Home ACTUALITE Arrestation du DR des Douanes de Maradi : Nouveaux éléments d’appréciation !

Arrestation du DR des Douanes de Maradi : Nouveaux éléments d’appréciation !

L’information a été relayée par les médias et abondamment commentée sur les réseaux sociaux.  » Maiboulala chez les douaniers « ,  » vague d’arrestations à la douane  » titrent La Nation et Tamtaminfo. Deux douaniers, dont le Directeur Régional de Douanes de Maradi, sont exhibés à l’opinion nationale comme étant la preuve de cette  »
opération « . Trois mois déjà qu’ils sont incarcérés, l’un à Niamey, l’autre à Kollo.

Il est bien vrai qu’un douanier en taule, cela ne peut émouvoir un nigérien en quête de pitance journalière. Mais pour le cas du Directeur Régional de douanes de Maradi, la nouvelle continue de provoquer un vif émoi et une grande incompréhension, tant au niveau de ses collaborateurs douaniers que de tous ceux l’ont côtoyé, sur le plan professionnel et social. Nombreux sont aujourd’hui ceux qui pensent que l’arrestation du Colonel Rabiou Kassou, car c’est de lui qu’il s’agit, est un cas qui traduit tout l’aveuglement du système…

Un douanier  » exemplaire  » ?

usqu’à son arrestation, le Colonel Kassou était un cadre qui jouissait d’une réputation  » d’homme intègre  » dans un corps réputé gangrené par les affaires et la corruption.  » Cette affaire n’est pas claire… on ne peut pas coffrer quelqu’un d’innocent et nous faire croire que Maiboulala est sérieux en lui-même… « , nous confie un douanier qui veut garder l’anonymat.  » Il suffit juste de connaitre son hygiène de vie pour savoir qu’il n’a rien à voir avec ce qu’on lui reproche …

C’est un grand bosseur qui passe tous ses temps libres au bureau… « , ajoute-t-il. Alors comment le Colonel Rabiou Kassou et son collègue le Commandant Attaher Abdoulaye s’étaient-ils retrouvés dans une telle infortune ? Les premières informations en provenance de Niamey disent qu’ils ont été  » balancés  » par Noura Cheffou, le jeune  » Elhaj  » de Maradi emprisonné à Niamey dans le cadre d’une enquête portant sur des transactions douteuses de  » plusieurs centaines de millions de CFA « , précise Tamtaminfo.

L’information est à vérifier, puisque selon des sources l’ayant contacté à propos, Noura Cheffou nie catégoriquement avoir mouillé qui que ce soit dans la procédure le concernant. A noter qu’au moment des faits qui leur seraient reprochés, le Colonel Kassou était chef de bureau de Maradi, tandis que le Commandant Attaher Mohamed était chef de bureau de Dan Issa avant d’être muté à la tête de la Brigade de douanes de Maradi. S’agissant du Commandant Attaher Abdoulaye, toutes les sources ici à Maradi confirment son lien de parenté avec Noura Cheffou qui serait son neveu direct.

D’autres précisent que c’est le commandant même qui a mis son neveu dans le  » circuit  » du Transit à Maradi.

Des individus dangereux

La simple évocation du nom de Noura Cheffou soulève une grande indignation dans certains milieux de Maradi. Jeune et extravagant  » transitaire  » sous la férule de Dahirou Mangal et la  » protection  » de son oncle de commandant, gendre du  » patron des patrons  » de la Région, il n’hésitait pas, dans ses heures de gloire, à dégainer son révolver en public pour menacer les gens.

Aussi, à l’instar d’un certain Sani Attiya, il fut un zélé prolongateur du Programme de la Renaissance acte 1. Les deux on s’en souvient, avaient importé des motos tricycles et autres  » adaidaita  » qu’ils avaient  » vendus  » aux jeunes de la ville de Maradi en  » Appui au Programme de la Renaissance « . Une bonne couverture à l’époque pour leur  » bizness  » frauduleux. Mais lui et ses parrains avaient surtout fait la pluie et le beau temps, sur le corridor douanier Maradi – Dan Issa de 2010 à 2015: Affectation systématique de tout douanier qui refusait de coopérer ; brimades et humiliations pour certains…

Pendant leur temps de gloire, ils criaient à qui voulait les entendre à Maradi qu’ils étaient les  » protégés  » du pouvoir et que personne ne pouvait rien contre eux. Pire, ces individus ont fait montre d’une dangerosité extrême. … Telle cette partie de  » takay  » organisée en plein jour, par des badauds devant le bureau de douanes de Maradi, sous la conduite du même Noura Cheffou, pour  » insulter le père et la mère  » du Colonel Saidou Dakaou qui venait justement de remplacer le Colonel Kassou.

