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Conférence du PDES à Paris : un aperçu des thèmes qui seront abordés lors des panels

Les échanges au niveau de différents panels et sessions débuteront tout juste après la cérémonie d’ouverture. Ainsi, le Panel 1 de la journée du jeudi 13 décembre 2017, sera axé sur le thème « Transformation du monde rural ». Les présentateurs sont M. Albadé Abouba, ministre d’Etat, ministre de l’Agriculture de l’Elevage.

Il s’agira de ce sous-programme qui vise à accroître significativement et durablement la productivité des systèmes de productions pluviales et irriguées à travers la mise en œuvre de plusieurs actions, notamment l’approvisionnement en intrants et équipements pour les cultures pluviales et irriguées, le renforcement de l’encadrement technique des producteurs et des agents d’appui-conseil, le développement de  la recherche agronomique et l’innovation, le renforcer et la diffusion des informations agro-météorologiques, la mobilisation des eaux pour les productions agro-sylvo-pastorales et halieutiques, en particulier la construction de nouveaux barrages et seuils, la réhabilitation des anciens barrages et seuils, l’aménagement des mares et le traitement des bassins versants, et le développement de la grande et la petite irrigation.

Pour développer la grande et la petite irrigation, les actions porteront sur la réalisation des nouveaux AHA ; la réhabilitation des anciens AHA ; l’identification et mise en valeur les terres de décrue ; l’aménagement des nouveaux petits périmètres irrigués ; la consolidation des petits périmètres irrigués ; la réalisation des bassins de rétention d’eau pour l’irrigation d’appoint ; la construction du barrage pour aménager 45000 ha de terres irriguées à long terme; et la gestion du programme Kandadji.

Quant à M. Ali Béty, Haut-Commissaire à l’Initiative 3N, ainsi que d’autres responsables de structures concernées, leurs présentations porteront sur l’Initiative 3N. L’objectif global de la Stratégie de l’Initiative 3N à l’horizon 2035 est de « contribuer à mettre durablement les populations nigériennes à l’abri de la faim et de la malnutrition et leur garantir les conditions d’une pleine participation à la production nationale et à l’amélioration de leurs revenus ». De façon spécifique, il s’agit de renforcer les capacités nationales de production alimentaire, d’approvisionnement et de résilience face aux crises alimentaires et aux catastrophes.

Le Plan d’Actions 2016-2020 a pour objectif principal l’atteinte de la « faim zéro au Niger ». En effet, la pauvreté étant surtout rurale et féminine au Niger, l’Initiative 3N sera, sur la période 2016-2020, un outil de lutte, non seulement contre la pauvreté, mais aussi et surtout contre les inégalités C’est pour cela que le Plan d’Action 2016-2020 de la Stratégie de  l’Initiative 3N mettra un accent particulier sur la maîtrise de l’eau pour les productions agro-sylvo-pastorales et halieutiques, la promotion des filières agro-sylvo-pastorales et halieutiques et des chaînes de valeur.

Un intérêt particulier sera également accordé à la gestion intégrée et durable des ressources naturelles, la protection de l’environnement, la réduction de la vulnérabilité à l’insécurité alimentaire et nutritionnelle et l’amélioration de l’environnement institutionnel de mise en œuvre de l’Initiative 3N. Il est à noter que l’eau, l’assainissement et l’hygiène ; l’électrification rurale comme facteur d’accès effectif à l’énergie pour les villages et les communes ; les pistes rurales ; les villages intelligents pour mettre les TICs au service du développement des zones rurales, ainsi que la finance inclusive pour l’accès au crédit pour les paysans, les femmes, les jeunes entrepreneurs sont également des actions prévues pour  la Transformation du monde rural.

Le Panel 2, sur le thème ‘’Sécurité et Développement’’ sera présenté par M. Massoudou Hassoumi, Ministre des Finances. L’ossature de sa communication s’articule autour du lien entre Sécurité et Développement ; la prévention et la gestion des conflits communautaires et ruraux ; le relèvement et la relance du développement dans les zones de situation post conflits, le financement de la sécurité pour consolider le développement, ainsi que la question des réfugiés, déplacés et migrants.

