Accueil / ACTUALITE / Forum des 1ères Dames de l’espace CEDEAO sur le genre et l’éducation: lutte contre le mariage des enfants et pour le maintien de la jeune fille à l’école…

Forum des 1ères Dames de l’espace CEDEAO sur le genre et l’éducation: lutte contre le mariage des enfants et pour le maintien de la jeune fille à l’école…

La rencontre des 1ères Dames de l’espace CEDEAO sur le genre et l’éducation a eu lieu hier à Niamey en marge de la rencontre au Sommet des Chefs d’Etat et de Gouvernement de l’Union Africaine.   C’est un forum de haut niveau, organisé par la Fondation Tattali Iyali de la Première Dame, Dr. Lalla Malika Issoufou, qui a mobilisé les acteurs clés de la lutte contre le mariage des enfants et pour le maintien de la jeune fille à l’école. Le Président en exercice de la CEDEAO, Président de la République du Niger,  Issoufou Mahamadou, a été représenté à ce panel par le Premier ministre Brigi Rafini, qui a encouragé la nouvelle dynamique de l’autonomisation de la femme dans la région. 

Au cours du forum, les acteurs clés de la protection et promotion des droits des enfants se sont exprimés quant à leur engagement et leur volonté à améliorer davantage l’éducation de la jeune fille et l’autonomisation de la femme dans la région CEDEAO.

Pour les Premières Dames de l’espace CEDEAO, la rencontre a été mise à profit pour lancer un plaidoyer en faveur de l’amélioration des conditions d’autonomisation des femmes, à travers notamment la lutte contre le mariage des enfants et la promotion de la scolarisation de la jeune fille.

Cette rencontre s’inscrit dans le prolongement des efforts des Gouvernements des   de l’espace CEDEAO et des Premières Dames pour inverser cette fâcheuse tendance qui cause des torts à une partie de la population et qui plombe  les opportunités de développement du capital humain, a indiqué la Première Dame, Dr Lalla Malika Issoufou. Elle a révélé qu’en moyenne, 40% des filles sont mariées avant l’âge de 18 ans, avec de fortes disparités entre les pays. La région ouest-africaine et l’Afrique Centrale sont les plus concernées par les mariages des enfants dans le monde.

« Nous continuons à faire face à des défis énormes pour garantir la jouissance des droits reconnus aux enfants et notamment les filles, et assurer l’autonomisation des femmes » a déclaré Dr Lalla Malika Issoufou. En tant qu’êtres humains, ces filles aspirent aussi à la vie, dans la dignité et le respect de leurs droits humains, a ajouté la Première Dame. « La scolarisation de la jeune fille et son maintien à l’école est sans nulle doute un des meilleurs antidotes contre les mariages des enfants. Plus la fille est maintenue longtemps à l’école, plus elle a des chances de mieux préserver sa santé, d’échapper aux mariages précoces et aux grossesses précoces, de mieux gérer sa famille, et d’être acteur du développement ».

« La scolarisation des filles est aussi la clé pour améliorer significativement le capital humain. Car il n’y a pas de développement durable pérenne lorsqu’on abandonne sur le bord de la route une proportion importante de notre population » a relevé Dr Lalla Malika. « La  ligne d’action doit être l’éducation  pour tous, sans exclusive,  cette action d’envergure permettra d’atteindre le 4e objectif de développement durable », a-t-elle souligné. « L’un des objectifs du programme de renaissance du président de la République,   Issoufou Mahamadou est de faire de l’école un ascenseur social pour tous les enfants ; c’est pour cela que l’école est gratuite et obligatoire jusqu’à l’Age de 16 ans », a-t-elle précisé, avant de citer plusieurs autres initiatives développées dans ce sens.

Dr Malika Issoufou a vivement remercié les autorités coutumières et religieuses, garantes de l’ordre moral et des valeurs de la société pour leur accompagnement constant et déterminant dans l’action de développement du pays en général et sur les questions relatives aux mariages précoces et à la scolarisation de la jeune fille en particulier. Elle les a enfin invités à poursuivre les campagnes de sensibilisation des communautés et à déconstruire tout discours qui lie les mariages des enfants aux préceptes religieux, ceux qui font une place de choix à la santé surtout des femmes et des enfants, au développement de leur potentiel, et la recherche du savoir sans distinction de sexe.

