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4 éme Conférence au Sommet des Chefs d’Etat du G5 Sahel : la réunion de Niamey donne une impulsion nouvelle à l’organisation

Le 4ème Sommet ordinaire des Chefs d’Etat du G5 Sahel a débuté ses travaux ce matin, au Palais des Congrès de Niamey sous la présidence du Président en exercice, Président de la République du Mali, Ibrahim Boubacar Keita, en présence de ses homologues du Burkina Faso, Marc Rock Christian Kaboré, de la Mauritanie, Mohamed Abdoul Aziz, du Niger Issoufou Mahamadou et du Tchad, Idriss déby Itno.


Il faut noter la présence des présidents des institutions de la République du Niger, les députés, les membres du Gouvernement et de plusieurs autres personnalités de marque.
Dans son discours bilan, le Président en exercice de l’organisation, M. Ibrahim Boubacar Keita a exhorté les Etats membres à « bâtir une véritable Communauté-G5 Sahel, soutenue par de nouveaux instruments avec une instance exécutive chargée du ‘’Pilotage politique du G5S’’; un système de financement, et de gestion administrative et financière crédible et transparent; un  »Fonds Fiduciaire » destiné à recevoir les contributions des partenaires en faveur de la Force conjointe; un  »Groupe de soutien » associant les partenaires bilatéraux et multilatéraux; et, une  »Stratégie de communication et d’information » proactive pour pallier les insuffisances médiatiques constatées. Laissons-nous guider par cette vision stratégique porteuse d’avenir. »

Le Président malien a énuméré les actions multiples réalisées par le G5 Sahel dont entre autres l’inauguration du Poste de Commandement interarmées Tactique (PCIAT) de la FC-G5S, le 9 septembre 2017 à Sévaré, Mopti, et déclaré la capacité opérationnelle initiale de la Force, le 17 octobre 2017 ; le lancement des opérations militaires baptisées  »Haw-bi » et  »Pagnali » dans le fuseau centre, respectivement, le 1ér novembre 2017 et le 15 janvier 2018, pour rendre la Force conjointe plus opérationnelle, plus solide et plus structurée.

-l’élaboration du maillage juridique relatif à l’encadrement du  »Droit de poursuite et autres aspects liés à l’extraterritorialité », dans la perspective des opérations militaires transfrontalières conjointes visant à assurer la protection des droits humains; de l’action humanitaire et l’assistance aux populations ; le renforcement de l’architecture institutionnelle de la Force, etc.

Des progrès substantiels ont été faits. Ainsi, « Forts de ces progrès, souligne le président en exercice, nous nous sommes fixés l’objectif  »Pleine Capacité Opérationnelle de la Force conjointe à l’horizon Mars 2018 » : une Forces étroitement interconnectée, équipée, formée, entraînée et commandée de manière à pouvoir opérer ensemble et avec les partenaires.

Pour atteindre cet objectif, Il sera indispensable d’opérationnaliser, sans délais, le Fonds fiduciaire destiné à recevoir les contributions des donateurs à la Force conjointe, et de valider le manuel de procédures spécifiques relatif à la gestion dudit Fonds.

Il sera indispensable d’accélérer la mise en œuvre des dispositions de la Résolution 2391(2017) sur la FC-G5S, notamment, la conclusion de l’Accord technique de soutien opérationnel et logistique de la MINUSMA à la Force conjointe, pour faire progresser la protection des bataillons déployés dans la zone d’opération, l’équipement, la surveillance et l’entraînement.

Il sera indispensable de préciser d’urgence les responsabilités de coordination, voire de planification, devant être attribuées au PC principal de la Force, de définir les modalités de génération et de certification des unités affectées à la FC-G5S, d’échange de renseignement et d’appui opérationnel réciproque avec les pays du G5 et Barkhane, d’une part, et avec la MINUSMA, de l’autre, et d’accélérer l’amélioration des connexions et l’assistance entre le Commandement de la Force conjointe, et les Forces partenaires dans l’espace du G5 Sahel.

