Fait divers: « Sa femme » n’était pas sa femme
- Écrit par KIM (Le Canard déchaîné N°517 du 23 janvier 2012)
Béchir est un sacré veinard. Jeune, beau et riche, il avait un malin plaisir à se faire courtiser. Il aimait les filles et dépensait beaucoup pour elles. Sa technique pour draguer une fille était infaillible. Quand il rencontre une belle fille qui lui plaît, son premier cadeau, ce n'est pas moins de 50 000 f en billets craquants de 5 000 f dans une enveloppe Kaki fermée par un ruban rouge – or que la fille n'ouvrira qu'une fois chez elle.
Puis pendant 4 à 5 jours, il fait semblant de l'oublier. Il l'évite, ne répond pas au téléphone. Quand la fille réussit à fixer un rendezvous, il lui pose un lapin En fait il fait mijoter le coeur jusqu'à maturation et il la cueille comme un fruit mûr. Mais Béchir ne tarda pas à se faire beaucoup d'ennemis tant parmi les filles auxquelles il a brisé les coeurs et jetées comme des citrons pressés que des garçons dont il a arraché des fiancées ou des copines. Sentant le danger venir dans cette petite ville o^il exerçait le métier de transitaire, il préféra quitter pour s'installer à Niamey dans une coquelle villa qu'il louait à 70 000 francs CFA le mois.
C'est là qu'un samedi matin, il vit débarquer Rabia, splendide dans sa robe multicolore ç fleurs roses et blanches. C'était une de ces rares nanas qui lui avait résisté. Il l'avait aimé à la folie mais elle était restée de marbre presque insensible à son argent et à son allure de dandy. Il avait tout fait pour l'amener dans sa chambre mais en vain. Elle avait même refusé la superbe moto qu'il lui avait offerte. Une vraie femme de caractère. Voilà maintenant qu'elle venait d'elle-même dans sa tanière Mais Béchir ignorait pourquoi elle était là.
Rabia venait de fuir le village, la nuit même de ses noces laissant sa famille, ses amies et celui qui devait être son mari, dans le désarroi le plus total. Pendant qu'on la cherchait partout pour la conduire dans la chambre nuptiale de son cousin de mari, elle s'envolait vers un vieil amour pour se consoler. En voulant éviter le piège que lui tendait Béchir, elle était tombée dans celui de ses parents Un mariage forcé au 21ème sicle ! Elle n'en voulut pas. Elle préféra celui qu'il avait réellement aimé en cachette, celui pour qui son coeur avait tant vibré : Béchir. Elle préféra le concubinage au mariage protecteur.
Tout les gens du quartier savaient que Rabia n'était pas la femme de Béchir. Et c'est sans surprise, qu'ils apprirent que ce dernier l'avait chassée de la maison. Elle était enceinte de trois mois. Comme quoi, 1''tiens'' vaut mieux que 2 ''tu l'auras'' ?
