Home ACTUALITE A PROPOS DES ELECTIONS LOCALES: La question des élections locales est à la une de l’actualité.

A PROPOS DES ELECTIONS LOCALES: La question des élections locales est à la une de l’actualité.

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Il y a donc lieu de se demander qu’est-ce qui peut être à la base d’une telle effervescence, lorsqu’on sait que l’expérience de la gouvernance locale depuis la communalisation intégrale du territoire, est loin d’être reluisante. Pour preuve, les multiples irrégularités constatées par les organes de contrôle de l’Etat, dans la gestion financière, comptable et foncière, voire dans le fonctionnement général des communes. 

Si en dépit d’un tel constat, les partis politiques donnent de la voix sur la nécessité ou non de procéder aux élections locales avant les élections présidentielle et législatives, c’est que la raison est ailleurs.                                                                                                                                                                      A chacun de la trouver.                                                                                                                                          Ce dont je suis convaincu, c’est que la gouvernance locale a peu répondu aux objectifs de promotion du développement local, sensé faire des communes des facteurs de richesse, à travers les relations villes-campagnes.

En effet, combien sont-elles les communes, où les budgets sont élaborés sur des données fiables, où le dispositif de recouvrement est efficient, où les dépenses sont effectuées conformément aux recettes, où les impayés sont régulièrement apurés, où les salaires des agents sont régulièrement payés, où les ordures ménagères sont régulièrement ramassées, où les investissements programmés sont réalisés, où la gestion foncière est fiable, où les infrastructures sont entretenues, où les agents bénéficient d’un plan de formation, et où le fonctionnement du conseil municipal est régulièrement assuré ?

Combien sont-elles qui disposent d’un document de planification spatiale ?

Combien sont-elles où les élus locaux sont conscients de leurs rôles, ont une vision du devenir de leurs communes et sont fortement impliqués dans la gestion locale ? 

Combien sont-elles à pouvoir disposer d’une grande capacité d’endettement et d’investissement ? 

Combien sont-elles à disposer d’un bon archivage des documents ? 

Combien sont-elles à pouvoir bénéficier d’une bonne collaboration avec les services déconcentrés de l’Etat et les projets ?

Tant que ces questions n’auront pas été examinées avec toute la lucidité requise, la réalisation des élections locales ne sera que politicienne, quelle que soit la période à laquelle elles auront lieu. 

Il convient plutôt d’envisager une évaluation générale sur l’expérience de la gouvernance locale depuis l’amorce de la communalisation, afin d’apprécier les forces, les faiblesses, les opportunités et les risques. Cette évaluation pourra être axée entre autres sur les aspects suivants :

  • Rappel des compétences dévolues aux communes ; 
  • Organisation et fonctionnement des services ; 
  • Situation des données statistiques ; 
  • Prévisions budgétaires et taux de réalisation ; 
  • Situation des ressources humaines ; 
  • Niveau d’endettement ; 
  • Contraintes et potentialités financières ; 
  • Dispositif de mobilisation des ressources ; 
  • Situation des investissements réalisés ; 
  • Niveau d’entretien des infrastructures et équipements collectifs ; 
  • Situation des impayés ; 
  • Situation de la gestion foncière ; 
  • Nature et évolution des recette et des dépenses ; 
  • Situation des transferts effectifs de la part de l’Etat ; 
  • Planification spatiale et programmation des investissements prioritaires ; 
  • Niveau de collaboration avec les services de l’Etat, les autres collectivités publiques, les sociétés concessionnaires ; 
  • Mesures d’accompagnement par l’Etat, notamment en matière de renforcement des capacités du personnel 

Cette évaluation permettra ainsi de dégager un consensus général sur la problématique de la gouvernance locale, d’envisager une vision territoriale et citoyenne du devenir des communes, et de formuler des propositions et orientations en matière de promotion du développement local. Ainsi, toutes les communes pourront disposer d’un document guide devant leur permettre de mieux diagnostiquer, mieux programmer, mieux mobiliser, mieux réaliser et mieux entretenir. 

Il reste entendu que l’accompagnement de l’Etat doit être renforcé en matière de renforcement des capacités des élus, du personnel (y compris les percepteurs) de réalisation d’investissements à effets multiplicateurs, et de contrôle. 

Par IBRO  ALKASSSOUM

4 Comments

  1. en effet votre commentaire sur le devenir des élections locales et la vie de nos communes doivent aller de pair. aussi, le constat après 15 ans de mise en oeuvre de la décentralisation de notre pays le bilan est totalement mitigé. faire le diagnostic du chemin parcouru reste et demeure une nécessité absolue. organiser des élections locales dans l’état actuel de certaines nos communes est aberration. car le chaos et le désordre qui règnent au sein de certaines communes est catastrophique. faisons un feedback et réajustons notre fusil d’épaule. la plage est ouverte ………

    1. Et j’ajoute que le désordre vient de la maison mère qui manque de capacités institutionnelles et humaines pour faire avancer les communes. Quand on met l’argent avant la stratégie, n’attendez pas de bons résultats mais un chaos. Ce n’est pas une malédiction mais l’incompétence de notre administration somnambule qui refuse d’affronter la réalité. Dans tous les cas, reporter les élections locales ou pas, chaque parti politique fait son petit calcul sur le nombre de maires et de conseillers qu’il va se tailler pour encore voler les pauvres et non sur le nombre de communes qui seront booster à se développer. Je ne vois pas à moyen terme ce qui changera dans la vie de nos pauvres parents à part qu’ils vont encore sombrer dans une pauvreté extrême, parce que le même gang depuis 30 ans continuera son championnat de cricket. The Republic of Niger est devenue la Kilagué des politiciens, chacun va tirer son coup for less et la laisse couché sur sa natte presque décousue avec son pagne délavé. Kuna sarandi, kunaa mugun abu. Taa- yanké – Say Allah!

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