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Remaniement ministériel Quels sont les Ministres donnés partants ?

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Ce n’est  pas la première fois que des rumeurs persistantes de remaniement ministériel courent  les rues, depuis l’arrivée au pouvoir   des autorités de la 7ème République. Mais cette fois ci, les choses semblent sérieuses.

 

 

C’est en effet une option de plus en plus plausible, du moins selon les personnalités ayant pris part, ou qui ont eu vent des échanges que le Président de la République a eu a Tahoua.

Que reproche t-on à l’actuelle équipe ?

On pense en effet que cette équipe gouvernementale ne peut plus engager les Nigériens dans le programme de renaissance du Président Issoufou. Elle manquerait, aux dires de nombreux observateurs non seulement du punch et d’engagement mais serait en plus « essoufflée ». A Tahoua, les militants l’ont dit et ils ont décrit leur amertume et leur déception, relativement à ce qui se passe. Et le Président de la République a semblé leur dire qu’il les a entendus….

Mais l’attente et le désir du remaniement ne se ressentirait pas qu’au PNDS. Lumana, le principal allié, le parti de Hama Amadou, semble tout aussi acquis au remaniement. Selon des sources concordantes, à Lumana on serait même pressé pour ce remaniement.

Mais, il va sans dire que ce remaniement reste de la seule discrétion du Président de la République, dans la mesure où, ni Brigi, ni aucun ministre ne démissionnera de lui-même pour le provoquer ou l’imposer.

Le Chef de l’Etat va consulter. Il doit  consulter sa mouvance et son propre parti.

Sera-t-il entendu ? Ce n’est pas évident. La plupart des Ministres du PNDS (parti du Président de la République) sont membres du cercle restreint des prises des décisions du  parti : Bazoum, le Ministre d’Etat, Ministre des Affaires Etrangères, Président par intérim du parti ; Foumakoye, le Ministre du Pétrole, ami de longue du Président de la République ; Karidjo, le Ministre de la Défense membre fondateur du partir, fondateur du Lycee Alheri dont les locaux avaient abritée les toutes premières rés de création du PNDS ; Gilles Baillet le nouveau Ministre des finances, éminence grise en ce qui concerne les questions des finances et fidele parmi les fideles...

Le cas des autres

Même s’ils ne font pas parti du cercle des décideurs, le Ministre Ousmane de l’élevage est, à ce qu’il parait, inamovible ; Ibrahim Yacouba est un « obligé » de la société civile que Issoufou a intégré au gouvernement. Le Ministre de l’Equipement, un technocrate avéré qui vient d’être appelé et qui ne semble pas manquer de poigne…

Alors pour qui sonnera le glas ?

Le seul ministre de l’Agriculture qui ne serait pas un militant type du PNDS ou la Ministre de l’Education Nationale ?

Mais, ferait-on un remaniement pour dégager éventuellement les seuls ministres de l’éducation et de l’agriculture ? C’est possible. Ces 2 départements sont parmi les secteurs extrêmement importants du programme du Président de la République. Et ces 2 Ministres ne sont pas de ceux qui donnent le plus de fierté aux militants du PNDS. Au contraire,  la Ministre de l’éducation a fait et fait toujours objet de beaucoup de récriminations de la part des militants PNDS, trop nombreux dans le secteur.

Comment se porte la vision « l’Ecole Obligatoire jusqu’à l’âge de 16 ans » ?  Personne ne peut le dire. Ou personne ne voit réellement ce qui s’y passe en vue de l’atteinte de cet objectif ambitieux du président de la république.

Comment se porte « I3N » ? Des investissements importants ont été consentis ; des actions ont été entreprises ; des résultats engrangés. Mais la visibilité est presque nulle du fait de la personnalité du ministre en charge du secteur. Le charisme et la force de conviction sont importants même pour un Ministre technique.

Au total et au bas mot, le PNDS acceptera de remercier quelques ministres ; non pas parce qu’ils auraient démérité, mais parce qu’il faut du souffle et une nouvelle dynamique dans ce gouvernement trop atone.

Il faut attendre de voir

Car lorsqu’on se rappelle qu’Issoufou a pu extirper son grand frère Kalla Ankarao et son ami et « pays » Ouhoumoudou du gouvernement, on peut faire foi a sa capacité de « toucher » y compris aux dirigeants « historique ». Encore qu’il était plus facile de toucher à un ministre dont toute l’opinion réclame la tête ; mieux un ministre dont la présence dans l’attelage pourrait compromettre toute la baraque.

Les choses seraient plus simples pour Hama Amadou du MODEN Lumana.

