Accueil / ACTUALITE / Il faut se souvenir de l’offense pour la pardonner !

Il faut se souvenir de l’offense pour la pardonner !

La première, première Dame du Niger. Madame Aissa Diori Hamani

En ce 44e anniversaire de cette nuit horrible du 15 avril 1974, le devoir de mémoire s’impose. Aucune action nous fera revenir notre regrettée grand-mère Aissa et pour cela, il est inutile d’avoir un esprit de vengeance, la seule vengeance qui tienne est le pardon. Le pardon est un commandement, l’oubli lui ne peut pas se commander. Le rappel de cette nuit tragique ne découle donc pas d’une volonté de vengeance mais d’une thérapie et d’une obligation d’en rappeler les faits pour ceux qui n’ont jamais su la vraie version des faits.
Repose en paix Hajia Aissa Diori !

Le récit de cette nuit tragique par notre tante Ramatou Diori dite Hado.

Retrouvailles

Avril 1974 : j’étais étudiante en quatrième année de médecine à la faculté de médecine et de pharmacie d’Abidjan. A la veille des congés universitaires de Pâques, comme il le faisait souvent les week-ends, le Président Félix Houphouët Boigny me fait venir à sa résidence de Cocody pour un déjeuner en famille. Il faut préciser que le président me vouait une affection particulière du fait des relations notamment chaleureuses qu’il avait toujours entretenues avec mon père. Ces relations avaient débuté en politique, à la naissance du RDA et s’étaient transformées en amitié sincère.

Au cours du déjeuner, il me demanda si je souhaitais passer les vacances de Pâques à Niamey. Ma réponse à celui que j’appelais respectueusement « Tonton » fut positive. Comment pouvait-elle en être autrement quand s’offrait la belle perspective d’aller passer quelques jours auprès de mes parents ?

Toutes les dispositions ont donc été prises afin que je puisse partir dans l’après-midi du quatorze avril 1974.( …) J’arrive à Niamey sans encombre, ce quatorze avril. Maman m’accueille personnellement, signe de sa joie de me revoir. Nous regagnons le palais.

Il va sans dire que le bonheur des retrouvailles était immense. Nos discussions s’engagent aussitôt dans la voiture. Arrivée au palais, j’ai fait un petit coucou à papa qu’absorbaient quelques exercices de golf. Ce voyage était aussi motivé par un décès : une amie proche, étudiante en France, ayant perdu son frère à Niamey, maman la faisait venir de Paris le lendemain pour les cérémonies de deuil en famille. Maman était donc contente que je sois aux côtés de cette amie pour la soutenir dans l’épreuve. Au nom de notre amitié, elle n’a cessé de rendre visite quotidiennement à sa famille et m’y a amener le soir de mon arrivée.

Au palais, j’ai dit à maman ma surprise de ne pas voir les armes qui habituellement garnissaient les grandes ouvertures donnant sur l’entrée principale. Au moment de leur mise en place, je me souviens que j’avais contesté d’une certaine manière leur installation au niveau des appartements privés. L’affaire ne relevant naturellement pas de ma compétence, nous en étions restés là. Puis, j’ai pris l’habitude de les voir en place sans jamais les apprécier. Sans plus rien à en dire non plus. Maman a tout de même objecté à ma remarque en disant que, de toute façon, je n’appréciais guère le Commandant Sani Souna Sido (alors chef d’état-major adjoint) et qu’il n’y avait rien de surprenant à ce que je n’approuve pas davantage ses décisions. Je dois préciser que pour maman, Sani était plus qu’un homme de confiance. C’était pour ainsi dire un fils pour elle. Pensez donc : il détenait ses chéquiers, avait procuration pour effectuer en son nom diverses opérations bancaires, etc.

Je passe une bonne partie de la nuit à discuter de choses et d’autres avec maman, jusqu’aux environs de deux heures du matin, dans une ambiance d’heureuses retrouvailles. Dans leur chambre, mes frères et sœur devaient dormir depuis longtemps. Seul notre frère aîné, déjà père de famille, vivait hors du palais.

Vers vingt-deux heures, le commandant Sani arrive au palais. Il s’entretient un instant avec maman. Mon grand frère Abdoulaye nous rejoint vers vingt-trois heures et s’en retourne chez lui quelque temps après. Se justifiant d’une importante réunion pour le seize avril, papa se met au lit et demande à maman de poursuivre notre discussion dans ma chambre. Nous y sommes encore vers deux heures du matin. Constatant l’heure avancée, maman me propose d’aller me coucher. Je devais en effet aller à l’aéroport accueillir mon amie, le matin à l’arrivée de son vol en provenance de Paris.

Par surprise, j’ai juste eu le temps de me mettre en chemise de nuit lorsque les premiers crépitements se font entendre. Ma chambre donnant sur l’entrée principale, j’ai jeté un coup d’œil par la fenêtre. Et là, stupéfaite ! J’aperçois des blindés marchant sur le palais. Ils avaient vraisemblablement forcé le portail. Je sus plus tard que, le commandant Sani Souna préparant son coup depuis longtemps, avait pris la précaution de placer ses hommes pour faciliter l’ouverture du portail.

Les évènements s’accélèrent bien vite.

Une certaine confusion s’installe. Réveillés par ces bruits insolites, mes frères et quelques cousins qui habitaient avec nous se précipitent au salon que nous avions quitté quelque temps plus tôt ; papa et maman aussi. Maman n’avait pas eu le temps de se changer et portait encore sa tenue de ville. Papa prend le téléphone et constate que la ligne est coupée. Il tente de se rendre sur le balcon pour voir ce qui se passe.

