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Grèves du syndicat national des médecins spécialistes (SMES): Propositions insuffisantes ou »mauvaise foi »?

engreveLe Syndicat National des Médecins Spécialistes (SMES) a déposé un préavis de grève de cinq (5) jours pour la période allant du 21 au 25 novembre 2016, pour réclamer une fois de plus la revalorisation de leurs indemnités de médecins spécialistes. Ils demandent au gouvernement de reconnaître et corriger l’injustice commise qui a aligné sur un même pied d’égalité en matière de traitement le médecin généraliste et le médecin spécialiste.

Les causes des grèves répétitives du Syndicat National des Médecins Spécialistes (SMES) sont nées de l’adoption du décret n°2011-516 bis/PRN/MFP/T/MF/ MSP du 14 décembre 2011 fixant la grille de traitement aux médecins, pharmaciens et chirurgiens-dentistes suite aux négociations avec le 1er gouvernement de la 7e République donnant suite aux revendications du SYNPHAMED. Cette grille a porté le traitement indiciaire des médecins de 375 à 750 soit une augmentation de 100%.

Aux termes des dispositions statutaires, tous les médecins sont intégrés à la fonction publique en qualité de médecins généralistes. La spécialisation ne peut intervenir qu’après un an titularisation et trois années de service effectif. Pour rappel, le Syndicat National des Médecins Spécialistes (SMES) a vu le jour le 28 novembre 2013. Il a déposé la plate-forme revendicative dont les points essentiels sont la prime de spécialisation et la bonification d’échelon.

A cet effet, à plusieurs reprises, le SMES a été reçu par tous les Ministres de la Santé Publique qui se sont succé- dés, ou par leur Directeur de Cabinet aux fins de trouver des solutions à ces points de revendication. En plus, un Comité Interministériel de négociation a été créé par arrêté N°00131/MSP/DGR/DRH du 10 avril 2014 pour prendre en charge les revendications.

Ce comité est composé du Ministre de la Santé Publique, le Ministre de l’Emploi, du Travail et de la Sécurité Sociale, le Ministre Délégué au Budget et la Ministre de la Population, de la Promotion de la Femme et de la Protection de l’Enfant et la Commission Nationale de Dialogue Social représenté par son Secré- taire Général. Le 20 mai 2014, le comité a été convoqué pour une réunion de travail, mais le BEN/SMES n’y a pas participé malgré la notification et les appels téléphoniques du Président du Comité.

Le 11 janvier 2016, après plusieurs rencontres sans succès, sur instruction du Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Comité Interministériel de Né- gociation avec les Partenaires Sociaux, présidé par le Ministre de l’Emploi, du Travail et de la Sécurité Sociale, a reçu le BEN/SMES en présence des Ministres et des techniciens membres du Comité. L’objectif de cette rencontre était de continuer à rechercher les voies et moyens afin de satisfaire les doléances dudit syndicat.

Après plusieurs échanges, les propositions suivantes ont été faites au SMES : Indice de base sera porté de 750 à 800 points indiciaires et un maximum à 1 500 points, soit une augmentation de 50 points indiciaires, avec un autre avantage de Progression de 50 points indiciaires entre les échelons d’un même grade et 75 points pour l’avancement de grade. Le SMES a pris note et a demandé au Comité de négociation un délai de réflexion.Le 12 janvier 2016, le BEN/ SMES a demandé à rencontrer le Comité pour lui faire part de sa décision.

Le SMES a affirmé que ces propositions étaient insuffisantes. D’autres propositions ont été faites par le Comité interministériel à cette occasion au BEN/SMES. Il s’agit de porter l’indice maximum à 1 550 (donc de 800 à 1 550) , débloquer la jouissance des bonifications d’échelons, prendre en compte les autres revendications du SMES dans un cadre global de réforme de la rémunération des agents de l’Etat. Ces propositions ont été de nouveau jugées insuffisantes par le BEN/ SMES.

