Home ACTUALITE Affaire Samira Sabo : Les mythomanes à l’œuvre

Affaire Samira Sabo : Les mythomanes à l’œuvre

La preuve est faite (si besoin encore était) que l’opposition nigérienne, à l’heure actuelle, ne sait plus à quel saint se vouer. Elle en est réduite à s’accrocher à tout ce qui passe dans son champ visuel, comme à une bouée de sauvetage. Ce faisant, elle pense perturber, un tant soit peu, les hommes et femmes au Pouvoir. Un exemple concret de l’inversion des valeurs qui atteste de sa mythomanie, c’est celle qu’on appelle affaire Samira Sabou qu’elle exhibe dans les réseaux sociaux comme une victoire. ! Le monde à l’envers !  Pourtant jamais au Niger, l’exercice de la profession de journaliste,  notamment le respect de l’éthique et de la déontologie du métier, n’a fait autant l’objet d’une interpellation des organisations socioprofessionnelles des médias que suite à cette affaire Samira Sabou. Au regard certainement du dérapage ! Et, aussi, parce que la bloggeuse est connue pour être une récidiviste.

L’affaire dite de la bloggeuse Samira Sabou a été jugée dans le fond le mardi 14 juillet 2020 au Tribunal de Grande Instance Hors Classe de Niamey. Le délibéré est fixé pour le 28 juillet prochain.

Pour le rappel des faits, cette dernière a, dans une publication faite par voie électronique (sur le réseau social Facebook), accusé M. Sani Mahamadou, Directeur de Cabinet Adjoint du Président de la République qui n’est personne d’autre que le fils du Chef de l’Etat, d’être en connivence avec un opérateur économique, en l’occurrence Boubacar Massi alias Boubé Style Féroce cité dans le dossier de scandale financier révélé dans l’audit du Ministère de la Défense Nationale commandité par le Président de la République. M. Sani Mahamadou, en citoyen jouissant de tous ses droits, a tout naturellement demandé réparation au près de qui de droit, à savoir la Justice, afin de laver son honneur bafoué. Il ne restait donc plus à Samira Sabou, connu pour ses dérapages d’apporter les preuves de ses allégations.

Dès les premiers jours qui suivirent son déclenchement, cette affaire a suscité de nombreuses réactions notamment celles des médias et des organisations socioprofessionnelles de la presse, la bloggeuse étant connu comme journaliste pour y avoir exercé dans plusieurs rédactions à Niamey.

Aussitôt après son arrestation, les débats furent posés au sein de la grande famille des journalistes nigériens. Sur quelle loi faut-il mettre le cas Samira Sabou ? La loi portant régime de la liberté de presse ou bien celle réprimant la cybercriminalité récemment adoptée ? Une chose est sûre, la publication incriminée de la Bloggeuse n’a pas été faite par voie de presse, mais sur sa page facebook privée. C’est donc en vertu de la loi réprimant la cybercriminalité qu’elle a été mise sous mandat de dépôt. Dès lors, les choses devinrent claires pour tout le monde. 

La première organisation des médias à réagir fut la Maison de la Presse qui regroupe plusieurs associations des journalistes. Après une déclaration de principe condamnant l’arrestation de la journaliste bloggeuse, devant la gravité des faits et l’impossibilité apparente pour l’accusée de fournir les preuves de ses allégations, la Maison de la Presse est revenue 48 heures réclamant la clémence du plaignant, appelant les journalistes au respect des règles d’éthique et de déontologie.

Le 13 juin 2020, le Président du Conseil d’Administration de la Maison de la Presse s’adressant à M. Sani Mahamadou avec pour objet : retrait de la plainte, écrivait ceci : « Le Bureau du Conseil d’Administration de la Maison de la Presse reconnait votre droit en tant que citoyen de recourir à la justice pour préserver votre réputation, votre dignité et votre intégrité. La Maison de la Presse, tout en restant profondément rattaché au respect de l’éthique et de la déontologie des professionnels des médias et en déplorant certaines atteintes à la liberté de la presse du fait souvent de l’imprudence de certains confrères, vous demande faire preuve de tolérance et de clémence pour mettre fin à la procédure engagée contre Mme Samira Sabou par le retrait de votre plainte ».

