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Alia Baré : styliste nigérienne de renom

Venue à Niamey dans le cadre de la commémoration du 19ème anniversaire de l’assassinat de son père le Feu Président Ibrahim Baré Maïnassara, la styliste Alia Rayana Baré a accordé un entretien exclusif à Sahel Dimanche où elle parle de son métier de styliste et de sa vie de mère qu’elle arrive à concilier parfaitement avec son métier. Agée de 36 ans, elle est installée depuis trois (3) ans à Dakar où elle mène ses activités de « designer » avec amour et brio. La marque de vêtements qu’elle a créée se nomme « Alia Baré » tout simplement.

Evoquant son cursus scolaire, Alia Rayana Baré a indiqué qu’elle a fait ses études principalement au lycée Lafontaine de Niamey mais elle a obtenu son baccalauréat au lycée Mermoz de Dakar (Sénégal). Ensuite son bac en poche, elle poursuit ses études supérieures en commerce international et gestion à Paris. Une fois ses études terminées et son diplôme en poche, elle commence à travailler en banque et ce, pendant plusieurs années avant de suivre son mari en expatriation à New Delhi (Inde) pendant trois (3) ans puis à Singapour pendant quatre (4) ans. Alia Rayana Baré se rendit enfin compte qu’elle n’était pas faite pour le milieu bancaire en ce sens qu’elle le trouvait trop froid et trop formel.

Elle nous confie qu’elle a toujours aimé créer des choses et qu’elle s’est dit qu’il était temps d’avoir le courage de faire ce qu’elle avait toujours eu envie de faire dans la vie, à savoir la création en stylisme et mode ; à l’époque, Alia Rayana Baré avait déjà deux (2) enfants et trente (30) ans passés mais elle avait pris son courage à deux mains pour retourner à l’Université et c’est ainsi qu’elle s’est inscrite à Roffles Institute of Design Singapour qui est une université spécialisée dans les domaines qui ont trait au « design », à savoir la mode et l’architecture. Alia a choisi la filière mode où elle étudia pendant plusieurs années au terme desquelles elle obtint son diplôme et s’installa à Dakar (Sénégal) pour se rapprocher de sa famille parce que sa mère vit là-bas.

Pour le financement, Alia Rayana Baré confie qu’elle a démarré sur fonds propre avec ses économies et par rapport aux jeunes qui voudraient se lancer dans le domaine, elle veut leur dire que ce n’est pas facile et il ne faut pas aller à l’aventure et juste mettre toutes ses finances et qu’après se retrouver en difficulté car beaucoup de marques et de stylistes finissent par échouer ; le mieux, devait-elle indiquer, serait mieux d’aller étape par étape, lentement mais sûrement, parce que les retours sont lents, raison pour laquelle son équipe est assez restreinte et hautement qualifiée en ce sens qu’ils ont quinze (15) à vingt (20) années d’expérience dans la couture ; elle ne fait que des petits volumes mais de qualité d’où elle a préféré avoir moins de personnes à payer ; actuellement, son atelier fait un  espace d’à peu près trente (30) mètres carrés et il y a également le show room qui est attenant à l’atelier de couture ; donc pour le moment, ce sont des petits espaces à l’image aussi de ce qu’elle veut refléter vraiment, quelque chose d’intime et de son environnement ; c’est une approche qui lui est propre car elle pense en général que les « designer » mettent une distance entre eux et les personnes alors que, Alia Baré, elle, veut créer une présence, un rapport puisque juste habiller une personne fait intervenir un rapport humain qui se veut important.

Actuellement, elle a cinq tailleurs mais elle a aussi beaucoup d’autres personnes qui travaillent par exemple pour la broderie, le perlage, pour la pause des paillettes, etc. Ces personnes travaillent à mis temps mais en général au moins six à sept personnes travaillent constamment. En ce qui concerne le show room, Alia le gère elle-même pour éviter des problèmes et des erreurs par exemple sur les mesures à prendre pour les clients afin de mieux les accompagner.

