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Aminatou Daouda Hainikoye, Chef du Projet Mata Masu Dubara à Care-international : Combativité, expérience et réussite d’une activiste acquise à la cause de la femme

Depuis l’instauration de la journée du 13 mai, les femmes nigériennes ont lancé, en collaboration avec les autorités et certaines institutions et ONG internationales, le programme d’émancipation des femmes. Ce programme a permis de conscientiser les jeunes femmes. Aujourd’hui, elles sont nombreuses les femmes émergeantes et leaders. Parmi elle, figure Aminatou Daouda Hainikoye, une jeune dame très battante. Aussi, à l’occasion de l’édition 2018 de la fête du 13 mai, l’actuel Chef  du Projet Mata Masu Dubara à Care-international (Niger) partage-t-elle son expérience dans le cadre des activités pour l’émancipation de la femme et de la jeune fille au Niger.

Aminatou Daouda Hainikoye, 38 ans, fait partie des rares filles du Niger, issue des familles religieuses et des pouvoirs traditionnels ayant eu la chance de pousser leurs études jusqu’au niveau supérieur.  Elle est en effet titulaire de la Maitrise en Droit public, obtenue à l’Université Abdou Moumouni de Niamey, et du Certificat sur les élections de l’Université de Floride aux Etats Unis.  Activiste sur les questions des droits humains, elle défend avec énergie la cause des femmes et des jeunes. Aminatou a milité dans plusieurs organisations nationales et internationales qui interviennent sur toutes ces questions.

Inscrite en Master II ‘‘Relations Internationales, études de Sécurité, Résolutions des conflits et Politique de Paix” à l’Université Abdou Moumouni de Niamey, elle travaille  actuellement à Care International, dans le Programme de Promotion Equité-Egalité Sociale et de la Société Civile- PROMEESS II, où elle est chef du projet Mata Masu Dubara. Ce devoir professionnel lui impose l’obligation de mettre une pause sur toutes activités associatives.  « L’école est très importante, elle est très capitale dans ce combat. Mais l’école à elle seule ne suffit pas. Il ne s’agit pas seulement d’être instruit, il faut un engagement dans la défense de ses causes », a notifié  Aminatou Daouda Hainikoye.

C’est pourquoi, depuis son jeune âge (au collège notamment), l’ère du début de son activisme, Aminatou a toujours fait de la scolarité et de sa carrière une priorité. Ainsi, après ses études supérieures, elle a entamé des travaux de recherche et à ce titre, elle est auteur et/ou collaboratrice de plusieurs études et articles scientifiques en lien avec le genre et questions de développement dont entre autres : étude sur l’élaboration des textes (Statuts, Règlement Intérieur et manuel de procédure administrative et financière) de l’Association des Professionnelles Africaines de la Communication, APAC-Niger, en Mai 2016 ; étude sur l’identification des causes  religieuses et coutumières de l’iniquité au niveau du foncier et des moyens de production dans les départements de Ouallam, Tillabéry et Say en Septembre 2016 pour l’Association des Femmes Juristes du Niger ; communication sur l’analyse de l’extrémisme religieux de Boko Haram dans la région de Diffa au Niger à l’Institut de Gorée en février 2016 à Dakar au Sénégal ; conférence sur le livre « Moi, Malala, je lutte pour l’éducation et je résiste aux talibans», en Mars 2016 au Centre Culturel Américain de Niamey ; communication sur «Les femmes et les jeunes face aux nouveaux défis sécuritaires en Afrique » au 5ème Symposium annuel sur la Gouvernance, la Paix et la Sécurité en Afrique, en novembre 2016 à l’Institut de Gorée à Dakar au Sénégal ; participation à l’ouvrage sur : Accès À L’eau Pour Les Agricultrices Sahéliennes: Enjeux Pour Une Démocratie Inclusive, publié par Langaa RPCIG  Langaa Research & Publishing Common Initiative Group, en juillet 2014; Participation à la publication de l’article «  Au cœur de la marginalisation des femmes en milieu rural nigérien: Cas de l’accès à l’eau à usage agricole » paru dans l’ouvrage : « L’agriculture familiale à travers le prisme du genre. Au Nord et au Sud, des avancées pour toutes et tous » à la revue trimestrielle du GREP, n°222, Juillet 2014 ; participation à l’élaboration du Document National d’implication de la Jeunesse dans la riposte des IST/VIH/SIDA et la promotion de la santé sexuelle et reproductive des jeunes et adolescents en 2008, etc.

Parlant de son expérience dans le militantisme associatif, Aminatou Daouda Hainikoye a souligné qu’elle a commencé son activisme depuis le collège où elle a participé à plusieurs activités de sensibilisation des jeunes, notamment les filles sur les questions relatives à la promotion des droits des femmes, la scolarisation de la jeune fille, la santé sexuelle et reproductive, la planification familiale, le mariage forcé ou précoce, etc. Elle a mentionné qu’elles abordaient toutes ces questions du point de vue religieux.

