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COMMUNIQUÉ DU CONSEIL DES MINISTRES DU VENDREDI 29 JUILLET 2016

ConseilDernier2016Le Conseil des Ministres s’est réuni ce jour, vendredi 29 juillet 2016, dans la salle habituelle des délibérations, sous la présidence de Son Excellence, Monsieur ISSOUFOU MAHAMADOU, Président de la République, Président du Conseil des Ministres.

 Après examen des points inscrits à son ordre du jour, le Conseil a pris les décisions suivantes :

I.            AU TITRE DU MINISTERE DE L’INTERIEUR, DE LA SECURITE PUBLIQUE, DE LA DECENTRALISATION ET DES AFFAIRES COUTUMIERES ET RELIGIEUSES.

Le Conseil des Ministres a examiné et adopté le projet d’ordonnance portant prorogation de l’état d’urgence dans la Région de Diffa

Malgré les différentes prorogations de l’état d’urgence dans la région de Diffa et les sanglants revers qui lui ont été infligés, la secte Boko Haram continue encore à disposer d’une capacité de nuisance comme le témoigne les récentes attaques à Bosso.

Aussi, il s’avère donc nécessaire de proroger une fois encore l’état d’urgence dans cette région du pays, pour une durée de trois (03) mois pour la période du 28 juillet 2016 au 25 octobre 2016 inclus.

Le présent projet d’ordonnance est pris conformément à l’article 106 de la Constitution et à la loi d’habilitation n° 2016-30 du 29 juin 2016 autorisant le Gouvernement à prendre des ordonnances et ce, après avis de la Cour Constitutionnelle.

II.          AU TITRE DU MINISTERE DE LA JUSTICE.

Le Conseil des Ministres a examiné et adopté les projets de textes ci-après :

2.1.   Projet de loi portant institution du Travail d’Intérêt Général.

La surpopulation qui caractérise le système pénitentiaire nigérien, ainsi que les conséquences qu’engendre le passage en milieu carcéral telle que la récidive, ont amené les autorités nigériennes à revoir l’éventail des peines.

L’institution du Travail d’Intérêt Général, constitue alors une alternative à l’emprisonnement et permet au délinquant de purger sa peine au service de la communauté, sans être coupé de son milieu social.

2.2.   Projet de loi déterminant les Principes fondamentaux du Régime Pénitentiaire au Niger.

Le statut juridique des personnes détenues a connu une longue évolution, de la privation des droits à la reconnaissance progressive de l’ensemble des droits fondamentaux, à l’exception de celui d’aller et de venir. Les personnes détenues sont donc titulaires des droits, tant substantiels que procéduraux, dont le champ s’est considérablement élargi.

L’article 100 de la Constitution du 25 novembre 2010 précise que les principes fondamentaux du régime pénitentiaires sont déterminés par une loi.

Aussi, le présent projet de loi intervient pour satisfaire cette exigence constitutionnelle.

2.3.   Projet de loi portant statut autonome du personnel du cadre de l’Administration pénitentiaire.

La mise en place d’un personnel spécialisé de l’administration pénitentiaire procède de la volonté politique maintes fois réaffirmée par les plus hautes autorités du pays de moderniser progressivement le système judiciaire  et pénitentiaire.

La finalité est d’initier et de mettre, à côté des préoccupations d’ordre sécuritaire, davantage l’accent sur les actions de réinsertion sociale et professionnelle et de respect des droits humains.

Le personnel actuel au regard de la complexité de ses missions ne peut donner entière satisfaction. Aussi, la création de ce corps spécialisé vise essentiellement à moderniser et à humaniser le service public pénitentiaire.

Ces trois (3) projets de lois seront transmis à l’Assemblée Nationale pour adoption.

2.4.   Projet de décret modifiant le décret n° 2006-34/PRN/MJ du 03      février 2006, organisant le concours d’aptitude au stage d’avocat.

