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4 VÉRITÉS BONNES À SAVOIR À PROPOS DE « L’URANIUMGATE » !

Le ministre des Finances M. Massoudou Hassoumi

Révélée en mi février par un journal nigérien proche de l’opposition, « l’uraniumgate » est une « affaire » qui continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive au Niger. Intervenue en plein période dite « tayi tawri », cette affaire de « 200 milliards », impliquant l’actuel ministre des finances Hassoumi Massaoudou, avait suscité beaucoup d’émoi et retenu l’attention de tous les nigériens, au point où des députés proches du pouvoir ont proposé et obtenu la mise en place d’une commission d’enquête parlementaire pour clarifier ce qui a été décrit comme un « scandale ».

Malgré un rapport d’enquête parlementaire, pourtant sans équivoque, beaucoup de nigériens s’obstinent à croire que leurs dirigeants ont volé leur argent et qu’ils doivent par conséquent rendre des comptes. Voici 4 raisons bonnes à connaitre pour aider les nigériens à se faire une idée plus ou moins exacte des contours et des implications de cette affaire, pour ainsi pouvoir l’évacuer définitivement.

1 Uranium « gate » = Uranium « fake » !

Tout est parti d’une publication, dans le journal Le Courrier du 16 février dernier, d’un document attestant le virement à partir de la banque française PARISBAS, d’une somme de 319.8 millions de dollars, l’équivalent d’environs 200 milliards de CFA du compte de la SOPAMINE, une entreprise publique nigérienne, vers un compte à Dubaï de la société Optima Energy appartenant à Georges Hawa un « escroc » libanais compatriote de Dany Chaccour PDG d’AFRICARD. Ce document portait la signature de Hassoumi Massaoudou, Directeur de Cabinet du Président Issoufou Mahamadou en 2011, à l’époque des faits.

Pour toute l’opinion nationale au début, il ne s’agissait ni plus ni moins que d’un « scandale au sommet de l’Etat », et sans doute le plus grand scandale, car la somme en jeu était « astronomique » et faisait rêver tous les nigériens.

Acculé de toute part, le principal incriminé a cru bon de convoquer, trois jours après, le 19 février,  une conférence de presse, pour dissiper le malentendu. De cette conférence les journalistes présents sur place et l’opinion d’une manière générale, ne retiennent qu’une chose : 200 milliards de CFA ont en effet été viré d’un compte de la société nigérienne vers un autre compte à Dubaï. De l’argent qui devrait donc théoriquement appartenir au Niger. Peu de gens étaient convaincus par les explications de Hassoumi Massaoudou sur la nature de cette transaction qu’il a qualifiée de « trading légal et régulier » et où le Niger aurait gagné « sans rien faire » 800 000 dollars.

La commission d’enquête parlementaire, mise en place à cet effet, a investigué auprès de tous les acteurs locaux impliqués et a rendu son rapport le 18 avril 2017. Un rapport vite contesté par certains de ses membres issus de l’opposition politique, pour des raisons politiques évidentes. En réalité, pour qui voulait comprendre, cette « affaire » n’était rien d’autre qu’un montage organisé par AREVA et la France pour brouiller les pistes du financement de la rançon des « otages d’Arlit » capturés en 2011.

Car en France le discours politique a toujours été de dire « pas de rançon ! ». AREVA confirme d’ailleurs que l’opération était destinée à « mobiliser des fonds pour sécuriser les mines d’Arlit ». De manière plus précise, c’est un autre Journal nigérien, L’Evènement, qui a été le premier à décrire ce manège où le compte et le nom du Niger ont été « utilisés » par la France, moyennant une modique commission de 800 000 dollars.

En vérité cette affaire est tout simplement un « fake » que les opposants nigériens et leurs médias ont usé et abusé pour accabler un régime dont ils veulent se débarrasser par tous les moyens. Si cette affaire devrait provoquer un « scandale », ce devrait être en France, mais pas au Niger !

2 Le rôle trouble d’AREVA et de la France…

Dans ce montage scabreux destiné à « mobiliser des fonds pour sécuriser les mines d’Arlit » et payer à AQMI la rançon des « otages d’Arlit », la France qui de tout temps a hypocritement clamé « pas de rançon », s’est largement appuyé sur le Niger et son Président. Le Niger a dans ce sens été sollicité pour « prêter » son « NIF » qui a été utilisé pour faire sortir de l’argent loin des circuits officiels, pour payer la rançon aux ravisseurs de leurs otages. Le Niger n’y avait naturellement pas trouvé d’inconvénients, d’autant qu’il s’agissait d’aider son « partenaire stratégique » à recouvrer la liberté de ses ressortissants.

