yt-banner1

Affaire Sahel Airlines L’ombre et la lumière

Note utilisateur:  / 0
MauvaisTrès bien 

Vraisemblablement, la société Sahel Airlines va retomber dans le creux de la vague.

Sortie des ténèbres où l’a projetée la gestion calamiteuse d’un homme dont le personnel a de bonnes raisons de redouter le retour, Sahel Airlines traverse actuellement une crise sans précédent qui conduira inéluctablement à sa liquidation. Une fin non surprenante pour bon nombre de partenaires (banques, agences de voyage, etc.) ayant eu maille dans un passé proche avec la société de Hassan Mohamed Kamal.

2007. Hassan Mohamed Kamal, visiblement éreinté par les difficultés inextricables dans lesquelles végète l’agence de voyages dont il est le directeur général, jette l’éponge. Il y avait de quoi. Il traîne une lourde ardoise de 1 094 373 675 FCFA répartis entre des créanciers qui, las de patienter, envisagent de recouvrer leurs créances par d’autres voies plus autorisées. ECOBANK, Beïtoul Islam, entres autres, menaçaient de recourir à la voie judiciaire pour entrer dans leurs droits. Hassan Kamal, qui se demandait bien comment finirait cette affaire, décide de s’éclipser.

Telle l’hirondelle une fois le printemps terminé, il s’efface, quitte Niamey pour des horizons plus tranquilles et laisse la gestion des problèmes à un de ses collaborateurs et associés, en la personne de Abdoul Aziz Larabou. Il s’informe toutefois, à distance, sur l’évolution des choses. Une gageure pour le jeune Larabou ? Tout porte à le croire, car dès le 5 juin 2012, le nouveau directeur général reçoit les premières secousses. Le directeur général d’ECOBANK lui écrit pour l’informer que devant leur incapacité à tenir les engagements qu’ils ont volontairement souscrits, la banque se voit dans l’obligation de procéder à la réalisation de l’immeuble abritant le siège social qu’ils ont affecté en garantie de leurs engagements.

Et le 12 juin, l’avertissement est suivi d’effet avec une sommation à payer adressée par voie d’huissier. Une sommation à laquelle Abdoul Aziz Larabou répond le lendemain, 13 juin, par une missive dans laquelle il rappelle les difficultés de trésorerie de la compagnie et propose un règlement à l’amiable. Sur les 372 366 227 FCFA, il s’engage à payer, comme gage de sa bonne volonté, un montant de cinq millions dès le vendredi 20 juin, 500 000 FCFA au minimum chaque fin de mois et l’intégralité du montant restant après les opérations du hadj 2008. Comme pour ne rien arranger, le 13 octobre 2008, l’agence Beïtoul Islam enfonce le clou. Elle réclame, par voie de justice, le paiement de sa créance de 167 000 000 FCFA.

Beïtoul Islam, par le biais de son avocat, notifiait, notamment, au président du tribunal de grande instance hors classe de Niamey « qu’il est prouvé que c’est par mauvaise foi que Sahel Airlines refuse de payer sa dette ». Il demande alors au président du tribunal « de bien vouloir l’autoriser à pratiquer saisies conservatoires sur les créances appartenant à Sahel Airlines auprès des institutions financières ». Requête à laquelle le président du tribunal répond favorablement et autorise Beïtoul Islam à pratiquer une saisie conservatoire sur les comptes bancaires que possède Sahel Airlines. Le 17 octobre, l’huissier de justice notifie à la Banque commerciale du Niger (BCN) la saisie conservatoire de créance.

Réponse de la BCN : le compte du client enregistre un solde débiteur de 177 586 033 FCFA à la date de la saisie. Entre temps, ECOBANK emprunte aussi le chemin de Beïtoul Islam et se voit délivrer une autorisation de saisie conservatoire. De ce trou, Abdoul Aziz Larabou va manoeuvrer dur pour se sortir d’affaire. Avec ECOBANK, notamment, il signera, le 12 mai 2009, devant le tribunal, une conciliation judiciaire qui l’oblige à faire des versements trimestriels de 15 millions jusqu’à l’apurement intégral de la dette. En cas de non-paiement intégral d’un seul versement à son échéance, Sahel Airlines est définitivement enterrée. Ce chemin de croix, Abdoul Aziz Larabou le fera sans Hassan Kamal qui est visiblement passé à autre chose, quelque part dans la vaste et douce Afrique.