L’adoption du présent projet de décret vise à assouplir les conditions d’admission des candidats au concours d’aptitude au stage d’avocats, pour permettre de rehausser sensiblement le nombre d’admis aux différents concours d’accès à cette profession libérale.

III.       MESURES NOMINATIVES.

Le Conseil des Ministres a examiné et adopté les mesures individuelles suivantes :

         AU TITRE DU MINISTERE DES DOMAINES ET DE L’HABITAT.

·        Madame Issoufou Madi Mayaki Hassana Abou Zataka, directeur administratif, Mle 62068/U, est nommée directrice du patrimoine immobilier de l’Etat et de l’expropriation au Ministère des Domaines et de l’Habitat.

         AU TITRE DU MINISTERE DE LA JUSTICE.

·        Monsieur Maman Seydou, directeur administratif, Mle 52581/V, est nommé secrétaire général de l’Ecole de Formation Judiciaire du Niger (EFJN) au Ministère de la Justice.

AU TITRE DU MINISTERE DE L’INTERIEUR, DE LA SECURITE PUBLIQUE, DE LA DECENTRALISATION ET DES AFFAIRES COUTUMIERES ET RELIGIEUSES.

 1.         ADMINISTRATION CENTRALE :

·        Monsieur Moussa Oumar, est nommé conseiller technique du Ministre d’Etat, Ministre de l’Intérieur, de la Sécurité Publique, de la Décentralisation et des Affaires Coutumières et Religieuses.

2. ADMINISTRATION DECONCENTREE :

A) Gouvernorat de Régions:

·        Monsieur Ousmane Moussa, instituteur, Mle 51176/X, est nommé gouverneur de la région de Dosso.

·        Monsieur Kogo Salao Abdou, ingénieur d’agriculture, Mle 63072/Y, est nommé secrétaire général adjoint du gouvernorat de Zinder.

B) Départements :

         Région d’Agadez

·        Monsieur Alat Mogaskia, est nommé préfet d’Arlit.

·        Monsieur Boudou Fatimi, chef de division d’administration générale, Mle 115177/Y, est nommé préfet de Bilma.

·        Monsieur Maman Makada Kiabey, ingénieur à la retraite, est nommé préfet de Tchirozérine.

·        Monsieur Bokli   Najim, est nommé préfet d’Aderbisnat.

·        Monsieur Adamou Wakasso, précédemment préfet de Dioundiou, est nommé préfet d’Ingall.

·        Monsieur Aghali Hamil Moustapha, est nommé préfet d’Iférouane.

Région de Diffa

·        Monsieur Fougou Boukar, instituteur, est nommé préfet de Diffa.

·        Monsieur Issaka Maï Saley, est nommé préfet de Maïné Soroa.

·        Monsieur Issoufou Abdou Sido, chargé d’enseignement, est nommé préfet de N’Guigmi.

·        Lieutenant Boureima Seyni Officier des FAN, est nommé préfet de Bosso.

·        Monsieur Ibrahim Assane, professeur de CEG à la retraite, est nommé préfet de Goudoumaria.

·        Monsieur Mohamed Mareba, instituteur, Mle 53107/A, est nommé préfet de N’Gourti.

         Région de Dosso

·        Monsieur Inoussa Saouna, est nommé préfet de Boboye.

·        Monsieur Hamidou Diaouga, comptable, est nommé préfet de Dogondoutchi.

·        Monsieur Abdoulaye Djemaré, est nommé préfet de Loga.

·        Monsieur Gado Dan Zama, professeur de l’enseignement secondaire, Mle 62004/B, est nommé préfet de Tibiri.

·        Monsieur Issoufou Arzika, technicien du développement rural, Mle 76448/G, est nommé préfet de Dioundiou.

         Région de Maradi

·        Monsieur Assoumane Seydou Gabdakoye, instituteur à la retraite, est nommé préfet d’Aguié.

·        Monsieur Harou Abas, est nommé préfet de Dakoro.