Alors que la polémique faisait rage au Niger, en France où l’affaire aurait dû normalement provoquer le plus grand scandale, celle-ci a tout simplement été « banalisée ». Il a fallu l’insistance du journal le Courrier pour qu’AREVA et les autres journaux protecteurs des intérêts français (RFI, Jeune Afrique, Monde Afrique, Marianne), commencent à s’agiter mollement.

On ne nie pas l’opération, mais le chiffre de 319.8 millions de dollars n’apparait plus dans les littératures explicatives des journaux sus mentionnés, et en lieu et place, l’on s’exerce plutôt à la promotion d’un nouveau chiffre très minoré, celui de 17 millions de dollars, censé représenter les pertes encourues par AREVA suite à cette douteuse transaction.

Normalement, pour couper cours au « faux débat » qui empestait l’atmosphère politique et sociale au Niger, AREVA aurait dû publier un communiqué dans les journaux nigériens, pour dire que le Niger n’a rien à voir avec cette affaire « franco française ». Mais AREVA ne l’a pas fait. Coïncidence troublante, l’affaire « uraniumgate » a éclaté en même temps que « l’affaire Africard », et surtout, à un moment où la multinationale française devrait verser au Niger  une somme de 67.5 millions d’euros qui devrait servir à la construction de la route Tahoua-Agadez-Arlit et la mise en valeur de la vallée de l’Irhazer dans le nord du pays.

C’est ce même fonds qui est aujourd’hui « bloqué » dans l’Affaire Africard, qui si l’on en croit aux insinuations du journal Le Courrier (Interview exclusive PGD Africard), les deux affaires pourraient être intimement liées.

Car les nigériens n’ont pas encore compris et ne pardonneront pas à AREVA d’avoir laissé un « escroc » séquestrer leur argent, alors qu’elle pouvait légitimement  invoquer son « partenariat stratégique » avec le Niger et l’impact qu’une telle saisie pourrait engendrer dans le programme de développement de son partenaire africain pour refuser d’obtempérer aux injonctions de la justice française. Elle ne l’a pas fait. Au contraire, elle collabore activement pour que cet argent reste toujours dans ses comptes.

Selon plusieurs analystes nigériens, il y’a une évidente collusion d’intérêt entre AREVA et Africard. Pour nombre d’entre eux, la France ne voudrait tout simplement plus financer « la route de l’uranium » qu’elle considère plutôt comme la « route des migrants ». D’où le recours à cet odieux subterfuge d’Africard pour bloquer sa construction. Selon toute vraisemblance, cette route ne sera pas construite avec des fonds français, encore moins des fonds européens. Si ce scénario se confirme, cela dévoilerait au grand jour toute la duplicité de la France face au Niger.

3 Une communication désastreuse !

Que peut-on reprocher aux autorités de Niamey dans cette affaire, si ce n’est leur bonne foi et leur enthousiasme à vouloir aider un gouvernement français « très ami » ? On ne peut le nier, les officiels nigériens ont mis tout en œuvre pour la réussite de cette opération dont elles ne pouvaient pourtant pas ignorer le caractère « boiteux ». L’essentiel pour les autorités nigériennes était qu’elle aboutisse à la libération des otages français capturés dans leur pays à Arlit.

Mais là où les autorités de Niamey ont le plus pêché, depuis le déclanchement de cette « fausse affaire », c’est dans la communication. C’est vrai que les premières révélations du Courrier ont provoqué un séisme tel que le cabinet du Président Issoufou ne savait pas où donner de la tête. Aucune riposte n’a été préparée à cet effet, pendant que les médias et les réseaux sociaux du pays s’enflammaient. Devant ce vide communicationnel qui alimentait toutes les rumeurs, Hassoumi Massaoudou, l’une des personnes les plus citées dans l’affaire, convoqua un dimanche une conférence de presse à son domicile. C’était une erreur monumentale…

En réalité, dans le cas d’espèce, puisque l’affaire a été portée par un journal nigérien, c’est en effet dans un ou plusieurs journaux nigériens (y compris Le Courrier) qu’il fallait répliquer à travers des interviews et des analyses pour expliquer et démontrer à l’opinion nationale qu’aucune rondelle du Niger n’a été injectée dans cette affaire et que le pays n’a perdu aucun de ses honneurs.

Le recours aux médias audiovisuels n’a rien arrangé du tout dans la communication autour de cette affaire. Et pourtant, il suffisait de regarder comment l’affaire était traitée en France. Là-bas les personnes incriminées ne se sont pas épanchées dans les radios où les télés. Toute l’affaire a été traitée par des journaux qui ont réussi à la banaliser auprès de l’opinion française et même de l’opinion africaine, en brouillant toutes les pistes dans des explications et des analyses les unes plus alambiquées que les autres.

