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DEFENSE ET SECURITE : L’heure des interrogations légitimes !

Des soldats de la force spéciale du Niger engagés dans la lutte contre Boko Haram à Diffa, le 20 mars 2015.

On avait clamé sur tous les toits que le Niger était un îlot de paix et de sécurité dans un océan fortement agité. Cette situation de relative sécurité ne découlait point de l’ordre naturel des choses mais était bien la résultante d’une volonté politique clairement affirmée de faire de la sécurité une réalité tangible au Niger, conformément au triptyque du Président Issoufou, c’est-à- dire, Défense, Démocratie et Développement.

En effet, avant tout le monde, l’enfant de Dandaji avait su mettre en lumière la corrélation subtile et délicate entre démocratie, sécurité et développement, qui sont, selon lui, des questions intimement liées. Partant de cette vision pragmatique des choses, il avait fait de la question sécuritaire une priorité de premier ordre. Pour cela, il avait décidé d’affecter de ressources considérables à cette priorité sécuritaire en dotant nos forces de défense et de sécurité (FDS) de moyens d’action conséquents sur le terrain.

D’ailleurs, ces efforts considérables ont permis à notre armée d’être classée au dixième rang par un magazine de référence américain. Cependant, en dépit de ces énormes efforts consentis par l’Etat du Niger à travers le volontarisme de son chef, la sécurité reste tout de même préoccupante dans certaines parties du territoire national. En témoignent les récentes attaques à Tongo Tongo ou des militaires nigériens et américains avaient trouvé la mort, ou encore celle d’Ayorou ayant entraîné la mort de plusieurs gendarmes.

Par cette occasion, nous adressons nos condoléances les plus émues aux familles éplorées. Mais après les pleurs, vient l’heure des interrogations : pourquoi, malgré tous ces efforts pour sécuriser le pays, on continue à payer un aussi lourd tribut à ce fléau dénommé terrorisme ? Comment expliquer la fréquence de ces attaques et leur cortège de morts ? Il est bien vrai que le risque zéro n’existe pas en matière de sécurité, car même les grandes puissances du monde (USA, France, Angleterre et Allemagne) ne sont pas totalement à l’abri des attentats terroristes.

Mais la particularité dans ces pays, c’est qu’aussitôt après un attentat, les différentes responsabilités sont vite situées ainsi que les leçons à en tirer. Par contre chez nous, tout baigne, apparemment, dans un immobilisme coupable, comme s’il était naturel de connaître un attentat !

En effet, jamais, depuis le commencement de ces attaques répétées, on n’avait tenté de situer véritablement les responsabilités aussi bien au niveau de la chaîne de commandement général qu’au niveau du théâtre des opérations sur le terrain. S’il y a attaque, c’est que quelque part il y a eu certainement des défaillances dans la conception de la stratégie de défense.

Pour le cas d’Ayorou, on sait que ce n’est point la première fois que ce genre d’attaque sont perpétrées contre cette localité dont on sait, par ailleurs, qu’elle est potentiellement située dans une zone à risques. Où était donc passée l’armée censée épauler les éléments de la gendarmerie qui s’étaient retrouvés livrés à eux-mêmes ?

Comment comprendre qu’une zone aussi sensible comme Ayorou, située à quelques encablures de la frontière malienne, ne soit pas une zone totalement militarisée au même titre que Diffa ou Agadez qui sont même des zones où l’état d’urgence est perpétuellement reconduit ?

A vrai dire, on ne comprend guère, ou du moins on ne voit pas, de façon éclatante, la stratégie de défense élaborée pour faire face à la situation sécuritaire actuelle. Plusieurs facteurs pourraient expliquer cela : la hiérarchie militaire actuelle ne serait-elle pas blasée, car en poste depuis le premier mandat, l’usure et la routine n’auraient-elles pas eu, finalement, raison de l’efficacité et surtout de l’envie d’accomplir sa mission ?

Aujourd’hui, l’état de la situation sécuritaire appelle sans doute à une nouvelle oxygénation afin d’apporter un souffle nouveau à un commandement militaire tétanisé par les enjeux. Il faudrait également revoir la façon dont sont utilisées les ressources humaines dans l’armée, car, comment comprendre que des colonels majors, censés être sur des théâtres d’opérations, soient parfois nommés comme attachés militaires dans des ambassades à l’extérieur.

Il conviendrait également de revoir toute la politique d’envoi de troupes dans les missions de maintien de la paix de l’ONU. Peut-on aller assurer la sécurité ailleurs lorsque chez soi la case brûle ?

Enfin, un autre fléau gangrène considérablement le bon fonctionnement de nos troupes : c’est la domestication de certains sous-officiers ou hommes de rang souvent réduits à la corvée domestique de leurs supérieurs hiérarchiques (déposer leur progéniture à l’école, faire office de chauffeur à madame etc.). Ces hommes en uniforme réduits à des tâches domestiques pourraient être redéployés efficacement dans les endroits où les besoins de sécurité sont les plus pressants.

Alors, face à tous ces facteurs dirimants, le Président de la République, Chef suprême des armées d’après la Constitution, et garant de l’intégrité du territoire national, devrait jeter un œil inquisiteur au niveau de la grande muette afin de recadrer un certain nombre de choses conformément à sa vision de la question militaire. Cette réflexion ne se veut pas comme une négation des efforts ou encore la remise en cause de l’esprit patriotique dont font preuve, au quotidien, nos vaillantes forces de défense et de sécurité qui paient un lourd tribut dans cette guerre asymétrique ; mais la pré- sente dissertation est une invite à l’imagination créatrice pour l’émergence d’une armée totalement professionnelle et républicaine.

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Zak (OPINIONS N° 379)

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5 plusieurs commentaires

  1. N’importe quoi, vous voulez qu’on etale aussi a la place publique les decesions prises pour sanctioner les defaillence dans ll’armee. Non M. le Journaleux cela n’arrivera pas, vous pouvez continuer a ecrire votre torchon. La Gestion de la securite n’est pas la gestion d’un syndicat ou d’une OSC.

    • Et puis dans toutes Les chancelleries du monde, on Nomme des officiers sup en tant qu attaches militaires. Il fo vous former messieurs Les journaleux. C est com hier a la television ou a la fin De L interview avec madame Tidjani alou ,le journaliste a oublie L essentiel c a dire le point De vente De L oeuvre en question. Ou quand Il lui demande De comparer une fiction D avec Je ne sais quoi alors K c est dans son cours De seconde A. Et dire kil est L un des Meilleurs De la Boite. On est vraiment mal barres!!

  2. EN DEMOCRATIE QUAND UN CHEF D’ETAT EST TRES MAL ELU L’ARMEE NE LE RESPECTERA JAMAIS.

  3. IL faut changer le chef supreme des armées d’abord puis les chefs d’etats majors (général, armée de terre , armée de l’air , hauts commandants garde et gendarmerie etc?

  4. GASKIYA TA FI FI KOBO

    Ménager la chèvre et le chou

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