·        Monsieur Sahabi Assoumane, est nommé préfet de Guidan-roumdji.

·        Monsieur Moussa Dan Tanin, est nommé préfet de Mayahi.

·        Monsieur Idi Sani Magagi, Adjoint technique à la retraite, est nommé préfet de Tessaoua.

·        Monsieur Abdou Boukari, contrôleur du trésor, est nommé préfet Gazaoua.

·        Monsieur Jafarou Saley, inspecteur des contributions diverses, Mle 64556/D, est nommé préfet de Bermo.

·        Monsieur Harouna Maïdabo, inspecteur de l’enseignement primaire, Mle 64295/Y, est nommé préfet de Madarounfa.

Région de Tahoua

·        Monsieur Mahamadou Idder, instituteur, Mle 27394/H, est nommé préfet d’Abalak.

·        Monsieur Mounkaïla Sorka, précédemment préfet de Madaoua, est nommé préfet de Birni N’Konni.

·        Monsieur Saley Djigo, précédemment préfet de Magaria, est nommé préfet de Bouza.

·        Monsieur Saadou Boureima, est nommé préfet d’Illéla.

·        Monsieur Abdou Salamou, précédemment préfet d’Abalak, est nommé préfet de Keita.

·        Madame Adamou Mariama, titulaire d’un Master II en gestion des ressources humaines, est nommée préfet de Madaoua.

·        Monsieur Abass Baoua, est nommé préfet de Tahoua.

·        Monsieur Abenkawal Altinine, technicien supérieur, est nommé préfet de Tchintabaraden.

·        Monsieur Amadou Kané, précédemment préfet de Keita, est nommé préfet de Malbaza.

·        Monsieur Bouwèye Hambali, titulaire d’un DESS en protection de l’environnement, est nommé préfet de Bagaroua.

·        Monsieur Emini Ahmed, instituteur, Mle 27429, est nommé préfet de Tassara.

·        Monsieur Nafa Roueba, instituteur, est nommé préfet de Tillia.

         Région de Tillabéry

·        Monsieur Marafa Tankari, technicien supérieur à la retraite, est nommé préfet de Filingué.

·        Monsieur Ali Soumaila Ibrahima, est nommé préfet de Kollo.

·        Monsieur Sadou Oumarou, précédemment préfet de Tillabéry, est nommé préfet de Ouallam.

·        Monsieur Maman Laouali Bouro, ingénieur informaticien, est nommé préfet de Say.

·        Monsieur Hamadou Halidou, précédemment préfet de Gotheye, est nommé préfet de Téra.

·        Madame Tanimoune Haoua Ousmane, professeur de CEG, est nommée préfet de Tillabéry.

·        Monsieur Barmini Kaboyé, chargé d’enseignement, Mle 53089/R, est nommé préfet de Balléyara.

·        Monsieur Soumana Issaka, précédemment préfet de Filingué, est nommé préfet d’Abala.

·        Monsieur Ibrahim Kemil, instituteur, est nommé préfet de Banibangou.

·        Monsieur Ibrahim Moussa, directeur administratif, est nommé préfet de Torodi.

·        Monsieur Congeoi Ounteini, précédemment préfet de Ouallam, est nommé préfet de Gothèye.

·        Monsieur Amadou Hamadou, est nommé préfet d’Ayorou.

·        Monsieur Egou Moha, précédemment préfet de Malbaza, est nommé préfet de Bankilaré.

         Région de Zinder

·        Monsieur Sani Nassarou, précédemment préfet de Tchintabaraden, est nommé préfet de Gouré.

·        Monsieur Ibrahim Souleymane, instituteur, est nommé préfet de Magaria.

·        Monsieur Bachir Malam Oumarou, professeur de CEG, Mle 47955/L, est nommé préfet de Kantché.

·        Monsieur Hamidou Maman, technicien du développement rural à la retraite, est nommé préfet de Mirriah.

·        Monsieur Moussa Sayabou, ingénieur hydro technicien, Mle 63126/W, est nommé préfet de Tanout.