4 L’intérêt national sacrifié

L’affaire de l’uraniumgate et même l’affaire Africard, ont révélé cependant au grand jour le faible « quotient patriotique » des nigériens. Devant des cas flagrants de manipulation ou d’arnaque subis par leur pays, les nigériens ont plutôt affiché leur division et ont passé leur temps à s’invectiver au point d’oublier les intérêts vitaux de leur pays. Ce faisant, ils ont livré et continuent de livrer leur pays en pâture sur la scène internationale, le couvrant de ridicule, en exposant au grand jour ses facettes peu reluisantes.

Et pourtant, là aussi, il aurait fallu simplement qu’on jette un coup d’œil en France où l’uraniumgate devrait normalement constituer un vrai scandale pour se faire une idée de comment on gère une affaire qui touche aux intérêts vitaux d’un pays. Là-bas dans l’hexagone, toutes tendances politiques confondues, personne n’a pipé un mot de cette affaire qu’ils connaissent pourtant mieux que tous les nigériens. Droite, centre, gauche et radicaux, tous ont préféré fermer leurs yeux et boucher leurs oreilles, du moment où l’intérêt supérieur et l’honneur de leur pays ont été sauvegardés, avec la libération des otages.

Qu’importe la manière par laquelle cette libération est intervenue !

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El Kaougé Mahamane Lawaly

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13 plusieurs commentaires

  1. Ne te fatigue pas grand journaliste proche du pouvoir, espèce d’hypocrite, imbécile ,vos pareil sont des grand dangers pour une nation.

  2. Vérifier bien nos informations avant de les publier: Zinder est elle la seule victime?

    L’histoire de gestion de nos municipalités est un problème général mais pas uniquement de la ville de Zinder. Nous recommandons que l’Etat du Niger mette un programme national conséquent d’appui aux municipalités pour assainir la gestion. Nous espérons que d’ici la prochaine élection municipale ce programme verrait le jour.

  3. Zinder: Les maires révoqués ont - ils commis plus de forfait que les maires de la ville de Zinder

    Nous sommes d’accord que la ville de Zinder tend vers irréversiblement vers une catastrophe dont personne ne parle. Il s’agit en particulier de:
    – le dernier caniveau (stade municipal) est construit au début des années 80 (vers 1982);
    – l’inexistence d’aucune poubelle officielle dans une ville d’environ 400 000 habitants, les cours et les alentours des établissements scolaires, et les places publiques sont devenus des dépotoirs dont la mairie n’évacue peut -être une fois par an (ou plus d’une année);
    – la vente anarchique des parcelles: toutes les places publiques et les espaces verts sont vendus, parfois même les voies d’écoulement d’eau;
    – plus de 12 mois sans curé les caniveaux poubelles: ce qui conduit automatiquement à des inondations à chaque pluie importante;
    – absence de tenue des sessions des conseils municipaux et usage de faux dans les tenues des conseils ( 1 à 2 heures uniquement de réunion du conseil est mentionné 4 jours d’assise et les conseillers signent les états des 4 jours. Ils doivent rembourser les contribuables zindérois, et rendre compte de cette escroquerie. Aucun journaliste n’est invité aux sessions des conseils à cause des caractères mafieux);
    – incapacité notoire de payer les salaires des agents municipaux;
    – etc….;
    Nous lançons un appel au Ministre de l’intérieur et au HALCIA de craindre Allah, de s’occuper du cas de la ville de Zinder. Il ne s’agit de sanctionner X ou Y, mais de mettre une commission autonome pour enquêter sur le cas de Zinder.
    La ville de Zinder est aujourd’hui une référence de la malgouvernance de l’échec de la décentralisation.
    Craignons car nous rendrons compte de tous nos actes et Allah n’est injuste. Redonnons de l’espoir à cette population qui souffre dans sa chaire de la cruauté des dirigeants.

  4. Révocation des Maires indélicats de la ville de Zinder

    Nous sommes surpris qu’aucun maire de la ville de Zinder ne figure pas sur la liste des maires révoqués. Les maires de Zinder ont vendu les espaces publics. Les maires de Zinder vendaient les espaces publics. Les détournement ………………………………

  5. Je me demande ce qu’a voulu prouver ce journaliste. Il veut nous faire comprendre que dans cette affaire seule la France est sale et que nous en bon amis nous l’avions simplement aidée à se salir. Nous sommes sains et que tout ce que le Niger a fait c’est à cause de notre très grande amitié pour la France. Pathétique.