En effet, le Niger, à l’instar des autres pays du Sahel, se trouve dans un contexte sécuritaire particulier. Dans le cadre du renforcement de la sécurité, plusieurs actions majeures ont été mises en œuvre notamment, l’augmentation du budget de la défense et de la sécurité à 10% du budget national, l’adoption d’une loi définissant le cadre de répression juridique et institutionnelle du terrorisme et des activités connexes, la création d’un Centre National d’Etudes Stratégiques et de Sécurité (CNESS) qui a pour mission de mener, en relation avec les services et institutions concernés, des analyses et des études prospectives permanentes sur les enjeux stratégiques et sécuritaires de la vie nationale et internationale, le renforcement de la coopération sous régionale et internationale à travers le G5 Sahel, l’EUCAP et les Postes de Commandement Mixtes entre les postes. Ces efforts déployés ont permis d’observer de façon générale une accalmie et d’améliorer la confiance des populations en matière de sécurité. En effet, selon un sondage de l’ENISED , 81% de la population enquêtée se disent satisfaits de la situation sécuritaire  qui prévaut dans le pays, en milieu urbain comme en milieu rural.

Aussi, plus de 77% ont-ils émis des avis favorables sur la forte capacité de l’Etat à protéger la population.  Dans l’ensemble le Niger a su, avec ses partenaires au développement, faire face aux besoins multiples des refugiés et rapatriés des conflits armés du Lac Tchad, de Libye et du Mali.  En dépit de tous ces efforts et tenant compte de la situation sécuritaire dans la sous-région, la résistance du Niger face au défi sécuritaire peut être ébranlée à tout moment faute de pouvoir s’attaquer aux causes profondes de son émergence et de son amplification que sont : la pauvreté,  faiblesse de la gouvernance, l’insuffisance d’opportunités pour les jeunes.

Quant au Panel 3 intitulé ‘’Développement et capital humain’’ qui sera  présenté par Mme Amadou Aissata, ministre de la Population, il mettra l’accent sur la transition démographique (scolarisation de la jeune fille,  santé de la reproduction, formation des matrones, autonomisation des femmes rurales) ; l’éducation et formation qui englobe l’enseignements primaire, secondaire et supérieurs, alphabétisation, et l’enseignements professionnels et techniques ; la Santé, mais aussi l’emploi des jeunes. La forte croissance de la population du Niger engendre une population extrêmement jeune Du point de vue démo-économique, la répartition de cette population par grands groupes d’âges fait ressortir que les inactifs potentiels sont plus nombreux que les actifs potentiels (population en âge de travailler).

En effet, les enfants de moins de 15 ans et les personnes âgées de 65 ans et plus représentent respectivement 51,7% et 3,1% de la population totale alors que la population en âge de travailler (15 à 64 ans) ne représente que 45,2%. Il en résulte un ratio de dépendance très élevé  de 121 inactifs potentiels pour 100 actifs en âges de travailler. Cette situation n’est donc pas favorable au développement économique et social car dans les pays émergents et les pays développés, le ratiode dépendance est de l’ordre de 50 à 60 inactifs potentiels pour 100 actifs en âges de travailler. La baisse du ratio de dépendance à travers l’amélioration de la structure par âge de la population est une condition nécessaire pour l’émergence du Niger. Cette baisse du ratio de dépendance n’intervient qu’au moment de la transition démographique.

La transition démographique est le passage d’une population d’un régime démographique traditionnel à forte mortalité et forte natalité à un régime démographique contemporain à faible mortalité et faible natalité.

Dans la plupart des pays du monde, la transition démographique s’est faite en deux grandes phases : une première phase caractérisée par une baisse de la mortalité et une seconde phase caractérisée par une baisse de la natalité. Le Niger a amorcé la première phase de la transition car la mortalité a sensiblement baissé : l’espérance de vie s’est améliorée passant de 45,5 ans en 1995 à  62,8 ans  2015.