·        Monsieur Issa Sakola, est nommé préfet de Tesker.

·        Monsieur Abdou Aboubacar, infirmier d’Etat, est nommé préfet de Dungass.

·        Monsieur Ousmane Magagi, instituteur, Mle 33656/X, est nommé préfet de Damagaram Takaya.

·        Monsieur Abdou Mantaou, ingénieur agronome, est nommé préfet de Takiéta.

·        Monsieur Ibrahim Abbalélé, inspecteur de l’enseignement à la retraite, est nommé préfet de Belbédji.

 L’ordre du jour étant épuisé, Son Excellence, Monsieur le Président de la République a levé la séance.

Fait à Niamey, le 29 juillet 2016

À propos de l'Auteur

Le Secrétaire Général Adjoint du Gouvernement YAHAYA CHAIBOU

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5 plusieurs commentaires

  1. please guri systeme ou sont passes les jeunes qui vous ont soutenu.C’est tres grave car la jeunesse est devenue au Niger un betail electroral.Mais Dieu est grand car un jour vous allez quitter la gestion de ce pays.

  2. Lorsque dans une société, vous n’êtes pas plus de 5% à comprendre, vaut mieux ne pas y penser pour ne pas mourir de crise cardiaque. Nos dirigeants sont rassurés par l’ignorance des populations et n’ont pas de ce fait besoin ni d’être honnêtes, ni d’avoir de l’esprit pour anticiper pour développer le pays. Nous sommes le seul pays au monde qui n’ait pas professionnalisé le corps de l’administration territoriale. Nous sommes le seul pays où on trouve du tout dans la représentation territoriale de l’Etat, des repris de justice, des « carens douanes », des vendeurs de cellulaires, des mécaniciens et même des coiffeurs alors que les cadres formés à grand frais à cet effet sont tapis au Ministère de l’Intérieur à croiser des mots chaque matin dans une oisiveté sans pareil mais cela préoccupe qui?. En tout cas pas les journalistes nigériens qui ne sont friands que du sensationnel. Que vaut un Gouverneur ou un Préfet qui ne peut même pas définir une politique publique? Il encadrera les collectivités locales de quelle manière? Et dire que le peuple, en tout cas, la majorité, a toujours pensé que c’est le parti desdits intellectuels, le PNDS qui sortira ce pays de la pauvreté. Mais depuis que ce parti est au pouvoir, j’ai compris que diplôme ne rime nécessairement pas avec intelligence.

    • Tout a fait d’accord.
      Beaucoup d instituteurs et retraites nommes aux postes de commandement.Pour quels resultats en termes de developpement sachant que meme l’enseignement actuel qu’ils sont censes ameliorer et rehausser le niveau est le plus nul de la sous-region.
      Allons seulement…..

  3. 29 ans de cela , Thomas Sankara faisait un discours sur la dette africaine ….

    Une allocution toujours d’actualité en Afrique , ou ces valets de vendus ne brillent qu’en une chose , … donnez nous donnez nous, aidez nous aidez nous , nous mourons de faim , nous mourons de faim , ayez pitié de nous , …. Roitelet.

    Un continent ne se développe pas de la QUÉMANDERIE internationale , de l’appel a la charité et a la piété internationale …

    Le 29 juillet 1987, alors qu’il était encore le Président du Burkina Faso, à la tribune de l’Organisation de l’Unité Africaine (OUA) Thomas Sankara prononçait un discours, par la suite appelé « le discours de la dette ». En face de ses paires et officiels Européens, il tiendra un discours sans contours pour arriver à les convaincre de la création d’un front uni contre la dette car selon lui :
    «la dette ne peut pas être remboursée parce que si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre, si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons en sûrs également», a-t-il tenté de convaincre.

    Trois mois plus tard, il est assassiné. Nous revisitons ce discours auquel nous avons invité certains leader d’opinion africain à apporter leurs analyses.