  6. Une très mauvaise inspiration qui n’engage que son auteur. Pathétique !!!

  7. 😊😊 où est passé l’argent dU KELLEY KELLEY INTERNATIONAL DE Massaoudou Hassoumi , DIRECTEUR DE CABINET….? 😀😄
    QUI L’ A INSTRUIT dans ce CHOUCOU CHOUCOU , Digne des escrocs internationaux ???😁😊
    N’est ce pas les ESCROCS INTERNATIONAUX qui se connaissent et se rencontrent ???

    Quels autres DIRECTEURS DE CABINET, presentement veulent s’engager aussi dans des operations de TOMBOLA INTERNATIONALE , De KOSSOU KOSSOU , ou grattage de croocks pour ramener GRATUITEMENT au Niger…comme il est dit le Niger n’injecte NADA ?? 😂😂😂

    Et repartager est ce un probleme ?😁 😱

    Il y a là, réunis autour d’une transaction financière qui sème le doute, tous les éléments d’un thriller politico-financier. On y retrouve le géant français du nucléaire Areva, un nouveau gouvernement, sans le sou, d’une ancienne colonie française en Afrique, des intermédiaires russe et libanais avec des comptes bancaires dans les Emirats arabes unis et des centaines de millions de dollars qui doivent changer de mains, lors d’une opération qui, finalement, n’aboutira pas.

    Les journalistes nigériens l’appellent l’« uraniumgate ». A Niamey, une plainte contre X a été déposée par des organisations de la société civile. Une commission parlementaire enquête, de même que des juges parisiens, dans l’espoir de faire la clarté sur cette affaire opaque.

    Le scandale a éclaté le 16 février, avec la publication dans l’hebdomadaire nigérien Le Courrier de documents portant sur la vente à l’automne 2011, pour 320 millions de dollars (environ 240 millions d’euros à l’époque), « d’une très forte quantité d’uranium ». Une transaction portée par Areva, mais dans laquelle apparaît la Société du patrimoine des mines du Niger (Sopamin), contrôlée par l’Etat nigérien, lequel a été immédiatement soupçonné par l’opposition et une partie de la presse nigériennes d’avoir partiellement détourné cette somme.

    Des intermédiaires russe et libanais

    Le Courrier avait alors détaillé le circuit tortueux de cette transaction : « Areva UG [filiale commerciale du groupe Areva] avait vendu une très forte quantité d’uranium à Energo Alyans, une société de distribution russe qui ne s’intéressait pas au commerce d’uranium ou au négoce de matières premières. Le 24 novembre [2011], la société Energo Alyans a vendu cet uranium à la société Optima Energy Offshore SAL, au Liban. Les deux ventes ont été notifiées à la société Areva. (…) Un virement bancaire de 319 millions de dollars (…) a été fait le 12 décembre 2011, du compte de Sopamin, logé chez BNP Paribas, à Paris, au compte d’Optima, à Dubaï. »

    Le groupe français n’en conteste pas la véracité. « Il s’agissait d’une opération de trading dans le cadre d’une offre intégrée », nous confirme Christophe Neugnot, porte-parole d’Areva. En clair, le groupe français était, à l’époque, en contact avec un opérateur intéressé par l’achat de centrales nucléaires. « Dans ce genre de projet, l’opérateur veut de la visibilité et nous demande de sécuriser son approvisionnement futur en uranium », explique M. Neugnot. D’où cette opération de trading par laquelle Areva met une option sur l’achat de 3 000 tonnes d’uranium.

    « Finalement, la vente du réacteur ne s’est pas faite, nous avons racheté l’uranium », avec, au bout du compte, « une perte de 18 millions de dollars – et non de 100 millions, comme évoqué dans la presse – due aux variations des cours de l’uranium », précise le porte-parole d’Areva. Le marché de cette matière première était alors frappé de plein fouet par la catastrophe nucléaire de Fukushima, au Japon, en mars 2011.

    Quant à la présence des intermédiaires russe, Energo Alyans, et libanais, Optima Energy, Areva se défausse : « Une histoire classique entre traders. » Sauf que, chemin faisant et en l’espace de quelques jours, les deux traders empochent de confortables plus-values : 17,6 millions de dollars pour Optima Energy et 82 millions de dollars pour Energo Alyans, une société russe « inconnue des traders [et] qui aurait totalement disparu, peu de temps après les faits », selon une enquête publiée, le 28 mars, par l’hebdomadaire Jeune Afrique. En France, où Areva est déjà empêtré dans un autre dossier africain, celui autrement plus lourd d’Uramin en Centrafrique, l’affaire nigérienne fait l’objet d’une enquête préliminaire du parquet financier.

