Home ACTUALITE DISPARITION MOUSSA DJERMAKOYE : Le bal des charognards s’ouvre !

DISPARITION MOUSSA DJERMAKOYE : Le bal des charognards s’ouvre !

M. Moussa Moumouni Djermakoye, président de l'ANDP/Zaman LahiyaComme vous le savez, le Président de l’Alliance Nigérienne pour la Démocratie et le Progrès (ANDP/ Zaman Lahiya), Moussa Moumouni Djermakoye, s’est éteint à Paris, la semaine dernière, des suites dune embolie pulmonaire. La dépouille mortelle a été rapatriée au Niger le mercredi 22 novembre 2017.

La levée du corps avait eu lieu à la morgue de l’Hôpital National de Niamey en présence du Pré- sident de la République, du Président de l’Assemblée Nationale, du Premier Ministre, des membres du gouvernement, de plusieurs chancelleries étrangères accréditées au Niger, de toute la famille militaire, ainsi que de plusieurs parents, amis, militants et autres anonymes. Ensuite le corps fut transporté dans son Dosso natal où il fut inhumé en intimité.

L’ensemble de la Rédaction du journal OPINIONS présente à sa famille éplorée, à l’Etat du Niger, à ses amis et connaissances, ses condoléances les plus émues et implore qu’Allah le Tout Miséricordieux l’agrée dans son paradis éternel ! En voilà pour les faits. Comme disparition de chef en gé- néral, celle de Moussa Djermakoye n’échappera point à la règle : la guerre de succession. Dans les prochains jours, semaines et mois, inévitablement, surgiront les difficultés d’ordre successorales qui risqueront, si on n’y prend garde, d’impacter profondément l’avenir immédiat et lointain de l’ANDP/Zaman Lahiya.

Rappelez-vous, cela avait été déjà le cas au lendemain de la subite disparition du père fondateur(PF) , Adamou Moumouni Djermakoye qui avait eu un malaise au cours d’une manifestation anti-tazarché en juin 2009 sur la Place Toumo, avant de décéder quelques minutes plus tard à l’Hô- pital Poudrière de Niamey. Pour succéder au PF, plusieurs prétendants s’étaient déclarés au sein du parti et même en dehors de celuici.

L’on se souvient notamment des manœuvres infructueuses du pouvoir en place de l’époque visant à parachuter à la tête de l’ANDP un certain Amadou Bagnou parfaitement inconnu au bataillon ANDPistes et qui avait, cependant, les faveurs du régime tazarchiste de Tandja Mamadou l’imposteur. L’enjeux pour le parjure Tandja était simple : accrocher le wagon ANDP à sa locomotive tazarchiste pour foncer à la vitesse grand V dans l’imposture suprême, car le PF Djermakoye avait, littéralement, dénoncer le projet funeste du tazarché.

Malheureusement pour Tandja, l’offre publique d’achat (OPA) qu’il avait voulu lancer sur l’ANDP n’avait point fonctionné et dès le 18 février 2010, les canons de Djibo Salou mirent fin à la récré en l’envoyant paître ses vaches au Camp Pénal de Kollo. Quelle triste fin. Revenons à présent à l’ANDP qui s’offrira enfin, sous la transition de Djibo Salou une direction, en la personne de Moussa Moumouni Djermakoye.

Pour en arriver-là, l’ANDP avait dû payer le prix fort, puisque certains membres fondateurs, qui se croyaient, naturellement, dauphins du PF, notamment Amadou Nouhou de Hamdillaye, ont quitté le parti pour d’autres horizons. Au fait, qui était véritablement Moussa Moumouni Djermakoye ? Moussa Moumouni Djermakoye était le demi-frère de feu Adamou Moumouni Djermakoye, le père fondateur de l’ANDP, tous deux militaires de carrière et tous issus de la longue lignée des Djermakoye, cette dynastie féodale qui préside aux destinées des Dossolais.

Dans son parcours militaire lisse, un  »sac au dos » au sens noble du terme, rien ne prédestinait cet officier supérieur des FAN à une carrière politique au point de se porter candidat à une élection pré- sidentielle en 2011. Mais les circonstances de la vie nous oblige, bien des fois, à des choix inattendus et ce fut le cas de Moussa Djermakoye. L’on se souvient que ce personnage profondément timide aurait même refusé une présidence à la tête de l’Etat offerte sur un plateau en or en avril 99, suite à la disparition tragique du Général Baré fauché par sa garde prétorienne.

Il lui aurait été proposé, à l’époque, de diriger la junte militaire qui venait de prendre le pouvoir, mais au grand étonnement des uns et des autres, Moussa Djermakoye aurait catégoriquement décliné l’offre, estimant que, accepter une telle proposition revenait à cautionner l’assassinat du Général Baré. Descendant d’une chefferie, Moussa Djermakoye avait naturellement un penchant pour le pouvoir, mais pas certainement à toutes les conditions. Cela étant, il accepta donc de succéder à son frère afin de préserver l’ancrage territorial de l’ANDP dans la région de Dosso.

