ, comme ses prédécesseurs, Sarkozy et Hollande. Dans les faits, ils n’y arrivent pas. La France, qui a perdu du terrain en Afrique, a-t-elle vraiment les moyens et la volonté de proposer un nouveau partenariat avec les pays africains ?

    Exit la Françafrique ? Emmanuel Macron ne l’a jamais dit au contraire de ses deux prédécesseurs. D’ailleurs qu’est-ce que la Françafrique ? Plus personne ne sait à quoi cela correspond, mais on balance ce mot à chaque bout de phrase pour faire un effet. Il y a la dimension historique de la Françafrique incarnée par Foccart. C’était un autre temps, d’autres moeurs. Je ne comprends pas que l’on compare aujourd’hui avec une époque révolue depuis plus de 30 ans. Le monde a changé, cessons de vivre dans les fantasmes historiques. Ce qui pourrait rester de la Françafrique seraient des réseaux affairistes qui interfèrent dans la politique. Il y en a toujours eu et cela existe avec d’autres régions du monde sans que ces mêmes régions soient stigmatisées par un mot péjoratif. Croyez-vous que les contrats d’armement au Proche et Moyen-Orient se passent d’intermédiaires suspects ? La justice française a longuement enquêté sur un marché de vente de frégates à Taïwan. Donc l’Afrique n’échappe pas à la règle, le système capitaliste est ainsi fait. Malheureusement. En revanche, je pose une question concernant le Conseil présidentiel pour l’Afrique créé par Emmanuel Macron. Il est composé d’hommes et de femmes qui ont des entreprises, des intérêts. N’est-ce pas un mélange des genres ? N’y a-t-il pas un risque de confusion voire de conflit d’intérêts ?

    Un souverainisme africain voit le jour, qui veut en finir avec le franc CFA et les bases militaires françaises en Afrique. Comment, du côté de Paris, ces questions sont-elles accueillies ?

    Le débat sur le franc CFA est indigent. Ceux qui crient le plus fort sont ceux qui connaissent le moins le sujet. Je rappelle que le FCFA est arrimé à l’euro et que la France en garantit de manière illimitée la convertibilité. C’est unique dans le monde ! Cela protège cette monnaie de toute attaque spéculative. En contrepartie, la France demande qu’une partie des avoirs extérieurs des Etats de la zone CFA soient déposés en garantie sur un compte d’opérations. Aujourd’hui, ce sont 50% des avoirs qui y sont déposés. Ces avoirs sont rémunérés au taux directeur européen et les intérêts versés à la BCEAO et la BCEAC. Si les Etats africains avaient leur propre monnaie, ils devraient de toute façon immobiliser l’équivalent de 3 à 6 mois d’importations. Le débat sur cette somme « bloquée » est aberrant. Mais imaginons que cette somme soit débloquée. D’abord, elle ne le serait qu’une seule fois, car c’est un stock et non un flux. Ensuite, quelle garantie auriez-vous que les Etats destinataires utilisent mieux cet argent que les milliards d’euros déjà déversés au titre de l’aide au développement ? La question du CFA est d’abord une question de gouvernance. Toute monnaie a ses avantages et ses inconvénients, le franc CFA y compris. L’enjeu est d’établir une politique économique qui s’appuie sur les avantages de la monnaie et qui minore ses inconvénients. La question que vous pouvez poser aux gouvernements de la zone CFA est donc de savoir ce qu’ils ont fait des avantages du Franc CFA. Quant aux bases militaires françaises, je pense que c’est un anachronisme. La France pourrait les transformer en universités du savoir, car répondre aux aspirations de la jeunesse est la meilleure façon de répondre aux défis sécuritaires.

    Quels sont, aujourd’hui, les principaux intérêts de la France en Afrique ?

    Les intérêts de la France en Afrique sont multiformes. Il y a des enjeux liés à la présence de communautés françaises, il y a des intérêts économiques, mais aussi le formidable défi de partager des valeurs de tolérance, de respect mutuel et pour cela la culture et les arts sont un vecteur efficace. C’est notamment la mission des Instituts français.

    Des opposants politiques sénégalais accusent le chef de l’État, Macky Sall, de favoriser les entreprises françaises. Dakar occupe-t-elle encore une position stratégique et prééminente dans le dispositif diplomatique de Paris ?

    Les opposants s’opposent, mais oublient que le Sénégal fait aussi appel à des entreprises turques, chinoises ou indiennes. Les entreprises françaises gagnent des marchés, car elles proposent des prestations de qualité, elles détiennent un savoir-faire reconnu mondialement dans de nombreux domaines. Le Sénégal est un pays important pour la France, car la qualité de la relation est remarquable. À nous tous d’entretenir ce formidable atout.

