Fait divers: La folle retrouvaille
- Écrit par OUMAROU (LE COURRIER N° 205 DU 25 AVRIL 2012)
Pour dire de quelqu'un qu'il ressemble à son père, on a coutume d'utiliser la formule " tel père, tel fils ". Dans l'histoire qui va suivre, c'est à peu à près la même chose. Sauf qu'ici, il s'agit d'un homme et de sa fiancée, tous les deux dans le même " habit ", ou disons dans la même honte, au même moment et au même endroit.
Pour Saley, c'est l'homme qui a peur, sinon il n'y a rien. Quel drame y-a-t-il de s'amuser un peu, de surcroît quand on ne court pratiquement aucun risque de tomber sur un oeil indiscret. D'ailleurs, qui peutil craindre de rencontrer dans un endroit aussi désagréable si ce n'est sa fiancée Maimouna. Et elle, est pratiquement à 1000 kilomètres de là où il se trouve, du moins, c'est ce qu'il croit. Lorsque donc Saley a négocié sa passe dans Djonké, ce coin obscur de la capitale béninoise, il était loin de s'imaginer là où son péché le menait. Tout droit dans le mur ! Le mensonge ne conduit nulle part que dans la merde.
En effet, Saley avait menti à sa Maimouna, et vice versa. Pour Saley, sa dulcinée serait à Agadez en train de peaufiner quelques détails de leur mariage. Tandis que, Maimouna, de son côté scrutait le retour de son " cavalier " de sa mission au pays des hommes intègres. C'était leur dernière communication, celle de deux tourtereaux, une semaine après le voyage de Maimouna sur Agadez et un jour avant l'embarquement de Saley à Ouagadougou. Puis trois jours après cette tendre communication, tout va se mélanger. Comme par enchantement, voilà, au même moment, Maimouna à Cotonou et Saley à Cototrou (autre appellation de la capitale béninoise quand ses rues étaient parsemées de nids de poule).
Et comme la honte tenait ce jour d'Avril 2012 à être dans son bel habit, voilà les deux amoureux dans la même saleté de Djonké, dans le même hôtel, le fiancé dans le rôle de " l'acheteur " et la fiancée dans le rôle de " la vendeuse ". Qui, entre les deux, qui était arrivé le premier sur le lieu ? Gros point d'interrogation. Tout ce dont Saley se souvient, il avait négocié son " service " auprès d'une dame qu'il connait bien grâce à un indicateur, et quelques minutes après, c'est sa dulcinée Maïmouna qui se tenait devant lui dans la chambre qui lui avait été affectée. Et c'est la folle retrouvaille ! Comment d'Agadez, Maimouna s'était-elle transportée dans cette saleté de Djonké ? Comment de Ouaga, Saley s'était-il retrouvé à Cotonou ?
Ils n'ont pas eu le temps d'aller à la moindre explication. L'infortuné fiancé prit sa part de honte sur sa tête et s'en alla. Tandis que, Maimouna est restée, quelques minutes, dans la maudite chambre, clouée, par sa honte à elle. La suite, vous pouvez l'imaginer. C'est logiquement la fin des fiançailles. Et c'est ce qui fut au grand étonnement des familles et des amis de deux amoureux. Finalement, les raisons de la rupture se surent. Qui, des deux protagonistes, a vendu la mèche ? On dira sans doute que c'est l'homme qui a fini par cracher le morceau. Pourtant c'est Maimouna, elle-même, qui a conté son histoire. Un repentir ?

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Commentaires
Le souffle
d'une pensée,
le son de la
neige qui
chante le matin,
l'amour, la
poésie, la tendre
lumière d'une
aube enchantée...
Francesco Sinibaldi
la coincidence est de trop
FATIR (LE CRÉATEUR) Verset 43.