Et là, maman et moi, nous l’en empêchons en lui disant ce qui est désormais une évidence : les militaires ont décidé de s’en prendre à lui et qu’un coup d’état était manifestement en cours. Dans la confusion, j’observe que ma petite sœur manquait. Je décide alors d’aller la chercher dans sa chambre, contiguë au salon. Je n’étais pas encore revenue au salon lorsque le bruit assourdissant d’une grenade qui explosait tout à côté s’est fait entendre. Il m’oblige alors à retourner sur mes pas pour mettre à l’abri, dans leur salle de bain, ma petite sœur et la cousine qui partageait sa chambre. Deux de nos cousins, Sani et Koireyga, surnommée « Visse », touchés par une rafale ou par les éclats de la grenade, succombent sur le champ.

Mon petit frère Moussa est grièvement blessé au flanc gauche. Mon frère Moumouni et mon cousin Maoudé tentent de le relever. Moumouni crie : « Maman, maman, Moussa est blessé ! » Elle sort précipitamment de sa chambre sans aucune arme, quand elle a entendu l’appel de Moumouni. C’est alors que, avant qu’elle n’ait pu rejoindre ses enfants, que le sergent Niandou la fauche d’une rafale de mitraillette et la transperce d’un coup de baïonnette.

Moumouni et Maoudé, seuls témoins du drame, couchent Moussa sur le lit de la chambre des parents. Il continuait à saigner énormément. Puis Moumouni revient vers maman qui, allongée sur la moquette, se vide de son sang et rend l’âme quarante-cinq minutes environ, plus tard. Elle est restée consciente jusqu’à la fin puisqu’elle a pu demander à mon frère Moumouni de lui donner des nouvelles de Sadjo, sa mère, de Toumba, sa sœur, d’Abdoulaye et de Hado. Moumouni lui répondit qu’ils étaient tous là car elle nous croyait tous morts.

Ensuite, elle demanda à Moumouni de prendre une bouteille d’eau dans le petit réfrigérateur de leur salle à manger. Enfin, elle lui demanda de lui laver les mains, de lui rincer la bouche, de lui passer de l’eau sur le visage et les bras, et de réciter quelques versets du Coran. Avec le recul, Moumouni comprit qu’elle voulait qu’il lui fasse ses ablutions. Elle rendit l’âme dans le bras de Moumouni.

Il est très important de mentionner qu’à aucun moment de cette tragique nuit, maman n’a porté une arme ; contrairement aux rumeurs diffusées par ceux qui se sentent obligés par leur conscience de justifier l’injustifiable en se prévalant d’une soi-disant légitime défense. Il s’agit bel et bien d’un assassinat prémédité et minutieusement préparé.

À l’irruption des militaires, papa qui n’a pas été autorisé à se changer, leur dit : « je suis le seul responsable politique. Ne faites pas de mal à ma famille. » C’est le Lt Cyril Gabriel, ami intime de mon frère Abdoulaye qui dirigeait le commando venu attaquer les appartements privés. Il fit descendre papa. Il connaissait très bien les lieux pour s’y être souvent fourré avec mon frère. Triste ironie du sort, ce garçon qui avait été d’abord refusé à l’Ecole Militaire de Coëtquidan doit son acceptation finale grâce à l’intervention de papa, sous insistance d’Abdoulaye.

Le sergent Niandou, exécuteur de la sinistre besogne, tenaillé sans doute par les remords, nous a rapporté devant témoins au domicile  d’Abdoulaye, que Sani Souna Sido lui a donné l’ordre de tuer maman et de me tuer également. Toujours d’après ses dires, les militaires devant attaquer l’appartement privé « étaient drogués par leurs supérieurs. » Il a dû contempler son œuvre pendant moins de deux ans, car il n’a pu survivre plus longtemps.

Si nous revenons aux alentours de vingt-deux heures, heure à laquelle Sani Souna Sido est venu voir maman, il avait déjà donné l’ordre de la tuer et venait voir si son satanique plan était bien en place. Mon arrivée d’Abidjan par vol spécial n’était pas prévu et pouvait avoir une incidence capable de gêner l’exécution de son programme. Comment a-t-il pu discuter paisiblement avec maman, sachant qu’il avait déjà commandité sa mort ? Lui seul détenait le secret de cette recette. Privé de liberté quinze mois après son coup, il disparaîtra dans des conditions énigmatiques trois ans plus tard.

Au petit jour, les militaires nous firent descendre, armes en main. En arrivant à la hauteur de la porte de la salle à manger des parents, j’aperçois un corps recouvert d’un drap blanc. Je m’y précipite et je vois Moussa.

Je vis Moussa porté par deux militaires, il était pâle, très pâle, très affaibli. J’étais atterrée, consternée, mais j’ai demandé aux deux militaires où ils l’emmenaient ; ils daignèrent me répondre en précisant qu’ils le transportaient à l’hôpital. J’ai voulu les suivre, j’ai, bien entendu, reçu une réponse négative.