    « L’Afrique est notre avenir », suggérait un rapport du Sénat français ​en 2013. Orange, Bolloré, Engie, Eiffage, Total, Auchan. Les entreprises françaises sont omniprésentes dans le bassin économique sénégalais. La stratégie de reconquête, face à la Chine, est-elle en train de réussir ?

    Les entreprises françaises ont un savoir spécifique qui n’est pas forcément dans les mêmes secteurs que les entreprises chinoises. Il y a de la place pour tout le monde. Que le meilleur gagne !

    L’ambassadeur de France au Sénégal est un ancien haut responsable des services secrets français. Est-ce un choix sécuritaire, avec la menace terroriste, ou une volonté de​ garder un œil sur les intérêts économiques de la France ?

    Un ambassadeur est chargé de veiller sur tous les intérêts de la France, qu’ils soient sécuritaires, économiques, politiques ou culturels. C’est la mission de l’actuel ambassadeur comme ce fut celle de ses prédécesseurs et comme ce sera celle de son successeur. Rien de neuf sous le soleil.

    Peut-il y avoir un glissement positif et heureux dans les relations entre la France et l’Afrique ?

    Votre question suppose que les relations ne seraient pas heureuses ? Pour qu’une relation fonctionne de manière équilibrée et fluide, il revient aux deux acteurs d’y contribuer. Je trouve qu’on attend toujours beaucoup de la France dans cette relation. Pourquoi ne pas s’intéresser dans le même temps à ce que les partenaires africains peuvent faire pour que cette relation soit harmonieuse ?

    😶😞😱

    • La France est la seule ex-puissance coloniale qui ne compte aucun pays émergent parmi ses ex-colonies qui lui sont resté fidèles.
      A bon entendeur salut…

      • Les pays émergents sont:
        le Brésil, la russie, l’inde, la chine, et l’afrique du sud.
        Donc en Afrique il n’y a qu’un seul pays émergent et qui est indépendant depuis 1905.
        Ta démonstration n’est pas très convaincante.
        Pour moi, il n’y a pas de bons, ni de mauvais colonisateurs. La colonisation est mauvaise en elle-même.
        Comme il est mauvais pour nous de trouver des boucs émissaires à nos propres fautes. et de ressasser sans cesse le passé.
        L’avenir est dans la coopération équilibrée avec tout pays.

  3. Et comme il fallait s’y attendre, en bon nigérien qui déteste son pays, Hama Amadou a choisi ce moment précis, la veille de cette grande rencontre dans notre pays pour jeter le pavé dans la mare.
    L’objectif est d’arriver à dire au monde entier qu’au Niger ça ne va pas, le Niger c’est un enfer sur terre…
    Et tous les antinationaux sont contents quand on parle mal de notre pays.
    Vous avez dit pauvre Niger?

  4. vous avez raison,maintenant on s’insulte sur les maigres impots que doivent payer lla dizaine de journaux,lamentable.

  5. Visite de Macron au Sénégal: ce pays a eu au total plus de 60 millions de dollars de la part de la France et de la banque mondiale.
    Et les nigériens dans tout ça?
    Ils sont d’abord au stade des insultes pour faire fuir tous ceux qui veulent coopérer avec eux.

    • Tu as tellement raison. On dirait maintenant que c’est la seule chose que nous savons bien faire.
      Accuser le monde entier et insulter tous ceux d’où qu’ils viennent qui veulent coopérer.

  6. Cette force permettra enfin de sécuriser nos frontières face aux menaces terroristes.

    • quelles sont les menaces a nos frontiers? , c’est dabord la frontier Nord entre d’une part L’algerie et d’autre part la lybie , a ce niveau nous avons le problem des terroriste, qui ont profité de la chute de kadafi pour s’implanter dans cette zone aussi vaste que dangereuse. malheureusement le G5 n’a aucune frontier dans cet faste espace, ( 1er problem)
      quand a la zone Est frontier entre le Nigeria , le cameroune et le tchad , nous avons BOKO HARAM, ici le seul point commun avec le G5 reste la frontiere Tchadienne ( 2eme problem)
      la zone entre le mali et le Burkina elle est couverte par le G5, donc vous remarquerez que sur les 3 plus grandes menaces au Niger seul un seul coté est protégé par le G5.

      LE G5 devrait se confondre a la force en attente de la CEDEA,
      OU PLUTOT ELARGIR CA AU G7 , en ajoutant l’Algerie et le Nigeria ou le cameroune.

  7. LA FORCE G5 DEVRAIT ETRE UNE COMPOSANTE DE LA FORCE EN ATTENTE DE LA CEDAO ET S’ELARGIR AUX PAYS COMME L’ALGERIE ……

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