Le 15 janvier 2016, les négociations ont été reprises, présidées par le Président du Comité interministériel, au Ministère de l’Emploi, du Travail et de la Sécurité Sociale. Les propositions suivantes ont été faites au BEN/SMES : une grille spéciale au corps des médecins titulaires d’un doctorat et ayant effectué des études de spécialisations d’une durée de quatre (4) ans sanctionnée par un Certificat d’Etudes Spécialisées (CES) ou un Diplôme d’Etudes Spécialisées (DES) avec indice de base à 800 et maximum à 1 550.

Les médecins spécialistes recrutés avant l’adoption de cette grille seront reversés dans la nouvelle grille à grade et échelon égaux à ceux dont ils étaient titulaires et les médecins spécialistes recrutés après l’adoption de la grille bénéficieront directement des dispositions de la grille ;le déblocage des avancements de grade par voie de bonification d’échelon .Le BEN/ SMES a encore jugé ces propositions insuffisantes.

Le 03 février 2016, sur instruction du Premier ministre, Chef du Gouvernement, le Comité Interministériel de négociations avec les Partenaires Sociaux s’est réuni dans la salle de réunion du Ministère de l’Emploi, du Travail et de la Sécurité Sociale. Le Gouvernement a accepté de faire un effort supplémentaire en portant la proposition d’indice minimum à 850 points et 1500 points au maximum. Aux termes de plusieurs échanges soit une augmentation de 100 points indiciaires, le BEN/ SMES a refusé cette proposition.

Le 29 avril 2016, le Ministre de la Santé Publique, Vice-président du Comité Interministériel de Négociations avec les Partenaires Sociaux, entouré des autres ministres membres du Comité, a rencontré les membres du BEN/SMES de nouveau, sur instruction du Premier ministre, Chef du Gouvernement Les propositions suivantes ont été faites à cette occasion en sus des autres propositions qui n’ont pas fait l’objet d’objection de la part du BEN/SMES :

Indice de base est porté de 750 à 900 points et le maximum à 1 500, soit une augmentation de 150 points indiciaires, acceptation de la définition du médecin spécialiste telle que donnée par le CAMES, c’est-à-dire considérer le médecin spécialiste comme le médecin qui aura fait 4 ans au moins de formation spécialisée sanctionnée par un CES ou un DES, identifier avec précision l’effectif des médecins spécialistes. Cette proposition n’a pas également rencontré l’agrément du BEN/SMES.

Le 28 octobre 2016, soit neuf jours après la prise de fonction du nouveau patron de la santé, Dr. Illiyassou Idi Mainassara a rencontré le BEN-SMES. A l’issue de ces échanges, il a demandé aux membres du BEN-SMES d’observer une trêve de six (06) mois afin de lui permettre de reprendre le dossier en vue d’en appré- hender les différentes implications.

Cette trêve qui s’articule en deux périodes consistera, selon le ministre de la santé publique :à mener pendant les deux (02) premiers mois, des plaidoyers auprès des différents responsables des institutions de la République et d’autres personnes ressources sur la revendication du SMES ;à procéder pendant les quatre (04) mois suivants, à la finalisation des aspects techniques relatifs à l’adoption de la nouvelle grille . Un groupe de facilitation composé de quatre (4) représentants a été proposé et accepté par les deux parties à raison de deux (02) représentants par partie.

Le BEN-SMES en a pris bonne note et a promis de l’examiner en conséquence. Un procès-verbal en date du 31 octobre 2016 a sanctionné cette rencontre, ce procès-verbal a été soumis au BEN SMES pour un éventuel amendement au besoin. A la place de la réponse attendue pour l’amendement, un préavis de grève de cinq (5) jours pour la période allant du 21 au 25 novembre a été déposé par le BEN SMES.

Quel syndicat !

Pourquoi le SMES refuse toutes ces propositions?

Qu’est-ce que ce syndicat veut ?

Face à cette volonté du gouvernement, le SMES cherche autre chose que la revalorisation de leurs indemnités de mé- decins spécialistes. Aujourd’hui, tout le monde sait que la plupart de ces médecins spécialistes, au mépris de la loi, ont créé des cliniques ou pharmacies privées, dans lesquelles ils passent plus de temps.