    Pour ce qui est de l’intervention de la Sopamin, Areva avance une explication simple : « Quand nous cherchons de l’uranium, nous nous tournons vers ceux qui peuvent nous en fournir. » Et, au Niger, où les Français extraient de l’uranium depuis les années 1960, Areva avance en terrain connu. La Sopamin y est actionnaire des deux filiales d’Areva : la Société des mines de l’Aïr (Somaïr) et la Compagnie minière d’Akouta (Cominak), qui assurent 30 % de l’approvisionnement en uranium nécessaire au fonctionnement des centrales françaises. Dans cette affaire, Areva aurait donc « demandé » au Niger de piocher dans le stock d’uranium qui lui revient chaque année à hauteur de sa participation (environ un tiers des parts), conformément au pacte d’actionnaires qui les lie.

    « Nous avons trouvé les caisses vides »

    Les autorités nigériennes expliquent différemment leur présence dans cette opération qui, subitement, se teinte de politique. Pour comprendre, il faut se replacer dans le contexte de l’époque. Avril 2011 : Mahamadou Issoufou est démocratiquement élu à la présidence du Niger, qui voit, avec hantise, le voisin (et « banquier ») libyen sombrer dans le chaos. En janvier 2011, deux Français avaient été tués, après avoir été enlevés par des djihadistes à Niamey. Quatre mois plus tôt, en septembre 2010, sept personnes, dont cinq Français, avaient été prises en otages sur le site d’Arlit exploité par Areva.

    « Quand nous sommes arrivés au pouvoir, nous avons trouvé les caisses de la présidence complètement vides, alors qu’il fallait bâtir un vrai système de sécurité », explique une source proche de la présidence. Selon elle, « Areva, qui avait aussi intérêt à ce que ses sites d’extraction soient sécurisés, aurait alors proposé de nous aider en nous associant à cette opération de trading d’uranium, alors qu’il n’était pas obligé de le faire ».

    Sauf à envisager que le Niger ait aussi profité des quelque 100 millions de dollars touchés par les intermédiaires, le bilan de la transaction est maigre pour Niamey : « Environ 800 000 dollars, utilisés pour l’achat de véhicules destinés à la garde présidentielle », selon l’actuel ministre des finances, Hassoumi Massaoudou. Cet ancien salarié d’Areva – tout comme l’actuel président du Niger – sait de quoi il parle. En 2011, au moment des faits, il occupait le poste de directeur de cabinet du président Issoufou, dont il avait, d’ailleurs, conduit la campagne électorale. C’est à ce titre qu’il dirige alors le conseil d’administration de la Sopamin, dont neuf des onze membres sont nommés par l’Etat.

    Un document consulté par Le Monde montre que les 800 000 dollars encaissés par la Sopamin ont été versés au Trésor, avant d’être affectés à l’achat des véhicules. Une pratique courante, selon un haut responsable nigérien, qui décrit la Sopamin comme « la poche arrière de l’Etat, celle du portefeuille dans lequel il pioche en cas de besoin ».

    C’est justement l’un des reproches exprimés par les organisations de la société civile, qui, sans attendre les conclusions de la commission d’enquête parlementaire, ont déposé une plainte contre X à Niamey. « Où est l’argent des intermédiaires ? », interroge l’un des signataires de la plainte, Moussa Tchangari, secrétaire général de l’ONG Alternative Espaces Citoyens, qui affiche une confiance modérée envers l’indépendance de la commission parlementaire.

    « Et, même s’il n’y a pas eu de détournement, cette affaire doit être éclaircie, ajoute-t-il, parce qu’il est anormal d’avoir recours à Areva pour remplir nos caisses de cette façon. Nous devrions au contraire nous battre pour contraindre l’entreprise à partager davantage les profits qu’elle se fait sur le dos du Niger. Ce n’est pas de sa charité que nous avons besoin. » Mais difficile, sans doute, d’y résister, pour un Etat parmi les plus pauvres du monde, dont le produit intérieur brut n’atteint pas les deux tiers du chiffre d’affaires annuel de la multinationale.

    Gérald Arbola, ancien numéro deux du directoire d’Areva, a été mis en examen dans l’enquête sur le rachat en 2007 de la société minière Uramin, une opération qui s’était révélée désastreuse pour le spécialiste du nucléaire, de source proche de l’enquête.

    Convoqué jeudi chez le juge d’instruction, il a été mis en examen pour « diffusion d’informations trompeuses » et « présentation de comptes infidèles », a précisé cette source.

