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Fait divers Qui a mangé le bouc du Zima ?

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En véritables africains, les Nigériens sont un peuple hautement versé dans le mysticisme. Il existe des croyances très fortes au Niger et, partout, dans toutes les régions se meuvent tant bien que mal Zima et Boka pour venir au secours de gens très éprouvés par les caprices du destin.

En bien ou en mal, les sorciers et autres charlatans sont des gens mystérieux qui utilisent et vendent le mystère. Gonda est un de ces hommes aux connaissances aussi diverses que variées. On raconte de Gonda qu’il sait tout faire : donner un enfant à une femme stérile ; provoquer la chance en toute circonstance ; guérir la folie ; combattre le mal et le désespoir sous toutes leurs formes. Bref, Gonda réussit tout et tout lui réussit. La réussite de Gonda ? Il la doit aux nombreux génies dont il utilise les services.

Au contraire des autres qui implorent le service des génies, Gonda lui impose aux génies la conduite à suivre. Pour une quelconque action, il appelle le génie, l’instruit de la mission à accomplir et lui dicte ses exigences et ses menaces en cas d’échec. Eh oui ! Gonda va jusqu’à infliger des corrections appropriées à tout génie qui ose revenir bredouille d’une mission. Certaines nuits, les habitants du quartier de Gonda sont souvent réveillés par les pleurs et les gémissements d’un génie que Gonda corrigeait à coups de lanière ou de massue.

Gonda n’a pas de femme ! Il n’en a pas besoin car il mène à sa guise une bonne trentaine de femme-génies dont il utilise les services sans ménagement. Certaines nuits, on entend ces femme-génies se bousculer, ce battre pour arracher le service du fameux sorcier qui se révèle intraitable dans ce domaine précis. Tout le pouvoir de Gonda reposait sur un animal : un bouc noir à barbe phénomé- nale ; un bouc qui sentait et qui se promenait à sa guise dans le quartier. Il entrait où il voulait et mangeait tout sur son passage.

Les femmes surtout le nourrissaient de farine destinée au Touwo de la famille. Plusieurs femmes avaient eu des démêlés avec leur mari pour avoir laissé ce bouc manger la farine du plat du jour. Elles connaissent très bien la valeur de ce bouc par l’intermédiaire duquel Gonda les aide à chasser une coépouse gênante ou même à ne pas en avoir. Un jour, Roumdji, le boucher du quartier accueillit chez un lui un personnage douteux, à première vue pas du tout engageant.

C’était son cousin Fawa qui revenait d’un séjour de plus de dix ans au Gabon où il exerçait le métier de boucher. Fawa avait été victime d’une escroquerie par une femme qu’il avait prise pour épouse. Tout l’argent qu’il gagnait, il le remettait systé- matiquement à cette femme avec laquelle il a eu deux enfants. Un jour, on trouva un des enfants inertes, empoisonné. La femme accusa Fawa du forfait et, avant que l’affaire fût ébruitée, les ressortissants nigériens à Libreville avaient cotisé pour rapatrier Fawa.

Voilà comment il était arrivé au pays, auprès de son cousin Roumdji. Fawa n’avait pas de ressources ; son cousin aussi n’avait de ressources suffisantes pour pouvoir constituer un capital pour Fawa. Roumdji expliqua bien sa situation à son cousin qui disait avoir pris acte. Le lendemain, très tôt, déjà à six heures, Fawa était déjà à la table où son cousin vendait de la viande. Sur la table, d’énormes quartiers de viande, très bonne et pleine de graisse. Roumdji n’en revenait pas.

Ainsi son cousin voulait se jouer de lui en lui faisant comprendre qu’il n’avait pas d’argent ? Il va le laisser faire et, en fin de journée, il l’obligerait à partager les retombées de la vente. À huit heures, plusieurs femmes étaient déjà passées pour être servies. Fortes en bouche-à-oreille, les femmes avaient déjà répandu la nouvelle de cet étranger qui vendait si bien de la viande de bonne qualité. On louait déjà la générosité de cet arrivant qui n’est pas comme son cousin reconnu pour sa main très petite.

Pendant que les femmes se relayaient auprès de Fawa, il se passait chez le sorcier Gonda un fait inédit. Gonda était entré en transe, un fait qui ne s’était pas passé depuis très longtemps, des années durant. Dans ses paroles, il ne cessait de répéter « Ourro ! » ; c’était le nom qu’il avait donné à son bouc. Ceux qui avaient compris se lancèrent à la recherche du fameux animal. On cherchait partout dans le quartier ; aucune trace d’Ourro ! Soudain, une grande clameur se fit entendre.

Des femmes armées de spatule et de gourdin cheminaient vers Fawa en scandant des slogans hostiles. La viande que Fawa leur a vendue sentait comme pas possible. Aucune dose d’ail ne saurait venir à bout de cette viande qui certainement appartenait à un vieux bouc ; le bouc du sorcier Gonda, le fameux Ourro !

(La suite pour la semaine prochaine)

À propos de l'Auteur

Mai Samari (Le Canard déchaîné N° 720)

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5 plusieurs commentaires

  1. Ne pas raconter la suite, c’est la pire maniere pour faire (re)visiter le sites. Autant creer une serie televisee…..Tchousssssssssss

  2. mm vous vous ne connaissez pas la suite.alors arrêtez de vs amuser avec nos nerfs

  3. 1.koun tchi
    2.kun kochi
    3.kun guini kofa bissa goudron a raba da ku da mutane
    4.muntane sun gani
    5.Mutane suna koran ku

  4. nous sommes deja la semaine prochaine alors racontez la suite please

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