Dans le petit salon gisaient les corps de nos deux cousins morts. Les militaires nous firent descendre et le cauchemar continua. Au bas de l’escalier se trouvait le corps d’un des gardes de corps de papa, le sergent Badje. Plus loin le corps d’un oncle maternel, Moussa Kao, celui d’une tante de maman et d’autres… C’était vraiment une vision cauchemardesque et nous avions tous l’impression d’un cauchemar et que nous allions nous réveiller, mais hélas…

Nous avons été conduits dans la cour du Palais puis nous avons été escortés par des militaires devant le grand portail du Palais, là nous avons été alignés comme du bétail, et le lieutenant Ousseïni donna l’ordre de nous liquider, oui ce fut son expression : « liquidez les enfants ». J’étais occupée à essayer de calmer ma sœur cadette qui venait d’apprendre, comme tous ceux qui ne le savaient pas encore, que maman n’était plus de ce monde. Et c’était la désolation, la consternation, la stupeur. Hadiza n’arrêtait pas de réclamer Maman, Moumouni ne disait pas un mot, il resta ainsi pendant plusieurs jours, et jusqu’à ce jour il a encore des séquelles de ces terribles moments.

Il y eut un contre-ordre donné par Cyril Gabriel : « Qui vous a dit de tuer les enfants ? Conduisez-les chez leur grand-mère. » Il s’agissait de notre grand-mère maternelle qui était avec nous au Palais. Nous sommes arrivées auprès de notre grand-mère maternelle qui ne savait pas que sa fille était morte, et ne l’a su que beaucoup plus tard. Les militaires s’attelaient à entasser les corps les uns sur les autres. Les militaires demandèrent à notre grand-mère et à son époux de les suivre. Ils les firent monter à bord d’une land-Rover pick-up.

Certains parmi nous avaient aperçu un corps couvert par un drap blanc qui fut mis à l’arrière d’une land-rover. Plus tard nous sûmes qu’il s’agissait de maman. La voiture transportant les grands-parents les conduisit à l’aéroport militaire de Niamey. Ma grand-mère nous relata ce qui suit : « Il y avait une forte odeur d’alcool et une certaine agitation. Sous le hangar elle aperçut un corps recouvert par un drap blanc ; on leur demanda d’embarquer à bord d’un avion. Le corps fut également embarqué et déposé dans l’allée centrale. » C’est au cours du vol que ma grand-mère sut que sa fille était morte et que c’était son corps qui gisait dans l’allée centrale de l’avion car au cours d’une secousse, le drap bougea et elle aperçut les cheveux puis le visage, les pieds de sa fille…Imaginez sa douleur à un moment précis, Allahou Akbar. Elle aurait pu elle aussi mourir d’une attaque cardiaque.

Une fois l’avion arrivé à Doutchi, les militaires descendirent le corps mais refusèrent de laisser leur brancard et le corps de maman fut posé à même le sol, puis fut déposé quelques temps plus tard sur le plancher d’une voiture venue les chercher pour les amener à Togone (village à quelques km de doutchi) où maman fut préparée selon les rites de l’islam par ma grand-mère pour son dernier voyage, vers son seigneur tout –puissant. Ma grand-mère me remit les habits que maman portait. Ils sont toujours en ma possession avec leurs preuves, les impacts de balles (cinq), l’impact de l’arme blanche, le sang…

Pendant longtemps je ne pouvais pas les regarder sans avoir les larmes aux yeux. Mon père apprit la nouvelle du décès de ma mère par la radio, ce fut un choc affreux et terrible pour lui, seul dans sa cellule ; il perdit 15 kilogrammes, pour preuve la couverture du magazine Jeune Afrique avec l’interview réalisée par Siradou Diallo.
Nous revenons au Palais ce lundi 15 avril 1974, nous les enfants avons été escortés du Palais chez Abdoulaye notre frère aîné, nous étions pour les filles en chemise de nuit et pieds nus, il n’était pas question de nous laisser prendre des chaussures et encore moins nous laisser nous habiller ; nous lui apprîmes la triste réalité, il était effondré.

Moussa était à l’hôpital de Niamey ; le pauvre était dans une salle avec des brûlés ; quand je le vis je ne pus contenir ma douleur, mon indignation. Le chirurgien, un français, me fit savoir qu’il allait procéder à une laparotomie car Moussa se plaignait de l’abdomen. Je discutais avec lui de l’inutilité de cette intervention. Je compris que pour la junte militaire, Moussa était un témoin gênant alors qu’il ignorait et la mort les circonstances de l’assassinat de maman. Les témoins étaient Moumouni et Maoudé. Nous avons vécu des moments horribles, à la limite du supportable. En ce qui me concerne, j’ai essayé d’être forte pour réconforter Hadiza qui n’arrêtait pas de pleurer et de réclamer sa mère. Pour Moumouni qui était en état de choc.

Quand je sentais que je faiblissais alors je m’enfermais dans la salle de bains et je laissais libre cours à mes larmes, puis après avoir repris courage je m’en remettais à Dieu notre créateur et la foi en lui m’a énormément aidé. Des journées que nous avons vécues jusqu’à ce que je puisse repartir sur Abidjan avec Moussa, Moumouni et Adiza, de l’assignation à résidence d’Abdoulaye à son licenciement, de l’affectation de mon oncle Boubacar Goro Gaya (douanier) à Agadez, de la restriction des visites des parents , des amis, des humiliations jusqu’aux vexations ne sont pas l’objet de ce manuscrit. Je voulais comme je l’ai précisé au début, lever le voile sur l’assassinat de ma chère et regrettée mère Hadja Aïssa Diori (que Dieu l’ait en sa sainte miséricorde).

S’il n’y avait pas intention d’assassiner, pourquoi une fois toutes les barrières franchies, utiliser des grenades,
pourquoi tirer sur ma mère jusqu’à ce qu’elle s’affaisse,  pourquoi utiliser la baïonnette, pourquoi l’avoir laissé se vider de son sang pendant 45 minutes ?

