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Décès de Mariama Keïta : Elle fut la première femme journaliste au Niger

La pionnière de la presse nigérienne, Mariama Keita, est décédée le lundi 29 octobre 2018 dans un hôpital d’Istanbul en Turquie. Elle a été inhuminée le dimanche 4 novembre dernier au cimetière musulman de Yantala à Niamey. Première femme journaliste au Niger, Mariama Keïta, est une personne aux fortes convictions. Citoyenne engagée, elle a mené sans relâche sa lutte pour la promotion de la femme nigérienne. (Lire ci-dessous son portrait publié dans le Sahel Dimanche Spécial du 13 mai 2017).

Mariama Keïta est incontestablement une femme qui a fait ses preuves dans le mouvement ayant marqué l’histoire de l’émancipation des femmes au Niger. Première femme nigérienne à avoir embrassé le métier de journaliste, Mariama Keïta débuta sa carrière à la Radio Niger, en 1964, en tant que journaliste-stagiaire. Après deux (2) ans de stage, elle quitte le Niger pour la France où elle bénéficie d’une formation en Journalisme, Production, Réalisation à l’Office de Coopération Radiophonique (OCORA) Maisons – Laffitte en France de 1966-1967. Cette formation a été sanctionnée par l’obtention d’un diplôme.

Actuellement, Consultante chercheur en Communication. En effet, Mariama Keïta a passé son cycle primaire à l’école Neuve de Jeunes Filles de Niamey. Elle a poursuivi son cycle supérieur au département d’Anglais à la Faculté des lettres et Sciences Humaines de l’Université Abdou Moumouni de Niamey où, elle a acquis un niveau licence. De retour au pays, Mariama a poursuivi sa carrière professionnelle en qualité de journaliste professionnel à l’ORTN. Selon elle, à l’époque, le contexte était difficile pour une femme d’exercer un métier aussi complexe que le journalisme. Elle a tout de même osé et excellé, car elle était convaincue de ses ambitions et du fait qu’aucun métier n’est l’apanage de tel ou tel sexe. Première femme journaliste, elle était restée à la voix du Sahel en tant que reporter, rédactrice et présentatrice du journal en Français.

De par son dynamisme au travail et sa détermination de bien faire, elle a servi au Service des Programmes de l’O.R.T.N en qualité de directrice adjointe, responsable des productions et réalisation en langues française et anglaise. Elle était également productrice, réalisatrice et initiatrice des magazines notamment « Magazine des Petits », « Voix de la Santé», « Invité de la Semaine», «Rendez-vous avec la Jeune Amérique », « Festival des Chansons Oubliées», «Journal Sonore de la Femme ». Forte de son caractère et de son professionnalisme, Mariama Keïta a dirigé l’instance suprême de régulation de la communication au Niger.

Au-delà du journalisme qu’elle aime tant, elle accorde beaucoup d’importance à la défense des droits des femmes et des enfants. C’est ainsi qu’elle a joué un rôle central lors de la création de la Coordination des Organisations Non Gouvernementales et Associations
Féminines Nigériennes (CONGAFEN), une association dont elle a assuré la présidence de 1994 à1997. Elle était aussi Co-Gestionnaire du Projet DLD/CCE (Association Démocratie Libertés, Développement et Commission des Communautés Européennes). Et elle a partagé son expertise avec plusieurs autres associations de défense des droits humains. Ses expériences lui ont permis de devenir une consultante en communication. Et à cet effet, elle a réalisé plusieurs consultations spécifiquement dans les domaines de la communication, du genre, de l’environnement, de la gestion des conflits, etc.

Au-delà, elle est enseignante vacataire à l’Institut de Formation aux Techniques de l’Information et de la Communication (IFTIC) où, elle consacre une partie de son temps pour partager et transmettre son savoir-faire aux jeunes nigériens. Elle a été aussi consultante en communication auprès du Cabinet Management For Enterprise Consult (MEC) Niamey de janvier à octobre 2013. Mariama Keïta a été aussi consultante au Centre National de Perfectionnement à la Gestion (CNPG). En effet, sa participation à plusieurs rencontres nationales et internationales a permis de renforcer ses capacités à persévérer dans ses activités professionnelles. Ces dernières années, elle a été assez active dans les activités de la Maison de la presse en tant que conférencière ou formatrice pour partager son expérience avec la jeune génération de journalistes.

