Le Niger veut s'acheter un avion présidentiel grâce à Areva, qui dément
- Écrit par Source: AFP/jeuneafrique.com/
Le Niger compte s'acheter un nouvel avion présidentiel avec le concours d'Areva, mais le groupe nucléaire français, qui exploite depuis des décennies l'uranium dans le nord du pays, a démenti le versement d'une aide budgétaire qui suscite la polémique.
Areva a accordé au Niger "une aide budgétaire sans conditions et non ciblée de 17 milliards de FCFA (environ 26 millions d'euros)", a déclaré à l'AFP Zakari Oumarou, président du groupe parlementaire du Parti nigérien pour la démocratie et le socialisme (PNSD, au pouvoir). "Le gouvernement nigérien a alors décidé d'affecter 10 milliards FCFA (15 millions d'euros) pour l'achat d'un avion présidentiel, pour lequel l'Etat nigérien a déjà inscrit 4 milliards FCFA (6 millions d'euros) sur le budget 2013", a-t-il poursuivi, assurant que cet achat est "une nécessité" compte tenu du "poids de l'âge" de l'appareil actuel.
"Les 7 autres milliards FCFA (près de 11 millions d'euros) d'Areva seront affectés à l'achat d'un avion de reconnaissance militaire pour notre armée", a ajouté le député. "Tous ceux qui s'agitent autour de cette affaire font preuve de mauvaise foi", a-t-il lancé, alors qu'une polémique a éclaté sur ce dossier. Mais Areva a démenti avoir versé une telle aide budgétaire. "Il n'y a pas eu de versement de la part du groupe", a assuré une porte-parole, contactée par l'AFP à Paris. Cette controverse survient alors que le gouvernement du président Mahamadou Issoufou a mis récemment Areva sous pression.
Le Niger, qui compte parmi les grands producteurs mondiaux d'uranium mais reste l'un des pays les plus pauvres du monde, a critiqué fin octobre le partenariat historique "très déséquilibré" avec la compagnie, et a réclamé des retombées plus importantes. Concernant l'aide budgétaire évoquée, des députés d'opposition ont dénoncé la manière dont elle a été inscrite au projet de budget 2013, via un simple courrier du ministre de l'Economie à la commission des Finances de l'Assemblée nationale. Certains se demandent aussi s'il s'agit d'une "compensation" d'Areva pour le retard pris dans le chantier de la mine d'uranium géante d'Imouraren (nord), dont l'ouverture a été reportée à fin 2014 selon le groupe, à 2016 selon une source gouvernementale nigérienne.
"bonus"? "Nous nous demandons si ces 17 milliards sont un +bonus+ de la part d'Areva, une compensation au Niger suite à la non-exploitation du gisement d'Imouraren dans les délais, ou si c'est un cadeau au président de la République pour qu'il s'achète un avion", a indiqué Ousseïni Salatou, porte-parole de l'Alliance pour la réconciliation nationale (ARN, opposition). Une telle aide "peut ressembler à de la corruption, ça commence comme ça par de petits cadeaux et cela va voiler la vraie question qui est qu'Areva doit payer notre uranium à son juste prix", a renchéri Abba Hassane, membre d'Alternative espace citoyen, une organisation de la société civile. "Il y a sûrement une contrepartie que nous ignorons et que le peuple nigérien a le droit de savoir", a-t-il tonné.
Dans un communiqué, l'Observatoire du nucléaire, une ONG française, a dénoncé "une manoeuvre de corruption, probablement sur le plan légal et assurément sur le plan moral, par Areva qui entend ainsi perpétuer sa mainmise sur les réserves d'uranium du Niger". L'ONG, dont Areva a rejeté les "allégations mensongères", a interpellé le gouvernement français sur cette affaire. Si des opposants pensent que l'achat d'un nouvel avion serait un "scandale" vu les difficultés du Niger, un responsable de l'aéroport de Niamey a jugé l'appareil actuel "trop fatigué". "Il mérite une place dans un cimetière, le remplacer est une question de vie ou de mort", a-t-il assuré, sous couvert d'anonymat.
L'actuel avion présidentiel, dénommé "Mont Baguezam" (en référence à un sommet du pays, dans le Nord désertique), a été acheté à la fin des années 1970 par l'ancien général-président Seïni Kountché.

Commentaires
Pourquoi certains nigériens n'arrivent pas encore à mettre les intérêts de ce pays au dessus de tout? Pourquoi nos politiciens aiment-ils tellement le pouvoir jusqu'à ignorer les intérêts supérieurs de notre pays? Notre classe politique n'est-elle pas la plus médiocre de la sous-région? Pourquoi cette tendance à la médiocrité?
Pour revenir à l'uranium et à nos ressources du sol et du sous-sol dont parle notre constitution,, pourquoi ceux qui ont écrit la constitution actuelle se taisent-ils courageusement aujourd'hui devant sa violation? Où sont donc tous ces « démocrates » qui voulaient "sauver le Niger de la dictature de TANDJA MAMADOU"? Que font-ils actuellement pour sauver le Niger de l'arrogance des dirigeants d'AREVA?
Aujourd'hui notre pays traverse la période la plus grave de son histoire. Mais ce qui est inquiétant c'est l'incapacité de ceux qui nous dirigent à guider le bateau nigérien dans une mer agitée, en pleine tempête. Sinon comment comprendre cette cacophonie au sommet de l'Etat? Comment comprendre que certains de nos politiciens profitent de cette confusion pour faire des déclarations désordonnées? N'a-t-on une autre manière plus responsable de créer les conditions de mobilisation de nos compatriotes en vu de défendre la patrie menacée? Les salons des responsables politiques ne sont-ils pas les lieux les indiqués pour débattre de telles questions? La rue est -elle le meilleur lieu de débattre de la création d'un gouvernement d' nationale? Ne sommes-nous pas en train de donner aux autres l'image d'un pays sans horizon?
Le Niger n’est-il pas dans des mains, dans lesquelles, il ne devrait pas tomber comme le craignait Tandja ?
A la réalité nous avons collectivement trahi notre pays. Nous avons passé tout le temps défendre la démocratie en ignorant les intérêts supérieurs de notre pays. Et la France nous « aidés » à restaurer la démocratie que nous cherchons. Elle a chassé Tandja du pouvoir pour sauvegarder ses intérêts. Et les restaurateurs de la démocratie ont applaudi. Ils ont récompensé le petit militaire que la France a utilisé en faisant de lui le militaire le plus gradé de notre armée. Pour avoir trahi son pays. Et, par lâcheté tout le monde s’est tu.
Maintenant que le vin est tiré….
Où sommes-nous aujourd’hui ?
Plus grave, incapable d’exiger un minimum auprès de nos « amis » français, nous revenons nous battre, nous insulter pour le partage des miettes que la France a bien voulu nous donner sous forme « d’aide ».
Pauvre nègres qu'ALLAH nous protège de notre lâcheté