10 Novembre 1987, 10 Novembre 2012, 25 ans après la disparition du Général Seyni Kountché
- Écrit par CAPITAL N° 32
10 Novembre 1987, 10 Novembre 2012, cela fait exactement 25 ans, jour pour jour que disparaissait le Général de Brigade Seyni Kountché.
25 ans au bout desquels les Nigériens sont encore dominés par la nostalgie, de la glorieuse époque du Président, le plus, pour ne pas dire le seul qui a marqué l’histoire sociopolitique du Niger, à travers son charisme et sa rigueur dans la gestion de l’Etat. Deux valeurs intrinsèques propres certes à la gouvernance politique, mais qui ne sont pas accessibles à n’importe qui. Si donc la succession au fauteuil présidentiel est une chose garantie, l’excellence dans la gestion du pouvoir d’Etat reconnu à Kounctché est un oiseau rare qu’aucun des chefs d’Etat d’après lui n’ont réussi, à attraper. Mais sont-ils encore dans la recherche de cet oiseau ou bien ontils capitulé en orientant leurs efforts vers d’autres horizons ?
Nous tenterons de répondre à cette question dans cet hommage que la rédaction de votre journal lui rend. Parler du feu Général Seyni Kounctché revient tout simplement à parler des progrès que le Niger avait réalisés dans le passé au bénéfice desquels ses successeurs se sont enrichis. La gestion de Kountché n’avait rien de miracle ou de mystère comme le pensent certains. Elle est basée sur l’application, non pas d’un vaste et confus programme mais sur un seul postulat « servir d’abord le Niger avant tout ». Ce qui, malheureusement devint difficile pour le reste des mortels dont la plupart se réclament disciples à lui. Conséquemment les tendances vont être changées car la formule de succession devient tellement gênante que ses variables furent inversées.
Désormais c’est le « moi » qui serai le dénominateur commun à tous les pouvoirs qui se succèdent. Ce qui fait que 25 après « le pays est par terre » alors que « ses dirigeants sont débout ». Tel est aujourd’hui le constat amer que l’on peut faire sur les 25ans de gestion de pouvoir d’Etat après la disparition de celui qui a aimé le Niger plus que ses poches. Mais voyons au fond les raisons pour les quelles les Nigériens n’oublient jamais cet homme :
Au plan des infrastructures économiques et urbanistiques :
Pendant son règne Niamey faisait partie des capitales africaines les plus attractives. . A l’époque Niamey était la vraie Njala, propre et luisante le jour comme la nuit. Les ressortissants de certains pays frontaliers y venaient en congé ou en weekend pour se distraire.
Au plan de la crédulité et de l’autorité de l’Etat :
L’autorité de était bien ancrée dans la mentalité des Nigériens de sorte que la rigueur au travail n’était pas un vain mot au sein de notre administration. C’est dans cette logique que l’engagement pris dans son discours à la nation du 15 Avril 1974 a été respecté à savoir le combat contre l’injustice, la corruption et l’indifférence. Grace à sa détermination à combattre ces maux, la chose publique est considérée comme sacrée, car Kountché avait luimême dirigé l’Etat en oubliant ses propres Besoins. Ces mauvaises pratiques qu’il a su combattre sans faiblesse ont refais surface immédiatement après sa mort. Depuis lors ces pratiques sont érigées en règles d’or avec tous les régimes qui se sont succédé avec comme conséquence, le pillage sans pitié des ressources publiques.
Kountché était, en fait la seule et unique chance que le Niger a eu en matière de gouvernance depuis les dépendances, car il est le seul à quitter le pouvoir sans se faire fortune. Ce faisant Il se faisait passer pour modèle avant d’invoquer des discours des valeurs intrinsèques comme le nationalisme et le patriotisme. Son amour pour le Niger l’avait amené à entretenir des inimitiés à l’égard des ennemis des Niger en Afrique et dans le reste du monde. Homme d’Etat pragmatique et courageux kountché agissait plus et parlait moins.
Au plan de la sécurité alimentaire :
C’est pendant son règne que le concept de l’autosuffisance alimentaire a réellement pris forme, à la suite des cycles de familles qui rongeaient le Niger. Ce combat de lutte contre la faim était aussi l’un des engagements pris par le Conseil Militaire Suprême (CMS) au lendemain de la prise du pouvoir. En jurant qu’aucun Nigérien ne mourra de fin, kountché savait que la tache ne lui sera pas facile, mais il comptait pour y faire face « dépenser jusqu’au derniers sous du Budget national ». Cette détermination sans limite fini par triompher sur les multiples années de disettes que le Niger a connu sou son régime.
En conclusion :
Il faut reconnaitre que Kountché est un chef d’Etat exceptionnel dont la gestion n’a pas eu encore d’égale. La rigueur qui le caractérisait avait véritablement manqué à tous ses successeurs. Le goût de l’aventure ils n’ont pu nous l’affadir car il n’y a Aucune liaison entre les discours et les actes. Ne pouvant emprunter la même voie que lui, ils ont opté pour l’inverse. Tous ses disciples ont fini par avouer dans leur comportement qu’ils n’ont rien compris de lui. Sont-ils des mauvais écoliers ? La réponse à cette question est certainement positive, car après sa mort la plupart de ses proches qui ont occupé des hautes fonctions sont devenus aujourd’hui des milliardaires, sans réaliser quelques choses de conséquent au bénéfice de la nation.
Où est donc passé l’enseignement de Kountché ? Partout, sauf là où il doit être. L’inquiétude du Général quand il se demandait alors ce que sera le Niger après sa mort était donc fondée. Et voilà le Niger d’aujourd’hui mon Général : injustice, corruption, indifférence enrichissement illicite, détournement de deniers publics, etc, bref toutes les « maladies » que tu avais éradiquées avant de quitter.

Commentaires
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