La deuxième phase tarde à se déclencher car la fécondité est restée à un niveau très élevée (plus de 7 enfants par femme) au cours des 20 dernières années (EDSN-MICS). Pourtant, c’est au cours de cette phase de la transition démographique qui coïncide avec un boom de la population en âges de travailler que les pays à forte fécondité comme le Niger, ont plus de chance d’ouvrir leur fenêtre d’opportunité pour bénéficier du Dividende Démographique.

Un dividende démographique est un surcroît de croissance économique qui se produit lorsque la proportion de la population active est supérieure à celle des personnes n’étant pas ou n’étant plus en âge de travailler. La création et la réalisation d’un dividende démographique reposent sur la transformation de la structure par âge de la population, en faveur d’une population potentiellement active plus nombreuse que celle inactive, l’autonomisation, l’éducation et l’emploi des personnes, ainsi que sur une augmentation de l’épargne et des investissements en faveur des catégories productives.

D’importants défis restent donc à relever pour inverser le taux de croissance démographique et assurer l’amorce tant attendu du dividende démographique. Ils sont relatifs au changement de mentalités en

matière de planification familiale et de santé de la reproduction,  à la couverture géographique des zones d’accès difficiles aux prestations de la santé de la reproduction (SR) et du planning familial (PF),  à la scolarisation des filles, au changement des comportements et des normes sociales en matière de procréation.

Au cours de cette même journée du 13 décembre, les participants suivront des sessions sur les grands projets structurants pour le développement économique du Niger, et sur les mécanismes de mise en œuvre du PDES.

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14 plusieurs commentaires

  1. Assalamou aleykoum wa rahmatoullah,
    Par rapport à ce pannel ‘’Développement et capital humain’’, je pense que beaucoup d’entre nous se laisse guider par les anti natalistes, qui de nos jours sont revenus à une politique nataliste par le fait du vieillissement de leur population. Ces pays à population vieille autorisent de nos jours « l’immigration choisie », c’est à dire l’immigration des intellectuels, des diplômés et non des immigrés clandestins. Aujourd’hui en France et dans plusieurs pays un encouragement à la natalité, de même qu’en chine, donc craignez Allah qui vous a créé, qui va vous demander des comptes.
    Notre population n’est pas explosive comme le pensent beaucoup de nos intellectuels qui portent des lunettes de non musulmans, mes excuses.
    La seule dividende démographique qu’il nous faut c’est de bien éduquer notre jeunesse, une éducation professionnelle, de qualité, pas celle que nous voyons aujourd’hui, pas une éducation qui forme des cas sociaux.
    Le deuxième grand problème de notre développement, il faut le reconnaitre, c’est notre mauvaise gestion des ressources et non la soi disante explosion démographique. Toutes les couches imbues du soucis pour ce pays ont dit que le nombre de ministres est trop, le nombre de députés est trop au regard de la modicité des ressources financières du pays, mais les autorités ont fermés les yeux et les oreilles.
    Vous ne pouvez pas aller chercher de l’argent chez des gens qui vous connaissent mieux que vous mêmes, qui savent ce que vous faites de l’argent de l’Etat, on fera mille forum de ce genre, rien ne va changer. Où sont les annonces des milliers de milliards de Fcfa pour la mise en oeuvre de l’I3N. Il revient à nos autorités d’abord de changer de comportements, d’écouter les cris des cœurs des autres Nigériens, ensuite celui des populations va suivre inéluctablement.
    Personne ne peut construire notre pays à notre place.Craignons tous Allah et il va nous ouvrir les portes du bonheur comme IL l’a si bien dit dans le saint coran.