Les partenaires techniques et financiers s’engagent pour la promotion de la scolarisation de la jeune fille en Afrique de l’Ouest

Le président de la Commission de la CEDEAO, M. Jean Claude Kassi Brou a donné un bref aperçu de la situation sur l’ensemble de la région. Il a, ainsi expliqué qu’il s’agit d’un problème de fond dû au fait que la grande partie de nos populations constituée par les femmes n’est pas suffisamment active. Cela dit-il, affecte lourdement le PIB des Etats. Il a réitéré à cet effet, l’accompagnement de la CEDEAO. Pour le président de la Commission, au-delà des infrastructures à accroitre, il est aussi question de mener des vastes sensibilisations par rapport aux normes sociales.

La Directrice Exécutive de l’UNFPA a, pour sa part, salué la tenue de ce panel dont la sensibilité et l’intérêt ont mobilisé des acteurs, leaders qui partagent le souci de l’autonomisation de la femme, un idéal gage de transformation de l’Afrique en général. Dans le cas du Niger, pays hôte du forum, elle salue particulièrement l’implication des leaders coutumiers dans les actions de lutte contre le mariage des enfants et pour le maintien de la jeune fille à l’école.

« Toutes les filles doivent aller à l’école. Et, il faut qu’elles y soient maintenues », a souligné de son côté le président de la Banque Africaine de Développement (BAD), M. Akinwumi Adesina. Depuis son arrivée à la tête de cette institution, il fait des investissements pour l’accès à l’eau et à l’assainissement sa priorité, afin de permettre aux femmes africaines, en particulier du monde rural de se défaire de cette occupation quotidienne ardue, pour qu’elles puissent s’ouvrir à l’école. Dans le même ordre d’idées, la représentante de Mme Amina Mohamed, Secrétaire Générale Adjointe des Nations Unies a retiré l’engagement de l’ONU à travailler étroitement avec l’UA pour accélérer la résolution des problèmes liés au genre et à l’éducation conformément aux ODD et à l’agenda 2063 de l’UA. 

Dans l’Appel de Niamey, qu’elles ont adopté, les Premières dames réitèrent leur attachement à la diversité culturelle et réaffirment  que celle-ci ne peut faire obstacle au respect intégral des droits, valeurs, normes et principes consacrés par les instruments juridiques relatifs aux droits des filles et des femmes ; Elles rappellent que le mariage des enfants constitue à la fois une cause et une des conséquences de la déscolarisation de la jeune fille ; et réaffirment que le mariage des enfants, la non scolarisation et la déscolarisation des filles constituent une violation des droits des enfants.

Elles se sont  engagées fermement à soutenir et à accompagner toutes les initiatives locales, nationales et régionales visant à mettre fin au mariage des enfants, promouvoir la scolarisation des filles et l’autonomisation des femmes et des filles, gage d’un développement harmonieux et inclusif.

Avant de lancer un appel à l’Union Africaine et aux Organisations régionales, dont la CEDEAO, pour veiller à l’effectivité de la campagne « mettre fin au mariage des enfants » lancée en 2015 à Addis Abeba, notamment l’adoption, la mise en œuvre effective et le suivi des stratégies nationales et plans d’actions pour mettre fin au mariage des enfants ; aux Etats membrespour engager les réformes législatives, institutionnelles et budgétaires nécessaires à la mise en œuvre de la politique de protection de l’enfant, à l’accès et au maintien des filles à l’école et de la feuille de route de la CEDEAO sur la prévention et la réponse au mariage des enfants adoptée en juin 2019 à Abuja ; aux parents, aux familles et aux communautés, de jouer pleinement leurs rôles pour assurer une éducation durable et équitable aux filles comme aux garçons; aux Chefs Traditionnels et Leaders religieux pour s’impliquer davantage dans la sensibilisation et prendre des actions concrètes afin d’accompagner le changement comportemental et social en faveur de la scolarisation des jeunes filles et la lutte contre le Mariage des Enfants; aux organisations de la société civile pour renforcer les actions de plaidoyer en faveur de la protection des droits de l’enfant notamment le droit à l’éducation et la lutte contre le mariage des enfants ; aux femmes et aux jeunesd’être des agents de changement pour la scolarisation de la jeune fille, l’autonomisation de la femme et la lutte contre le mariage des enfants ; et aux Partenaires Techniques et Financiers pour soutenir la mise en œuvre des stratégies et plans nationaux y compris la mobilisation accélérée des ressources.

À propos Administrateur

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.