Le Gouverneur et le Procureur de l’époque étaient au courant de cette agression sur le lieu de travail d’un agent de l’Etat, mais personne n’avait bronché.

Une mafia internationale

Si le commandant Attaher Abdoulaye est perçu ici à Maradi comme faisant partie de  » l’organisation  » à cause du  » tutorat  » qu’il exerçait sur Noura Cheffou, en revanche, l’opinion locale est unanime sur le fait que le Colonel Kassou n’est rien d’autre qu’une victime collatérale, au pire des cas, un simple exécutant. En effet de 2010 à 2015, tout se passait au vu et au su de tout le monde.

Une mafia internationale s’était installée à Maradi, la transformant en capitale ouest africaine de la contrebande.

Les deux douaniers étaient justement positionnés sur le corridor Maradi – Dan Issa, littéralement pris en otage, à l’époque par Dahirou Mangal du Nigéria et ses acolytes locaux, dont le sieur Noura Cheffou. Car le métier de  » transitaire « , tel que le gens l’ont pratiqué, n’est rien d’autre que du courtage en contrebande.

C’était une organisation assez sophistiquée, mise en place par les cabinets de Mangal et qui consistait à ruser sur les législations de l’UEMOA, notamment sur TEC  » le tarif exté- rieur commun « , en consignant des marchandises importées dans des containers de Chine d’Inde ou de Dubaï par des commerçants installés à Kano, aux noms des  » commerçants transitaires  » de Maradi. De cette manière, ils contournaient tous les droits douaniers qu’ils devraient verser au Bé- nin, au Togo, au Niger et surtout au Nigéria pays de destination des marchandises ….

Au bout de l’opération, le transitaire nigérien s’en tirait avec un bénéfice de 3 à 5 millions par container. Imaginez qu’ils avaient 10, 20, 30 voire 50 containers pour certains tous les trois jours. Car les opérations de sortie de camions chargés chacun de 2 containers ou  » hito « , comme on les appellent ici à Maradi, se déroulaient à partir de Dan Issa tous les mercredis et les samedis. Et pour chaque  » hito « , ce sont des centaines de camions qui quittent nuitamment Dan Issa en direction du Nigéria où le courant électrique était coupé tout au long du trajet de la cargaison.

Normalement, avec une telle plu value, des transitaires comme Noura Cheffou ne devraient avoir aucun problème pour payer la douane !

Que peut-on reprocher au Colonel Kassou ?

Du temps de la splendeur de ce commerce contrebandier, le bureau des douanes de Maradi que dirigeait le Colonel Kassou versait chaque mois dans le trésor public entre 2.5 à 3 milliards de recettes. Quand il fut remplacé par le colonel Dakaou, celles-ci commencèrent déjà à péricliter et n’ont jamais remonté depuis. Mais ce dernier ne manquera pas de trouver le pot aux roses. Il réalisa en effet que tous les transitaires, malgré toutes les facilités, étaient lourdement endettés à la douane.

Comme au marché noir, ils s’arrangeaient toujours à ne pas payer la totalité de leurs factures ou ne les payaient pas du tout. Mais les écritures elles, restaient. Le nouveau chef de bureau en le réalisant, s’est donné pour mission de recouvrer ces créances dormantes dans les poches des commerçants. Et c’était en ce moment que ses ennuis avaient commencé. Il fit l’objet de toutes les insultes et brimades de la part de ses clients transitaires, avant qu’il ne soit sauté moins d’une année après. Plus tard ce fut la valse au bureau de douanes de Maradi et ça continue puisque depuis le départ du colonel Kassou, aucun de ses successeurs n’a réussi à faire plus d’une année sur place.

Dans un tel contexte où transitaires et commer- çants sont de mèche avec les politiciens, que peuton reprocher à un exécutant ? se demande-t-on ici à Maradi. L’on apprend, entre autre grief qui lui est reproché, c’est de laisser faire sans rien entreprendre. Ce qui est une aberration au vu de la situation du moment. L’autre grief à lui reproché, les enquêteurs auraient découvert qu’il aurait  » cotisé  » 20 millions de CFA pour aider Noura Cheffou à payer ses créances. Un geste d’humanisme brandi par  » Maiboulala  » comme une preuve de sa connivence dans  » l’affaire Noura Cheffou « .