« Je ne suis pas couturière mais styliste et j’ai une approche conseil en ce sens que je conseille les clients et les oriente, donc j’ai une certaine expertise que j’apporte et que les vendeuses ne peuvent pas faire », a expliqué Alia Baré avant de préciser qu’elle ne fait pas du prêt à porter mais elle fait les coutures sur commande et de la vraie couture sur mesure ; elle dit avoir des prototypes de modèles dans son show room mais que de toutes les façons, selon elle, chaque personne est unique mais cela n’empêche pas à une personne de 45 ans d’aimer la même robe qu’une autre personne de 20 ans pourrait aimer ; par exemple elle voudra la jupe plus longue, le haut moins centré et avec des manches différentes et l’on a la chance en Afrique d’avoir cette possibilité de pouvoir faire pièce par pièce, a-t-elle rappelé. Elle a commencé récemment à faire des broderies assez simples sur des tissus « streche » qui sont beaucoup plus compliqués ; elle aime utiliser les pagnes, les tissus, la dentelle et le perlage, ce qui demande plus de travail et d’énergie mais au « finish » le résultat est intéressant et se veut plus moderne.

« Je travaille sur toutes les matières et j’essaie de combiner et de mélanger les matières d’Europe et d’Afrique pour atteindre la modernité recherchée », a souligné notre styliste avant de préciser qu’elle utilise aussi le cuir où il y a quelques années à la Dakar Fashion, elle a présenté la collection amazone Saraounia dans le but de reprendre cette idée de la femme guerrière, de la femme nigérienne forte, collection dans laquelle elle a utilisé le cuir afin d’arriver à des résultats un peu différents et un peu plus modernes.

Alia Baré rapporte que son tout premier défilé s’est déroulé en 2015 à la Place Fashion de Paris et organisé par Adama Paris ; ce défilé qui est une grande première et qui s’est très bien passé fut une parfaite réussite et elle a eu des retours très positifs, à savoir des articles de presse dans plusieurs magazines culturels et de mode tel que « Amina » par exemple.

D’après Alia Baré, cette collection intitulée « Lumière à travers l’obscurité » a été très appréciée parce qu’elle est une collection à cheval entre l’Afrique et l’Asie et son 2ème défilé fut à la Dakar Fashion quelques mois après le défilé de Paris toujours organisé par Adama Paris. La styliste Alia Baré considère la styliste africaine de renommée internationaliste Adama Paris comme son mentor et elle affirme que deux personnalités l’inspirent en Afrique de l’Ouest : Adama Paris de nationalité sénégalaise par sa force et sa capacité et qui est une figure très connue de la mode africaine est la fondatrice de la chaine télévisée Fashion Africa.

Ensuite, il y a Alphadi qu’elle suivait depuis qu’elle était toute petite et qui habillait sa mère. Pour l’organisation du Festival International de la Mode Africaine (FIMA), devait  rappeler Alia Baré, son défunt père Président avait eu à s’impliquer et à participer pour la réussite de cet évènement international où elle a été elle-même à la première édition à Tiguidit (Agadez) dans le désert en 1998. Cette toute première édition du FIMA l’a beaucoup marqué, a-t-elle précisé avant d’indiquer qu’en quelque sorte, ce grand défilé lui a donné depuis longtemps l’envie d’embrasser le métier de la mode.

Selon Alia Baré, le métier de la mode n’est pas assez considéré dans nos pays en ce sens qu’on l’a traitée de tous les noms, à savoir tu es couturière ou tu es tailleur pour tout simplement dénigrer ce qu’elle fait, ce qui n’est pas bien car si l’on ne peut pas encourager quelqu’un pour le travail qu’il a choisi de faire donc le mieux serait de ne pas le dénigrer. D’ailleurs, d’aucuns savent que travailler honnêtement et à la sueur de son front pour gagner sa vie est une règle de la vie qui est très recommandée par l’islam.

Revenant aux études qu’elle a menées pour aboutir à ce métier, Alia nous confie ceci :

« mes études ont été dures car apprendre le stylisme est très difficile en ce sens que c’est un métier qui n’est pas évident et qui demande beaucoup de connaissances ; les études étaient dispensées en anglais. »

Alia pense vraiment que les mentalités vont changer par rapport à cet aspect là.