    L’enquête porte sur le rachat en 2007 d’Uramin pour 1,8 milliard d’euros. L’exploitation des gisements d’uranium de l’entreprise canadienne en Namibie, en Afrique du Sud et en Centrafrique s’était révélée beaucoup plus difficile que prévu et l’opération s’était transformée en gouffre financier pour Areva.

    Deux informations judiciaires sont ouvertes depuis 2014 : l’une porte sur les conditions d’acquisition d’Uramin, l’autre sur les provisions inscrites par Areva en 2010 et 2011 pour couvrir ses pertes, les années précédentes étant couvertes par la prescription.

    C’est dans le cadre de cette seconde enquête que Gérald Arbola est poursuivi, tout comme Anne Lauvergeon, l’ex-présidente d’Areva, mise en examen pour « présentation et publication de comptes inexacts » ainsi que « diffusion de fausses informations », et l’ex-directeur financier du groupe, Alain-Pierre Raynaud, pour « complicité ». L’ancien coprésident du comité d’audit d’Areva, René Ricol, a été quant à lui placé mercredi sous le statut intermédiaire de témoin assisté.

    « Présentation des comptes la plus valorisante »

    Les magistrats cherchent à savoir si des responsables du groupe ont dissimulé la valeur réelle des mines rachetées à Uramin pour retarder au maximum l’inscription de provisions dans les comptes. Fin 2011, six mois après le départ d’Anne Lauvergeon, le groupe avait fini par annoncer de lourdes pertes et une provision de 1,5 milliard d’euros sur la valeur de la société minière.

    Anne Lauvergeon rejette une partie de l’échec de l’opération Uramin sur la division des mines qui n’a, selon elle, à l’époque pas bien mené son travail de prospection.

    Mais, pour l’ancien directeur de la division, Sébastien de Montessus, à qui « Atomic Anne » a été confrontée en septembre 2016, cette dernière ne voulait pas passer les dépréciations nécessaires, souhaitant « une présentation des comptes la plus valorisante » possible pour obtenir, en juin 2011, un troisième mandat à la tête d’Areva, ce qui n’avait finalement pas été le cas.

    Par ailleurs, on apprend qu’Anne Lauvergeon a engagé des poursuites pour diffamation contre France Inter, le journaliste Jean-Louis Pérez et l’écrivain Vincent Crouzet, un an après la diffusion, en février 2016, de l’émission « Affaires sensibles » consacrée à l’affaire Uramin. Auteur de deux ouvrages sur le sujet, Radioactif et Une affaire atomique, Vincent Crouzet, l’une des personnes les mieux renseignées en France sur le dossier Uramin, dénonce « une claire manœuvre d’intimidation » alors que deux instructions sont ouvertes en France sur le rachat d’Uramin par Areva.

    bénéficié d’informations privilégiées sur le rachat par le groupe nucléaire français, en 2007, de la société minière canadienne UraMin pour 1,8 milliard d’euros. Un actif intégralement déprécié quatre ans plus tard.

    UraMin-Areva : enquête sur un délit d’initié

    Contacté par Le Monde, l’avocat de M. Fric, Mario Stasi, confirme cette mise examen. Les magistrats ont en effet estimé qu’il avait bénéficié d’informations privilégiées sur l’offre publique d’achat d’Areva sur UraMin et qu’il en avait profité pour acheter puis revendre des titres en réalisant une plus-value d’environ 300 000 euros.

    Mme Lauvergeon récuse toute interférence

    Pour Me Stasi, cette mise en examen « repose uniquement sur une concordance de dates et le fait que M. Fric soit l’époux d’Anne Lauvergeon ». Il assure qu’« à aucun moment son client n’a bénéficié d’informations privilégiées et qu’en outre, c’est son associé Franck Hanse, trader de formation, qui a décidé seul de cette opération ». Ce dernier doit être entendu par la justice en avril.

    De son côté, Mme Lauvergeon récuse également toute interférence. Dans un entretien au Parisien du 30 mars, elle affirme que c’est l’« ex-associé » de son mari qui gérait les fonds et décidait des placements. Elle explique que « les règles de confidentialité chez Areva étaient très strictes », ajoutant que « les liens de mariage ne prévoient pas que l’on partage les secrets qui ne vous appartiennent pas ».

    LES ENQUÊTEURS S’INTERROGENT SUR UNE VOLONTÉ SUPPOSÉE « DE MASQUER L’OPÉRATION ».

    Intermédiaire dans le secteur de l’énergie, M. Fric était l’objet depuis de longs mois d’une enquête de Tracfin. Selon une note de l’organisme antiblanchiment du ministère des finances, des sociétés domiciliées dans des paradis fiscaux ont acquis des titres UraMin à la Bourse de Toronto entre le 18 mai et le 12 juin 2007 avant de les revendre à la société Amlon Limited peu après.