Des arguments considérés comme bien minces, mais qui sont aujourd’hui en train de foutre en l’air, la carrière et l’honneur d’un honnête citoyen ! Aux dernières nouvelles,  » l’affaire Noura Cheffou  » a été jugée dans le fond à Niamey et le verdict attendu dans les prochains jours…

[author ]El Kaougé Mahamane Lawaly (LE SOUFLE N° 23 )[/author]

7 Comments

  1. D’accord avec vous « Nigérien » ! Ou vous participez aux agapes ou vous disparaissez du système ! C’est très simple ! La corruption a atteint son pic dans notre pays ! L’honnêteté est souvent devenue un crime : « hana ma roua dugu » comme on dit dans le jargon ! Que ce douanier soit intègre ou pas, nous on ne peut le savoir, mais nous savons que la contre performance de ce secteur a des causes ! A côté chez les voisins, au Mali, un pays instable, renseignez-vous sur les performances de la Douane, vous pleurerez pour notre Niger !

  2. oh! il raconte de n’importe quoi celui lui là. J’ai honte pour notre presse. Ne peut-il pas aller lire au moins un article de presse dans une des agences spécialisées dans les enquetes comme MEDIAPART, AGENCE FRANCE-PRESSE, Washington-post, New york time, week-leaks, etc……………?

  3. Ces journalistes nous prennent pour des demeurés.
    Sinon que trouve-ton de nouveau dans ces écrits.
    Ce journaliste a sans doute pris sa part pour venir nous raconter des histoires.

  4. Bonjour,

    Comme dans tout systeme, si tu t’integres pas bien au système, le systeme va tout simplement te rejeter pour ne pas dire t’aneantir. Soit tu fais partie du sysème, c’est à dire tu partages ses valeurs, soit tu ne l’es pas et dans ce cas, tu seras rejeté.
    Le cas de ce malheureux douanier pourrait etre une de ces situations d’un systeme qui rejete un élément qui n’est pas compatible.
    Les prochains jours nous edifieront davantage sur cette affaire………

    1. Je pense il faut etre du regime pour avoir la place du DR de Maradi. C’est un poste strategique pour le gouvernement. Soyons d’accord que ce douanier fait partie de cette classe. Pour moi, je pense que c’est une cuisine interne à TARAYA ( les douaniers, les transitaires, et les commerçants). Nous gardons en memoire la fete des jeunes transitaires de Maradi ( adhesion au partie TARAYA ) ou la pluie des billets a fait inonder la palce. Si les gens ont trahi leure conscience, alors qu’ils acceptant la souffrance. Quand ces meme commerçants disaient des propos de chetan, en insultant d’autres juste pour leur interet, aujourd’hui commence le jour de la verité. On se rappele des propos à des ceremonies de TARAYA. Ou sont les Elh Gago, Attiya, Na Saley, Sani Gonda. Que dieu accepte tout ce qu’ils ont dis dans les medias pour eux. Dieu est Grand. C’est encore eux qui souffre aujourd(hui

  5. Dans toute fonction il y a des bons et des mauvais. Dans toutes les rues des grandes villes du Niger vous constaterez que les policiers quémandent aux passants surtout si vous avez une 4X4, au vue et au su du régime qui accepte la corruption comme outil de travail. Le cas du Colonel Kasso est incompréhensible. Ce douanier est d’une honnêteté irréprochable. Quand je l’ai vu dans le circuit des DR, je me suis inquiété pour lui parce que sans aucun doute sa rigueur l’entrainerait en prison dans ce régime. Pourtant j’ai beaucoup discuter avec lui après son limogeage du poste de bureau des douanes de Maradi. C’est dommage.

  6. Journaliste ou avocat? A la lecture de votre article, rien de bien nouveau devant une affaire pendante devant les tribunaux…Vous n’apportez rien de concret autre que votre sentiment que le colonel K est bien vu dans la ville de Maradi…Sans vouloir m’immiscer dans une affaire dont je ne connais ni les tenants et les aboutissants, c’est bien mince pour partir pour une croisade pour les deux poids, deux mesures…des faits, des faits, rien que des faits, c’est cela l’essence du journalisme…

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