Les usagers des centres de santé et hôpitaux sont victimes de ce mercantilisme de ces médecins spécialistes qui, en lieu et place de consulter les malades au niveau des centres hospitaliers de l’Etat, la plupart d’entre eux dirigent leurs patients dans soit leurs cliniques privées ou là où ils font les vacations, sinon à ses risque et péril. Fort heureusement la bonne volonté des spécialistes enseignants chercheurs des universités et les médecins militaires spécialistes relevant du Ministère de la Défense Nationale,ou les missions de coopération médicale chinoise et cubaine présentes à Niamey et dans d’autres régions du pays qui viennent parfois au secours de ces patients démunis.

Le Président de la République, Issoufou Mahamadou doit donner le plein pouvoir à ce ministre, qui de toute évidence, affiche une volonté ferme à mieux faire face à cette situation, surtout si l’on sait que Dr. Illiyassou est un homme du milieu des médecins. Il faut que toutes les mauvaises pratiques qui gangrènent le secteur de la santé, dont la population la plus démunie paye le prix, soient éradiquées. Ce lobby des médecins qui font la loi doit être démasqué et mis hors d’état de nuire, afin de débarrasser le secteur de santé de certains médecins pourris.

Sinon tous les efforts du gouvernement dans ce secteur seront vains. Au-delà du ministre de la santé publique, le Président de la Ré- publique doit donner le plein pouvoir à tous les autres ministres de nommer leurs techniciens. Et le Premier ministre, Chef de Gouvernement, doit donner une feuille de route à chaque ministre pour une pé- riode de six (6) mois pour une évaluation. Ainsi, chacun des ministres doit être évalué sur la base de ses résultats.

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Z.S. (LE TEMPS N° 99)

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16 plusieurs commentaires

  1. Je pense que la revendication des médecins spécialistes est légitime; les salaires d’un niveau Brevet/BAC ou BAC/Masters II, etc ne peuvent pas être pareille. Il faut sacrifier au moins 4 années de plus après la médecine générale pour être spécialiste. En vaut-il la peine quand la rémunération est sensiblement pareille?
    Je ne pense pas, mais certainement oui pour la population (meilleure prise en charge, amélioration de la survie, baisse de transfert vers d’autres pays, etc)

    Peut être en améliorant les conditions actuelle de ces médecins, ils seront moins tenter par le privée et encourage une grande partie de médecins à ne pas se limiter au titre de généraliste, ce qui serait plutôt une bonne chose pour la population.

    A titre d’exemple, Il est certainement plus intéressant d’avoir une centaine de cardiologues qu’une vingtaine pour un pays…

  2. l/excemple doit venir de la tete .par consequent nous invitons les patriotes sinceres a mener des reflexcions sur le modele de personnalite qu/il faut pour notre pays qui a tant souffert de la mauvaise gouvernance de l/injustice des coups bas en tout genre. les partis politiques doivent choisir a leur sein des responsables soucieux de l/avenir de ce pays.j/ai horreur du rang qu/occupe chaque fois mon beau pays.que dieu tout puissant le misericordieu nous aide a changer nous meme nos comportement ety qu/il nous choisisse un responsable a l/ecoute de son peuple pour faire son bonheur amine

  3. Bjr Monsieurs. Il n’y a rien de chantage dans les revendications des médecins spécialistes. C’est la réalité. L’auteur de cet article n’a rien dit de vrai. Il doit rapprocher le bureau du SMES pour savoir d’avantage la réalité. Ne desinformez pas le peuple Svp. Le SG est disponible pour vous donner toutes les informations et documents.