Je ne réclame pas justice mais j’accuse et mes doigts sont pointés en direction de ceux qui ont commandité, prémédité, ce lâche assassinat. Qui pourrait être le cerveau machiavélique, auteur principal de ce crime des plus odieux ?

Pourrait-il s’agir d’un homme, d’un groupe d’homme ou d’une personne étrangère ? J’espère que, maintenant, au Niger comme ailleurs la vérité, puisque c’est de cela qu’il s’agit, puisse éclater au grand jour.
Ramatou.

Avril, mon avril, cruel avril, mois des coups d’états, des pelotons d’exécutions, mois des assassinats :
15 avril 1974, assassinat de la première dame Aissa et de 13 autres personnes 10 avril 1976, Exécution de Issaka Dan Koussou, Assoumane Maazou, Bayéré Moussa, Sidi Mohamed, Tyrolien, Armayou, Ahmed Mouddour, Idrissa Boube,  09 avril 1999, Ibrahim Baré, Ali Saad…

Plus jamais ça !

Paix aux âmes des disparus !

À propos de l'Auteur

Ramatou Diori dite Hado

À propos Administrateur

21 plusieurs commentaires

  1. Que son ame et celles des autres reposent en paix.
    Courage! vous venez Dr de publier une oeuvre, une histoire importante du Niger

  2. Paix à son âme ! Mon père avait séjourné quelques jours dans le camp ou Diori était détenu avant d’être déporté dans une prison à l’intérieur du Niger. Il mourut 11 jours plus tard. Et ce qui a suivi est encore plus douloureux. Aucun mot ne peut décrire la souffrance que mes frères et moi avions endurer. C’est les épreuves de la vie et il faut se battre pour être le meilleur.

    • Madame, les soldats au sud du sahara sont rentrés dans l’histoire par leur esprit de sauvagerie depuis les tirailleurs sénégalais qui avaient commis la majorité des crimes dans les colonies françaises de l’Afrique.C’est le propre des froussards d’être sanguinaires. Au lieu de combattre l’ennemi armé , ils se retournent contre les civils sans armes pour les massacrer avec la bénédiction des populations incrédules qui les croyaent soldats disciplinés appelés à protéger les citoyens. Voilà un officier Ousseini ,ayant effectué sa formation d’officier , s’abaisse pour donner les ordres manifestement illégaux pour tuer les enfants de Diori.Les populations du Mali et celles du Niger pendant la rébellion ont vu de toutes les couleurs de la part de ces fameux »soldats de pacotille  » qui fuient devant un motocycliste berger armé juste d’un fusil AK45 mais pêt à ligoter des civils pour les fusiller

  3. YA ALLAHOU YA ALLAH SOUHANA WATA ALA sauve toute âme insensible aux malheurs des autres.

    Merci pour le partage TOTO A DIT. SALAM

  4. Du courage Ramatou. Ton recit tient de leçons pour les personnes qui se pavanent dans les palais de la présidence. C’est bon, mais il y a des momenst affreux, comme c’est le cas ce 15 avril 1974. Presque tous les acteurs et coacteurs de ces assassinants sont sous terre comme votre regretée mère. Donc, point de long discours. Prions tous ensembles pour elle et bien d’autres musulmans qui nous ont précédé.

  5. Histoire émouvante et cruelle. Paix aux ames des illustres disparus.
    Il y a des assassinats violents d’une violence inhumaine, à coté il y a aussi des morts préméditées et programmées que les victimes voient venir sans pouvoir rien faire qu’accepter leur sort avec fatalité. J’ai notamment une pensée pour cet accidenté ayant une fracture ouverte qui passe 48h aux urgences sans le moindre soin. je pense aussi aux femmes qui meurent en donnant la vie simplement parce que le système n’a rien rien prévu ou fait pour elles et qu’ils doivent cheminer 10, 20 km dans une charrette qui arrive hélas trop tard au centre de centé le plus proche.
    ….la liste est longue.

  6. Je n’ai pas pu finir la lecture de votre récit parce que les larmes coulaient à mes yeux et je ne veux que mes voisins de bureau s’en rendent compte j’ai dû donc abandonner la lecture

  7. « Avril, mon avril, cruel avril, mois des coups d’états, des pelotons d’exécutions, mois des assassinats » dixit HADO

    Avril en effet … Mois de mystere et de mort …..

    Reposes en paix MAMA Aissa Diori… Tu es morte un 15 Avril 1975 … et toujours en Avril … cette fois ..Un 23 Avril 1989, ton mari Diori Hamani suit tes pas … Suit tes traces …. Reposes aussi en paix Diori.
    Comme pour dire l’on ne peut parler de Aissa sans evoquer Diori.

    Et quand TOTO A DIT partage le temoignage vibrant et educatif d’ un ami de Diori a sa mort et la ligne…..

    Leçon d’Histoire: 25 Avril 1989, Discours de L. Kaziende a la mort de feu Diori Hamani, Premier Président du Niger. Que de choses à connaître par la Jeunesse…

    MONSIEUR LE PRÉSIDENT
    MON BIEN CHER SCOUT
    Comme vous le constatez, l’ironie du sort, le destin aveugle, la fatalité cruelle ont conjugué leurs efforts pour permuter les rôles, pour intervertir leur ordre tel que je l’avais conçu dans mon for intérieur. Depuis 1937, et surtout à partir de 1984, j’ai toujours cru que c’est vous qui deviez dire quelques mots d’adieu sur ma tombe.

