Home ACTUALITE ETAT-MAJORS DES PARTIS POLITIQUES : Déchirements ou simples rumeurs infondées ?

ETAT-MAJORS DES PARTIS POLITIQUES : Déchirements ou simples rumeurs infondées ?

Ces dernier temps, l’actualité politique est dominée par toutes sortes de rumeurs, les unes plus folles que les autres. Entre autres rumeurs qui circulent dans la capitale ou qui font le tour des salons des politiciens, les prétendues déchirures auxquelles seraient en proie certaines formations politiques, aussi bien de la majorité que de l’opposition.

Ces prétendues déchirures ont trait principalement à la conquête du leadership au sein de ces partis, ou encore à une supposée guerre de positionnement des uns par rapport aux autres en vue des prochaines joutes électorales de 2021. Dans notre dernière livraison, nous avions abordé justement cette question avec beaucoup de circonspection. Pour notre part, nous estimons que 2021 ce n’est pas demain et que d’ici cette date, beaucoup de choses peuvent survenir, rendant ainsi caduques toutes nos conjectures et prévisions actuelles.

La première condition pour voir 2021 ne nous appartient pas, car nos vies ne sont pas entre nos mains ! Alors, conjectures pour conjectures, l’homme est ainsi fait, il rêve toujours de se projeter dans le temps comme si, quelque part, il recherchait, à travers cette projection temporelle, l’immortalité. Les formations politiques, qui sont des regroupements humains, n’échappent point à ce penchant naturel chez les hommes.

Ainsi, nous passerons en revue l’ambiance générale qui règne dans les différents états-majors en ce début d’été 2017. Commençons par le PNDS-Tarayya, le principal parti de la majorité, la première force politique du pays, le parti qui focalise le plus l’attention de ses détracteurs. Un non-duel au sommet Ces derniers temps, la presse à sensations (suivez mon regard) fait état d’une mésentente profonde qui existerait au sein des instances dirigeantes du PNDS, mésentente qui pourrait déboucher à terme, selon les adeptes de l’apocalypse, à un éclatement du parti en plusieurs morceaux !

Mieux, d’après toujours les  »apocalypse now », le Président de la République Issoufou Mahamadou et le Président du parti, Mohamed Bazoum seraient à couteaux tirés ! Alors, si cela était vrai, ce serait la fin de plus de 27 ans d’amitié d’abord, ensuite de camaraderie et enfin de compagnonnage politique entre les deux personnages. Affirmer une chose pareille et surtout y croire relève tout simplement de l’ignorance crasse de l’histoire du PNDS-Tarayya et de ses dirigeants.

Si, par un raccourci facile quoique débile, on veut faire référence au couple Tandja/Hama qui avait éclaté en plein vol sur l’autel d’ambitions croisées, tel n’a jamais été le cas entre Issoufou et Bazoum. En effet, Issoufou Mahamadou était le Président du parti jusqu’en 2011, tandis que Bazoum assurait la vice-présidence, et lorsque pour raison d’empêchement constitutionnel, puisqu’élu Président de la République, Zaki laissa la présidence du parti, tout naturellement, à son dauphin, lequel fut réconforté à ce poste par un congrès du parti en 2012.

Alors, comme on le voit, il n’y a jamais eu de concurrence entre les deux hommes, car chacun étant à sa place. Vouloir aujourd’hui les diviser n’est qu’une simple masturbation intellectuelle, dont se délecterait volontiers l’opposition lumaniste. En réalité, si le duo Tandja/Hama a connu cette triste fin, c’est que, quelque part, les rapports entre les deux hommes n’étaient pas tissés dans le roc de la sincérité et de la transparence. Aussi bien en amitié qu’en politique, la complicité est un facteur de durabilité des rapports.

Or, le couple Tandja/Hama n’a jamais semblé être en complicité au sens noble du terme, mais était plutôt perçu par les observateurs avertis comme une simple addition, une superposition d’égos surdimensionnés et totalement antagoniques dont on pouvait prédire qu’il prendrait feu à la moindre étincelle. Et c’est ce qui s’est passé en mai 2007, lorsque, par une motion de censure, les fiançailles ont pris fin. Koutoukalé terminera le feuilleton.

Or, la nature des rapports entre Issoufou et Bazoum est aux antipodes des relations Tandja/Hama qui n’ont jamais été des amis dans la vie, mais seulement unis par un simple concours de circonstance pour la conquête du pouvoir. D’ailleurs, vous aurez constaté de vous-mêmes, que de tous les leaders politiques du Niger post-Conférence Nationale, Issoufou Mahamadou est le seul qui ait gardé intact son entourage immédiat, alors que, pour tous les autres, c’est toujours des nouveaux visages qui apparaissent au gré des humeurs personnelles et des inconséquences politiques de ces leaders versatiles et proprement inconstants.

