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7ème conférence et Assemblée générale du WAAPAC : Réflexions sur le rôle des parlements dans la lutte contre les flux financiers illicites (FFI)

L’Association des commissions de Finances des parlements des pays de l’Afrique de l’Ouest (WAAPAC- West Africa Association of Public Accounts Committees) tient depuis hier à Niamey, sa 7ème conférence et Assemblée générale avec pour thème, « Lutte contre les flux financiers illicites (FFI) en Afrique de l’Ouest, rôle des parlementaires et des institutions supérieures de contrôle ».

C’est le président de l’Assemblée nationale SE. Ousseini Tinni qui a présidé l’ouverture des travaux dans la salle Margou de l’hôtel Gaweye, en présence des représentants des institutions de la république, des députés nationaux, des membres du gouvernement et ceux du corps diplomatique, de la présidente de la WAAPAC, des délégations venues de tous les pays membres de l’Association et de plusieurs invités.

Ces travaux qui s’étaleront jusqu’au jeudi prochain aborderont les différents aspects de cette thématique principale : les FFI, un sujet d’actualité et de préoccupation pour nos Etats ; un sujet qui « interpelle à la fois les pouvoirs publics, les institutions et organisations ouest africaines, les partenaires techniques et financiers », dira Mme Tignokpa Ayawovi Demba, présidente de la WAAPAC. En effet, souligne-t-elle, les flux financiers illicites en provenance d’Afrique sont devenus un sujet de préoccupation majeure en raison de leur ampleur et de leur impact négatif tant sur les programmes de développement et de gouvernance que sur la sécurité et la paix.

« Les FFI à travers les frontières entravent non seulement le progrès socio-économique mais exercent aussi une menace permanente sur la paix et la sécurité dans le continent en général et dans la région ouest africaine en particulier, à travers l’aggravation des inégalités sociales et le financement des réseaux terroristes » déclare la présidente de la WAAPAC.

Citant un rapport de haut niveau sur les FFI, Mme Tignokpa Ayawovi Demba a indiqué que les FFI en provenance de l’Afrique affecteraient le continent à raison de 50 milliards de dollars US par an, soit le double de l’aide publique au développement accordée aux pays du continent. C’est pourquoi, dit-elle, les parlementaires ne sauraient rester en marge de la lutte contre ce fléau et ses conséquences affreuses sur les populations.

« Notre contribution aux côtés de l’exécutif, des institutions nationales de contrôle, sous régionales et continentales de lutte contre le phénomène s’avère plus qu »une nécessité » déclare la présidente de la WAAPAC. D’où le choix du thème de cette conférence dont les réflexions doivent donner un contenu concret au rôle que doivent jouer les parlements dans la lutte contre les FFI.

Ainsi durant les trois (3) jours de travaux, cinq (5) exposés seront présentés par d’éminentes personnalités autour des thématiques comme :  »l’Afrique et le défi des flux financiers illicites » ;  »le rôle du parlement dans la lutte contre les FFI » ;  »le rôle des institutions supérieures de contrôle dans la lutte contre les FFI suivi d’un partage des expériences des pays représentés » ;  »les institutions financières et les FFI : une partie du problème ou une partie de la solution ? » et  »le rôle des agences de sécurité et des unités de renseignement dans la lutte contre les FFI ». La présidente de la WAAPAC a saisi cette occasion pour exprimer sa gratitude au président de l’Assemblée nationale SE. Ousseini Tinni qui a accepté d’abriter cette session.

Elle a par ailleurs salué les efforts déployés par le Niger sous la conduite du président Issoufou Mahamadou afin de garantir la sécurité et la paix aux populations nigériennes.  »Ces efforts au-delà du peuple nigérien, ont fort heureusement de fortes retombées en terme de sécurité pour toutes les populations de notre sous-région » déclare Mme Tignokpa Ayawovi Demba avant de remercier l’ensemble des acteurs qui concourent à l’organisation et la réussite des activités de leur association. Elle cite entre autres, le président de la commission Finances et Budget de l’Assemblée nationale du Niger, les assistants parlementaires, les conférenciers, le Centre africain des affaires parlementaires (ACEPA) Accra et le comité d’organisation de l’Assemblée nationale.