    L’hémiplégie de 1983 m’a rendu impotent. Vous m’avez réappris à marcher au bord du fleuve Niger à Saga, vous êtes témoin de l’apparition des stigmates de l’âge sur mon physique. Vous avez remarqué que mon pas s’alourdit, mon dos se voûte, ma vue s’assombrit. C’est moi qui devait mourir et non vous. C’est ma place que vous occupez dans ce cercueil.

    O sort cruel, destin aveugle, fatalité horrible, pourquoi m’avez-vous enlevé brutalement mon scout ?

    Il était si aimable, si généreux, si humain, si bon père, si fraternel avec tous les hommes habitant cette terre !

    Son maître mot ?
    C’est la tolérance.

    Son enseignement ? C’est le dialogue, aimez-vous les uns, les autres ; en cela, il rejoint la pensée de son « frère aîné », Houphouët-Boigny, qu’il a toujours admiré depuis leur première rencontre a Lutèce en 1946.
    Il est resté fidèle à ses amitiés. Il avait l’intuition naturelle des solutions des problèmes de la vie. Superbement doté d’une intelligence hors de l’ordinaire, ayant une très haute idée de son rôle ici-bas, un sens élevé du possible et de l’impossible,

    il s’était donné comme devise : ne jamais céder à l’impulsion, ne jamais blesser l’interlocuteur quel qu’il soit, ne jamais se laisser aller à la facilité, admettre que chacun exprime librement sa pensée, respecter l’opinion de tout le monde, tolérer, dialoguer, encore dialoguer…

    Sa finesse était exquise, sa sensibilité devant la misère d’autrui si grande, que je l’ai vu pleurer à chaudes larmes devant les déshérités à l’extrémité du désespoir, devant ceux qui souffrent, qui ne rient plus, qui attendent stoïquement la mort.

    Mais, quel est donc cet homme dont la générosité frise celle des Saints ?
    Qui est mon Scout, au bon sens de paysan, d’ailleurs paysan comme son aîné de la Côte d’Ivoire ? Qui est celui qui répétait souvent :la terre ne ment pas Qui est donc cet homme qui, matin et soir, arpentait son verger que la grande bienveillance du Chef de l’Etat, le Général Ali Chaïbou, vient de lui restituer ?
    Qui a été mon scout qui m’a devancé, injustement, dans l’au-delà ?

    Qui est celui que je pleure et dont l’âme pure repose maintenant dans l’Eden eternel ?

    Qui est cet homme politique qui n’a jamais pris d’alcool, qui n’a jamais fumé une cigarette dans sa vie ?

    Il tire son origine de la paysannerie de Yéni dans le Boboye, près de la falaise bordant le Dallol Bosso, à une centaine de kilomètres de Niamey. Au cours de la dernière décennie du XIXe siècle, l’adolescent Hamani Niandou, orphelin de père, s’installa chez son oncle maternel à Tondibia avec sa mère. L’oncle n’a pas d’enfant mâle. Il adopte son neveu qui devient, pour ainsi dire, son premier fils. Hamani, comme tous les habitants de Tondibia, de Tondikoarey et de Soudouré, voit les chalands, lourdement chargés, de la mission Voulet-Chanoine, descendant vers Say en janvier 1899
    .
    Dans la première décennie du XXe siècle, une compagnie de spahis appelés déjà tirailleurs sénégalais s’installe à Niamey. Un des officiers engage à son service le jeune Hamani Niandou, remarque son intelligence vive, lui apprend à parler français, à lire et à écrire.

    En fin de séjour, il fait engager sa pupille comme infirmier civil du cercle du Djerma(Niamey). Nous sommes en 1912. Le nouvel employé, de teint clair, fin de visage, ressemble à un Peul. Alors, ses condisciples lui donnent le nom de Sidibé, et désormais ses papiers officiels porteront Hamani Sidibé.

    En 1914, Hamani Sidibé se marie à la charmante demoiselle de Soudouré, Rahamatou, dite Djiwa, puis Gandagna. De cette union naît, le 16 juin 1916, l’enfant de sexe masculin baptisé Diori Hamani. Dès sa naissance, sa grand-mère Woyboro Koundoum devient son ange gardien. Son père lui, absent, se trouve à Andéranboukane, au Mali actuel, au combat contre les Touaregs Ouilliminden révoltés contre les Français. A son retour, il contemple à distance son premier-né et son épouse, aux bons soins de la bonne Woyboro Koundoum. Celle-ci ne quitte plus un instant son petit-fils, veille sur la mère, les soigne, les dorlote. Elle dirige les premiers pas du bébé, le suit dans ses ébats d’enfant, lui apporte toutes les friandises. Les plats onctueux, les sucreries, tout ce qui est doux convient à son garçonnet chéri, choyé, gâté.

    En 1923, à 7 ans, elle l’amène elle-même à son premier maître, monsieur Sido Karanta, l’ami intime de Hamani Sidibé. Il est inscrit. Il franchit allègrement les deux cours préparatoires, les deux cours élémentaires, les deux cours moyens.

