La mise en garde de LAGARDE
- Écrit par BONKANO (Le Canard déchaîné N° 547 du 20 aout 2012)
Amie sincère du Niger, Christine Lagarde n’en est pas moins le gendarme en chef de la finance internationale.
Hier uranium, or et charbon, aujourd’hui pétrole et gaz butane, le Niger, qui est également en passe de disposer de grandes capacités de productions agricole et énergétique à travers le barrage de Kandadji, est absolument un pays d’avenir… à condition, toutefois, que les gouvernants ne perdent pas le nord. Car, l’ivresse des rentes minières et pétrolières est si prégnante qu’il est fréquent de voir sous nos tropiques des dirigeants, trop heureux de gérer un pouvoir où l’argent manque le moins, faire le drame de leurs peuples. Transparence, responsabilité et souci de bien-être pour les générations à venir, doivent être impérativement la conduite à tenir.
Trois conseils de sagesse que la grande toubab a traduit par trois postulats majeurs que voici : gérer de manière efficace et transparente les recettes provenant des ressources naturelles ; tirer le meilleur parti des ressources naturelles ; mener une stratégie de développement généralisé. Une seule et même chose qui fait vagabonder les esprits tordus vers des rivages politiquement incorrectes. Le FMI aurait –t-il constaté des tendances malheureuses qui seraient forcément préjudiciables au Niger et à son peuple ?
Sans vouloir mettre du sable dans le bol de riz de qui que ce soit, il est tentant de s’interroger sur les motifs réels qui ont conduit les pas de la Directrice générale du Fmi dans ce pays figurant parmi les plus pauvres de la planète, juste après ses étapes d’Afrique du Sud et du Nigéria, deux géants économiques sur le continent et qui sont inscrits au tableau d’honneur des 50 États les plus riches du monde. Quoi qu’il en soit, la mise en garde de Lagarde n’a rien d’une menace feutrée, mais bien une recommandation dont la pertinence ne se discute pas : le présent est le moment du choix et de l’action.
Il faudra bien peut-être ajouter à ces mots de Simone de Beauvoir que Demain sera le moment des comptes.

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