En procédant à l’ouverture officielle des travaux, le président de l’Assemblée nationale SE. Ousseini Tinni, s’est d’abord réjoui du grand honneur fait au parlement nigérien et au-delà, à notre pays tout entier, en organisant cette 7ème conférence du WAAPAC à Niamey. M. Ousseini Tinni a rappelé et réitéré l’attachement des autorités nigériennes à l’intégration économique de notre sous région. « C’est dans ce but que le Président de la République, SE. Issoufou Mahamadou, déploie d’immenses efforts pour que la CEDEAO atteigne l’une des étapes les plus importantes de son parcours qui est la création d’une monnaie commune » a-t-il déclaré, estimant que les parlements nationaux doivent, à cet effet, se rapprocher davantage pour partager les procédures et pratiques de travail.

« Votre association me paraît pouvoir aider nos parlements à mieux mutualiser leurs efforts dans la recherche d’une plus grande efficacité de l’action législative. Elle peut le faire d’autant plus efficacement que les commissions des Finances qui la composent, représentent la charnière de nos différents parlements ; elles sont au carrefour de toutes les autres dont elles capitalisent les réflexions en matière budgétaire » a estimé SE. Ousseini Tinni.

Après avoir rendu hommage aux prédécesseurs qui ont porté la WAAPAC sur ses fonts baptismaux, le président de l’Assemblée nationale a souligné la pertinence du thème de cette 7ème conférence de la WAAPAC. Ce thème conference« est d’autant plus pertinent que la délinquance financière, le terrorisme, le trafic de stupéfiants sont des phénomènes intimement liés qui s’auto entretiennent : que l’on tarisse la circulation des flux financiers illicites, et à brève échéance, le terrorisme sera vaincu et le dangereux commerce de la drogue ira en périclitant » a-t-il déclaré.

C’est pourquoi, la lutte contre les FFI intéresse particulièrement le Niger, qui des années durant, fait face au défi du terrorisme sous ses formes les plus sournoises. «Mais grâce à la détermination des plus hautes autorités, les funestes desseins de ses commanditaires sont en passe d’être conjurés ; ce qui vaut à notre pays l’immense reconnaissance de la communauté internationale» souligne le président de l’Assemblée nationale.

Le prix Nelson Mandela décerné au Président de la République est le témoignage de la portée mondiale du combat qu’il mène contre le terrorisme. Aussi, pour le président de l’Assemblée nationale, la lutte contre les FFI participe de la lutte contre le terrorisme. « Il faut travailler aussi assidument que possible pour en cerner tous les contours. Ce faisant d’autres organes et structures du pouvoir exécutif pourront, de ce travail, trouver des pistes de recherche pour combattre et vaincre ces deux fléaux », a recommandé SE. Ousseini Tinni.

Le président de l’Assemblée national d’indiquer que le Niger s’est doté, conformément aux directives de l’UEMOA, d’un corpus juridique pour d’une part améliorer l’efficacité de la gestion des finances publiques et de l’autre pour assainir la gestion économique dans tous ses aspects. Il cite à ce sujet, l’adoption du Code de transparence dans la gestion des finances publiques et de la loi relative à la lutte contre le blanchiment des capitaux et le financement du terrorisme. «Il s’agit là d’outils utiles pour affronter toutes les déviances financières et leurs dangereuses conséquences pour l’économie » estime SE. Ousseini Tinni qui fonde beaucoup d’espoirs sur les échanges d’expériences.

«L’urgence pour les pays de la sous-région, au-delà du renforcement du cadre juridique, est de mettre en place des institutions et organismes spécialisés pour la prévention et la lutte contre ces flux financiers illicites » estime-t-il avant de se réjouir de la création de la Cellule nationale de traitement de l’information financière (CENTIF) et de la Haute autorité de lutte contre la corruption et les infractions assimilées (HALCIA).

Le président de l’Assemblée nationale a aussi souligné la nécessité d’adopter « une législation des plus sévères et de déployer des stratégies efficaces pour faire rapatrier les fonds soustraits à l’économie réelle et placés, le plus souvent, dans ce que l’on dénomme  »les paradis fiscaux » ».

Appelant au renforcement de la coopération judiciaire, SE. Ousseini Tinni a rappelé aux participants que les commissions qui composent la WAAPAC sont « les gardiennes de l’orthodoxie financière, qu’il s’agisse de finances publiques, de monnaie ou du crédit » et qu’elles ont un grand rôle à jouer dans cette lutte contre les FFI. « Le défi est de taille : il s’agit de mettre nos pays à l’abri de l’économie mafieuse et ses fâcheuses conséquences» conclut-il.

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Siradji Sanda (onep)

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