    Le 20 juin, cinq jours après l’annonce officielle de l’offre publique d’achat d’Areva sur UraMin, toutes ces actions étaient revendues. La plus-value aurait ensuite été versée sur un compte au Credit suisse avant de transiter par le Liechtenstein pour atterrir en Suisse sur des comptes liés à M. Fric ainsi qu’à la société International Trade and Finance dont il est l’un des associés. M. Fric a démenti tout délit d’initié.

    Sur la base de ces informations, les enquêteurs de Tracfin écrivaient il y a plusieurs mois qu’il pouvaitt être « raisonnablement envisagé que M. Fric ait disposé d’une information dont n’ont pas bénéficié les autres acteurs du marché boursier, pour en tirer un profit par l’entremise d’entités juridiques sous son contrôle ». Ils se sont ensuite nterrogés sur une volonté supposée « de masquer l’opération ».

    Le délit d’initié présumé de M. Fric fait partie de la première information judiciaire ouverte par le parquet national financier à la suite d’un rapport de la Cour des comptes, en 2014, qui n’a jamais été rendu public. Trois autres chefs ont été retenus : escroquerie, abus de bien social, corruption d’agent public étranger.

    Présentation de comptes annuels « infidèles »

    La seconde information judiciaire concerne Mme Lauvergeon elle-même, soupçonnée de présentation de comptes annuels « inexacts » et « infidèles », de diffusion d’informations fausses ou trompeuses, d’abus de pouvoir, de faux et usage de faux. Ses détracteurs lui reprochent notamment d’avoir tout fait pour dissimuler la richesse réelle des mines africaines rachetées à UraMin, retardant et limitant autant que possible les dépréciations d’actifs (impairments), afin de garder une chance d’être reconduite pour un troisième mandat en juin 2011.

    L’acquisition en 2007 de la société UraMin pour 1,8 milliard d’euros avait été suivie d’un investissement de 1 milliard investi en Namibie, notamment pour développer la mine d’uranium de Trekkopje et l’usine de dessalement d’eau de mer voisine. A la fin de 2011, soit six mois après le départ de Mme Lauvergeon d’Areva, ses successeurs avaient dû inscrire près de 1,5 milliard de dépréciations d’actifs, qui s’ajoutaient aux 426 millions dans les comptes de 2010.

    Les actifs de la société canadienne étaient en effet jugés moins riches en minerais. En outre ils n’étaient pas exploitables de façon rentable en raison de l’effondrement des cours de l’uranium après la catastrophe de Fukushima en mars 2011, qui a réduit la demande en combustible nucléaire. Dans les colonnes du Parisien, Mme Lauvergeon rappelle que les dépréciations sont « une pratique courante chez les opérateurs miniers ».

    MME LAUVERGEON SE PLAINT QU’ELLE « ENCAISSE MALVEILLANCES ET COUPS TORDUS »

    De nombreux e-mails internes, dont Le Monde a pris connaissance, prouvent que la Business Unit (BU) Mines avait alerté Mme Lauvergeon de la situation dès 2008, notamment sur les gisements d’Afrique du Sud et de Namibie. En mai 2010, le responsable financier de la BU Mines proposait déjà une dépréciation de 1,4 milliard à 1,6 milliard de dollars d’UraMin. Et de 1,820 milliard à la fin de 2010. Sans succès auprès de la direction financière du groupe, et a fortiori de Mme Lauvergeon.

    Tout a été fait pour ne pas tenir compte des conclusions des nouveaux inventaires réalisés par les géologues maison, qui concluaient que les ressources en uranium étaient bien plus faibles et difficiles à exploiter que prévu par les tests réalisés par la société d’expertise mandatée par le propriétaire d’UraMin.

    Réplique de Mme Lauvergeon, qui devait être à nouveau entendue par les juges le 25 mars, avant que l’audition ne soit reportée : « Si en 2010 Sébastien de Montessus[patron de BU Mines] n’était pas d’accord avec le montant déprécié[426 millions], il n’aurait pas dû signer, mais plutôt alerter les commissaires aux comptes, le président du conseil de surveillance, l’Agence des participations de l’Etat, etc. » Elle confie toutefois au Parisien qu’elle « encaisse malveillances et coups tordus », et qu’elle « souffre ». « La violence de ces attaques me sidère », assure-t-elle.