    A la rentrée de 1929, nanti de son Certificat d’Etudes Primaire Indigène, admis au concours d’entrée à l’EPS et avec un bon rang, le voici à l’Ecole Primaire Supérieure. Entre temps, il perd son père en 1927 et son ange gardien, l’irremplaçable Woyboro Koundoum en 1928. Après un an de veuvage, Djiwa se remarie au garde-cercle Moussa de Tidirka(Dosso), un héros de la guerre 1914-1918, démobilisé après son service militaire, reversé dans les emplois réservés.
    Moussa considère Diori Hamani, bon élève, bien éduqué par feue sa grand-mère Woyboro Koundoum comme son premier fils. Naissent successivement trois jolis garçons : Ganda, Boubacar, et Oumarou Moussa, qui agrandissent la famille…

    A la fin de l’année scolaire 1931-1932, Diori Hamani, Abdou Niandou, Courmo Barcourgné, Ali Djaroumeye sont admis à l’Ecole Normale William Ponty. Ils passent leur première année à Porto-Novo, au Dahomey. Diori devient le camarade inséparable de son promotionnaire du Nord-Dahomey, Hubert Maga, qu’il nomme₺ Kai Kai et qui, ce mardi, dit un mot émouvant sur la tombe de son Kai Kai (le nom est réciproque)

    En seconde année de William Ponty, à Sébikotane, les deux pontyns, de la section Enseignement, s’adjoignent un troisième camarade, Modibo Keita.

    En 1960, ils proclameront, comme hommes politiques de premier plan, l’indépendance l’un du Mali, l’autre du Dahomey et le troisième celle du Niger.

    Diori, instituteur surnuméraire du cadre commun secondaire de l’AOF en août 1936, est mis à la disposition du Gouverneur du Niger. Ce dernier l’affecte à l’Ecole Régionale de Niamey. Le directeur lui confie les deux CP. Il y subit son baptême de fonctionnaire africain, à la solde de 6600F par an. Dans sa classe un élève se distingue : il s’appelle Abdou Sidikou, qui devient l’armoirien de son maitre.

    En janvier 1937, Diori Hamani, avec ses collègues plus anciens, Boubou Hama, Martin Gutenberg, Somyaido Ouédraogo, Emmanuel Wright et Léopold Kaziendé, sont désignés par le Gouverneur pour subir un stage d’éducation physique à la 2eme Compagnie du BTS No 3, à Gamkallé, Niamey.

    Au cours de ce stage, j’ai remarqué sa très grande pudeur, son respect très sincère pour ses aînés, son éducation toute africaine, bref son africanité naturelle. Je me suis lié à lui. Il s’est lié à moi. Il m’a surnommé Scout ; jusqu’à sa mort je l’ai appelé Scout.

    Pendant le stage, il me présente à sa mère, une musulmane pratiquante qui m’adopte, fait de moi l’aîné de son fils aîné. Depuis lors, nous vivons ensemble, nous nous séparons à cause des affectations de service, nous nous retrouvons en plusieurs circonstances. Il m’a toujours donné le respect dû au grand-frère…

    En août 1938, après un séjour d’un an à Maradi où, chargé du CM2, il prépare avec succès Condat Georges, Amani Salé, Amani Fanga, Diougou Sangaré au CEPE, il est désigné comme répétiteur d’haoussa à l’Ecole Coloniale, berceau des administrateurs de la France d’ Outre–mer. Le directeur de l’établissement, monsieur le gouverneur-écrivain africaniste Robert Delavignette, le professeur Henri Labouret, l’accueillent avec beaucoup de bienveillance et guident ses premiers pas à Paris. Il prend son rôle au sérieux, passe son temps à la bibliothèque, fouine, cherche, s’instruit. Il profite de l’occasion pour se perfectionner en anglais que lui a enseigné le Pasteur anglican Maccaba à Maradi.

    Malheureusement, la 2ème grande guerre est déclarée, en France, en septembre 1939. Au printemps 1940, il suit le Gouvernement en exode à Bordeaux. Fin août le trouve à Casablanca. Il débarque à Dakar le jour ou l’escadre anglaise bombarde les camps militaires, échappe miraculeusement aux éclats d’obus, prend le train express pour Bamako, s’embarque à Koulikoro dans le Monteil pour Gao ou il débarque en septembre 1940. Il télégraphie à Boubou et à moi pour annoncer son arrivée en fin du mois. Juché sur un camion de la Transafricaine , il arrive au Terminus.

    Nous recrutons huit porteurs pour ses bagages. Il descend du véhicule avec une valise et son raglan au bras.

    -Où sont vos bagages ? lui demande Boubou
    -C’est tout ce que j’ai ! Répond l’arrivant.

    Sans commentaire, nous congédions les huit manœuvres et rentrons chez nous, place occupée aujourd’hui par la Croix Rouge.

    En octobre 1940, il est affecté comme professeur à l’EPS de Niamey.
    De cette date à septembre 1944, il est tour à tour économe, bibliothécaire, chargé d’artisanat, de cours d’adultes, secrétaire d’inspection primaire. En octobre 1944, il me remplace comme directeur de l’Ecole élémentaire de Filingué.

    En 1945, son promotionnaire Courmo et moi l’obligeons à se présenter aux premières législatives, contre le grand Fily Dabo Sissoko. Il échoue.

    En mai 1946, nait le Parti Progressiste Nigérien, PPN, qui envoie une forte délégation au congrès historique de Bamako. Cette délégation désigne, dans la capitale du Soudan français, l’instituteur Diori Hamani comme candidat du PPN aux législatives de 1946. Alea jacta est.

    Il est élu premier député du Niger au Palais Bourbon. En plein hiver 1946, il regagne Paris, y rencontre le président du Rassemblement Démocratique Africain, RDA, adhère à ce parti politique et fait du PPN une section du RDA.

    De 1946 à 1951, il assiste au combat que les ennemis du RDA mènent, Outre-mer, contre les adhérents. Cette lutte est bien connue, n’insistons pas.

