Réduction des prix des hydrocarbures à la pompe : L’espoir est permis
- Écrit par Yahaya Garba (La Roue de l’Histoire N°630 du 19 Septembre 2012)
Depuis l’inauguration de la Société de Raffinerie de Zinder (SORAZ), le 28 novembre 2011, les nigériens ne cessent de réclamer, à juste titre, une baisse des prix à la pompe des hydrocarbures.
Les milieux des syndicats des transporteurs, les acteurs de la société civile nigérienne, estiment que les prix sont exorbitants pendant que le gouvernement cherche les voies et moyens de répondre à cette sollicitation légitime. Une lueur d’espoir est entrain de se pointer à l’horizon à travers la récente visite du Chef de l’Etat en Chine, ouvrant la voie à l’éventualité d’une baisse du prix à la pompe si les négociations engagées dans ce sens aboutissent à des résultats probants. Pour le gouvernement, fixés à la suite d’un laborieux et minutieux processus, les prix des hydrocarbures étaient raisonnables.
En effet, ces prix, expliquait-on au niveau du gouvernement, avaient tenu compte du coût de la raffinerie, un coût mal négocié en son temps, et qui s’ élève à la bagatelle somme de 980 millions de dollars US. Une lourde dette contractée auprès de EXIM-BANK dont il faut éponger sur une période de dix ans. Sans compter les conditions d’exploitation, de raffinage, de transport et d’exploitation extrêmement difficiles. L’on se rappelle que aussitôt les nouvelles autorités en charge du ministère du Pétrole installées, elles vont se lancer dans un processus d’expertise afin d’évaluer les coûts de la raffinerie et permettre ainsi aux Nigériens de bénéficier d’un prix raisonnable à la pompe.
Le Ministre du Pétrole Foumakoye Gado conduira trois audits à cet effet, donnant une base de travail qui permettra de fixer, sur la base d’un calcul scientifiquement mené, les prix des hydrocarbures, au départ au niveau de la SORAZ à respectivement 336 FCFA pour le super sans plomb, 348 FCFA le litre du gasoil et la bouteille de 12 litres de gaz butane à 1500FCFA. Une fois acheminés par la SONIDEP, seule société habilitée à commercialiser les produits pétroliers nigériens, en intégrant les différentes taxes, les prix seront respectivement de 570F le litre d’essence, 577F le litre du gasoil et 3700F la bouteille de gaz de 12kg.
Ces propositions, effectivement entérinées au cours d’un Conseil des ministres, demeurent encore en application depuis l’inauguration de la raffinerie. Le gouvernement estime que c’est là un prix consensuel qui permettra aux Nigériens de s’acquitter des dettes contractées dans la construction de la raffinerie dans les meilleurs délais. Toujours est-il que le ministère du Pétrole continue encore à explorer d’autres voies en vue de créer les conditions d’une baisse des prix des hydrocarbures à la pompe. Récemment encore, à l’occasion de la visite du Président Issoufou Mahamadou en Chine populaire, le dossier du pétrole était au centre des débats, avec l’alternative du rachat des dettes par EXIMBANK sur une période de 20 ans au lieu de 10.
Il y a aussi le projet de nationalisation du personnel de la SORAZ qui va réduire substantiellement les charges salariales. Il faut dire que si cette procédure aboutit, nul doute que le ministère du Pétrole aura créé les conditions pour le ministère du Commerce de fixer un prix abordable tel que souhaité par les Nigériens. En effet, dans ce dossier de pétrole, au niveau national, trois niveaux se dégagent : le ministère du Pétrole, les sociétés sous sa tutelle (SORAZ, SONIDEP) et le ministère du Commerce. Si le premier se charge de tous les aspects techniques relatifs à la question des hydrocarbures, il revient au ministère du Commerce, sur la base des expertises fournies, de fixer le prix du pétrole à la pompe.
Bien entendu, la question étant très sensible, au niveau du gouvernement, le dossier est suivi avec beaucoup d’intérêt pour que le Niger et son peuple bénéficient, dans la quiétude, des retombées du pétrole.

Commentaires
Pourquoi le rachat des dettes de la SORAZ par une banque ??????
Un autre danger, car si ya rachat l'interet et la durée augmentent. On ne va jamais profiter. Pour moi, c'est de garder la meme durée ( 10 ans ) et le pays profitera après. Mais si ya rachat par une banque, meme si le prix est bas, mais le pays ne va pas avancer comme un pays qui a du petrole. Et encors c'est les gens qui vont profiter de la banque pour ce dossier de rachat et non le pays.