Home ACTUALITE Démocratie et anarchie ne font pas bon ménage…

Démocratie et anarchie ne font pas bon ménage…

Dans le débat démocratique, il y’a des moments où il est utile de rafraîchir la mémoire à certaines personnes, surtout aux antidémocrates et aux « anarcho-démocrates». D’ailleurs, le rappel de certaines situations, aussi tristes soient-elles, peut être pédagogique.

 Il est loisible de savoir que dans un passé récent, pour beaucoup de nos concitoyens, jouir un jour de la liberté d’expression au Niger était de l’utopie. Les Nigériens vivaient dans la peur d’exprimer une opinion même sur une chose banale. Un simple lapsus pouvait conduire au cachot. Par crainte d’être mouchardés, même seuls dans leurs propres concessions, certains se disaient que « les murs ont des oreilles. » Les conversations étaient empreintes de beaucoup de méfiance et de prudence de sorte qu’on craint même de se confier à son proche. 

Il importe pour la postérité de savoir que nos  dirigeants d’hier ne comprenaient pas que les droits et libertés publiques sont des aspirations légitimes que nul ne peut indéfiniment dénier aux citoyens dans n’importe quelle société.  Pour preuve, à des époques différentes, dans des conditions différentes, des peuples de différentes parties du monde ont lutté pour les acquérir. A un moment donné, nombreux étaient les Nigériens  qui enviaient tout naturellement les autres peuples qui  jouissaient de leurs droits et de leurs libertés fondamentales. 

Certains compatriotes défaitistes et fatalistes ont parlé de l’incapacité de notre peuple à sortir du joug oppresseur et répressif dans lequel il était, en allant jusqu’à louer d’autres peuples et blâmer le nôtre. D’autres qui étaient au centre ou à la périphérie du système, pour le pérenniser, utilisaient mystification, intimidation, menace et violence pour maintenir les Nigériens dans l’immobilisme. Aujourd’hui, Ils se sont majoritairement retrouvés dans le même cadre. Ce sont les  indécrottables, qui refusent de s’adapter. Ils constituent la frange subversive de l’opposition  et l’épicentre des pourfendeurs de notre processus démocratique. Leur passé et leur présent prouvent à suffisance qu’ils ne veulent pas de la démocratie  au Niger. Ils sont devenus des démocrates de façade. 

Malgré les affres de la dictature, à l’époque, il y avait quand même des hommes et des femmes qui croyaient qu’aucune condition n’est permanente, elle est donc sujette au changement. Ils se sont engagés à combattre la dictature.  Les luttes démocratiques des années 90 ont prouvé que comme d’autres peuples, les Nigériens  n’ont pas ramé à contre-courant de l’histoire.  Ils ont héroïquement et douloureusement  lutté pour passer de la dictature à la démocratie. Nombreux sont ces hommes et ces femmes qui sont au pouvoir aujourd’hui. Ils sont en train de conduire correctement le parachèvement de notre processus démocratique et de poser les jalons du développement économique et social d’un Niger renaissant. Notre démocratie est aussi louée et enviée par d’autres peuples et les Nigériens en sont fiers. 

Seuls font exception les éternels factieux et anarchistes qui refusent de grandir pour suivre le rythme du monde. Ils sont tellement à l’aise dans la démocratie qu’ils croient que tout leur est permis. Sinon, comment expliquer que sous prétexte de liberté d’expression que des opposants ou des activistes de la société civile glissent dans la promotion des antivaleurs? Dans leur manœuvre, Ils ne respectent ni l’interdit ni le sacré. Ils s’attaquent à nos normes sociales et aux valeurs républicaines. Nos institutions, les hommes et les femmes qui les dirigent sont les cibles de leur irrespect.

Dans leur travestissement de la liberté, leur communication est conçue soit  pour insulter, ternir et vilipender, soit pour intoxiquer et inciter à tout ce qui peut détruire la stabilité, la paix, le bien vivre ensemble et toutes les valeurs qui font la fierté de notre pays. Tant qu’on ne les laisse pas exagérer et saborder tout ce qui a été construit, pour eux le régime est dictatorial. A la moindre interpellation, ils jouent aux victimes. 

La démocratie est un tout, elle a beaucoup d’avantages, mais elle a aussi des contraintes. On ne peut pas abuser de ses avantages et se plaindre de ses contraintes.  Rien ne peut justifier l’apologie de l’anarchie dans la démocratie. Nos concitoyens sont excédés par l’exagération inacceptable et interminable des mêmes individus. Nul ne doit transgresser impunément les lois et règlements de la République. C’est bien connu, dans un Etat de droit nul ne doit se prévaloir de sa propre turpitude. Autrement, il sera en conflit avec la loi. Et force doit rester à la loi, dit-on.  

Par Zakaria Abdourahaman

18 Comments

  1. Cher Abdourahamane,

    c’est démocratie et impunité ou sanction à géométrie variable qui font bon ménage ou plutôt démocratie et irresponsabilité qui font bon ménage. Un directeur de société avoue en direct à la télé son incapacité à résoudre ponctuellement le problème de fourniture d’énergie, aucune sanction. Des dizaines de soldats meurent par inconséquence, aucune sanction, Africard..aucune sanction, pas de responsable, la débâcle du Mena national, aucune sanction, pas de responsable, la crise universitaire..etc

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Check Also

COMMUNIQUE DE PRESSE: les Rotary Clubs du Niger s’allient au Niger dans la lutte contre les Hépatites…

La Première Dame du Niger, Hadjia Aissata Issoufou, Marraine de la lutte contre l’Hépatite…