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Élections en RCA : « Nous avons prouvé que nous sommes centrafricains »

Des Centrafricains font la queue devant un bureau de vote le 30 décembre 2015. © Herve Serefio Diaspora / AP / SIPA

Des Centrafricains font la queue devant un bureau de vote le 30 décembre 2015. © Herve Serefio Diaspora / AP / SIPA

La grande majorité des bureaux de vote de Bangui ont fermé à la nuit tombée ce mercredi. Dans certains, le dépouillement a débuté immédiatement après. Les électeurs se sont déplacés en masse et dans le calme pour élire leur président et leurs députés alors que de nombreuses difficultés logistiques ont retardé les opérations. Reportage.

« Regardez: je suis un citoyen, un vrai ! » Sous le soleil de midi qui irradie la terre ocre de l’école Koudoukou, au quartier PK5 de Bangui, Mahamat lève son index où sèche l’encre qui a servi à prouver qu’enfin, il a voté. « On nous enferme dans ce quartier, certains nous considèrent comme des étrangers, mais aujourd’hui nous avons prouvé que nous sommes centrafricains. »

Autour de lui, des centaines de personnes s’agglutinent en-dehors des bureaux de vote installés dans la grande cour de l’école. Femmes portant des bébés dans de larges tissus colorés, vieillards tâtonnant du bout de leurs bâtons de marche, jeunes profitant de l’occasion pour bavarder à l’ombre…

Casques bleus et groupes d’auto-défense

Voici trois semaines, des violences entravaient le vote référendaire dans cette même école. Mais pas de quoi apeurer les habitants : « Si on ne vote pas, rien ne changera. Alors, on n’a pas le choix. Et puis, on n’a pas peur, » martèle Fatima, mère de cinq enfants. Les Casques bleus des qui fouillent à l’entrée, les patrouilles de véhicules blindés des Nations unies et de la force française Sangaris la rassurent… Ainsi que les groupes d’auto-défense qui ont pris le parti de sécuriser le quartier. Leur chef, Mohamed Ali Fadul, avait fait part la veille à Jeune Afrique de son plan de procéder à des fouilles, sans armes, « au niveau des soixante check-points autour du quartier ».

Mobilisation de masse

Le quartier est à l’image de la capitale et, selon les premières informations remontées des provinces, à l’image du pays : les gens de sont mobilisés en masse pour élire leur nouveau président et les quelque 140 députés qui siégeront à l’Assemblée nationale. Les commerces et l’aéroport avaient été fermés. Les rues plus désertes qu’à leur habitude, la seule activité, aujourd’hui, semblait à Bangui être dans les bureaux de vote.

Au site de déplacés Jean XXIII, Nicolas tient un discours similaire à celui de ses compatriotes du PK5 : « On vit ici dans la saleté, mais aujourd’hui nous sommes tous allés faire notre devoir de citoyen, » dit-il. Une manière de se sentir intégrés au tissu social et à la vie politique du pays… Première étape, espèrent-t-ils, de la reconstruction de la Centrafrique, malmenée depuis trois ans par un violent conflit qui a aussi anéanti les institutions.

Ce matin, alors qu’il votait à la mairie, dans le centre-ville de la capitale, Anicet-Georges Dologuélé, l’un des favoris du scrutin présidentiel, se disait admiratif « de tous ces gens qui font la queue pour exprimer leur vote. »

À propos de l'Auteur

Par Margaux Benn – à Bangui (Jeune Afrique)

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Un commentaire

  1. Ce qui est surprenant, comment ce pays en guerre est arrivé à élaborer un fichier électoral biométrique et que le Niger ne soit pas en mesure d’en produire. Nous devons avoir honte vraiment!

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