    « Nous estimons que la dette s’analyse d’abord de par ses origines. Les origines de la dette remontent aux origines du colonialisme. Ceux qui nous ont prêté de l’argent, ce sont ceux-là qui nous ont colonisés, ce sont les mêmes qui géraient nos États et nos économies, ce sont les colonisateurs qui endettaient l’Afrique auprès des bailleurs de fonds, leurs frères et cousins.

    Nous étions étrangers à cette dette, nous ne pouvons donc pas la payer. La dette, c’est encore le néo-colonialisme où les colonisateurs se sont transformés en assistants techniques; en fait, nous devrions dire qu’ils se sont transformés en assassins techniques; et ce sont eux qui nous ont proposé des sources de financement.

    Des bailleurs de fonds, un terme que l’on emploie chaque jour comme s’il y avait des hommes dont le bâillement suffisait à créer le développement chez les autres. Ces bailleurs de fonds nous ont été conseillés, recommandés; on nous a présenté des montages financiers alléchants, des dossiers; nous nous sommes endettés pour cinquante ans, soixante ans, même plus c’est-à-dire que l’on nous a amenés à compromettre nos peuples pendant cinquante ans et plus.

    Mais la dette, c’est sa forme actuelle, contrôlée, dominée par l’impérialisme, une reconquête savamment organisée pour que l’Afrique, sa croissance, son développement obéisse à des paliers, à des normes qui nous sont totalement étrangères, faisant en sorte que chacun de nous devienne l’esclave financier c’est-à-dire l’esclave tout court de ceux qui ont eu l’opportunité, la ruse, la fourberie de placer les fonds chez nous avec l’obligation de rembourser.

    On nous dit de rembourser la dette: ce n’est pas une question morale, ce n’est point une question de ce prétendu honneur de rembourser ou de ne pas rembourser. Monsieur le président, nous avons écouté et applaudi le premier ministre de Norvège lorsqu’elle est intervenue ici même, elle a dit, elle qui est Européenne, que toute la dette ne peut pas être remboursée.

    La dette ne peut pas être remboursée parce que d’abord si nous ne payons pas, nos bailleurs de fonds ne mourront pas. Soyons-en sûrs. Par contre, si nous payons, c’est nous qui allons mourir. Soyons en sûrs également.

    Ceux qui nous ont conduits à l’endettement ont joué comme dans un casino; quand ils gagnaient, il n’y avait point de débat, maintenant qu’ils ont perdu au jeu, ils nous exigent le remboursement, et l’on parle de crise. Non! Monsieur le Président, ils ont joué, ils ont perdu, c’est la règle du jeu, la vie continue!

    Nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous n’avons pas de quoi payer; nous ne pouvons pas rembourser la dette parce que nous ne sommes pas responsables de la dette; nous ne pouvons pas payer la dette parce que, au contraire, les autres nous doivent ce que les plus grandes richesses ne pourront jamais payer c’est-à-dire la dette de sang. C’est notre sang qui a été versé! On parle du plan Marshall qui a refait l’Europe économique mais on ne parle jamais du plan africain qui a permis à l’Europe de faire face aux hordes hitlériennes lorsque leur économie était menacée, leur stabilité était menacée.

    Qui a sauvé l’Europe? C’est l’Afrique! On en parle très peu, on en parle si peu que nous ne pouvons pas nous être complices de ce silence ingrat. Si les autres ne peuvent pas chanter nos louanges, nous avons au moins le devoir de dire que nos pères furent courageux et que nos anciens combattants ont sauvé l’Europe et finalement ont permis au monde de se débarrasser du nazisme.

    La dette, c’est aussi la conséquence des affrontements et lorsque l’on nous parle aujourd’hui de crise économique, on oublie de nous dire que la crise n’est pas venue de façon subite, la crise existe de tout temps et elle ira en s’aggravant chaque fois que les masses populaires seront de plus en plus conscientes de leur droit face aux exploiteurs.