Qu’on le veuille ou non, cette constance dans l’entourage d’un chef est une marque et un trait de personnalité qui en renseignent beaucoup sur l’homme et ses convictions. Comme on le voit, toutes ces rumeurs sur l’état défectueux des relations entre Issoufou et Bazoum relèvent de ce que Massaoudou avait appelé en son temps l’Officine de Fabrique de Rumeurs et de Mensonges du Lumana FA.

Le drame dans tout cela, c’est qu’à force de vouloir intoxiquer l’opinion publique nationale avec ces fausses rumeurs, ils finissent eux-mêmes par succomber à leurs propres mensonges en oubliant qu’ils en étaient les auteurs ! Abordons à présent la situation au niveau du Lumana FA Un serpent à trois cornes Si le PNDS connait des querelles internes comme cela est véhiculé par une certaine presse, Le Lumana FA de Hama Amadou n’en est pas non plus à l’abri.

Depuis l’exil sanitaire de son leader en France, le Lumana FA traverserait des difficultés liées à la question du leadership au sein du parti. D’après certaines informations, trois principaux courants traverseraient le parti : le courant hamiste incarné par Issoufou Issaka et consorts, le courant dit indépendant revendiqué par Oumarou Noma, dit le courant de Dosso, et enfin le courant  »Issoufou-compatibles » prôné par Soumana Sanda !

A l’analyse approfondie et sérieuse du cas du Lumana, on se rend bien compte que tous ces soi-disant courants ne sont que factices et relèveraient là-aussi de la pure conjecture intellectualiste. Pour notre part, il n’existe qu’un seul Lumana, le Lumana de Hama Amadou, un point, un trait ! Si, d’après certaines sources, Soumana Sanda aurait été aperçu dans les locaux de la résidence du Président de la République, à OPINIONS, nous avons la faiblesse de penser qu’il ne s’agirait pas là d’une démarche personnelle de l’intéressé, mais plutôt cela s’inscrirait dans une approche globale dont Hama lui-même serait l’initiateur principal.

En réalité, contrairement aux autres partis politiques, le Lumana FA est un parti politique trop attaché à la personne exclusive de Hama Amadou pour qu’un autre, fût-il Soumana Sanda, puisse en revendiquer une part ou une légitimité quelconque. Si vous n’êtes d’accord par la ligne fixée par le boss Hama, alors vous dégagez ! Voilà les raisons pour lesquelles, essentiellement, nous nous refusons là-aussi de succomber à ces rumeurs aussi charmantes ou sé- duisantes (ça dépend d’où on se place) soient-elles. Allez, circulez, il n’ya point de péril en la demeure ni au Lumana encore moins au PNDS !

Enfin, le troisième parti politique entré aussi dans une zone de turbulence semble être le vieux baobab de Seini Oumarou, la troisième force politique à l’Assemblée Nationale depuis les élections générales de 2016. A l’examen approfondi, la situation du MNSD, de tous les trois grands partis, nous parait être la plus inquiétante, car là, tout reste ouvert. Après les départs des Alba et ses camarades, que restait-il au MNSD en termes de fiefs électoraux ?

Si en 2011, il pouvait encore compter sur des bastions comme Maradi et Zinder, en 2016, dans aucune région du Niger, le MNSD n’a été premier en termes de suffrages populaires : la lente mais irrémédiable érosion électorale de ce parti semble avoir commencé. La seule question qui vaille aujourd’hui est de savoir au bout de combien d’élections l’état de décomposition sera tel que ce parti, à l’instar de la CDS et l’ANDP, ne sera plus en mesure de constituer un groupe parlementaire à l’Assemblée !

La situation de Seini Oumarou à la tête de ce parti demeure extrêmement fragile pour ne pas dire précaire, et il n’est pas exclu dans ces conditions qu’une candidature comme celle de Ibrahim Idi Ango puisse avoir toutes les chances de prospérer. Alors, pour le MNSD, rien n’est donc sûr, les semaines et les mois à venir nous édifieront certainement davantage sur l’avenir proche et lointain de ce parti.

[author ]ZAK (OPINIONS N° 375)[/author]

5 Comments

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  2. L’Afrique vient de perdre un de ses fils .. Le ..Général Général Louis Tavarès De Souza, le une fois accusé par Abdou Diouf de fomenter un putch contre lui a tiré reverence….