Le 17 juin 2020, c’est au tour de l’Observatoire Nigérien Indépendant des Médias pour l’Ethique et la Déontologie (ONIMED) de réagir en ces termes : « Cette arrestation a ramené le débat sur la pratique du métier de journalisme par certains confrères qui bafouent les règles élémentaires de la profession notamment le recoupement, la vérification et surtout la véracité de toute information avant sa publication pour la consommation du public conformément à l’article 7 du code d’éthique qui stipule ‘’s’interdire le plagiat, la calomnie, la diffamation et toute autre accusation sans fondement’’ ».

L’Association Nigérienne des Editeurs de la Presse Indépendante (ANEPI) et l’Union Nationale des Editeurs de la Presse (UNEP), les deux regroupements d’éditeurs de presse que compte le pays, dans un communiqué de presse conjoint en date du 16 juin 2020, ont soutenu la démarche de la Maison de la Presse demandant la clémence du plaignant M. Sani Mahamadou tout en attirant l’attention des journalistes sur les risques de la « banalisation de la profession à laquelle se livrent malheureusement des non-journalistes à travers les réseaux sociaux qui sont devenus l’apanage des fausses nouvelles, de l’intoxication et de publications attentatoires aux bonnes mœurs »

D’autres organisations des journalistes comme le Consortium des Journalistes pour la Sécurité Nationale (CJSN), le Réseau des Journalistes contre la Radicalisation (RJR)et bien d’autres sont allées dans le même sens que la Maison de la Presse, l’ONIMED, l’ANEPI et l’UNEP s’alignant également pour la clémence de M. Sani Mahamadou en faveur de la Bloggeuse.

Pour le CJSN « en prenant trop de libertés dans leur travail, notamment en diffusant des informations pour lesquelles ils ne peuvent apporter des preuves, les journalistes s’exposent à des poursuites judiciaires, avec à terme la décrédibilisation de leur noble profession ».Quant auRJR,tout en s’inscrivant dans la dynamique de la Maison de la Presse de demande de clémence formulée auprès du plaignant« interpelle de ce fait Samira Sabou à faire preuve de sagesse et à s’inscrire dans cette dynamique de pardon ».

Les réactions ne furent pas que nationales. Lors d’un point de presse conjoint Maison de la Presse/Cellule Norbert Zongo pour le Journalisme d’Investigation (CENOZO), M. Moussa Aksar, président de la Cellule invitait Samira Sabou à apporter un rectificatif à ses écrits si elle n’a aucune preuve de ses allégations.

Même des activistes des réseaux sociaux connus pour leur appartenance ou affinité avec l’opposition ont appelé le plaignant à faire preuve de clémence à l’égard de la Bloggeuse dont le Conseil de Défense n’a, à ce jour, présenté au public, un seul élément de preuves.

La bloggeuse Samira Sabou, faut-il le signaler est une récidiviste en matière de diffamation. En 2017, elle a dû présenter une lettre d’excuse pour échapper à la Justice après avoir porté des fausses allégations à l’encontre d’un membre de la Cour Constitutionnelle. Dans les organes des médias où elle a travaillé, notamment à l’Office National d’Edition et de Presse et dans un quotidien privé de la place, elle n’a pas laissé des bons souvenirs. Pour des fautes professionnelles, elle a été, à chaque fois, mise à la porte.  

Par Namalka Bozari (Contribution Web)

3 Comments

  1. Loi concernant la cybercriminalité
    désormais la Table de la montage signée par le président issoufou ne suffira pas à couvrir les journalistes
    il seront faits comme des rats avec cette loi

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