« Pour nous le combat est personnel. Ce que nous voulons montrer à la face du monde, c’est de démontrer que l’islam n’entrave en rien le droit à la jeune fille, à la femme d’être émancipées. C’est de montrer qu’il n’y a aucun problème pour qu’une fille soit scolarisée dans l’école moderne », a-t-elle justifié.

L’objectif de leur combat, c’est de concilier le modèle de la femme religieuse, traditionnelle  et le modèle de la femme moderne. Convaincue qu’on ne peut pas défendre une cause dans l’ignorance, Aminatou Daouda se réjouit du résultat de son activisme, qui a eu des impacts positifs, d’abord sur elle-même. « Ce combat m’a libéré, il m’a donné le droit à la parole, le droit de m’imposer dans les débats au niveau familial, dans la communauté et à l’échelle nationale. Cela est le fruit de mon activisme », a-t-elle souligné.

Pour arriver à ce résultat, beaucoup de défis ont été surmontés. Aminatou dit que son premier grand défi est celui de convaincre sa famille. « J’avais eu du mal à convaincre mon père. Pour réussir, il faut disposer d’une bonne capacité de plaidoyer et surtout à convaincre dans quoi tu veux t’engager. J’ai eu la chance de connaitre et de travailler avec des bonnes personnes, des gens très responsables, qui ont cru en moi et m’ont toujours encouragé », témoigne Aminatou Daouda Hainikoye.

Les actions à travers le projet Mata Masu Dubara

Le MMD (Mata Masu Dubara) ou femmes ingénieuses, en français, est un mouvement qui est né à Maradi au Niger en 1991, en se basant sur la tontine traditionnelle pour satisfaire les besoins pratiques des femmes à travers le renforcement de leurs AGR. Avec le temps, ce mouvement basé sur un important réseau de femmes a évolué pour prendre en charge les besoins stratégiques des femmes (Participation politique des femmes, accès sécurisé des femmes à la terre, Violences Basées sur le Genre, Scolarisation de la jeune fille, Santé Sexuelle et reproductive, Sécurité alimentaire et nutritionnelle, résilience, etc.). Approche MMD, modèle MMD, mouvement MMD, les concepts ne manquent pas pour qualifier la dynamique des structures MMD à travers le monde et au fil du temps, le MMD s’est exporté à travers le monde.

Vingt-sept ans après la création du premier groupement mis en place à Kaga Dama (Département de Guidan Roumdji), d’autres groupes ont vu le jour et à ce jour on dénombre près de 30183 groupements repartis dans toutes les régions du Niger mobilisant ainsi 766272 « femmes ingénieuses ». 61% des groupements soit 18748 constituent les résultats de l’appui de CARE Niger alors que les 39%, soit 9958 groupements résultent des efforts des autres membres de la plateforme utilisant le modèle MMD et apparentés qui sont World Vision, CRS, Mercy Corps, Plan Niger, ASUSU Ciigaba et PRODAF.

La phase actuelle du programme MMD s’appelle PROMEESS II qui est le fruit des acquis des phases successives du programme MMD de 1991 à 2015 et constitue une consolidation du travail de CARE dans la contribution à l’Empowerment des femmes et des filles au Niger et à l’exploration de nouveaux défis tels que l’entreprenariat féminin et l’accompagnement des structures MMD vers une organisation faitière unissant l’ensemble des composantes MMD du niveau local au niveau national. Il est conjointement mis en  œuvre par CARE et 3 organisations de la société civile que sont AFV (Actions en Faveur des Vulnérables, ISCV (Initiatives pour la Sécurisation des Conditions de Vie) et Leadership Challenge.

Ce programme a pour but de permettre aux femmes âgées de 15-64 ans des ménages pauvres et vulnérables et les filles  et garçons en âge d’aller à l’école des 25 communes cibles des régions de Maradi, Niamey, Tahoua, Tillabéry et Zinder au Niger,  de réaliser et  jouir pleinement de leurs droits socio-économiques et politiques. Aminatou Daouda Hainikoye a souligné que dans le cadre de la mise en œuvre de ce programme, elle fera valoir ses expériences et connaissances pour une meilleure réussite du programme.

Message à l’endroit des jeunes générations

« Mon message à l’endroit de mes sœurs nigériennes, notamment les jeunes filles, c’est qu’elles doivent se réveiller pour chercher leur autonomie au plan social, politique et économique pour être indépendantes. Elles doivent être conscientes de leur rôle dans la société. Pour y arriver, elles doivent se battre pour le droit à l’éducation au même titre que les hommes, je dis bien tout commence par l’éducation et un engagement personnel de chacune et chacun », a indiqué Aminatou Daouda Hainikoye. L’espoir est permis pour les jeunes nigériennes car elles constituent cette génération qui a eu la chance d’être dans un monde ouvert, moderne, connecté à l’internet. « Je pense que les jeunes filles ont toutes les opportunités qui doivent leur permettre de lutter efficacement pour se positionner afin de contribuer au développement du pays », a-t-elle indiqué.

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Ali Maman (ONEP)

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