Pour ce qui est de la clientèle, Alia a remarqué que les clients n’ont aucun problème à aller en France pour acheter des habits de grande marque avec des centaines de milliers de francs mais quand il s’agit d’acheter local pour inciter le travail des stylistes et promouvoir les artisans africains, ces personnes ne le font pas et quand ils se décident à acheter, ils tentent de tirer les prix vers le bas sans savoir que le travail fourni pour confectionner les habits est dur et demande beaucoup d’énergie. Evoquant sa clientèle, Alia Baré a indiqué que présentement, la majorité de ses clients sont des expatriés avant d’ajouter que pour le moment son objectif principal, c’est d’habiller les femmes africaines et de promouvoir les tissus et pagnes locaux pour les locaux et elle espère que cela va se concrétiser rapidement.

Pour ce qui est des défilés internationaux, Alia Baré confie qu’elle est régulièrement invitée à des évènements à travers le monde ; c’est ainsi que récemment, elle a été à Conakry (Guinée), en Angola au défilé international de la mode et le 7 avril passé s’est déroulé la 2ème édition d’un défilé créée par un de ses confrères créateur sénégalais. Le mois prochain, la styliste Alia Baré partira au Maroc pour un défilé. En juin prochain, notre styliste sera très heureuse de  pouvoir participer à la Dakar Fashion car elle est une édition incontournable, a indiqué Alia Baré.

A la question de savoir à quand un défilé à Niamey, Alia répond en ces termes : « on me le demande très souvent mais en fait comme je veux bien faire les choses, je veux prendre tout mon temps pour monter une belle collection digne de ce nom ; donc, le projet est en cours et ce n’est pas l’envie qui me manque, seulement je prends le temps qu’il me faut afin d’être à la hauteur des attentes de mes amies et de mes compatriotes. » Actuellement, elle dit avoir des éléments d’inspirations originaires du Niger et pendant son séjour à Niamey, elle essaie de trouver des tisserands par rapport par exemple au « kounta » ou « sakala » (couverture tissée) malgré que la matière en tant que tel à l’état pur ne permet pas de faire ce qu’on a envie de faire ; Alia voudrait prendre le même modèle de couleur et de texture mais qu’elle compte améliorer en matière pour le rendre plus portable puisqu’il est trop lourd à porter.

Dès que je dis à mes amies et connaissances que je suis à Niamey, devait-elle poursuivre, vous ne vous rendriez pas compte du nombre des personnes qui viennent me rendre visite pour me parler de la broderie. C’est ainsi qu’elle a essayé à distance de se renseigner ayant la demande mais elle n’arrivait pas à établir ce contact, a-t-elle précisé avant d’indiquer que maintenant, elle a plein d’idées innovantes et que justement ces collections qu’elle voudrait apporter ici au Niger découleront de cette approche qui mettra en valeur les aspects traditionnels en  les modernisant un peu afin de les adapter aux besoins.

[author ]Zeinabou Gaoh, Mahamane Chékaré Ismael et Aichatou Boureïma [/author]

5 Comments

  1. Et juin arriva……. Et ALIA brilla encore de sa prestance et que les jaloux….les médisants …. maigrissent😜

    Des designers à la côte montante ont eu l’occasion de dévoiler leurs collections au cours d’un premier défilé ce jeudi 21 juin, entre véritables originalités, signatures traditionnelles et attachement aux tendances….

    Et de ces designers à la côte montante figure ALIA BARE AU PREMIER DÉFILÉ EN DEMI-TEINTE AU DAKAR FASHION WASHION : GO GIRL!👍👏👏

    et la ligne pour le sharing…:

    Si la fête de la musique battait son plein dans quelques endroits de Dakar, à l’hôtel Pullman Teranga du quartier du Plateau, l’heure était à la célébration de la mode. Mais parlons plutôt de modes. Car, parmi les collections présentées au cours du premier défilé de la Dakar Fashion Week, ce jeudi 21 juin au soir, les directions étaient largement diverses.

    Il y avait de l’originalité, du caractère, auréolé parfois d’une forte extravagance. Il y avait du déjà-vu quoique fort séduisant grâce à la recherche sur les coupes. Et puis, il y avait de la tradition, prédilection un brin décevante ce soir-là, quand il semble qu’à l’heure actuelle, l’inclination traditionnelle rime automatiquement avec audace et… futurisme ?

    Du blanc en guise de dress code

    La majorité du public de ce défilé-tremplin avait largement répondu à l’injonction du dress code : du blanc dans toutes ses nuances. Quelques minutes avant le grand départ, un pianiste jouait Gnossiennes d’Erik Satie quasiment presto. Une façon d’annoncer que les festivités démarreraient à l’heure ? Que nenni. Il fallait s’en tenir à l’heure sénégalaise.