    Fidèle partisan du désapparentement préconisé par le président du parti, monsieur le député Houphouët-Boigny de la Côte d’Ivoire, il parcourt l’AOF, l’AEF, Djibouti, en compagnie des parlementaires Ouezzin Coulibaly et Mamadou Konaté pour expliquer partout le pourquoi et la nécessité de cet acte historique. Le schisme du RDA en résulte. Le comité de coordination, presque dans son ensemble, épaule le président du parti. L’orage passe. Le RDA reprend son élan.

    Mais aux législatives 1951, le député du Niger perd sa place.
    Il reprend énergiquement la craie, ouvre l’école dite Nord de Niamey, s’occupe des soins journaliers de sa mère, devoir auquel il n’a jamais failli, jusqu’à la disparition de l’incomparable Djiwa en 1954.

    Sans nul doute, les bénédictions de la mère se sont jointes aux activités du PPN-RDA, pour la réélection du député du Niger Diori Hamani, aux législatives 1956.
    Son grand-frère Houphouët-Boigny devient ministre de la santé de la République française ; son cadet est élu vice-président de l’Assemblée Nationale au Palais Bourbon et membre de la commission des anciens combattants.

    La politique de la France mue depuis 1946. En 1957, les colonies africaines deviennent autonomes. En 1958, de Gaulle est appelé au pouvoir. Il crée l’Union française, préside la réunion des présidents des Républiques autonomes de 1958 à 1960. C’est le député Diori, vice- président de l’Assemblée Nationale française, qui proclame la République du Niger le 18 décembre 1958, dans l’Assemblée territoriale transformée en Assemblée Nationale du Niger.

    La première République est née. Très vite, avec l’évolution de la politique française en Afrique francophone, le 3 août 1960 à minuit, avec l’accord de la France, devant le représentant de celle-ci, les Présidents Houphouët-Boigny de la Côte d’Ivoire, Hubert Maga du Dahomey, Maurice Yaméogo de la Haute-Volta, du haut du balcon du Palais de la Présidence, il proclame à haute voix l’indépendance du Niger.

    Alors, le vrai travail arrive, car le sevrage est rapide. Le Niger doit voler de ses propres ailes, se donner une constitution, un drapeau, un hymne, bref, tous les attributs d’un pays indépendant.

    Le secrétaire général du PPN-RDA monsieur Diori Hamani, son président Boubou Hama surnommé Bulldozer, aidés par le Gouvernement et le Bureau politique, soutenus par l’ensemble des militants, s’attèlent à la tache. Le jour, la nuit, ils cherchent, consultent les archives, les experts. Un Etat naît, avec ses administrations, ses forces de l’ordre, ses nombreux services devenus ministères depuis 1958.

    Le Président de la République, resté secrétaire général du Parti, a deux casquettes : celle du chef de l’administration centrale et celle de l’homme politique qu’il joue au sein du Bureau politique ; ses ministres l’aident. Il réussit à faire l’Unité Nationale. Les Conseils de Ministres se tiennent tous les jeudis, soit à son bureau à la Présidence, soit à l’Assemblée nationale. Chaque fois que la question à débattre est d’importance, il demande la conjonction du Gouvernement et des grands responsables politiques.

    Calmement, il dirige les débats, donne à qui la demande la parole, sait écouter, respecte les avis des intervenants, jauge, soupèse les solutions possibles et prend la décision la meilleure. Il n’a jamais imposé une solution, le silence à quelqu’un, élevé la voix sur autrui (même pas sur les membres de sa propre famille).

    Son esprit de finesse, l’intuition naturelle des solutions possibles des problèmes posés (je l’ai soulignée), son respect religieux de l’humain, son sens aigu de la laïcité, de la liberté, de la fraternité, sa tolérance pour toutes les idées, pour toutes les pensées, font de lui le guide idéal pendant le balbutiement de l’indépendance, la gestation de l’Afrique comme dit le Général de Gaulle.

    Parti de rien, il met tout en place avant de prendre son bâton de pèlerin. Il assiste à la naissance du Conseil de l’Entente, de l’UAM devenu OCAM, de l’OUA, de la CEAO, de la CEDEAO, du Liptako Gourma, de l’Autorité du Bassin du Fleuve Niger. Il prêche la francophonie dont l’acte d’Etat Civil est signé sous ses yeux à Niamey.

    Il anime vigoureusement le Parti. Soutenu vivement par les Gouvernements successifs qu’il a constitués, il s’attaque à l’urgent, au problème aigu de l’eau, du paupérisme, de l’analphabétisme. Des solutions se trouvent, provisoires sûrement, mais efficaces pour le moment. Le politique, le social, l’économique sont ébauchés dans les plans triennal, quinquennal, et dans les perspectives décennales élaborés.

    Il n’hésite pas de visiter Jean XXIII, Paul VI au Vatican lors des sacres des prélats africains, lui, le musulman pratiquant et adepte de l’Islam.
    Il parcourt toute l’Europe de l’ouest, l’Amérique, le Moyen et l’Extrême Orient, se rend plusieurs fois aux lieux saints de l’Islam, à l’ONU, à toutes les réunions interafricaines et internationales.
    Infatigable, il a apporté à tous les continents le salut très fraternel du peuple nigérien. Il adhère à l’Organisation de la Conférence Islamique(OCI).