Cette option était parfaitement justifiable quoique, non-fondée en lé- gitimité politique. En effet, et il ne faut guère perdre cela de vue, l’ANDP/Zaman Lahiya est avant tout un parti politique fortement régionalisé comme le fut la CDS à Zinder, ou comme le PUND Salama et UPDS Amana l’avaient été à Agadèz, tout comme le PSDN Alhéri de Wazir et Kazelma à Diffa.

Ces partis politiques avaient la faiblesse de s’être constitués originellement sur des bases identitaires et c’est d’ailleurs pourquoi, leur destin aura été cours, car des considérations de ce genre ne résisteront guè- re longtemps aux grandes constructions intellectuelles. Alors pour garder cet ancrage régional, à la limite identitaire, il fallait que le nouveau leader du parti fût issu de cette région, mieux de cette lignée aristocratique que sont les djermakoye. Qui mieux donc que Moussa Moumouni Djermakoye pour porter cette double casquette ?

Voilà les ressorts profonds sur lesquels Moussa Djermakoye avait été porté à la tête de l’ANDP Zaman Lahiya. Aujourd’hui, qui pour succéder à Moussa Djermakoye à la tête de L’ANDP ? Cette règle non-écrite est-elle toujours valable, c’est-à- dire être de Dosso, être issu de la chefferie et avoir porté l’uniforme ? Si les deux critères, à savoir être de Dosso et avoir porté l’uniforme paraissent facilement remplissables pour les éventuels candidats, convenez-en avec nous que le troisième critère, à savoir descendre des Djermakoye, paraitrait plus hypothétique à l’état actuel des choses dans la mesure où très peu de princes ne se bousculent devant le portillon de la politique.

Cette conception paternaliste, voire clanique aura considérablement porté préjudice à l’ANDP qui avait été pourtant un parti politique porteur de nobles idéaux, tels que le consensus politique, la cohésion sociale, le progrès et surtout le zaman lahiya tout court. Malheureusement, dans les faits, ce parti politique n’avait pas su déjoué les écueils identitaires auxquels sont en proie le plus souvent tous les partis politiques de ce genre. Au finish, l’ANDP sera demeuré le parti des dossolais, tout comme la CDS de Mahamane Ousmane l’avait été un moment pour les zindérois. Enjeux d’une succession Moussa Moumouni Djermamakoye n’est plus.

L’ANDP devra se chercher un nouveau président. L’enjeu central lié à cette succession concernera, inévitablement, le futur positionnement du parti sur l’échiquier politique national. En termes plus prosaïques, l’Andp Zaman Lahiya continuera-t-elle à appartenir à la MRN, comme c’est le cas depuis 2011, ou bien au contraire, prendra-t-elle le chemin inverse c’est-à-dire l’opposition ré- duite aujourd’hui au pré-carré de Hama Amadou ?

Pour comprendre cet enjeu, il conviendrait de rappeler que l’ANDP est traversé par deux courants contradictoires : d’un côté, il ya le courant favorable à la MRN incarné par Moussa Djermakoye, le fidèle allié du PR Issoufou ; de l’autre côté, l’on a une sensibilité pro Lumana incarnée par des cadres comme Ali Seini Gado. On le voit, le devenir futur de l’ANDP dépendra largement du bloc qui l’emportera. Du côté du pouvoir, on ne restera point indifférent à ce qui se passera au sein de l’ANDP dans les semaines et mois à venir. Selon certaines indiscrétions, l’actuel Haut-commandant de la Gendarmerie, le Général Mounkaila Issa, serait le candidat idéal pour prendre la direction de l’ANDP, puisque dans quelques mois il serait admis à faire valoir ses droits à la retraite.

Comme nous l’avions écrit plus haut, le Général Mounkaila Issa remplirait parfaitement les critères non-écrits pour diriger l’affaire, c’est-à-dire l’ANDP. On parle aussi d’une éventuelle candidature du fiston, c’està-dire le neveu du PF, Ali Seini Gado pour garder l’affaire en famille, bien que ce soit en lignage patriarcal !

On parlerait aussi d’une candidature du très présomptueux député Salifou Mayaki qui avait donné d’ailleurs beaucoup de fils à retordre à feu Moussa Djermakoye pour le leadership de l’ANDP. Pour rappel, ce jeune homme impétueux avait posé sa candidature à la présidence de l’Assemblée Nationale et ce, en dépit des consignes de son parti. Voilà, en perspective, le plat de résistance qui attend l’ANDP dans les prochains mois. Les militants de l’ANDP sauront-ils faire le bon choix afin de redynamiser le parti actuel….

[author ]Source: OPINIONS N° 381[/author]

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