Home ACTUALITE Autour de la question de l’interdiction des cours rémunérés dans les établissements d’enseignement secondaire…

Autour de la question de l’interdiction des cours rémunérés dans les établissements d’enseignement secondaire…

Le soutien scolaire consiste en des cours particuliers proposés par un enseignant ou des groupes d’enseignants à un ou des élèves, dans un but lucratif, en complément de l’enseignement ordinaire. Il se déroule en dehors des heures de classe  dans les établissements d’enseignement scolaire, professionnel, technique universitaire ou au domicile de l’élève ou même de l’enseignant.

L’essor des cours de soutien est indéniable et cela tout au long de l’année (pendant les grandes vacances et durant l’année scolaire), sous diverses appellations : cours de remises à niveau, répétitions, aides à domiciles, accompagnement, tutorat, aides aux devoirs, etc. De nombreuses raisons peuvent expliquer le succès de ces cours payants particuliers.

Les parents sont avant tout préoccupés par la réussite scolaire et l’obtention de diplômes comme déterminants pour bien mener sa vie dans la société actuelle où l’insertion professionnelle est problématique. Considérant la pédagogie de maitrise Bloom dit que « la plupart des élèves sont capables de réaliser des apprentissages de niveau élevé, s’ils sont aidés quand et là où ils rencontrent des difficultés et si on leur donne suffisamment de temps pour atteindre la maîtrise ».

 Les parents et les élèves sont généralement prêts à faire tout leur possible pour la réussite. Ainsi, les cours complémentaires sont perçus  comme la solution pour favoriser la réussite, dans un contexte où le système éducatif semble décliner à cause du manque de qualifications de nombreux enseignants, des classes pléthoriques, d’un système éducatif très  sélectif et des grèves perlées des enseignants, élèves et étudiants. 

C’est dans ce contexte que le Ministère des Enseignements Secondaires a interdit, à compter du 1er avril 2019 par la circulaire 0138 MES/SG/DGE, les cours rémunérés organisés par les enseignants dans les établissements publics et privés. Il est noté que « cette pratique engendre non seulement une rupture d’égalité entre les élèves mais crée aussi un climat de suspicion entre d’une part les élèves et d’autre part les enseignants et les parents d’élèves quant à la justesse des évaluations. En plus elle est contraire à l’éthique professionnelle. »

On peut effectivement considérer cette pratique de cours rémunérés, dispensés à ses propres élèves par un enseignant, comme illégale et/ou contraire aux principes moraux de la profession enseignante. Mais, il faut se demander : qu’est-ce qui empêche les élèves d’apprendre efficacement à l’école et les enseignants de faire le travail pour lequel ils sont payés, à savoir enseigner le programme scolaire dans le cadre des cours réguliers ? Il faut aussi se souvenir, qu’avant la décennie de l’ajustement structurel des années 1980, les enseignants nigériens  choisissaient le métier par vocation et avaient un sens élevé de leurs responsabilités. Ils faisaient bénéficier les élèves de leur aide le plus souvent gratuitement et gracieusement, même en dehors des heures de classe.

Le développement de l’inscription dans les établissements privés et l’expansion des cours de soutien coïncident avec l’avènement de la contractualisation et la baisse de qualité du système éducatif. Même en ces temps, durant les grandes vacances, quelques associations organisent des cours gratuits de remises de niveau et certains groupes d’enseignants des cours payants.

D’ailleurs, il faut savoir que certains pays, notamment la France, ont mis en place un soutien scolaire public et gratuit  (cf. Le Monde du 26 septembre 2007) pour pallier les manquements du système éducatif. Aussi, même sans chiffres fiables sur les effectifs concernés par ces cours particuliers, il semble que les élèves issus de milieux socio-économiques favorisés peuvent se permettre de prendre des leçons supplémentaires plus fréquemment que ceux issus de milieux plus défavorisés. L’interdiction des cours rémunérés organisés par les enseignants dans les établissements publics et privés, renforcera probablement les cours privés à domicile et creusera le fossé déjà existant pour ce qui est de la qualité de l’éducation entre ceux qui appartiennent aux milieux aisés et ceux qui n’en font pas partie. L’interdiction ne règle donc  pas la question des cours privés rémunérés. 

