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Affaire MDN: Et si on passe au vrai débat ?

Depuis l’éclatement du scandale de l’audit du ministère de la défense nationale, c’est le tollé : les voix se sont élevées de partout pour exprimer leur indignation. De la mouvance à l’opposition, en passant par la société civile, cette affaire n’a laissé personne indifférent ; toute l’opinion publique nigérienne se dit préoccupée et partout cette triste « affaire MDN’’, a fait tache d’huile et continue de faire couler beaucoup d’encre et de salive.

Sauf que s’agissant de la façon de gérer le dossier, les opinions se bousculent et divergent. Certains pensent qu’il y’a de la complaisance dans la façon de traiter certaines personnes impliquées dans l’affaire et proches du régime tandis que d’autres voient déjà en ce dossier un argument électoral de plus contre le principal parti au pouvoir.

De la passion, du subjectivisme, et même du fanatisme, c’est ce qu’on lit et entend, à longueur de journée, de toute part. Mais, là n’est pas la solution et le débat est déplacé. A notre humble avis, aujourd’hui, le seul débat qui mérite d’être posé est celui de savoir comment remettre l’État du Niger dans ses droits en réparant tous les préjudices, principaux comme accessoires qu’il ait subis tout en sanctionnant les auteurs et co-auteurs de cette forfaiture et là, c’est un débat de Droit et non de fanatisme ou de passion.

Il faut dépassionner le débat et le poser juridiquement et c’est le seul d’ailleurs qui mérite d’être posé à l’état actuel du dossier. Certes l’État a subi des préjudices selon le rapport de l’audit mais, les personnes accusées ont aussi des droits et on n’amène pas une personne en prison sur la base de simples accusations. D’ailleurs, l’un des principes phares de la justice est celui du droit à la défense ; une personne accusée a le droit de se justifier ou de justifier devant le juge les faits qui lui sont reprochés.

Une maxime en droit préfère d’ailleurs un coupable dehors qu’un innocent en prison. Ces personnes tel que le veut la loi, ont le droit de prouver leur innocence. Que dit davantage le Droit (la loi) au sujet de cette affaire ?

Voilà, en notre sens, l’interrogation qui doit être posée au lieu de simplement vouloir se lancer dans des divagations, des spéculations stériles tout en voulant manipuler et détourner le sujet à des fins personnelles voire électoralistes alors qu’il s’agit d’une question concernant tout un pays, et donc d’intérêt national.

Tout au plus, s’il y’a une autre question qui mérite d’être posée, c’est celle de savoir le pourquoi de la limitation de cet audit dans un intervalle de temps restreint (de l’année 2017 à 2019) ? Pourquoi ne pas aller au-delà de 2017 comme le suggère plus d’un citoyen ? Cela permettrait d’ailleurs de voir plus clair par rapport à la gestion du ministère de la défense nationale. Un débat juridique, voici le seul qui mérite d’être posé et la justice est saisie de l’affaire, le dossier est entre les mains du procureur.

Place donc maintenant au juge nigérien vers qui est tourné le regard et l’espoir de tout un peuple pour une justice digne de ce nom, gage d’une société meilleure. Il faut dépassionner le débat.

Par Anycet (Stagiaire) (LE REPUBLICAIN)

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