    Accusations auxquelles , Le Général retorqua et balayait avec un revers de la main …….:
    Il n’a jamais été question de coup d’Etat …Il n’y a jamais été question de coup d’Etat au Sénégal. J’avais l’habitude de dire, tant que je serais en activité militaire et si j’ai le moindre commandement, il n’y aurait pas de coup d’Etat. J’ai dit fréquemment à des militaires même des camarades de la sous- région, que je n’admets pas qu’un militaire fasse un coup d’Etat. Ça fait reculer un pays de 20 à 30 ans. Dans mon entourage, tout le monde sait que j’ai toujours été contre les coups d’Etat. Il m’est même arrivé de dire à des chefs d’Etat certaines vérités, parce que je n’admets pas qu’on fasse un coup d’Etat et se réclamer après chef d’Etat. »

    Dans cette dernière partie de l’interview exclusive que le Général Général Louis Tavarès De Souza avait accordée au groupe Sud Communication , en novembre 2014, il était revenu sur ses relations assez heurtées avec l’ancien président de la République Abdou Diouf mais aussi de celles qu’il a eues à entretenir un autre ancien Chef d’Etat du Sénégal, Abdoulaye Wade. L’ancien CEMGA qui est décédé lundi dernier avait confié que «Diouf recevait de l’argent des nations unies sans le reverser aux soldats». Ce dernier rappelle-t-on l’avait accusé dans ses mémoires d’avoir tenté de fomenter un coup d’Etat en 1988 

    Qu’est-ce que vous reprochez à Abdou Diouf ?

    Quelque chose m’a beaucoup choqué chez Abdou Diouf. Quand, j’ai été nommé Chef d’Etat major général des armées, j’ai pris le commandement. Mais, j’ai constaté que je n’avais pas le service de renseignement. J’ai demandé à rencontrer ceux qui étaient là avant. Il y avait un (paix à son âme) qui était chef de renseignement, qui m’a dit : «je ne dépends plus de vous. Je rends compte désormais au secrétaire général du gouvernement (Jean Colin, Ndlr)». Je lui dis : «Ah bon et les armées ?». Il me répond : «j’ai reçu l’ordre de ne répondre qu’au secrétaire général du gouvernement qui rend compte au président de la République». Quid du Chef d’état major ? Il me dit : «ça, je ne sais pas». C’est là que j’ai demandé une audience à Diouf en lui posant la question suivante : «comment se fait-il que l’armée n’ait plus de service de renseignements ?» Il me répond : «bof, je l’ai laissé au secrétaire général du gouvernement». Je lui dis : «mais M. le Président, vous avez confié les services de renseignement à votre secrétaire général du gouvernement. Autrement dit, tous les renseignements militaires ce sera avec lui ?» Diouf me dit «oui». Je lui dis, mais vous savez que ce n’est pas normal. Il m e répond à n o u – veau :«c’est ce que je v e u x . C ’ e s t comme ça que je vois les choses». C’est là que je lui dis : «si je  comprends bien, vous n’avez pas confiance en moi ? Mais pourquoi m’a-t-on fait venir du lieu où je travaillais en toute confiance pour me confier l’armée nationale, alors que le chef de l’Etat, chef suprême des armées, n’a pas confiance en moi. Je lui pose la question». Il me dit : «écoutez hein, c’est ma décision. C’est ma décision». C’est là que j’ai compris à qui j’avais affaire. J’ai aussi compris que ce n’était pas lui. Que derrière lui, il y avait Colin. C’est là que j’ai décidé de créer mon service de renseignements. Parce qu’une armée ne fonctionne pas sans services de renseignement. Diouf me dit : «faites, ce que vous voulez, ce n’est pas mon problème». J’ai alors créé mon service de renseignements qui m’a permis de savoir ce que ce français était venu faire au Sénégal. Ce blanc n’était personne d’autre. C’était Colin. C’était son agent. 

    Les rapports entre le pouvoir et l’armée sont souvent des rapports heurtés, alors que le civil commande le militaire, qu’elle lecture faites-vous de cette situation ?

    Le civil commande le militaire et les militaires l’acceptent et obéissent au civil. 

    Jusqu’où peut aller cette subordination ?

    Tant qu’il y a de l’ordre, la vérité dans les rapports entre civil et militaire, il n’y a pas de danger. N’oubliez pas que l’armée est également le garant de la Nation. Sur tout cela, quel est le plus important. Est-ce que l’obéissance au civil est plus importante que la garantie du militaire à l’égard de la Nation. Tout est là. 