C’est évidemment le devoir régalien de l’Etat à travers les ministères en charge de l’Education, de veiller à l’équité et aux bonnes pratiques dans l’enseignement. Mais, comme on le dit communément « reconnaître un problème est utile, savoir comme y remédier est mieux ». 

Les décideurs politiques doivent donc revoir  leur décision, comme le réclame de nombreux partenaires de l’école, et diligenter une étude détaillée en vue de  déterminer l’ampleur, les causes, les manifestations et les conséquences des cours de soutien scolaire et créer un environnement propice au respect de tous pour par un accès équitable à l’éducation. Comme propositions on peut envisager de :

– Revoir l’organisation du système scolaire pour permettre d’offrir gratuitement des cours d’aide aux devoirs aux élèves les moins performants- Règlementer les cours de soutien et permettre aux enseignants d’organiser des cours payants sous la supervision des COGES qui décideraient le l’opportunité et des modalités par établissement (déterminer les contenus, fixer les tarifs, verser 20% des frais aux COGES, veiller à une libre inscription, etc.)

– Former les enseignants sans formation pédagogique initiale entechniques d’évaluation et en conduite et morale professionnelles

Pour relever les nombreux défis auxquels l’éducation est confrontée, il faut l’apport et la collaboration sincère de tous les partenaires de l’école.

par MOUSTAPHA LIMAN TINGUIRI,planificateur de l’éducation à Zinder

6 Comments

  1. Ce que j’ai retenu de cette decision inopportune et précipitée du ministre de l’enseignement tout comme votre analyse le confirme est que le fossé sera encore plus grand entre les fils des nantis et ceux des pauvres ! Les mêmes cours de SVT, MATH PC terminal qui coutent 20mille dans une école de la place reviennent à 60mille en cours individuels à domicile. Cette histoire est à revoir…..!!!!

  2. Il faut chercher à savoir pourquoi les élèves n’ont pas le niveau qui poussent les mêmes enseignants à leur faire des cours supplémentaires. Régler le problème en profondeur en évaluant la performance des enseignants et en récompensant ceux qui arrivent à mieux instruire leur élèves. Pourquoi ces types de cours prennent de l’ampleur jusqu’à les faire aux élèves du primaire ? Qu’est ce qui ne va pas ? C’est le temps des cours qui est insuffisant ou bien les enseignants sont mal payés ce qui les poussent à organiser des cours supplémentaires afin d’avoir un revenu supplémentaire? Pourquoi certains enseignants amènent ce qu’ils ont déjà fait aux cours privés lors des évaluations en classe ? Pourquoi le message ne passe pas quand il s’agit d’un cours payé par l’État mais que c’est celui fait en privé pour les mêmes élèves et par les mêmes enseignants qui passe ?