  2. Ils partiront exposer tout le Plan de Développement Économique et Social du NIGER, et si c »est vraiment notre PDES type pour le développement, vous vous aurez déshabillé devant votre grande puissance pour montrer votre nudité. Ainsi ils verront exactement les endroits qui vous démangent sur le corps. On vous grattera exactement là où ça ne démange pas ou vous augmenter les démangeaisons.
    Je ne veux pas être pessimiste, mais circonstances obligent.
    De toutes las façons bonne chance, vous serrez accueilli, logé et nourri comme des rois, mais j’espère que vous garderez bien vos têtes sur vos épaules et la conviction d’être des défenseurs patriotiques et exiger exactement le financement des résultats que vous avez vous même définis au départ.
    Excellent séjour!

  3. Si vraiment le thème du Pané 1 est « Transformation du monde rural  » sans la « Transformation de nos produits agricoles » comme  » priorité des priorités et Locomotive de la croissance agricole » il ne faut s’attendre à aucune amélioration des conditions de vie des laborieuses populations. C’est comme du réchauffé.

  4. Si sil s´agit de la renaissance des vieux bouricots du Guri qui jadis rasait les murs et avaient des pannes seches sur le pont kennedy et qui sont devenus tous milliardaires, alors la renaissance a un sens mais pour eux. Mais si il s´agit du Niger que Mahamdou issoufou et son systeme corrompu et inefficace avait herite de Tandja, alors je considere ce concept de re-renaissance comme un echec personnel de issoufou.

    • Voilà une insulte nigéro-nigérienne: on te reproche chaque fois ton évolution positive. Tout se passe comme si nous voulons que chacun d’entre-nous reste ce qu’il est.
      Donc tout celui qui a eu, ne serait-ce qu’une seule fois une panne d’essence sur le pont Kennedy ne prétendre à rien. Il doit vivre pauvre et mourir pauvre.
      Détournement des biens publics mis à part, nous devons accepter que les individus se réalisent.

      • Lire « ne doit prétendre à rien »

      • Comme l’on dit le problème dans Marrackech, ce n’est pas le Marra, mais le kech!!! En paraphrasant je dirai que ce n’est pas devenir milliardaire qui est le problème, mais c’est le devenir par le détournement des biens publics qui est gravissime. Donc votre « détournement des biens publics mis à part » qui gâche votre analyse.

        • Il est à constater que nous avons toujours cette appréciation négative des gens qui réussissent même s’ils n’ont rien détourné. C’est une culture.

  5. Il se susurre que le document le « Niger 35 » (nos perspectives d’avenir) a été élaboré par des non nationaux.
    Il est souhaitable que cette information ne soit pas fondée.
    Sinon autant fermer toutes nos 8 universités et 110 centres de formation supérieure.

    • Est-ce que notre administration est encore capable de bien préparer de tels événements ? Evidemment non, cela se saurait et peut-être ne serions-nous pas parmi les derniers au monde ?!

      • Si , en tant que peuple, nos intellectuels ne peuvent même pas être impliqués dans l’élaboration d’un documents relatif à nos perspectives d’avenir autant fermer toutes nos 8 universités et tous nos centres de formation supérieure.
        A quoi servent donc tous ces enseignants chercheurs?
        Nous devons cesser de détester, ce qui nous appartient, ce que nous faisons.

  6. Notre souhait est de voir notre pays mobiliser toutes ses compétences pour défendre ses dossiers.
    Une fois encore c’est le Niger qui compte. Son avenir, sa crédibilité, son honneur interpellent tous les citoyens.
    Nous devons éviter certaines erreurs consistant à faire toujours appel aux non nationaux pour préparer et ficeler nos documents relatifs aux questions de développement.
    Avec 8 universités d’Etat et plus de 100 centres de formations le Niger doit faire confiance à ses propres cadres en vue de réfléchir sur son avenir.
    Pour cette réunion de Paris souhaitons que les ministres ne présenteront que le préambule. C’est aux cadres techniques de d’intervenir de manière plus fine, plus pointue pour convaincre les bailleurs de fonds du séreux de nos engagement

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