Mariama Keita était aussi Chef de Service Documentation à la Compagnie Minière d’Akouta (COMINAK) de 1981 à 1992, où elle s’occupait d’Etudes, Gestion et Fonctionnement, Revue de presse hebdomadaire, Bibliographie mensuelle, Foires, Expositions, Représentation de la société COMINAK. Elle est Lauréate de plusieurs prix au plan national ; contributrice à l’élaboration de documents de travail et auteure de plusieurs écrits au niveau national et international. Parlant de son meilleur souvenir en tant que journaliste, elle a évoqué la Médaille M.B.E. (Most British Empire) qu’elle a reçue en 1968 à Londres capitale du Royaume Uni, à l’occasion du voyage officiel en Grande Bretagne du Président de la République du Niger M. Diori Hamani, et de la Médaille du Mérite Mauritanien, obtenue à Niamey en 1970 à l’occasion du voyage officiel du Président de la République de Mauritanie, M. Moctar Ould Daddah au Niger.

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Laouali Souleymane (Article publié dans le Sahel Dimanche Spécial du 13 mai 2017)

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5 plusieurs commentaires

  1. Vous avez tout dit sur Mariama Keita sauf le fait qu’elle est d’origine Malienne comme Baba Alfa qu’elle n’a jamais d’ailleurs cache quand elle se trouve avec les siens

    • Mon frère voici ce qui continue de mettre l’Afrique en retard. Le Rwanda est ce qui est aujourd’hui. Croyez vous que Kagame en est originaire. Tandja dont nous nous ventons tant. Croyez vous qu’il soit totalement issu du Niger. Une bonne parti de nos officier ont fait disparaître leur nom de famille Maïga et Touré. Et pourtant ils sont prêt au sacrifice suprême. Je vous encourage à faire un petit cours d’histoire sur l’empire du Mali et la vous allez certainement comprendre que le blanc est venu avec son affaire de pays. Que sinon Niamey notre capitale appartenat à l’empire du Mali ensuite à l’empire songhoi…Aujourd’hui le Mali peut aussi prétendre que son actuel premier ministre est Nigérien. Au Niger les Maiga semblent être maliens. Que deviendront ils. Cette dame n’a connu que le Niger… croyez vous qu’elle comprenait madingue plus que Djerma ou haoussa…

    • Avec la mondialisation , même si elle est d’origine Cambodgienne ou cubaine le problème est où la même …???

      Obama n’est il pas d’origine africaine , cela l’a t il empêché d’être PRÉSIDENT , COMMANDANT IN CHIEF de la plus grande puissance militaire ,et économique du monde , les USA???

      Certainement que tu ne connais pas
      Yu Hong Wei rebaptisée Astan Coulibaly , la Chinoise malienne ….qui s’est présentée aux élections législatives de 2013 ….au Mali justement où elle cherchait à être élue députée à Ségou, où elle vit depuis 31 ans.

      Est ce que les maliens sont offusqués….

      Des habitants de Ségou ne disaient ils pas même …..' »Tout Ségou connaît cette femme! Elle était ici bien avant que je ne sois né » selon le jeune DIARRA qui avait en ce moment 23 ans…..

      Tu n’es pas issu du dernier pays de la race humaine , le Niger, par hasard ….. : EVOLUES et essaies d’attraper le wagon de la civilité et globalisation .et modernité…..OOOO

      DERNIER même dans le congolo : PAS LA PEINE…!!

      N’as tu pas vu des africains briguer a des postes électifs dans pays de blancs là bas là bas quelque part …..?

    • Vive le Mali et les maliens. Comme tout nigérien, de l’Ouest, du Nord, même de l’Est, du Sud, on a peu ou prou des parents (cousins, neveux..) d’origine malienne, certains installés ici suite à la colonisation (en réalité au temps des empires, il existait des échanges intenses dans la zone sahélienne). Donc aux maliens qui me liraient ou aux nigériens dits d’origine malienne (nonobstant l’affaire Baba Alfa), hier, aujourd’hui comme demain vous êtes, vous étiez et vous serez chez vous au Niger. Engoncés dans leur stupidité, certains africains ignorent leur très grande proximité génétique et culturelle. Ainsi même si Cheikh Anta a défriché le terrain, il reste beaucoup à faire notamment en étudiant les liens, ressemblances entre le bambara et bien de langues comme le haoussa (Dan et Den…etc), le djerma, le kanouri etc.

  2. Inna lillahi wa inna ilayhi raji’un. A Dieu nous appartenons, a Dieu nous retournerons!
    Que la terre lui soit legere! Amin.
    Que son ame repose en Paix. Amin
    Un vrai monument qui vient de disparaitre.
    Nos condoleances tres attristees a sa famille eploree, ainsi qu’ a ses amis et connaissances.

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