  3. Monsieur votre mentalité de rétablissement d’équité éducative reflète l’image d’un esprit sage et pour vous répondre directement nous vous apprenons que depuis tout petit rien d’injuste à l’égard de notre personnalité ne passe inaperçu à nos yeux mais nous sommes condamnés à garder le silence + le calme + prudence + persévérance au fond du cœur du moment que aucune oreille d’une famille polygame divisé n’est disponible pour écouter , suivre ou éduquer la jeunesse consciente .Au contraire , toutes les conditions directes ou indirects ; calomnieuse + complotistes + détentes voir même meurtrier étaient mise à notre disposition afin de nous égarer du chemin du savoir .En effet , comme le Maitre est la perfection de l’infini nous avons toujours été ses enfants sans conscience tranquille + adolescent trop alcoolique mais qui ont parfaitement l’art de comprendre les profs sans prendre des notes .Même le bac pour le décrocher à l’oracle (4eme ou 5eme foi ) il nous a fallu faire une mutation de série (D ver A ) avant de faire clandestinement un dépôt à Kollo puisque dans les zones connus de nos marâtres haineuses qui regrettent notre existence sur terre avec l’appui finale de x + y , rien ne s’obtient : tout les grands Président de jury Tahoua + Niamey étaient dans leur main que pour constitués de blocus pour nous et favoriser les leurs .
    Après des accusations perturbatrices de jouissance sociale + calomnieuses + mensongères sur notre personne nous avons décider de nous battre corps + âmes dans la quête du savoir + traitrise professionnel afin de trouver la solution à notre calvaire mais là encore tout est bloquer parce que ses mêmes injustes salissent nos nom partout à travers divers propos négatives avec pour appui notre prise verte qui est vrai car c’est le seule moyen pour nous de minimiser les caprices des aveugles de cœurs .
    Aucun employeur ne souhaite recruter une personne qu’on traite de brigands lors des cérémonies et autres …etc (Allah au contrôle du moment que tout a une fin )
    ISSOUFFOU MAHAMADOU aujourd’hui grâce à Dieu nous avons acquis un peu du savoir mondiale par la grâce de notre cognition qui nous orientait ver la lecture de plusieurs boukin infiniment supérieur à notre niveau d’étude réel et nous sommes prêt à soutenir parfaitement la 7eme République du Niger dans son programme d’ abolissement de l’injustice sociale à travers la main mise des enseignants chercheurs = l’État doit prendre en charge tout nos professeurs du domaine publiques concernant la dispense des cours de rattrapage + exiger le corps de l’armée à les surveiller afins qu’ils soient $tratégiquement sanctionnés s’ils ne restent pas à la disposition des élèves + étudiants = dans ce contexte si la génération présente + avenir ne cherchent pas le savoir qu’elles s ‘ assument.

    NB: le genre humain injuste s’efforce pour établir des plans négatives aux justes avec préméditation tout en oubliant que le dernier mot des faits réalisables n’appartient qu’au monde céleste = l’Homme propose et Dieu dispose .

  4. Il ne reste plus qu’à privatiser officiellement l’école publique car les pratiques qui s’y passent n’ont rien de « publiques ». Mais aucun homme politique n’a le courage pour le faire au risque de perdre son électorat. L’un dans l’autre, public ou privé, que peut valoir un enseignement basé sur l’argent ? Le promoteur de l’école privé ne pense qu’à la rentabilité de son « entreprise » alors que l’enseignement doit être une vocation, transmettre quelque chose pour faire reculer les frontières de l’ignorance. L’éducation et la santé, deux secteurs sociaux prioritaires sont sur le point de basculer dans le business. Alors l’on est en droit de douter de la qualité et de la performance qui en sont légitimement attendues.

  5. il y a la nécessite et l’urgence de faire une révolution du système éducatif pour changer les langues d’enseignement et certains contenus des programmes scolaires. L’apprentissage n’est pas la finalité, l’enjeu est dans ce qu’on en fera dans la vie de tous les jours et plus tard dans la vie active. Actuellement 90% des élèves apprennent peu ou prou des programmes utilitaires dans les écoles.
    Par ailleurs les écoles privées sont à fermer car elles sont au service de cette classe de nantis issus en quasi-totalité des écoles publiques. Oubliant leur passé et ingrats vis à vis de leur présent, ils estiment avoir les moyens de créer la discrimination entre leurs enfants et les fils de pauvre qu’ils étaient eux mème il 3 0ans.
    Des autorités politiques et au personnel de l ‘enseignement dans les centres urbains, personne ne confie ses enfants à l’école publique. C’est UN SCANDALE! Faut -il fermer les écoles publiques des centres urbains pour éviter inutilement de payer un personnel qui n’y croit plus ? vous me demanderez de nuancer. C’est justement ces nuances et autres hésitations qui nous ont conduits jusque -là.
    Si l’on veut préserver les intérêts du pays et assurer le progrès des mesures draconiennes qui ne s’embarrassent pas des critiques aux velléités discriminatoires et aux tendances conservatrices. on ne peut défendre les bonnes causes en s’alignant derrière des idées désuètes , des textes obsolètes ou des politiques dictées d’ailleurs. nous subissons jusqu’ici les errements du PAS , de la FASR ,que l’État du Niger à continuer en dépit des échecs évidents.

    1. LIRE. l’État du Niger a continué à appliquer en dépit des échecs . Les alternatives osées mais beaucoup plus fiables sont à tester.

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