    Au bout d’une heure de patience, c’est devant un parterre de personnalités, blogueurs, entrepreneurs, artistes venus du Sénégal et d’ailleurs que les huit designers choisis – majoritairement sénégalais, ont dévoilé leurs collections. Sans oublier une sélection toute en fuchsia, bleu saphir et violet pourpre, simple et allègre, consacrant les volants sur des pantalons Palazo et robes courtes, signée Adama Parispour couronner le tout.

    Télescopage textile

    Le Malien Jean Kassim Dembele, à la tête de sa griffe JK Dressing, ouvre le bal avec une collection masculine des plus singulières. Le mélange de tissus et de couleurs est surprenant. D’ailleurs, le télescopage textile semble être une signature très présente parmi les designers les plus originaux. Chez Dembele, le bazin bleu roi se mêle à un tissu jaune bien plus léger, typiquement malien. C’est aussi le marron qui se mêle à l’orange comme pour rappeler une certaine empreinte sahélienne. De surcroît, les coupes sont fluides pour des looks décontractés. Orange, violet, jaune et nuances de bleu dominent pour des pièces dont la simplicité est parfois agrémentée de quelques subtilités architecturales. Là est l’excentricité…

    Une belle entrée en matière avant l’arrivée de Fadel Ndiaye, Sénégalais dont la marque Madhouse convoque des tenues un brin destroy. Au cœur de ses créations, le tissu indigo servi avec des nuances de gris et de blanc pour des robes géométriques et des vestes kimono ou mi-longues à volants. Accessoire clé : la ceinture bleu indigo qui souligne les tailles. Et clou du spectacle : une majestueuse robe bustier compilant l’ensemble des éléments égrainés tout le long de la présentation de ses modèles

    Tradition sans saveur

    L’enthousiasme s’efface soudainement à la vue de la collection sombre et nocturne de la griffe sénégalaise Tiiya. Cette dernière fait la part belle aux robes de soirée aux tons noirs, où s’invitent quelques broderies un brin grossières. De cette collection tend à se dégager quelque chose de vibrant, d’électrique mais quelque chose fait obstacle. Peut-être le manque d’originalité des coupes ?

    La suite n’est pas plus ragoutante. Chez Splendeurs d’Afrik, on s’attache à la tradition avec la confection de boubous bleu clair. Le choix des motifs quant aux broderies est plutôt candide : carte de l’Afrique, partition musicale… Le côté arty des précédentes collections est définitivement passé à la trappe

    La Sénégalaise Alia Baré fait aussi jeu de tradition sans aucune prise de risque quitte à susciter un certain ennui. La styliste qui vient clore cette suite de déceptions est Yvonne Jewnell, New-Yorkaise de son état. L’explosion de couleurs jusqu’à saturation, le côté bling-bling de ses robes ultra-sexy et le choix des tissus (on notera une inclination poussive pour le kente ghanéen) ne nous séduit guère

    Les mariées de Sisters of Afrika

    Il faut attendre deux créatrices sénégalaises pour retrouver le sourire. Hélène Daba (Sisters Of Afrika) et Astou Mballo (Bobo by Sag). Hélène Daba a choisi de sublimer la femme portée sur le… blanc. Autant dire que certaines jeunes femmes parmi le public avaient de quoi repenser leurs tenues. Elle surfe notamment sur la tendance des pièces en coton blanc brodées et perforées pour une suite de pièces quasiment artistiques. La styliste semble proposer différents types de robes de mariée avec voilages aux détails recherchés. Des mariées tantôt déesse grecque, stricte, classique, fantaisiste ou sexy.

    Quant à Astou Mballo, elle joue avec deux signatures : robes à carreaux verts rétros et le même travail sur le coton de couleur perforé (blanc ou jaune). En somme, en plus de JK Dressing et Madhouse, ce défilé nous aura offert quatre véritables coups de cœur.

  2. Elle fait la fierté du Niger aussi comme Mamane du Gonduwana. A t-elle été reçue par le Président Mahamadou Issoufou comme Mamane, Alfaga, et tant d’autres jeunes qui font la fierté du Niger?

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