    On a constaté que de plus en plus, l’Etat en tout cas, sous Diouf ou sous Wade utilisait des Généraux à des postes de responsabilité. Il y a eu les Généraux Lamine Cissé (Intérieur) et Mamadou Niang (Onel sous Diouf et Intérieur sous Wade). Dans les sociétés nationales, on a eu Badara Niang au Port, Oumar Ndiaye à la Lonase. Mais jusque-là, seul Alexandre Diam a brigué en mai 2002, la mairie de Joal, sans succès. Qu’est-ce qui  explique l’absence des militaires dans l’arène politique, d’autant plus que vous votez désormais ?

    On nous permet de voter. Certes ! Toutefois, celui qui veut se présenter à un poste politique ne doit plus être en activité. Personnellement, je me suis présenté à un poste politique et j’ai été  nommé député.

    Vous avez été député mais avec un parti modéré. Il s’agissait du Pds Rénovation. 

    Non ! Je l’ai fait exprès. 

    Pourquoi ?

    Parce que je ne voulais pas être avec Diouf. Je ne voulais pas non plus être avec Wade que j’avais rencontré plusieurs fois. Il m’a reçu plusieurs fois chez lui. C’est lui qui me convoquait et il menaçait lui-même de venir à la maison. C’est pour ne pas voir quand même un ancien chef d’Etat qui vient me voir que j’ai accepté de le rejoindre chez lui au Point E. Je l’ai rencontré plusieurs fois. Je ne me cachais pas quand j’allais voir Wade.

    Mais quels étaient vos rapports avec Wade ? Dans ses Mémoires, Abdou Diouf parle également des rapports un peu troublants entre Abdoulaye Wade et vous même ?

    Mais ça, c’est Wade. Il est fort. Il savait ce qu’il faisait. Je vous confie quelque chose : une fois,  Wade m’a convoqué chez lui. Il m’a invité à aller assister à un meeting qu’il devait faire aux Allées du centenaire. J’ai refusé. Je lui ai dit que je ne suis pas politique et je ne vais adhérer à aucun parti. Je n’assiste à la réunion d’aucun parti. Il y a un qui était présent, c’est Jean Paul Diaz. Il parle à Jean Paul Diaz qui lui dit : «mais, monsieur le Président, il vous dit la vérité. Avec tout le travail qu’il a fait, laissez-le se reposer. Il faut qu’il prenne le temps de voir la situation avant de prendre sa décision. Pourquoi vous voulez coûte que coûte qu’il vous accompagne à un meeting ?» Wade ne s’est pas arrêté là. Il est teigneux. Il a insisté. Il m’a encore donné des rendez-vous au bureau cette fois. Je suis allé au bureau où il avait tout préparé. Quand je suis arrivé, il y avait une dame qui était la femme d’un ministre aussi qui lui servait de secrétaire. Celle-là m’a retenu. Pourtant, elle n’avait rien à me dire et lui (Wade, Ndlr) devrait être occupé dans son bureau. Elle me dit : c’est le Président mais vous ne bougez pas, il tient absolument à vous rencontrer. Elle s’est mise à me montrer des tas de gentillesse. Je savais qu’elle avait du travail. Je lui ai dit que je préfère me mettre à côté pour vous permettre de faire votre travail. Elle me dit non, vous restez là où vous êtes face à moi et nous discutons. Je lui ai dit : c’est vous qui me convoquiez ou bien c’est le Président. Elle dit non, c’est le Président. Je réponds : «Si c’est lui, pourquoi voulez vous que je sois devant vous pour qu’on discute ?». Ah oui, les secrétaires là, il faut faire très attention avec elles. 

    Que pensez-vous des hommes politiques que vous avez côtoyés?

    Ça dépend de la position qu’ils ont. Pour moi, un homme politique a une certaine catégorie pour être un grand homme. Je respecte un homme politique, selon son comportement. Ce que je déteste chez un homme politique, c’est le mensonge. Vous savez, quand j’ai voulu faire la politique, à Ziguinchor, quand je me mettais à dire la vérité devant la foule qui m’écoutait, des camarades me disaient que je ne serais jamais un politicien. Selon eux, on ne dit jamais au  peuple la vérité. Je leur ai dit que parce qu’on n’a jamais dit la vérité au peuple, commençons à dire la vérité, on verra bien leur comportement. Si vous dites la vérité et qu’ils n’obéissent pas et qu’ils constatent un jour en vous obéissant que c’est vous qui aviez raison, ils prendront  l’habitude. Pourquoi veut-on coûte que coûte faire croire aux militants que c’est le mensonge qui prévaut. 

    Général, au sujet des scandales à répétions dans la gendarmerie, la police. Comment vous les expliquez ? 

    Les dérives, les scandales dans l’armée, on en parle. Mais dans la police, quels scandales avezvous vu ? 

