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À quoi joue le Nigéria dans la zone CEDEAO ?

Issoufou BOUBACAR KADO Chef de service Régie d’Avances, Paierie Générale du Trésor.

Le géant de la Communauté Economique des Etats de l’Afrique de l’Ouest, le  Nigéria de Muhamadu Bohari, tire la sonnette d’alarme sur sa vision de la Zone de Libre-Échange Continentale Africaine, la ZLECAF et de ses rapports avec les pays membres de la CEDEAO.

Le Nigeria en lui seul représente près 72 % du PIB de l’espace CEDEAO en 2017, selon la BAD , il a une population de près de 200  millions d’habitants. C’est le pays le plus riche d’Afrique.

Par conséquent les pays membres de la CEDEAO ne peuvent pas s’en passer d’un tel géant économique.

Lors d’une interview que nous avons accordée à la télévision Labari, nous avons bien  averti que le Nigéria s’est bien préparé avant de ratifier la convention de la Zone Libre-Echange Continentale Africaine , avec son entrée dans la dite zone, les choses seront claires, sa position , celle du Ghana et de l’Afrique du Sud, seront déterminantes dans la bonne conduite de la Zone de  Libre-Echange Continentale Africaine et la mise en œuvre de la monnaie commune africaine de la CEDEAO , ECO.

Ils ne laisseront pas les néo-imperialistes et leurs  valets locaux, bourgeois compradores  continuer à saccager l’économie du continent.

Quand on analyse la position du Nigéria sur la circulation des biens et services dans l’espace de la CEDEAO, on s’apercevrait que cette position progressiste est plus proche du but théorique poursuivi par la Zone de Libre-échange Continentale Africaine .

En effet, le but est de porter le commerce inter-africain à 70% au lieu de 16% actuellement. Donc d’enrichir, d’industrialiser les pays membres et parvenir à la création d’une monnaie globale commune africaine .

Pour atteindre ce but il faudrait que les pays africains commercent beaucoup plus entre eux.

Au lieu d’importer par exemple du riz thaïlandais , pakistanais, chinois , ect , de qualité douteuse, en grande quantité , à des prix qui défient toute concurrence , donc qui créent des difficultés à la production paysanne africaine, les pays membres de la CEDEAO ont intérêt à l’acheter sur place dans l’espace CEDEAO, ainsi ils contribueront à l’augmentation du taux d’échange inter-africain.

La population de l’espace CEDEAO pourrait aussi ansi bien bénéficier du riz bio de bonne qualité nutritive produit par le Nigéria en quantité suffisante pour toute la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest , les paysans africains pourraient également bien s’enrichir des fruits de leurs labeurs.

C’est à peu près la compréhension que nous avons de la position du Nigéria sur  la promotion du libre-échange des  biens et des  services afin d’atteindre le bien-être des habitants des pays membres de la CEDEAO en particulier et de l’Afrique en général.

La spécialisation de chaque pays membre dans la production des biens et services par économie d’echelle pourrait permettre une émergence de l’économie africaine.

Tant que les biens et services seraient disponibles dans un pays membres de la Communauté Economique des États de l’Afrique de l’Ouest , la CEDEAO, il n’est pas bien approprié d’importer en dehors du dit espace. Le sultan Sanoussi Lamino de Kano , qui est un ancien gouverneur de la banque centrale, qui sait de quoi il parle, a conseillé :

« désormais nous devrions revoir nos relations commerciales avec tous les pays membres de la CEDEAO, nous ne devrions plus tolérer que des pays limitrophes du Nigéria introduisent par fraude sur notre territoire, le riz thaïlandais , pakistanais, chinois et autres  produits alimentaires produits au Nigeria en particulier et dans l’espace CEDEAO en général , en vue de créer des difficultés à la filière agricole et industrielle de notre pays et des autres pays africains qui produisent le dit riz de grande qualité, en quantité suffisante, et autres biens et services,  pour tout l’espace CEDEAO.
Le Nigéria devrait être dans l’obligation de fermer ses frontières avec les pays voisins qui s’adonnent à des pratiques qui frisent le sabotage de notre économie « .

Le Nigéria entend donc engager une lutte sans merci à toute action tendant à nuire à la bonne marche de son économie. Il recommande à tous ses voisins une bonne coopération commerciale en vue de promouvoir le commerce inter-africain.

Depuis l’accord avec l’Organisation Mondiale du Commerce , OMC , en 2000 , qui a ruiné son économie, le vingt-neuvième pays le plus riche au monde demeure toujours vigilant.

Le Nigéria cherche à protéger certains marchandises jugés vitaux pour les intérêts supérieurs du peuple souverain du Nigéria. Il cherche des garde-fous permettant d’arrêter l’introduction des produits asiatiques déguisés en produits africains sur le continent en vertu des accords de Libre-Echange Continental Africain , avec la complicité de certains pays africains inconscients de l’enjeu.

D’où la nécessité de bien s’entendre sur la règle d’origine. Il faudrait bien définir la proportion d’éléments entrant dans le processus de la production nécessaire pour déclarer un produit « Made in Africa « .

En prélude à la mise en œuvre de la convention de la Zone de libre-échange Continentale Africaine ,le Nigéria met déjà en garde de manière déguisée certains pays africains tentés de tricher.

L’inquiétude soulevée par le géant économique africain, le Nigéria, est légitime, mais la riposte paraît bien disproportionnée, en effet , le Nigéria est la locomotive de l’économie Ouest Africaine , s’il ferme ses frontières à la moindre erreur de ses voisins , la Zone de  Libre-Echange Continentale Africaine risquerait de connaître des graves difficultés dans sa mise en œuvre.

À notre humble avis une large concertation avec les autres pays africains membres de la CEDEAO, devrait être subordonnée à la fermeture des frontières, et pourrait aider à trouver une solution heureuse à la problématique qui se pose.

Mais la nouvelle problématique qui se poserait : est-ce que les pays membres concernés par cette dénonciation du Nigéria , disposeraient-ils des marges de manœuvres permettant de  créer les conditions nécessaires en vue d’atteindre le taux d’échange escompté de 70 % du commerce inter-africain ?

Par Issoufou Boubacar Kado MAGAGI. (Contribution Web)

  1. Cette analyse nous montre le poids du nigeria dans la CDEAO. Je pense que les autres pays de la CDEAO n’ont pas beaucoup de marge de manoeuvre face au Nigeria. Tout les pays de la CDEAO doivent donc se concerter pour calibrer leur politique commerciale en vue de l’amelioration du commerce intra communauté. Ceci est pour le bien de tous. Le Nigeria represente aussi l’épée de damoclès de cette zone, une recession de son économie peut entrainer tout les autres pays dans la recession , et ceci est d’autant plus vrai maintenant que la CDEAO aura sa propre monnaie commune.

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