Il sera indispensable de créer et d’opérationnaliser le  »Groupe de soutien », conformément au CONOPS et à la résolution 2391(2017) du CSNU en vue d’assurer le plaidoyer politique au profit de la FC-G5S.

Il sera indispensable, enfin, de mettre en place l’équipe chargée de la communication au sein de la FC-G5S, et la désignation d’un porte-parole de la FC-G5S, comme convenu lors de la 6ème réunion extraordinaire du CDS, tenue à Bamako, le 7 janvier 2018.

Et, à côté des efforts substantiels déployés au fuseau Centre et des formes d’appui offert par le Royaume d’Arabie Saoudite, notamment dans le domaine du soutien aérien, il sera indispensable pour le Comité de Défense et de Sécurité (CDS) et le Commandement de la Force conjointe d’identifier de nouvelles coopérations plus étroites avec les partenaires internationaux en vue d’acquérir les capacités clés, et pour définir ce dont nous avons prioritairement.

Enfin, pour atteindre l’objectif  »Pleine Capacité Opérationnelle de la Force conjointe à l’horizon Mars 2018 », il sera indispensable de réussir l’ultime rendez-vous international qui interpelle le G5S dans l’immédiat; à savoir l’organisation de la ‘’Conférence internationale sur la sécurité et le développement au Sahel », prévue le 23 février 2018 à Bruxelles, qui vise à mobiliser des contributions suffisantes en faveur de la pleine montée en puissance de la Force Conjointe ».

En plus de l’opérationnalisation effective de la Force conjointe, le Président Keita a évoqué d’autres avancées remarquables enregistrées en matière de défense et de Sécurité, courant l’année écoulée, particulièrementla mise en place du  »Bureau Défense et Sécurité » du Secrétariat permanent du G5 Sahel, le démarrage du projet ‘’Groupes d’Actions Rapides-Surveillance et Intervention au Sahel (GAR-SI), l’opérationnalisation du Collège Sahélien de Sécurité (CSS) du G5 Sahel à Bamako, le lancement du processus de création du Centre d’Analyse des Menaces et d’Alerte Précoce (CSAMAP), et la tenue à Bamako du  »Dialogue de haut niveau sur Genre-Radicalisation et Extrémisme Violent ».

Sur un tout autre plan, nous demeurons persuadés que la réponse sécuritaire, aujourd’hui concrétisée par la Force conjointe du G5S, devrait être accompagnée et complétée par des mesures destinées à renforcer la gouvernance, le développement ainsi que la résilience de la population sahélienne.

Dans ce cadre, nous pensons que le plan d’appui à la Stratégie intégrée des Nations Unies pour le Sahel, déjà annoncé, devrait permettre d’harmoniser les efforts des partenaires régionaux et internationaux, et de définir un appui effectif pour le Sahel, en général.

Par ailleurs, l’Alliance avec le Sahel, à laquelle sont associés la Banque mondiale et la Banque africaine de développement, ainsi que le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD), permettrait de fédérer les partenaires internationaux dans l’aide qui doit être apportée pour favoriser le développement de la région.

Il s’agirait pour le G5 Sahel d’accompagner les opérations militaires et sécuritaires par des actions économiques, culturelles, d’éducation et de dé-radicalisation pour éliminer les causes profondes de l’insécurité, par l’élaboration d’une nouvelle approche intégrée visant la coordination optimale de l’appui de la communauté internationale, et l’accès à des moyens financiers importants, et à davantage de flexibilité et d’allègement dans la mise en œuvre des instruments de coopération et d’accroissement des investissements privés.

Couvrant à la fois sur la sécurité, la stabilisation à court-terme et le développement à moyen et long terme, cette approche intégrée aura pour objectif global le rétablissement de la sécurité, de la justice, de l’Etat de droit, de la cohabitation pacifique des communautés, de la fourniture des services de base.

Elle devrait, surtout, favoriser la création d’opportunités d’emploi pour la jeunesse, et ouvrir la voie à de véritables investissements socio-économiques, particulièrement dans les régions les plus périphériques et vulnérables ».

