RÉÉQUILIBRAGE DU PARTENARIAT Le SG des Mines précise les contours
- Écrit par Seyni Issa (TRANSPARENCE N° 33)
Les Nigériens ont accueilli avec soulagement l'annonce faite récemment par le gouvernement de revoir le partenariat qui lie le Niger au groupe nucléaire civil français Areva dans le cadre de l'exploitation de l'uranium.
Cette volonté de révision du partenariat est guidée par le souci du gouvernement de tirer le maximum de profit de l'exploitation de l'uranium qui dure depuis plus d'une quarantaine d'années. Une exploitation qui ne rapporte hélas pas grand-chose au pays lorsqu'on réalise que les recettes générées par la matière première ne représentent que 5% seulement du budget national. Comment le gouvernement compte-til s'y prendre pour obtenir le rééquilibrage du partenariat ? Le secrétaire général du minis tère des Mines et du développement industriel a apporté quelques éléments de réponses à cette question, la semaine dernière, sur les ondes de la radio nationale.
Il a commencé d'abord par faire ce constat selon lequel "l'uranium sert comme combustible nucléaire et a permis à ce pays partenaire (la France) d'avoir de l'électricité à bon marché et dans des conditions environnementales acceptables". "Nous estimons que nos partenaires ont gagné quelque chose de cette exploitation et de ce partenariat. Nous n'utilisons pas l'uranium en tant que combustible, tout ce que nous gagnons ce sont les recettes tirées de son exploitation", a déploré le secrétaire général des Mines. Et quelles recettes ? Pas grandchose ! "Pendant 40 ans d'exploitation minière, nous avons reçu toutes recettes confondues quelque 560 milliards de francs CFA.
Si vous faites la moyenne, ça fait à peu près 13 à 14 milliards de francs par an. Nous estimons que ce n'est pas suffisant et c'est en ce sens que le Niger estime que le partenariat n'est pas très équilibré", a-t-il révélé. Pendant ce temps, le groupe Areva, lui, a engrangé près de 3000 milliards de francs CFA. Devant ce constat, la révision du partenariat s'impose pour permettre au Niger de mieux tirer bénéfice de l'exploitation de son uranium afin que celle-ci serve à son développement. "Tel est le sens du rééquilibrage que nous souhaitons.
Cela fera bien sûr l'objet de discussions en toute sérénité et en toute transparence avec nos partenaires, et le cadre est fixé par les autorités de la 7e République avec à leur tête le président de la République", a-t-il souligné. Concernant le prix de vente de la matière, il pense que celui-ci n'est qu'un aspect de la revalorisation. "Le rééquilibrage que nous souhaitons, il sera fixé en son temps, à des échéances déterminées, nous renégocierons les prix. Les autorités ont jusqu'ici opté pour un prix fort de l'uranium et jusqu'à preuve du contraire, cette stratégie n'a pas évolué et il y a des conventions qui nous lient à ces sociétés dont certaines arrivent à expiration très prochainement", a indiqué le secrétaire général du ministère des Mines.
"Ce sera l'occasion de remettre les choses sur la table et ça nécessite la révision de nos textes parce que ce sont les instruments juridiques qui nous permettent d'établir nos politiques minières, nos recettes et nos perspectives", at- il ajouté. Selon lui, les autorités sont en train de finaliser la démarche et le moment venu, les Nigériens seront édifiés sur l'ensemble de la panoplie qui sera mise en oeuvre pour que le partenariat soit équilibré. Cet éclairage apporté par le secrétaire général des Mines permet de soutenir que la décision prise par les autorités de la 7e République de réviser le partenariat avec Areva est irréversible. Le soutien des populations à cette décision, qui s'est spontanément manifesté, ne peut que renforcer le gouvernement dans sa détermination à bouleverser l'ordre établi.

Commentaires
Je me demande si tu as lu les messages que tu veux critiquer. En réalité aucun commentaire n'a rejeté les investissements étrangers. Tout ce que les nigériens demandent c'est un peu de respect. Ce n'est pas parce qu'on cherche des investissements que nous devons accepter toutes les humiliations. La France cherche aussi des investissements mais elle fait en sorte que ses citoyens soient respectés.
Est-ce vraiment trop demander que de respecter ce que notre constitution a dit à savoir: les ressources du sol et du sous sol appartiennent au peuple nigérien?
Même la France "pays des libertés, de la démocratie et des droits humains" devrait nous encourager à ne pas violer notre constitution.
C'est la maladie de l'ex-colonisé et surtout des nigériens: tout ce qui vient de l'extérieur est mauvais. La France que nous critiquons ici accepte, elle, tous les investissements , d'où qu'ils viennent considérant que c'est une richesse (même le club de foot de Paris appartient au Quatar).
Pour nous, toute entreprise étrangère est prédatrice. C'est évidemment faux. On ne trouvera jamais des investisseurs qui viendront chez nous pour perdre de l'argent. Toute entreprise est là pour faires des bénéfices...Et les entreprises ne sont pour rien si en 20 ans nous avons multiplié notre population par deux et que nous devons donc diviser le partage des richesse par deux.. Balayons deavnt notre porte avant de critiquer les autres.
Une question et une seule: Est-il vrai que les sociétés étrangères installées chez nous arrosent toute notre classe politique?
Apparemment tout le monde prend sa part et on vend le pays. N'est-ce pas comme ça que le Mali s’est effondré?
QU'ALLAH protège le Niger