Construction du barrage de Kandadji : Le retard se creuse sur Kandadji
- Écrit par Laoual Sallaou Ismaël (La Roue de l’Histoire N°629 du 12 Septembre 2012)
Les travaux de construction du barrage de Kandadji piétinent, apprend-on, de sources bien informées, après une ré d’évaluation tenue la semaine dernière sur le site des travaux et à Niamey à ce sujet...
à l’issue de la date butoir du délai de mobilisation de l’entreprise adjucatrice du marché. Le retard dans l’exécution des travaux constaté par le Président de la République, alors en visite sur le site du projet en mars dernier, se creuse davantage, alors que la société chargée de l’exécution des travaux avait promis de rattraper le retard d’un peu plus de quatre (4) mois. Quinze mois après le lancement des travaux, le constat est amer. Le matériel de pointe devant servir à la construction du barrage tarde toujours à venir alors que la société Russe a engrangé neuf milliards de FCFA sur le contrat.
Sept mois de retard, phase zéro et pas de matériels de pointe en vue sur le site, telle est la conclusion du bureau de contrôle à l’issue de son évaluation à la date butoir du 30 août où en principe tout le matériel devait être acheminé sur le terrain, conformément aux engagements pris par les responsables de l’entreprise Russe. Ce projet dont la pose de la première pierre s’est déroulée en août 2008 par le Président Mamadou Tandja et dont les travaux ont été effectivement lancés le 23 mai 2011 par le Président de la République Issoufou Mahamadou, après une mobilisation conséquente de fonds, tarde à se mettre véritablement sur les rails.
Les experts qui étaient sur le terrain à la fin du mois d’août 2012 ont constaté que le retard dans l’exécution des travaux s’est encore creusé, passant de quatre (4) mois à sept (sept) mois. Déjà le 1er mars 2012, lors de sa visite sur le terrain à Kandadji, le Président Issoufou Mahamadou avait fait le même constat, du moins sur l’axe du barrage confié à l’entreprise russe ZARUBEZHVODSTROY. «Je tiens à ce que le délai d’exécution de 57 mois soit respecté », avait martelé le Président Issoufou en colère face aux responsables de l’entreprise qu’il a sommé de prendre toutes les dispositions pour rattraper le retard accusé.
Sept (7) mois après cette visite du Président de la République, les choses n’ont fondamentalement pas bougé. Les instruments de pointe nécessaire au démarrage du grand chantier tardent encore à venir. Pas de station moderne de concassage de matériaux. Pas non plus de bétonnière à la hauteur de la tâche. Les promesses faites par l’entreprise russe n’ont pas été tenues, faisant creuser le retard de trois mois de plus. La société russe qui a encaissé neuf (9) milliards de FCFA sur le contrat n’a pas pu acheminer tout son matériel après 15 mois de lancement des travaux. Une situation qui risque de compromettre le projet Kandadji tant dans la durée de son exécution que dans la qualité de l’ouvrage.
Des piétinements qui ne s’expliquent pas au vu de l’avance significative dont a bénéficié la société russe à qui il est accordé beaucoup de facilité dans l’exécution des travaux en raison de l’intérêt que le Chef de l’Etat accorde à cet ambitieux projet qui a tant fait rêver les nigériens. Pour rappel, le Programme Kandadji de Régénération des Ecosystèmes et de mise en Valeur de la Vallée du Niger comporte trois sites à savoir le site d’aménagement d’un périmètre de 1700ha à Gabou, le site de réinstallation des personnes à déplacer et l’axe même du barrage en tant que tel.
Si au cours de sa visite du 1er mars 2012, le Président Issoufou Mahamadou avait marqué sa satisfaction par rapport à l’exécution des travaux démarré en septembre 2011 sur le périmètre de 1700ha en aval du barrage, confiés à l’entreprise chinoise CGC et qui concernent le terrassement et le génie civil, la construction et l’équipement des stations de pompage, prévus pour une durée de 22 à 26 mois et financés par la BOAD et l’Etat du Niger à plus de 13 milliards de francs CFA, avec déjà un taux d’exécution de 27% en mars, pour les travaux du barrage proprement dit, c’était la grosse déception.
Une déception qui a conduit le Chef de l’Etat à sortir de sa réserve et à instruire toutes les composantes des travaux de ce barrage à se déployer pour tenir le pari dans les délais. Mais manifestement, l’entreprise russe n’en a cure! Les fausses promesses s’accumulent, comme si l’entreprise russe ZARUBEZHVODSTROY traîne sciemment les pas, peutêtre pour conduire l’Etat nigérien à résilier le contrat et ouvrir ainsi un contentieux qui risque d’être préjudiciable à ce projet si cher aux nigériens et au Président de la République qui a déployé toute son énergie dans la mobilisation des ressources financières nécessaires à la concrétisation de ce projet.
Au coeur de l’ambitieux «programme de la Renaissance», le Programme Kandadji de Régénération des Ecosystèmes et de mise en Valeur de la Vallée du Niger, permettra l’augmentation de la productivité agricole et pastorale grâce à l’approvisionnement régulier en eau; la récupération de sols productifs dans la zone de marnage; l’augmentation des rendements de pêche dans le réservoir; un meilleur approvisionnement en intrants et un accès amélioré des produits agricoles, d’élevage et de pêche aux marchés grâce à la présence de la route sur la crête du barrage.
C’est donc un instrument stratégique de l’initiative ‘’3N’’ du Président Issoufou Mahamadou qui est en train de prendre de l’eau et qui mérite, avec un tel retard, que le Chef de l’Etat redouble de vigilance face à ces piétinements sur le planning des travaux qui ne s’expliquent pas et qui risquent d’émousser l’ardeur des bailleurs de fonds qui accompagnent le projet dans la mobilisation des ressources financières.

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