Le Président en exercice a enfin invité le Secrétariat permanent « à redoubler d’efforts pour faire avancer le Projet de construction du chemin de fer  »le Trans-sahélien », le Programme d’Appui à la lutte contre la prolifération des armes légères et la criminalité organisée dans les zones frontalières, l’élaboration du Document-Cadre sur la lutte contre la radicalisation et l’extrémisme violent, et l’opérationnalisation de la Plateforme des Femmes du G5 Sahel et la gestion des réseaux des Jeunes et des Journalistes.

S’agissant du projet ‘’Air Sahel’’, le Sommet devrait statuer sur le rapport complémentaire élaboré par IATA, ainsi que les résultats de l’étude devant être validés par le Comité des Ministres en charge de l’aviation civile du G5 Sahel.

Quant à la ‘’Stratégie intégrée de la jeunesse G5 Sahel’’, nous saluons l’engagement du PNUD à financer intégralement l’élaboration de l’étude de ce projet.

De façon plus spécifique, quatre éléments sont cruciaux dans l’action future du G5 Sahel.

D’abord, la persistance et la multiplicité des défis sécuritaires a confirmé toute la pertinence de la mise en place de la Force Conjointe du G5 Sahel (FC-G5S), dont l’opérationnalisation et le déploiement est  »d’utilité publique et universelle », car elle constitue une  »digue pour le monde », en matière de lutte contre le terrorisme, car les risques et vulnérabilités qui affectent notre espace impactent directement le bien-être des populations sahéliennes.

Je ne le répéterai jamais assez :  »le Sahel est une digue si elle rompt, les effets de sa rupture s’épandront sur son voisinage immédiat qu’est l’Europe », d’où l’exigence pour la Communauté internationale, et particulièrement l’ONU et l’Union européenne, d’accompagner résolument le G5 Sahel dans la consolidation des partenariats sécuritaires, qui nous lient, et la mise en œuvre d’actions novatrices de développement dans notre sous-région.

Dans cette perspective, le Sommet devrait réaffirmer avec force l’impératif de mobilisation d’un soutien international, conséquent, prévisible et dans la durée, qui bénéficierait à tous les bataillons de la FC- G5 opérant sur l’ensemble du périmètre couvrant les trois fuseaux (Centre, Est et Ouest) de ladite Force, aux plans logistique, opérationnel et financier.

Il s’agirait, à cet égard, d’ouvrir la voie à l’adoption progressive par le CSNU de mesures plus ambitieuses et plus déterminantes qui seraient à la hauteur des attentes des Etats et des populations sahéliennes; à savoir -un mandat robuste proportionné au degré de la menace dans lequel évolue la force conjointe, serait de nature à renforcer la capacité de la FC-G5S à remplir pleinement ses objectifs, sous le Chapitre VII de la Charte de l’ONU ; un dispositif financier prévisible et durable de la Force conjointe, y compris à travers l’ONU sur financement obligatoire ; un soutien opérationnel et logistique beaucoup plus large des Nations Unies à la Force conjointe, en termes de moyens de communication, d’équipements, de réalisation d’infrastructures à court et moyen terme sur le terrain afin de renforcer l’efficacité et la portée de ses opérations.

Ensuite, la pleine opérationnalisation de la Force conjointe doit s’accompagner d’une action plus profonde en faveur du développement et de la stabilisation. A cette fin, l’architecture institutionnelle dans laquelle s’inscrit le Secrétariat permanent du G5 Sahel doit se développer pour assurer la complémentarité de l’action sécuritaire avec les différentes initiatives dans le domaine du développement, y compris l’Alliance avec le Sahel.

Auparavant, dans son discours de bienvenue, le Président nigérien Issoufou Mahamadou a déclaré que « Ce n’est certainement pas un fait de hasard si le Burkina Faso, le Mali, la Mauritanie, le Tchad et le Niger ont décidé de se mettre ensemble pour créer le G5 Sahel. Il en est ainsi parce que les peuples de ces pays ont un destin commun. Il en est ainsi parce que ces cinq pays, en plus de constituer un espace géographique quasi-homogène de cinq millions de kilomètres carrés, font face aux mêmes défis : aridité du climat accentué par les effets du changement climatique, faible indice du développement humain, faible densité de la population, structure démographique similaire avec des jeunes de moins de 24 ans ».

