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Croissance économique nationale : Le gouvernement pouvait revoir ses ambitions à la baisse

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Ça devient de plus en plus compliqué pour la locomotive du gouvernement de tirer l’administration nationale vers les objectifs de développement.

Depuis son installation, au sortir des élections présidentielles de mars 2011, le Président de la République Issoufou Mahamadou n’a eu de cesse d’annoncer ce qui devait être le chiffre de croissance de l’économie nationale dopée par le retour des investisseurs et le regain des activités minières et pétrolières. Mais à l’évidence, le gouvernement risque de ne pas être au rendez-vous du taux de croissance à 2 chiffres qu’il s’est fixé pour l’année 2012, et cela malgré une nette embellie dans la mobilisation des ressources financières. Même s’il ne le dit pas officiellement, le gouvernement de Issoufou Mahamadou semble pourtant se préparer à un niveau de croissance nettement réduit à la baisse autour de 6%.

«Ce plan ambitieux (Plan de Développement Economique et Social, PDES récemment initié par le gouvernement), élaboré sur la base des orientations du programme de renaissance, et de la déclaration de politique générale du Premier Ministre, prévoit un taux minimal de croissance de 6% environ », a annoncé le chef de l’Etat Issoufou Mahamadou dans son message à la Nation à la veille de la fête de l’indépendance du 03 août, tout en indiquant avec un certain regret que «ce taux pouvait atteindre deux chiffres ».

Le gouvernement mobilise les ressources et oriente les investissements vers des programmes, Initiative« 3N », Programme de renaissance et récemment encore le nouveau plan en discussion, le PDES 2012-2015, mais il sait qu’il doit vaincre un ennemi acharné : l’inertie de l’administration nationale. L’immobilisme de l’administration nationale devient le plus redoutable adversaire de la croissance contre lesquel le gouvernement doit se battre. A son arrivée au pouvoir déjà, Issoufou Mahamadou dans son discours d’investiture ne cachait point ses appréhensions là-dessus lorsqu’il parlait du disfonctionnement de l’administration.

La situation depuis n’a guère changé et du côté du gouvernement aucune mesure énergique n’a été prise dans le sens d’un réaménagement du fonctionnement de l’administration, le gouvernement se contentant d’initier des programmes ponctués d’appel pour un changement de mentalité. Comme si la chose allait venir d’elle-même. Près d’un an et demi, depuis le début du mandat, tous les programmes de développement se sont embourbés dans le sol vaseux de l’administration. Le taux de croissance pour l’année 2011 attendu à 11% n’a guère dépassé 4%. S’il a été contrarié par le grave déficit de la production agricole, il faut dire aussi que dans une large mesure il a été tassé vers le bas par de graves faiblesses de la consommation des crédits budgétaires. 2012 pourrait peut-être faire un peu mieux que 2011.

Les réformes à l’ordre du jour Une petite avancée toutefois, pour la première fois l’annonce d’une réforme de l’administration s’est faite très ferme dans les discours politiques. C’est un gros sujet de préoccupation et la dernière session extraordinaire de l’Assemblée Nationale qui a adopté la deuxième rectification du budget national a été le réceptacle des débats sur la capacité de l’administration nationale à consommer les ressources budgétaires orientées dans les programmes de développement. A la fin du mois de juillet 2012, les indicateurs non encore affinés, il est vrai, faisaient cas d’une exécution du budget sur un taux estimé entre 12 à 20%, dont une part constituée des dépenses de salaires.

Le constat établi à 4 mois avant la fin de l’année budgétaire pose de sérieuses pressions sur le gouvernement pour renverser la tendance. Une préoccupation de l’Assemblée Nationale, suscitée par l’examen de la seconde loi rectificative, réside dans le faible taux de consommation des crédits budgétaires, a indiqué dans son discours de clôture de la session extraordinaire le Président de l’Assemblée Nationale Hama Amadou qui a précisé aussi ce qui constitue les deux obstacles à une bonne exécution budgétaire. Ce faible taux met en lumière la gravité des insuffisances, à la fois, de nos textes et procédures financiers d’une part et de l’autre, l’apathie intolérable de notre administration, a annoncé Hama Amadou.