    Il y a crise aujourd’hui parce que les masses refusent que les richesses soient concentrées entre les mains de quelques individus; il y a crise parce que quelques individus déposent dans des banques à l’étranger des sommes colossales qui suffiraient à développer l’Afrique; il y a crise parce que face à ces richesses individuelles que l’on peut nommer, les masses populaires refusent de vivre dans les ghettos, dans les bas quartiers; il y a crise parce que les peuples partout refusent d’être dans Soweto face à Johannesburg. Il y a donc lutte et l’exacerbation de cette lutte amène les tenants du pouvoir financier à s’inquiéter.

    On nous demande aujourd’hui d’être complices de la recherche d’un équilibre, équilibre en faveur des tenants du pouvoir financier, équilibre au détriment de nos masses populaires. Non, nous ne pouvons pas être complices, non, nous ne pouvons pas accompagner ceux qui sucent le sang de nos peuples et qui vivent de la sueur de nos peuples, nous ne pouvons pas les accompagner dans leur démarche assassine.

    Monsieur le président, nous entendons parler de club, club de Rome, club de Paris, club de partout. Nous entendons parler du groupe des cinq, du groupe des sept, du groupe des dix peut être du groupe des cent et que sais-je encore.

    Il est normal que nous créions notre club et notre groupe faisant en sorte que dès aujourd’hui Addis-Abeba devienne également le siège, le centre d’où partira le souffle nouveau: le club d’Addis-Abeba.

    Nous avons le devoir aujourd’hui de créer le front uni d’Addis-Abeba contre la dette. Ce n’est que de cette façon que nous pouvons dire aux autres qu’en refusant de payer la dette nous ne venons pas dans une démarche belliqueuse, au contraire, c’est dans une démarche fraternelle pour dire ce qui est.

    Du reste, les masses populaires en Europe ne sont pas opposées aux masses populaires en Afrique mais ceux qui veulent exploiter l’Afrique, ce sont les mêmes qui exploitent l’Europe; Nous avons un ennemi commun. Donc notre club parti d’Addis-Abeba devra également dire aux uns et aux autres que la dette ne saurait être payée.

    Et quand nous disons que la dette ne saurait être payée ce n’est point que nous sommes contre la morale, la dignité, le respect de la parole. Parce que nous estimons que nous n’avons pas la même morale que les autres. Entre le riche et le pauvre, il n’y a pas la même morale. La bible, le coran, ne peuvent pas servir de la même manière celui qui exploite le peuple et celui qui est exploité; Il faudrait alors qu’il y ait deux éditions de la bible et deux éditions du coran.

    Nous ne pouvons pas accepter qu’on nous parle de dignité, nous ne pouvons pas accepter que l’on nous parle de mérite de ceux qui payent et de perte de confiance vis-à-vis de ceux qui ne payeraient pas. Nous devons au contraire dire que c’est normal aujourd’hui, nous devons au contraire reconnaître que les plus grands voleurs sont les plus riches. Un pauvre, quand il vole, il ne commet qu’un larcin ou une peccadille tout juste pour survivre par nécessité. Les riches ce sont eux qui volent le fisc, les douanes et qui exploitent les peuples.

    Monsieur le président, ma proposition ne vise pas simplement à provoquer ou à faire du spectacle, je voudrais dire ce que chacun de nous pense et souhaite. Qui ici ne souhaite pas que la dette soit purement et simplement effacée? Celui qui ne le souhaite pas, il peut sortir, prendre son avion et aller tout de suite à la banque mondiale payer! Tous nous le souhaitons!

    Je ne voudrais pas que l’on prenne la proposition du Burkina Faso comme celle qui viendrait de la part de jeunes sans maturité et sans expérience. Je ne voudrais pas non plus que l’on pense qu’il n’y a que les révolutionnaires à parler de cette façon. Je voudrais que l’on admette que c’est simplement l’objectivité et l’obligation et je peux citer dans les exemples de ceux qui ont dit de ne pas payer la dette des révolutionnaires comme des non révolutionnaires, des jeunes comme des vieux.

