AIDE BUDGÉTAIRE D'AREVA À L'ETAT NIGÉRIEN Qui s'agite se sent coupable !
- Écrit par Seïni Issa (Bulletin d’information du ROTAB PCQVP Niger N° 34)

L'onde de choc de la générosité suspecte d'AREVA envers le gouvernement nigérien a eu des répercussions à Paris où le groupe nucléaire a décidé de poursuivre en justice l'Observatoire du nucléaire pour diffamation.
De quoi s'agit-il ? L'affaire remonte à la veille de la clôture de session budgétaire de l'Assemblée nationale nigérienne, en décembre 2012. Alors que les députés s'apprêtaient à adopter le projet de loi des finances de l'année 2013 soumise à leur examen, la Commission des finances de l'institution sera saisie d'une correspondance du ministère des Finances, lui demandant notamment de prendre en compte dans les prévisions budgétaires une aide budgétaire du groupe AREVA chiffrée à 17 milliards de francs CFA. Cette annonce de ressources additionnelles a évidemment suscité des interrogations dans les rangs des députés de l'opposition, qui n'ont pas surtout apprécié la démarche et la signification de cette générosité soudaine du partenaire minier.
Ce qui n'est pas surprenant lorsqu'on sait que le gouvernement a dénoncé quelques semaines plutôt le déséquilibre du partenariat entre le Niger et le groupe français, durant la quarantaine d'années d'exploitation de l'uranium nigérien. Ce déséquilibre n'est pas une vue de l'esprit, il se lit à travers des indications fournies par le ministre des Mines, Omar Hamidou Tchiana, qui a souligné, dans une de ses interventions en Conseil des ministres, que l'uranium ne générait que 5% des recettes du budget de l'Etat durant toute sa période d'exploitation. Le secrétaire général dudit ministère sera plus explicite en notant que la ressource apporte en moyenne entre 13 et 15 milliards de francs CFA par an à l'Etat.
Une recette évidemment dérisoire lorsqu'on la compare à ce que tire AREVA comme bénéfice d'exploitation du minerai. Devant ce constat, le gouvernement a promis naturellement de revoir les choses pour permettre aux populations nigériennes de tirer le maximum de profit de leur ressource. On en était là quand l'aide budgétaire d'AREVA a été annoncée à hauteur de 17 milliards. Lorsqu'on compare les recettes tirées annuellement par le pays de l'exploitation de l'uranium et le volume de l'aide accordée, on réalise évidemment que la marge est importante. Comment AREVA peut subitement décider de donner gracieusement à notre pays une somme que ce dernier ne gagne pas dans le cadre de l'exploitation de la ressource. La question fondamentale est là !
Evidemment, l'idée qui vient immédiatement à l'esprit, c'est qu'AREVA tente de corrompre le gouvernement afin qu'il renonce peut-être à son projet de révision des contrats et toutes autres formes de pressions concernant le démarrage de l'exploitation du gisement d'Imouraren qui est constamment différé. Ce sentiment de corruption dans la démarche est surtout conforté par l'information selon laquelle une bonne partie du don serait affectée à l'achat d'un avion présidentiel. Se sentant pris dans son propre piège, AREVA a rapidement sorti un communiqué pour nier avoir donné de l'argent à l'Etat nigérien. Ce dernier aussi a estimé devoir soutenir son partenaire en publiant à son tour un communiqué pour nier à demi-mot l'effectivité du don, en dépit l'existence des documents l'attestant. Dans quel but les députés de l'opposition peuvent raconter des histoires sur un fait concret sur le quel ils ont discuté ?
Mais si à Niamey, le gouvernement se contente tout simplement de nier la véracité des faits, à Paris par contre AREVA cherche à sortir du bourbier en assignant en justice l'Observatoire nucléaire pour diffamation, alors que l'organisation n'a pas fait que rapporter la vérité. Quelle que soit l'issue du procès, AREVA a dévoilé à travers cette affaire qui sent mauvais un autre visage méconnu de l'opinion.


Commentaires
ALLAH protège le Niger. Amen
POuruqoi est ce que Djori, Baré, et Tandja ont éte debarqué.
pardon, pourquoi est ce que francois hollande intervien militairement au Mali, (quelques km de la mine d'arlit)...?? vraiment arretons de faire semblant q'on est fort. pardon? qui a placé issoufou à la tete du pays? quand meme? et pourquoi???
non, certes l'uranium est dans notre sous sol, mais sa s'arrete la. faut pas exagéré: quand la france à opter pour l'energie uranium à 40%, c'est sur la base d'uranium est au niger + gabon. les centrales nuclaires tournent avec notre uranuim depuis et ca va continuer... pauvre nIger!
Si Issoufou ne fait plus confiance a son propre ministre des mines, qu'est ce qui l'empeche de le limoger et le remplacer par son DIRCAB dans la mesure ou le dossier AREVA semble etre sa priorite. Comment peut il avoir tous les nigeriens derriere lui pour defendre leurs interets et se montrer aussi faible face a AREVA ?