Accueil / ACTUALITE / Ces infrastructures publiques qui cèdent à la moindre secousse…

Ces infrastructures publiques qui cèdent à la moindre secousse…

Depuis quelques jours, deux images, largement relayées par les réseaux sociaux, ne cessent de provoquer l’ire auprès de nombreux citoyens nigériens. Il s’agit de celle d’une partie du mur de l’aéroport régional de Zinder et celle du stade régional de Maradi.

Ces deux images rapportent les ruines des deux infrastructures qui n’ont pas pu résister aux premières pluies enregistrées dans les régions de Zinder et de Maradi. Ce n’est pas la première fois que des infrastructures publiques, construites à grands frais, ont cédé aux premières secousses. On se souvient qu’il y a quelques années encore, dans la région de Tillabéry, des classes nouvellement construites sont tombées au passage d’une tornade, provoquant des pertes en vies humaines parmi des innocents élèves.

A Niamey, tout le monde se souvient de cette voie goudronnée allant de la place Toumo au rond-point Lako dont le bitume est devenu comme du chewing-gum sous le coup des rayons solaires. Sur la même voie, des lampadaires solaires n’ont eu qu’une petite durée de vie. Même si les secousses sont souvent provoquées par de catastrophes naturelles, il est incontestable que la responsabilité humaine est fortement engagée dans la dégradation prématurée de certaines infrastructures au Niger.

De la passation des marchés au contrôle de conformité des travaux réalisés, en passant par l’exécution desdits travaux, il y a sans nul doute des hommes et des femmes qui n’assument pas véritablement et honnêtement leurs missions. Et la corruption, dont on parle tant en matière d’attribution des marchés au Niger, y est certainement pour quelque chose.

Les manœuvres commencent, le plus souvent, au moment de l’attribution des marchés où les compétences techniques sont, le plus souvent, reléguées au second plan, au profit du favoritisme basé, tantôt sur l’appartenance politique, tantôt sur le montant des commissions proposé aux responsable des entités porteuses des marchés à attribuer et aux membres des comités de sélection des dossiers.

Avec le fameux critère de «moins disant», il semble que certains «chasseurs» des marchés, qu’on veut privilégier, sont d’avance informés sur les montants qu’ils doivent proposer, de manière à prendre de l’avance sur leurs concurrents. Quand des marchés de construction de certaines infrastructures sont accordés à des personnes qui n’en n’ont pas l’expertise, personne ne doit s’étonner que le résultat soit des plus minables.

Mais le hic, c’est lorsque les acteurs censés vérifier la conformité des travaux aux exigences techniques ne trouvent rien à redire, succombant, sans doute eux aussi, à la corruption. Sinon, comment comprendre que des infrastructures, vieilles pour certaines de plus d’un demi-siècle, tiennent aujourd’hui encore ? Même dans les villages, il y a des classes qui ont été construites depuis les années 1970, dont certaines en semi dur, mais qui ont résisté à toutes les intempéries.

La vérité est qu’aujourd’hui, les biens publics sont de plus en plus désacralisés. Ils sont devenus la propriété des individus qui en usent et abusent à leur seul profit. Pour cette catégorie des citoyens, construire des villas, acheter des véhicules de luxe et même aller en pèlerinage avec des biens publics à eux confiés n’a rien d’anormal et d’illicite.

Par Illa Kane (Contribution FB)

À propos Administrateur

9 plusieurs commentaires

  1. Le compte à rebours a commencé
    J – 24

  2. Issoufou Boubacar Kado MAGAGI

    Il semblerait que le gouverneur de la région a tiré la sonnette d’alarme, ils ont fait à leur tête. Il y a lieu de tirer les conséquences de toutes ces impairs.
    Nous pouvons pas continuer comme ça !
    L ‘entrepreneur doit reprendre entièrement les travaux sous peine de poursuites judiciaires. Les biens publics sont sacrés , la bonne gouvernance ne peut pas s’accommoder avec des délinquants économiques .
    La presse et les acteurs de la société civile en ont alerté. Si à son temps une enquête a été diligentée, on ne serait pas arrivé à un tel gâchis. C’est dommage !

    • Soyons réalistes!

      La presse et les OSC se sont égosillés pour rien. Aucune enquête ne pouvait être diligentée à l’époque, puisqu’elle ne pouvait qu’épingler des affidés du régime, comme tout le monde le sait. Et puis l’entrepreneur ne doit pas payer seul, étant donné qu’il ne constitue qu’un maillon d’une longue chaîne de magouille. En effet, de l’attribution du marché au règlement de la créance par le Trésor public, en passant par la certification de la conformité de l’ouvrage réalisé, tout le monde a bouffé, et pas qu’un peu! Des gros bonnets, des agents publics, des militants zélés, tous bien placés (et donc protégés) par le régime, tous hyper corrompus se trouvent sur cette chaîne maléfique. Et puis cet argent, ils ne sont pas assez fous pour le bouffer tous seuls. Ils en jettent des miettes à des militants lambdas qui les soutiennent pour qu’ils confortent leurs positions, et vont même jusqu’à en alimenter les caisses du Parti. Et comment voulez-vous que, dans de telles conditions, l’on puisse demander le moindre compte à l’un d’entre eux? Surtout quand on sait que dès que l’on touche un des maillons, cela va emporter l’ensemble de la chaîne…

  3. Issoufou Boubacar Kado MAGAGI

    Il semblerait que le gouverneur de la région a tiré la sonnette d’alarme, ils ont fait à leur tête. Il y a lieu de tirer les conséquences de tous ses impairs.
    Nous pouvons pas continuer comme ça !
    L ‘entrepreneur doit reprendre entièrement les travaux sous peine de poursuites judiciaires. Les biens publics sont sacrés , la bonne gouvernance ne peut pas s’accommoder avec des délinquants économiques .

  4. Garba Alley Bouba

    J’ai toujours soutenu ce gouvernement mais dans des circonstances pareils… quelqu’un dois assumé ses responsabilités si non on encourage l’impunité…

  5. neocoloniailiste

    c la saison de la renaissance….vs voulez quoi, circulez!

  6. Qu’est-ce qui ne cède pas a la moindre secousse dans ce pays? Tout ce qui repose sur une fausse et mauvaise fondation finit toujours par s’ébranler.

  7. concernant la passation des marchés publics,pas d’amélioration en vue car le secrétaire exécutif de l’agence de régulation des marchés vient d’être reconduit pour un autre mandat de trois ans lors du dernier conseil des ministres.

  8. Normalement en pareille circonstance, ceux chargés du contrôle technique doivent s’expliquer. Malheureusement au Niger, souvent on construit seulement, on ne se préoccupe pas de la durabilité des infrastructures.

Répondre à Soyons réalistes! Annuler la réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.