    Monsieur le Président, ce n’est donc pas de la provocation. Je voudrais que, très sagement, vous nous votiez des solutions. Je voudrais que notre conférence adopte la nécessité de dire clairement que nous ne pouvons pas payer la dette, non pas dans un esprit belliqueux, belliciste, ceci pour éviter que nous allions individuellement nous faire assassiner.

    Si le Burkina Faso tout seul refuse de payer la dette, je ne serai pas là à la prochaine conférence.

    Par contre, avec le soutien de tous, dont j’ai besoin, nous pourrons éviter de payer. Et en évitant de payer, nous pourrons (contribuer) à notre développement.

    Et je voudrais terminer en disant que chaque fois qu’un pays africain a une arme, c’est contre un Africain. Ce n’est pas contre un Européen. Ce n’est pas contre un Asiatique. C’est contre un Africain.

    Par conséquent, nous devons également, dans la lancée de la résolution de la question de la dette, trouver une solution au problème de l’armement. Je suis militaire et je porte une arme. Mais, monsieur le Président, je voudrais que nous nous désarmions; parce que moi, je porte l’unique arme que je possède, et d’autres ont camouflé les armes qu’ils ont!

    Alors, chers frères, avec le soutien de tous, nous pourrons faire la paix chez nous. Nous pourrons également utiliser ces immenses potentialités pour développer l’Afrique, parce que notre sol, notre sous-sol, sont riches; nous avons suffisamment de bras, et nous avons un marché immense, très vaste — du nord au sud, de l’est à l’ouest. Nous avons suffisamment de capacités intellectuelles pour créer, ou tout au moins prendre la technologie et la science partout où nous pouvons les trouver.

    Monsieur le Président, faisons en sorte que nous mettions au point ce front uni d’Addis-Abeba contre la dette. Faisons en sorte que ce soit à partir d’Addis-Abeba que nous décidions de limiter la course aux armements entre pays faibles et pauvres. Les gourdins et les coutelas que nous achetons sont inutiles.

    Faisons en sorte également que le marché africain soit le marché des Africains: produire en Afrique, transformer en Afrique, et consommer en Afrique. Produisons ce dont nous avons besoin, et consommons ce que nous produisons, au lieu d’importer.

    Le Burkina Faso est venu vous exposer ici la cotonnade (la fabrique du coton): produite au Burkina Faso, tissée au Burkina Faso, cousue au Burkina Faso, pour habiller les Burkinabés (les habitants du Burkina Faso). Ma délégation et moi-même nous sommes habillés par nos tisserands, nos paysans. Il n’y a pas un seul fil qui vienne de l’Europe ou de l’Amérique!

    Je ne fais pas un défilé de mode, mais je voudrais simplement dire que nous devons accepter de vivre africains, c’est la seule façon de vivre libres et de vivre dignes. Je vous remercie, monsieur le Président. La patrie ou la mort, nous vaincrons! »

    Et quand TOTO A DIT dit:

    60 ans déjà que l’Afrique dite indépendante , souveraine sur les papiers est encore sous perfusion ,

    60 ans déjà que l’Afrique est sous assistance respiratoire..

    60 ans déjà révolue même si l’Afrique était un bébé n’est elle maintenant un adulte qui devait apprendre a compter sur elle même et de passer des aides des autres ?

    60 ans ne sont point 60 jours ou 60 minutes ..

    Quand va t elle sortir de sa léthargie … Se réveiller de son comma et compter sur elle… ?

    L’Afrique .. Un riche continent minée par une mal gouvernance de ses fils corrompus … Escrocs et apatrides…

    Quel dommage !

    • Lire:

      N’est elle pas un adulte qui devait apprendre a compter sur elle même et de SE passer des aides des autres ?

      De son coMa..

      Les Africains tuent l’Afrique par leur manque de vision et d’anticipation …

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