Un véritable parcours de combattant ! Sur 1 094 373 675 FCFA de dettes en 2007, Sahel Airlines ne doit plus,à la date du 31 juillet 2012, que 134 903 900 FCFA dont 11 693 400 FCFA pour Beïtoul Islam. Mieux, la situation financière globale de Sahel Airlines s’est nettement améliorée, passant d’un compte d’exploitation négatif à un compte d’exploitation positif. A la date du 31 juillet toujours, la situation financière réelle de Sahel Airlines fait ressortir des créances de l’ordre de 938 785 747 FCFA contre 394 558 123 FCFA de dettes. Une aubaine pour Hassan Kamal, l’abonné absent, qui refait surface et revendique « sa place » de directeur général.

Un bras de fer s’engage entre des actionnaires qui n’ont aucune confiance dans la gestion d’un directeur général dont ils connaissent les méthodes et un Hassan Kamal qui s’accroche à une société qui, apparemment, a vécu. Hassan Kamal, lui-même, y croit-il vraiment ? Probablement, non, sil’on en juge par l’agence de voyages, M.A.K. CIEL, qu’il a créée récemment. Deux, en vérité, l’autre étant Kabo Air Niger. Quant à Abdoul Aziz Larabou et au PCA de Sahel Airlines, ils ont tourné la page et créé Niger Airlines. Pour ces derniers comme pour le personnel, la liquidation de Sahel Airlines s’impose. Dans une lettre datée du 10 octobre adressée à Hassan Kamal, Mayana Balla, directeur des opérations de Sahel Airlines, aborde la question en mettant le sieur Kamal face à la réalité.

Une lettre dont le canard s’est procuré copie et qui est émaillée de questions piquantes. IL est demandé, entre autres, à Kamal si, à sa prise de service, le 1er août 2012, il n’avait pas affirmé devant les 23 employés qu’il était venu pour une transition de quatre mois pour mettre les comptes de la compagnie à zéro, régler les droits légaux et extra-légaux des employés et verser le capital aux différents actionnaires. Il lui était également demandé si les représentants du personnel n’ont pas rencontré, à sa demande, son avocat et même tombé d’accord sur la procédure de paiement des droits extra- légaux ? Un P.V aurait été établi à cet effet ?

C’est en désespoir de cause que le personnel a exigé, lors de son assemblée générale du 12 août 2012, le paiement des droits légaux des employés dans la caution BSP disponible au plus tard le 31 août et la poursuite des négociations sur les droits extra-légaux ainsi que la signature d’un acte notarié sur le principe et les montants convenus. A ces réclamations du personnel, Kamal a fait la sourde oreille, malgré ses intentions et ses engagements de départ. Qu’estce qui explique la volte-face de Hassan Kamal ? Pourquoi et dans l’intérêt de qui souffle-t-il le chaud et le froid ? Y auraient-ils des colosses qui tireraient dans l’ombre les marrons du feu sans se brûler les doigts ?

Les autres actionnaires de Sahel Airlines attendent, eux, de rentrer dans leurs droits et ne cachent pas leur irritation devant la tranquille opposition de cet homme qui pourrait à nouveau s’évanouir dans la nature. Comme avant mais cette fois-ci pour toujours. La terre est vaste.

Commentaires  

 
0 #3 tchigabaa 15-11-2012 08:28
pauvre Niger, avec ces genres de journalistes, tu est encore dans la merde.
Citer
 
 
+1 #2 kare 15-11-2012 08:17
Décidement, nos pseudo journalistes dans leur incapacité à cerner les affaires publiques et privées se permettent d'étaler sur la place publique des conflits d'entreprise qui sont en général régis par le droit des entreprises OHADA. Cultivez vous, ce n'est pas des commérages de quartier la vie d'entreprise... Il y a le tribunal pour ça.
Citer
 
 
0 #1 albarka 14-11-2012 22:31
Non seulement cet article est raciste et xénophobe, mais aussi et surtout il tente de déballer, maladroitement des affaires internes à une société privée que ne relève pas d'affaire d'Etat.
Monsieur le journaliste, si tant est que vous n’êtes pas un simple mercenaire, dites que Mr Kamal est bel et bien natif et de nationalité nigériane avec toute sa famille à Kano, dites aussi que les actionnaires principaux sont des nigérians de Kano, dites aussi que les dettes que vous énoncez çà et là sont créées artificiellemen t par les politiciens corrompus du Niger laissant la société sur les carreaux après des engagements souscrits auprès des banques pour le Hadj, dites aussi que, Sahel Airlines est fondée par Kamal, dites aussi que Kamal est un expert dans l’affrètement des avions ayant fait la fierté des pèlerins et des agences de voyages. Dites seulement l’information sans rien masquer, sans donner l’impression de faire la peau à un citoyen du monde que vous qualifiez de ‘’hirondelle’’.
Citer
 

Ajouter un Commentaire


EN LIGNE

Nous avons 429 invités et aucun membre en ligne