Le diagnostic est posé, il faut désormais chercher la potion magique. Pour appliquer un traitement à cette grippe de l’administration, plusieurs solutions sont en préparation. Le Ministre des finances Gilles Baillet a, dès lors, indiqué une solution de court terme avec un projet de texte de passation des marchés publics qui est dans les pipelines et qui pourrait permettre de gagner 17 jours, mais il sait qu’il faut aller audelà. Quel traitement de choc pour tirer l’administration nationale de la déprime ? Les politiques annoncent pour l’instant des mesures, ou peutêtre ce qui peut être un traitement par l’agitation de la menace : la réforme.

Cette réforme, pour être efficace et utile exige que les agents de l’Etat soient notés et payés selon leur mérite et leurs performances, annonce-t-on du côté du président de l’Assemblée Nationale. Des propos qui ne pourraient plus être perçus comme une intrusion dans le champ de l’exécutif puisqu’ils ont été saisis au vol par le Président de la République Issoufou Mahamadou qui, de son côté, a indiqué «qu’il importe que l’administration fonctionne selon les règles axées sur les résultats avec l’établissement d’un cahier de charges à l’attention des agents ». C’était dans son message à la Nation du 03 août dernier. On attend de voir quel sens prendront les réformes annoncées.

Mais il faut dire aussi que quelque soient les mesures nouvelles qui seront introduites, elles doivent inclure la responsabilité des responsables ministériels qui doivent être des ministres calibrés capables d’instaurer un dialogue total avec leur administration, des ministres entreprenants capables d’initiatives et qui doivent discuter des actions à entreprendre et à les moduler en tâches et programmes bien identifiés et évalués en coûts financiers. Cela pouvait favoriser une certaine lisibilité dans l’ exécution budgétaire. Mais tout cela pourrait surtout concerner l’année budgétaire 2013.

Pour l’instant, le gouvernement est très mal barré pour réaliser un taux de croissance à 2 chiffres qui exigerait un fort d’exécution du budget autour de 70 à 80%. Même avec les LAPs et des PSOPs, on risque d’être encore loin du compte.

Commentaires  

 
0 #4 kidi 20-08-2012 11:00
Le problème de l'administratio n nigérienne c'est comme cette histoire du serpent qui mord sa queue. Par quoi commencé? Commençons par la tête car c'est par elle que le poisson commence à pourrir.Quel chef de parti est prêt à appliquer le principe d'efficacité, de compétence, d'honnêteté, de probité, d'intégrité dans les nominations? Quel chef de parti est prêt à ce qu'on nomme, par exemple les DG des entreprises publiques et les hauts cadres de l'administratio n selon le seul cirière de compétence? Quel leader politique nigérien met en avant le nationalisme, le patriotisme, l'esprit de sacrifice pour la patrie comme culture au sein des structures de son parti? Quel leader politique donne l'exemple à suivre quant à ce qui est de la défense des intérêts supérieurs de la nation? Avant d'inculquer une valeur supérieure à son entourage, à ses enfants, à ses militants il faudrait d'abord posséder ses valeurs soit-même.
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0 #3 kidi 20-08-2012 10:59
bien dit
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+1 #2 Tchiwake 17-08-2012 07:52
Mon cher les politiciens sont victimes de leur propre piege car ce sont eux qui ont politise l'administratio n Nigerienne. Les consequences aujourd'hui le pnds au poivoir ne sera pas a mesure de regler ce malaise qui a gangrainise ce pays. La seule solution c'est de separer l'administratio n des affaires politiques et ce qui impossible au Niger
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+1 #1 Problème Vs Solution 17-08-2012 07:07
Mr Hima chapeau! Vous venez de discuter d'un vrai problème, réel et pathétique problème:celui de l'administratio n nigérienne. Si je pars d'une analyse rapide et précipitée, je dirai qu'elle fait le malheur du Niger tant sur la plan économique que social. Pourquoi?
Eh bien pour la seule et unique raison que cette administration ne travaille pas, veut gagner vite et beaucoup et entrave ou ralentit tous les autres secteurs de l'économie. Que cela soit dans les tracasseries pour les entrepreneurs ou la corruption pour d'autres, je dirai pas plus car tous les nigériens connaissent maintenant le problème.
Alors ce qui reste, c'est la bonne solution à ce gros mal. Malheureusement celle que révèle le journaliste (du moins qui est en préparation) et qui va consister à noter et rémunérer les agents de l'Etat nous ramène à une gestion d'entreprise appliquée à l'Etat. Alors une solution qui crée un problème ou un problème résolu par une solution? Là un vrai débat s'impose.
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