  4. Nos députés, le commerce, la démocratie et le développement.
    Les tristes vérités
    1. Nos députés sont logiques avec eux-mêmes et avec la logique de notre démocratie.
    2. En effet, dans cette klétocratie il faut de l’argent pour être élu et il faut être élu ou promu pour avoir de l’argent.
    3. Aucun député n’est venu à l’AN à cause de la pertinence de son programme. Nous savons tous.
    4. Pendant la campagne électorale aucun électeur ne vous accorde sa voix pour la pertinence de votre programme. Nous savons tous.
    5. La meilleure assurance pour espérer revenir à l’AN c’est avoir de l’argent.
    6. Il faut pouvoir faire des gestes dans cette misère ambulante que connaît notre pays.
    7. Finalement avec cette danse endiablée qu’est notre démocratie, nous tournons toujours en rond
    8. Nous savons tous que cette démocratie génère plus de zizanie que de paix sociale, plus d’instabilité que de stabilité, plus de gabegie que de bonne gestion, plus de voleurs que de cadres honnêtes, plus de division que de cohésion sociale, plus de paresse que d’abnégation dans le travail, plus de misère que de prospérité, plus de sous-développement que de développement.
    9. Donc trêve de comédie….
    10. Nous avons tous ce qu’il faut faire pour avancer.
    11. Mais il nous manque le courage, l’honnêteté, le patriotisme…
    12. Une question et une seule : ce matin les élèves, les étudiants, les enseignants ont-ils encore sifflé ?….

  5. Le pays va mal et ce mal est trop profond au ppoint ou il faudrait des generations et des generations pour en arrivera bout. Mahamdou Issoufou restera dans l’histoire comme l’homme politique (pas president, car il ne merite plus ce titre) qui a mis par terre ce que des generations de nigeriens a tous les niveaux ont bati au prix de moult sacrifices. La moindre des choses que les nigeriens attendent de lui aujourd’hui est sa demission pour permettre la tenue d’elections libres, democratiques d’hommes et de femmes integres, patriotes et travailleurs qui sauront mettre les interets du niger et le bien etre des nigeriens en tete de liste de leur priorite. Il serait sage de sa part de prendre cette decision, autrement, le peuple nigerien le debarquera de gre ou de force. Un peuple qui a faim, qui ne voit aucune lueu d’espoir pour un lendemain meilleur est un peuple en furie capable de tout. A bon entendeur salut.

  6. monsieur le ministre ,prenez votre courage dans les deux mains.ils ont 2choix : le public ou le privé.A leurs égards ,je leurs demande de bien vouloir revenir à la raison et songer à répondre à la sollicitation du peuple dans les centres hospitaliers régionaux du pays.

  7. Ces médecins ont raison, c’est l’Etat qui leur fait toujours la part belle. Non seulement, ils travaillent dans leurs cliniques mais aussi ils réclament qu’on les paie des frais d’honoraire dans les cliniques ( ils n’exerce pas dans nos centres de santé nationaux). A mon avis, le Ministre doit leur poser l’équation suivante:
    – Opter définitivement pour sa clinique et bye bye le salaire de l’Etat
    – Opter pour ne travailler que pour l’Etat de 8h à 17h30 plus les gardes de plein temps sans absence.
    Celui ou celle qui choisira un camp y fera sa carrière mais pas les deux en même temps. Seulement, à la descente à 17h30, le médecin est libre d’utiliser son temps de 17h30 à 8h du matin à n’importe quoi mais sans chômer les heures de garde et les urgences.
    Sinon il n’est pas difficile de voir un médecin dans nos formations sanitaires consulter 10 patients dans la journée et 2 fois/sem et faire la consultation de 15h au dernier malade dans une clinique 6 jours /7.
    Messieurs les medecins, ayez peur de Dieu car vs allez rendre des comptes demain.

  8. A mon avis, il faut d’abord leur exiger le choix unique de service, soit le privé ou le public.

    C’est le point de départ pour mettre de l’ordre, là on est sure que l’état paye le service rendu.

  9. former bcp de médecins militaires et vous verrez la solution aux gréves infernales de nos spécialistes

  10. Je pense vraiment que cette revendication de trop de nos médecin spécialistes est démesurée. Regardons de l’autre coté nos enseignants en plus qu’ils sont mal payés ils ont même des arriérés. Voyons mes frères une injustice qui ne dit pas son nom. Je vous assure je suis fiers non pas des médecins généralistes mais plus tôt de nos infirmiers qui sont aux cheveux des patients que de ces spécialistes qui passent tout leurs temps à narguer les gens.

  11. Cette grève des medecins spécialistes ressemble à du chantage.Ils doivent avant tout être humanistes.

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