Il a en outre souligné les défis qui justifient « que le G5 Sahel se soit fixé quatre priorités dans son plan d’investissement prioritaire (PIP) : la défense et la sécurité, la Gouvernance, les infrastructures, la résilience et le développement humain. Ces quatre priorités sont intimement liées.

A court terme, le défi sécuritaire est le défi majeur pour le Sahel qui doit faire face à trois foyers de menaces à l’intérieur ou à la limite de ses frontières : le bassin du lac Tchad, le foyer libyen et le Nord du Mali.

Comme on le sait, le chaos libyen a amplifié, à partir des années 2012-2013, les menaces terroristes et criminelles dans le Sahel. En effet, la dissolution de l’Etat, dans ce pays frère, suite à l’intervention internationale que l’on sait, a mis à la portée d’aventuriers de toutes sortes un arsenal d’environ 23 millions d’armes de tout calibre.

Et le Président Issoufou d’indiquer que « Pour faire face à cette situation que nous n’avons pas créée, chacun de nos pays a dû investir d’importantes ressources pour assurer la sécurité de son territoire et de ses populations. Le Niger, par exemple investit 15% de ses ressources budgétaires pour assurer sa sécurité.

Au-delà des mesures adoptées au plan national, notre organisation commune, le G5 Sahel a pris l’heureuse décision de mettre en place une Force- Conjointe. Il est urgent que cette force soit opérationnelle.

La communauté internationale, dont les graves décisions prises sur la Libye ont eu des conséquences désastreuses sur la sécurité de nos pays, doit faire preuve de plus de solidarité vis-à-vis du Sahel. Je salue, ici, les efforts déployés par la France, aussi bien à travers l’opération Barkhane qu’à travers la mobilisation des partenaires pour réunir les ressources nécessaires à l’opérationnalisation de la force conjointe ou pour demander au conseil de sécurité de voter les résolutions appropriées autorisant son déploiement.

Je salue les contributions, déjà annoncées, de l’Union Européenne, des Etats-Unis d’Amérique, du Royaume d’Arabie Saoudite, des Emirats Arabes Unis. Néanmoins, nous aurions voulu que le Conseil de sécurité, dont c’est la responsabilité de défendre la paix et la sécurité dans le monde, autorise le déploiement de la force conjointe sous le chapitre 7 de la charte des Nations-Unies.

Nous aurions voulu également que les relations entre la MINUSMA et la force conjointe soit plus organique, car le maintien de la paix dans une zone en guerre, comme c’est le cas du Nord du Mali, dépend, si j’ose dire, du sort des armes. Je salue les efforts entrepris, dans ce sens, par le Secrétaire Général des Nations-Unies, Monsieur Antonio Gutérès. Par ailleurs, je fonde l’espoir que la Conférence, prévue à Bruxelles, le 23 Février prochain, nous permettra de trouver un mécanisme de financement stable et pérenne de la Force Conjointe.

Evoquant la conférence de Bruxelles, le Président Issoufou a souhaité que celle-ci « nous permettra d’examiner les questions relatives à la gouvernance notamment le renforcement de l’Etat de droit à travers un meilleur appui à la justice, l’amélioration de l’efficacité des administrations, la contribution des citoyens à l’élaboration des politiques publiques, l’amélioration de la gestion des finances publiques. Les pays du Sahel ont, en effet, besoin d’institutions démocratiques fortes, capables de renforcer l’unité nationale et d’exercer la souveraineté sur l’ensemble de leurs territoires.

La réalisation, surtout dans les zones les plus isolées, d’infrastructures de transport (infrastructures routières, ferroviaires, compagnie aérienne) énergétiques, hydrauliques et de télécommunication avec la suppression des frais d’itinérance, peut y contribuer et permettre, par ailleurs, la mise en valeur des importantes ressources touristiques, énergétiques…

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Tamtam Info News

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Un commentaire

  1. Merci pour notre pays qui a su organiser une telle rencontre.
    Et vent

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