Il ne compterait que quelques « intouchables » : Sanda Soumana, Ladan Tchana, Youba Diallo. Même Issoufou Issaka serait très important dans la vie du Lumana ; il aurait été l’un des principaux bailleurs…

Le Lumana sacrifiera donc Bako le ministre de l’urbanisme avec plus ou moins du plaisir. Niamey Niala, le programme des logements sociaux du président ne se porteraient que mieux.  Il faut dire que les programmes dans ce secteur ont du plomb dans les ailes. Or Niamey doit changer de visage. La classe moyenne doit être logée. C’est un souci majeur du socialiste Président de la République.

Le Président et le PM ne demanderaient pas plus de sacrifice au Lumana quand eux-mêmes n’en ont consenti que 2 têtes.

Comme le Président de la République, Hama a démontré par le passé toute sa capacité à s’imposer dans son équipe, y compris quand cela fait mal. Saura-t-il le faire cette fois ? Mais il faut tout de même se rappeler le cas Tchana qu’il n’a pas encore fini de gérer.

Quant à l’ANDP, le RDA, le RSD, etc. ils ne feraient pas de la résistance.

La raison la plus évidente est qu’ils ne comptent pas beaucoup de ministres dans ce gouvernement. Aussi leurs ministres respectifs ne sont pas aussi incontournables dans leurs partis. Mieux, beaucoup de militants souhaiteraient une rebelote.

Le Président respectera les choix des leaders de ces partis, particulièrement l’ANDP pour lequel il ne cesse jamais de renouveler des marques de reconnaissance. Il est reconnaissant et prévenant. Mais cela n’ira pas jusqu'à l’acceptation des gens comme Ben Omar au gouvernement. Le RDP lui-même ne le demandera pas. Surtout pas maintenant que le député, très influent de ce parti, ne cache pas son hostilité aux principaux dirigeants du PNDS.

Comme le PR, Hama a démontré par le passé toute sa capacité à s’imposer dans son équipe, y compris quand cela fait mal. Saura-t-il le faire cette fois ? Mais il faut tout de même se rappeler le cas Tchana qu’il n’a pas encore fini de gérer.

Le Président défendrait-il le Ministre de la Justice ? On ne connait pas encore des problèmes majeurs avec ce secteur. Mais Marou avait-il pour mission de garder le statu quo et d’assurer la quiétude des juges ? Non. Mettre les juges à l’abri de toutes les tentations oui. Etre exigeant aussi avec eux. Or aujourd’hui ce sont les juges qui s’imposent sur ce Ministre qui manquerait de légitimité en leurs yeux. Rien n’a véritablement changé dans ce secteur. Pire, le séjour de Marou dans ce ministère a légitimé toutes les bêtises dénoncées dans le secteur. La désillusion de ceux qui voudraient reformer la justice est si violente qu’on a l’impression que tous se gênent même d’évoquer le sujet.

Et le Ministre de l’intérieur ? Survivrait-il à un remaniement ? Ce serait une mauvaise idée de le laisser à sa place.  En tout cas il ne faudrait pas le laisser tout seul dans ce ministère trop stratégique.

Comment redynamiser les Ministères de la Formation Professionnelle ? Celui du Tourisme ? Le ministère de la population ?

Ces quelques retouches, même minimales, redonneraient plus d’entrain au gouvernement. On n’aurait pas besoin d’une refonte à 50% minimum comme les voudraient certains.

Aujourd’hui il s’agirait plus d’une correction, d’un recadrage plus ou moins volontaire.

Le Président de la République aura-t-il le choix de surseoir à ce remaniement, aura-t-il le loisir de le retarder indéfiniment? La réponse stratégiquement est Non. Car le remaniement n’est pas  un luxe, un choix, une option, une alternative que se permettront ou pas les partis. Le remaniement est une nécessité. Il est  commandé par le climat politique et social qui prévaut  ainsi que les défis énormes auxquels sont confrontés les Nigériens.

Il faut une équipe non seulement compétente mais une équipe capable de mobiliser les citoyens derrière elle. L’équipe actuelle (quelques soient les causes) ne soulève pas beaucoup d’enthousiasme même chez les militants MRN. Or il faudrait de l’enthousiasme pour bouger les montagnes du programme du Président de la République. Il faut des militants politiquement engagés et convaincus pour bouger les lignes de la corruption, de l’immobilisme, de la mort qui menace le service public... Il faut des gens capables de se sacrifier et non pas des gens pressées de s’enrichir. Il faut des gens qui n’aient pas peur, des gens qui aient le sens de l’honneur, des gens qui n’oublient jamais la confiance placée en eux et la symbolique de la mission dont ils ont la charge ; ceux qui ne se prévalent pas de la seule légitimité militante, ethnico-parentale ou régionale.

De là, l’équation posée a tous se résumera à : compétences techniques et managériales mais aussi engagement et loyauté. Et c’est la chose la plus difficilement acceptable par les partis, partis plus prompts a se plaindre des postes ou des marches qu’ils n’auraient pas « eus » que de toute autre chose.

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