    Loin de moi de croire qu’il a tout fait ; il n’a qu’ébauché les choses. Je ne dis pas qu’il a toujours bien fait ; il n’est pas exempt d’erreur car il n’est pas seulement un homme faillible…Je sais que des torts, des injustices, des indélicatesses ont pu être commis en son nom. Il ne l’a pas non plus ignoré, lui qui m’a répété : « le chef est comme un tas d’immondices; chacun vient y jeter ses ordures ».

    Cette disposition de son esprit, ce respect sacré de la tolérance, l’amènent à ne jamais, personnellement, faire du mal à une mouche. C’est cette force de caractère qui explique son attitude stoïque durant ses 13 années consécutives d’internement et d’inactivité.

    Remis en liberté totale par le Chef de l’Etat du Niger, le Général Ali Chaibou en 1987, il va prier sur la tombe de son épouse, visiter son grand-frère le Président Houphouët-Boigny, ses amis africains et des autres continents, car il est universellement connu comme politicien modéré, réfléchi, pondéré. Je ne lui connais que des amis.

    Monsieur le Chef de l’Etat du Niger qui avez permis à Diori Hamani de redevenir paysan à part entière, messieurs les Ministres, messieurs les Présidents Hubert Maga et Maurice Yaméogo, mesdames et messieurs les délégués du PDCI-RDA, mes chers frères du Niger, du Bénin, du Togo, du Burkina Faso, du Mali, je vous remercie, au nom de sa famille, de ses amis et en mon nom personnel, pour l’ultime hommage que vous venez rendre à l’auguste disparu.

    Il a vécu en juste, s’est éteint en bon musulman, en terre d’Islam. La place de son âme ne peut être que le Paradis décrit par les religions révélées.

    Dormez en paix mon Scout. Vous avez bien rempli ici-bas votre mission.

    La terre de Soudouré ou est enterré votre nombril le 16 juin 1916 vous sera légère. Dormez en paix, dormez en paix, reposez-vous enfin pour l’Eternité.
    Amen.

    Mardi, le 25 avril 1989
    Léopold Kaziendé

    • Merci pour le partage

    • merci ce kaléidoscope bien fourni et édifiant, il faut seulement ajouter que c’est grâce lui que les officiers des armées africaines se forment a la métropole dans les écoles de guerres au même titre que les citoyens européens, nous vous pleurons PAPA

  8. Évidemment; la famille Diori, ne peut rien réclamer, Issoufou lui a tout donné.Restitution des biens, dédommagement, une école; des funérailles nationales , la réhabilitation du RDA moribond avec un portefeuille ministériel; un échangeur moderne de …52 milliards.ce qui n’ est pas le cas des Bayéré, de Issaka dan Koussou , de Baré.Donc deux poids, deux mesures.Mme Ramatou; mange et tais toi.les morts ne sont pas morts.

  9. Repose en paix Aïssa DIORI et bon rétablissement Moumoune toi que je n’ai pas revu depuis le lycée national.

  10. Bonjour,

    J’ai les larmes aux yeux en lisant cet article, vous et votre famille avait vécu une épreuve cauchemardesque, et surtout les petits enfants qui ont assisté à la mort de leurs parents, c’est très émouvant.
    D’autre part, il y aura un jour ou Allah (SWT) va équilibrer les comptes, chacun aura sa rétribution selon ses actions.

  11. Ce ressentiment qui perdure depuis la création du Niger

    Cette histoire nous prouve que les humains ont toujours été méchants.

    Les nigériens s’en prennent toujours aux personnes que Dieu à privilégier; demandez-en à la famille Baré Mainassara.

    Lorsque les nigériens s’en prennent à une personne, ils le font férocement et même si tu meurs ils n’arrêtent pas.

    Ils arrêteront seulement, lorsqu’ils se retournent vers une nouvelle cible.

  12. Mes sincères condoléances, que Dieu le tout puissant accepte dans son paradis éternel les âmes des disparu.

  13. Je pense que ces genres de situation doit rappelée nos politiciens a l’ordre, on ne les demande pas de s’aimer entre eux mais de faire du bien pour le bien de tout le monde.
    Ramatou toutes mes condoléances. Vraiment tu a endurée bcp de choses… Paix a leurs âmes.

  14. Paix à Son âme.
    « Je ne réclame pas justice mais j’accuse et mes doigts sont pointés en direction de ceux qui ont commandité, prémédité, ce lâche assassinat…. » C’est tout simplement GRAND et DIGNE comme l’ont été VOS PARENTS!

  15. اللهُ أَكْبَ

  16. Bonjour,

    Repose en paix maman Aïssa, et nous prions pour toi. Mon je t’aime éternel maman.

  17. Wa iya Zi Billahi!
    Innal Lillahi Wa Inna Illayhi Rajioun!
    Qu’Allah ait pitié des amaes des disparues.
    J’ai encore les poils hérissés après lecture de ce témoignage et je me demande comment j’ai eu la force de lire jusqu’à la fin, mais je me rend compte que quelqu’un d’autre à eu plus de courage pour les avoir supportés et écris alors qu’un autre eût le courage de faire partie de ce groupe d’assasins.
    Courage & Patience vous faites preuve, qu’Allah nous aide dans ce Niger ou tous les acteurs socio-politiques jouent amnésies sélectives limitées.
    Salam.

  18. très émouvant j ai les lames aux yeux plus jamais ça au Niger

Laisser une réponse

Votre adresse email ne sera pas publiéeLes champs requis sont surlignés *

*

Ce site utilise Akismet pour réduire les indésirables. En savoir plus sur comment les données de vos commentaires sont utilisées.