    Présent dans tous les métiers du nucléaire, Areva est aujourd’hui en cours de démantèlement avec le rachat par EDF de ses activités de fabrication et de maintenance des réacteurs (Areva NP). L’entreprise ne conservera que la gestion du cycle du combustible (mines, enrichissement de l’uranium, recyclage des combustibles usés, démantèlement des centrales), le périmètre de l’ex-Cogema. Un autre crève-cœur pour celle qu’on surnommait « Atomic Anne

    Et si ya eu choucou choucou et manipulations de comptes la bas au Niveau de PATRONS de Areva, POURQUOI n’y aurait il pas de magouille et pot de vin 😊 pour effort et complicite rendus par les INTERMEDIAIRES, LES MOUCHES DU NIGER ????? 😄

    CA SENT QUOI L’ON DIT MEME ????

    Mais ne dit on le mensonge a beau goudou ….zourou….courir….. La verite finira par l’attraper kACHAAAAP !!!!

    Mais TOTO A DIT se mele de quoi la meme ???? 😴😴

  8. DU MOMENT OU UN ESCROC INTERNATIONAL EST IMPLIQUE DANS LA TRANSACTION….!!!

  9. Mahamadou Hassane

    Mr le journaliste vous êtes le plus » CON  » de tous les nigériens. On est pas de la diaspora donc on a suivi les faits »in live ». sauf si vous maîtrisez l’affaire mieux que Massaoudou.
    Vous ferez mieux de retourner sur les bancs de l’IFTIC.
    Honte à vous. A travers vos écrits vous jetez vraiment le discrédit sur votre famille.
    Sûrement que Massaoudou était dans un état d’inconscience quand il a fait son point de presse car les parallélismes sont patents dans ses propos et les vôtres.
    Karan Farawta vas là-bas

    • Il est drole ce journaliste. Malheureusement la vie rose que vous racontez dans votre article est l’oppose de ce que nous avons vu et entendu. Alors comme ca de 800 millions de FCFA on passe a 800 000 dollars…hahaha quelle mauvaise foi.

    • Tu es vraiment borné, tu ne vois pas au delà du bout de ton né. Penses-tu qu’on va vous livrer tous les secrets d’état et internationaux. retourne à l’école de ton maître informateur exilé à l’étranger. Ta leçon est mal apprise.

  10. TOTO A DIT partage ……

    In Niger, a complex potential scandal involving uranium sales is unfolding. It is so serious as to have prompted a parliamentary inquiry (French), which began on March 27 and will run for forty-five days.

    Here is some of the backstory: In 2011, Hassoumi Massaoudou, then-chief of staff to Nigerien President Mahamadou Issoufou, authorized “a bank transfer…for $320 million from an account belonging to state miner Sopamin to an account controlled by an offshore company called Optima Energy.”

    Currently, Massaoudou is Niger’s current finance minister. At a press conference in February, he argued that “his involvement in a series of transactions involving the uranium rights, ending in its sale by Sopamin to French state-owned nuclear company Areva, ultimately earned the state a profit.” You can listen to the press conference here (French), where Massaoudou says that at Areva’s suggestion he engaged in “trading” to make a profit for Niger “for free.” He also says that the gains were deposited in the treasury and spent on expenses, “notably vehicles for the presidential guard.”

    Documents showing the transfer first appeared in February in the Nigerien newspaper Le Courrier. Unfortunately, I haven’t been able to find the full newspaper report online; the closest I’ve come is a photograph I found of the print edition, and even that appears to show only part of the article. (If anyone has access to a photograph of the entire story and accompanying documents, please email them to me.) One document (French), signed by Sopamin’s director at the time, may contradict Massaoudou’s account by showing that the transfer was not connected to trading but to uranium sales.

    So to make things a bit clearer, here are some of the key players:

    Massaoudou
    Issoufou
    Sopamin (La Société du patrimoine des mines du Niger, which might be translated as “Niger Mines Assets Firm”), a state-run company with stakes in major uranium and gold mines
    Sopamin’s former director Hamma Hamadou
    Sopamin’s current director Hama Zada
    Optima Energy, a Lebanese firm based in Dubai (but perhaps a branch of a Swiss firm)
    Areva, a French state-owned firm that operates two major uranium mines in northern Niger
    Energo Alyans, a Russian distribution company
    Jeune Afrique (French), which has reviewed the documents in question, provides a chronology and gives the prices at each step:

    Areva’s sale to Energo Alyans: $220 million
    Energo Alyans’ sale to Optima: $302 million on 24 November 2011
    Optima’s sale to Sopamin: $319.8 million on 25 November 2011
    Sopamin’s sale to Areva: $320.65 million
    As even this quick look shows, the situation is highly complex. The inquiry could prove explosive for Niger, France, and various firms.

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