Home ACTUALITE FORUM SUR L’ELIMINATION DU MARIAGE DES ENFANTS AU NIGER: Haro sur la pratique…

FORUM SUR L’ELIMINATION DU MARIAGE DES ENFANTS AU NIGER: Haro sur la pratique…

Le Cabinet du Médiateur de la République, en collaboration avec le ministère de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant, l’alliance ‘’More Than Bride Alliance’’Save the children – Oxfam et des partenaires intervenant dans le domaine de la protection de l’enfant, dont Save the Children, organise à partir de ce matin et ce, jusqu’au 11 juin 2019 à Maradi, un forum sur l’élimination du mariage des enfants.

Ce forum s’inscrit dans les activités de l’axe stratégique 4 du plan stratégique national pour mettre fin au mariage des enfants (2019 –2021) et il vise à renforcer le dialogue entre les acteurs locaux que sont les chefs traditionnels, les leaders religieux, et les organisations de la société civile, les acteurs étatiques et les intervenants non gouvernementaux dans le domaine de la lutte pour la fin du mariage des enfants. Il s’agit donc de renforcer la synergie d’actions entre ces différentes composantes pour agir efficacement dans l’élimination du mariage des enfants au Niger.

En effet, notre pays présente le plus haut taux de mariage des enfants du monde. Une proportion de 75% des filles sont mariées avant leur dix-huitième anniversaire, 28% d’entre elles sont mêmes devenues des épouses avant leur 16 ans (Unicef 2016). Cette pratique est particulièrement ancrée dans les familles défavorisées issues de communautés rurales,souvent peu éduquées, et où les valeurs familiales traditionnelles sont très présentes. Cette prévalence est d’autant plus importante dans les territoires situés au sud du Niger, jusqu’à atteindre le nombre critique de 89% dans la région de Diffa (FNUAP 2012).

Le mariage des enfants est à la fois un symptôme et une conséquence de la discrimination basée sur le genre favorisé par le patriarcat, l’insuffisance de l’offre de service tant au niveau de l’accès que de la qualité, en particulier pour l’éducation, et la pratique d’une justice traditionnelle orale.

Ce forum servira de cadre pour discuter et analyser l’importance de la synergie et de la complémentarité entre les actions gouvernementales et celles des différents acteurs communautaires pour réduire le mariage des enfants au Niger. Il sera aussi question de partager et harmoniser les approches innovantes et concluantes à différents niveaux qui seront vulgarisées dans la lutte contre le mariage des enfants afin de combler les gaps, d’établir une feuille de route consensuelle pour les actions à entreprendre et les engagements de chaque partie prenante et de présenter au Médiateur de la République des lettres de doléances pour un plaidoyer à l’endroit de l’Etat du Niger et des PTF.  

Le mariage des enfants est à la fois un symptôme et une conséquence de la discrimination basée sur le genre favorisé par le patriarcat, l’insuffisance de l’offre de service tant au niveau de l’accès que de la qualité, en particulier pour l’éducation, et la pratique d’une justice traditionnelle orale.Parmi les causes couramment évoquées figurent les normes sociales qui cantonnent la femme à un rôle d’épouse et de mère dépendante d’un époux chef de famille d’une part ; et qui mettent fin précocement à l‘enfance des jeunes filles en les privant de la période de transition que représente l’adolescence avant l’entrée dans l’âge adulte d’autre part.

Une approche intégrée impliquant les multiples parties prenantes et les ministères permettra d’accélérer le recul du mariage des enfants. Les interventions suggérées doivent favoriser le processus de changement des normes sociales tout en étant soutenues par des opportunités et alternatives qui contribueront à la création d’un environnement favorable dûment soutenu par des cadres institutionnels, des améliorations structurelles, une mobilisation communautaire et une législation efficace. 

Par conséquent, en 2014, le gouvernement du Niger s’est joint au mouvement de lutte contre le mariage des enfants initié par l’Union Africaine et a lancé sa campagne nationale en décembre de la même année. En août 2016, suite au bilan à mi-parcours qui a eu lieu à Lusaka, le ministère de la Promotion de la Femme et de laProtection de l’Enfant a mis en place un comité national de coordination pour promouvoir le mariage des filles après 18 ans, lequel comprend entre autres les ministères de l’éducation, de la santé, de la justice, de l’intérieur, des représentants des coalitions d’ONG nationales des droits de l’enfant et des droits de la femme, Save The Children, World Vision, Plan International, Care et Oxfam, UNFPA et UNICEF.

Notons que cinq panels seront organisés à savoir le panel des Chefs traditionnels ; le panel des leaders religieux ; le panel des jeunes ; le panel des intervenants sur le mariage des enfants (ONG, services technique) et le panel des chercheurs pour faire une communication sur le mariage des enfants sous l’angle scientifique.

Source: Save the Children Niger

5 Comments

  1. Parmi les acteurs du dialogue, les leaders religieux sont cités.
    Il y a lieu de savoir que les leaders religieux n’ont d’autre référence en la matière que le coran et la sounnah du Prophète SAW qui ne précisent pas un âge de mariage aux filles. Selon les pratiques du prophète SAW et de ses compagnons, il y a eu des mariages de fille de tous les âges et quand le coran parle de divorcées qui ne voient pas encore leurs règles, cela veut dire que le mariage des filles de moins de 18 ans est permis en Islam.
    Sur cette base, il ne faut pas amener les leaders à dire autre chose contraire au coran et à la sounnah.
    Le seul remède pour diminuer drastiquement le mariage des jeunes filles, c’est la scolarisation. Malheureusement, le système éducatif actuel fait que presque toutes les filles du milieu rural abandonnent l’école à moins de 18 ans. Et quand ces jeunes filles tombent enceintes avant de se marier, personne ne condamne. N’importe quel parent préfère marier sa fille avant 18 ans que de voir sa fille tomber enceinte avant 18 ans.

  2. Une approche intégrée impliquant les multiples parties prenantes et les ministères permettra d’accélérer le recul du mariage des enfants + les interventions suggérées doivent favoriser le processus de changement des normes sociales tout en étant
    soutenues par des opportunités et alternatives qui
    contribueront à la création d’un environnement
    favorable dûment soutenu par des cadres
    institutionnels, des améliorations structurelles, une
    mobilisation communautaire et une législation
    efficace = la santé morale voir sociale concernant la résolution du mariage d’enfant n’a pas de prix du fait que tout les moyens sont bon pour maintenir l’équilibre humain et en plus s’il y avait de l’emploi les jeunes prendront le soin de se responsabilisé très tôt mais hélas tout est bloquer par les chef de famille Étatique ..haha

  3. D’accord pour la lutte contre les mariages précoces des jeunes filles. mais parallèlement quelles mesures vous avez envisagé pour lutter contre la prostitution et autres actes de dépravation des mœurs qui se pratique au vu et au su de tout le monde?

  4. Forums, conférences, colloques,… on ne finit jamais de tourner autour des « faux » problèmes depuis une éternité. Des solutions, on n’en a jamais. Des discours à connotation quantitative, on en a toujours plein les poches du boubou. Nous sommes champions en cela. Le jour où les autorités se prendront au sérieux et mettront l’accent sur la chose la plus importante, à savoir l’EDUCATION de QUALITÉ pour tous, tous ces phénomènes disparaîtront au fur et à mesure avec le temps. On passe le temps des mandats à faire du tourisme politico-diplomatique à travers le monde sans avoir à l’esprit l’idée ou la volonté de copier de bons exemples de ces pays émergents qu’on visite.

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