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ACTUALITE - POLITIQUE plus - 18 août 2020

Collectif de la Diaspora Nigérienne A Monsieur Issoufou Mahamadou Président de la République du Niger

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Monsieur le Président,
Les Nigériens de la diaspora souhaitent vous saisir de leurs vives inquiétudes face à la situation pré-électorale au Niger, particulièrement la décision de la CENI de les exclure du processus électoral sous le fallacieux prétexte de la force majeure.

Ces inquiétudes ont été suscitées d’abord par la décision de la CENI de ne pas enrôler les Nigériens de la diaspora dans les temps impartis.
En effet, par Arrêté n°076 du président de la CENI du 29 janvier 2020, les électeurs de la Zone 2 dont ceux de la diaspora, ont été convoqués aux fins de prendre part aux opérations d’enrôlement prévues du 6 février au 20 avril 2020. Cependant, à travers un communiqué de presse de la CENI en date du 14 février 2020, les Nigériens de la diaspora découvrent que les
opérations d’enrôlement de la zone 2, à laquelle ils appartiennent, concerneront uniquement les régions de Diffa, Maradi, Niamey et Zinder, excluant de fait la diaspora.

Or, conformément à l’article 37 du Code électoral : « le fichier électoral est unique et national. Il est le produit de l’ensemble des listes des régions, des ambassades et /ou des consulats».
Il a fallu attendre le 12 juin 2020 pour entendre le Président de la CENI déclarer, au cours de la réunion du Conseil National de Dialogue Politique (CNDP), qu’en raison de la fermeture des frontières aériennes et terrestres résultant de la crise sanitaire liée au Covid-19, l’enrôlement des Nigériens établis à l’étranger ne pourrait avoir lieu dans le délai.

Curieusement, pour justifier sa décision d’exclure la diaspora, la CENI invoque la force majeure résultant de la fermeture des frontières alors même que les premières mesures de fermeture des frontières n’ont été prises, dans la plupart des pays, que le 27 mars 2020. Quelques jours plus
tard, elle se trouve confortée dans sa décision par un arrêt de la Cour constitutionnelle du 15 juin 2020.

En réalité, et selon toute vraisemblance, la CENI a procédé aux opérations d’enrôlement de tous les Nigériens de la Zone 2 sauf ceux de la diaspora. Pourtant, elle avait à sa disposition tout le matériel, les ressources financières et humaines pour y procéder. D’ailleurs, si la CENI avait la
volonté de procéder auxdites opérations d’enrôlement, elle aurait pu le faire à travers les représentations du Niger à l’extérieur. C’est d’autant plus vrai qu’aujourd’hui, les frontières des pays de la CEDEAO sont ouvertes, l’enrôlement des Nigériens vivant dans ces pays pourra normalement commencer.

Mais contre toute attente, le 28 juillet 2020, la CENI a adopté un nouveau chronogramme dans lequel, elle a pris soin d’exclure la Diaspora de la zone n°2 dans laquelle elle se trouvait, pour mieux justifier sa décision.

Monsieur le Président,
L’inclusion est le gage de la crédibilité des élections. En effet elle est primordiale pour réussir l’alternance démocratique qui a toujours été votre cheval de bataille aussi bien à l’opposition qu’au pouvoir. La force de la démocratie réside dans le fait qu’elle donne au peuple ce à quoi il aspire le plus :
ses droits. C’est pourquoi, le vote de la diaspora, plus qu’un privilège, constitue une véritable condition de légitimité des prochains élus.
Aussi, on ne peut raisonnablement aspirer à l’organisation des élections inclusives sans une part importante de l’électorat que constitue la diaspora. La situation de crise sanitaire liée au COVID-19 ne saurait servir de prétexte à l’exclusion d’une frange importante de citoyens du processus électoral, même de manière temporaire, tant le droit de vote constitue un droit
inaliénable.

Par conséquent, l’effectivité du fichier électoral passe nécessairement par l’enrôlement des Nigériens de la diaspora afin de leur permettre de prendre part, au même titre que ceux présents sur le territoire national, au processus électoral.

Monsieur le Président,
Etant garant du respect de la Constitution, et partant des acquis démocratiques du peuple nigérien, nous nous référons à vous pour un ultime recours, en espérant que notre justice revendication recevra une attention favorable.

Avec nos respectueux hommages, nous vous prions d’agréer, Monsieur le Président, l’assurance de notre haute considération.

Pour le Collectif des Nigériens de la Diaspora Le Secrétaire Général
Dr Bachirou Amadou Adamou

Ampliations :
Assemblée Nationale 1
Cour constitutionnelle 1
CENI 1
Président du CNDP 1
Médiateur de la République 1
Ministre déléguée des Nigériens à l’extérieur

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