    Les scandales de la drogue, ces derniers temps. Sans occulter le brûlot du lieutenant d’Abdoulaye Aziz Ndaw ?

    Ça, j’avoue que depuis que j’ai quitté l’armée, je ne le suis plus. Mais, quand j’ai appris, ça ne m’a pas étonné. Vous savez, il est arrivé un moment, la gendarmerie dépendait du civil, également une bonne partie des gens de l’armée, de la police. Ce n’était plus vraiment l’armée nationale qui tenait les choses en main. C’était les civils. Le chef d’Etat major de la gendarmerie, que je connais bien, il faut savoir d’où il sort. Comment s’était-t-il retrouvé à la tête de la gendarmerie ? Qui l’y a amené ? Vous voyez toujours quel est celui qui nomme ces gens-là.  Collin n’était plus là. Qui avait remplacé Collin ? Il y avait quelqu’un.

    En Casamance, voilà plus de 30 ans que dure la rébellion. Pourquoi il n’y a pas encore de solution ?

    C’est le politique qui sait. A commencer par les premiers chefs d’Etat, j’ai toujours été contre le fait que l’on donne de l’argent et des armes, de quoi acheter des armes à la rébellion ; que l’on donne à la rébellion de quoi se nourrir ; des chars partaient de Dakar bourrés de produits, de ration militaire.

    Qui donnait de l’argent aux rebelles ?

    C’est une question que vous voudrez poser aux chefs. C’est les chefs d’Etat qui décidaient. Abdou Diouf évidement le faisait mais avec son  ami Jean Collin. Abdou Diouf ne décidait rien.

    Mais, Général, comment en est-on arrivé là ? On élit un président de la République au suffrage universel, alors que c’est quelqu’un d’autre qui va commander ?

    S’il (Abdou Diouf, Ndlr) ne sait rien, il est un pauvre malheureux, s’il a peur même du moindre coup de vent à coté de lui. 

    Abdou Diouf ne vous a jamais donné de l’argent ?

    Qui ? Jamais ! Abdou Diouf sur ce plan-là, il a pris quelque chose de bien avec Senghor. Il ne donne jamais de l’argent, même quand il t’envoie en mission. Si tu n’insistes pas, il ne te donne rien parce qu’il pense que tu dois prendre ton argent pour faire la mission au lieu de se contenter de parler. Si tu ne protestes pas, tu ne peux pas remplir la mission.

    Ça m’est arrivé quand il m’a envoyé en mission, j’étais dans l’armée. Abdou Diouf aime l’argent. Non, il en est même malade quant il s’agit de sous. 

    En parlant d’argent, Abdou Diouf soutient que vous percevez un double salaire. Un salaire de l’ANAD et un autre de l’armée. Qu’en est-il ?

    Mais il ne dit pas la vérité. Excusez-moi, c’est le terme qu’il faut dire. Il est arrivé que l’on me convoque, précisément chez Jean Collin, non excusez-moi mais plutôt chez KOUNTCHE

    (Seyni Kountché, militaire nigérien, chef de l’État (président du Conseil militaire suprême) de 1974 à sa mort en 1987).

    Kountché m’a téléphoné un jour, j’étais en Côte d’Ivoire, en me demandant

    Qu’est-ce que je foutais encore en Côte d’Ivoire.

    Est-ce que je suis au courant de ce qui se passe ?
    Il y avait en ce moment cette rébellion-là entre les autorités ivoiriennes et la bande Sankara et Blaise Compaoré.

    KOUNTCHE me dit : «je demande comment tu n’es pas au courant ?
    » J’ai répondu «si, mais quand même, qu’est-ce que vous voulez que je vous dise ? Vous voulez que j’aille là-bas ? Pourquoi faire ?»

    «Mais tu devrais y être pour savoir ce qui se passe et que tu suives l’événement », indique-t-il. (Rires) Je dis que ce n’était pas dans mes prérogatives.

    Mais, si tu m’ordonnes en tant que chef d’Etat, je peux y aller. Je lui fais part qu’il ordonne et je m’en vais pour rencontrer les autorités ivoiriennes et savoir ce qui se passe pour suivre la situation sur place. Comme ça, je pourrais décider s’il faut intervenir, à quel moment intervenir et sous les ordres de qui ? 

    REPOSES EN PAIX , GENERAL !!

    PRESENTEZ ARME……!

  3. AH! OUI, CAMARADE ZAK! UN REGROUPEMENT MAFIEUX NE PEUT S’EGALER A UN UN AUTRE REGROUPEMENT. JE TIENS CETTE PENSEE D’UNE VIEILLE FILLE LIBRE; ET ELLE A RAISON.

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