TRANSITION MILITAIRE AU NIGER: LE GÉNÉRAL SALOU FAIT LE POINT..."PAR NATURE, JE NE SUIS PAS SENSIBLE AU CULTE DE LA PERSONNALITÉ" DÉCLARE LE GÉNÉRAL SALOU DJIBO!!!
- Écrit par Interview réalisée par Apollo Issa Boubé Tamtaminfo

C’est cet homme humble qui passera à l’action quand la démocratie fut mise à mal par le Tazartché qu’il assimila à de la haute trahison dans sa première adresse à la nation et au monde. Fin stratège et conciliateur, soucieux de la cohésion de son groupe et de la réussite de la grande entreprise engagée avec ses camarades, Salou Djibo accepta de ménager l’ancien régime. L’opinion commença à douter de la transition.
Aujourd’hui le soldat rigoureux imprime ses marques : la transition sera de 12 mois, les textes fondamentaux sont élaborés et marquent la volonté d’assainir la scène politique, les audits et inspections sont diligentés dans tous les grands secteurs pour assainir la gestion, le CRSD refuse de faire le sale boulot de la disqualification arbitraire, etc.
Depuis quelques semaines, au-delà des discours unanimes sur l’assainissement, Salou Djibo posent des actes concrets qui sonnent le glas de l’unanimité apparente. Et le soldat « tient les positions ».
Tamtaminfo : Monsieur le Président comment gérez-vous vos nouvelles charges, votre temps ?
Général de Corps d’Armée Djibo Salou : Comme un officier qui est chef de l’Etat, père de famille, cela fait donc trois responsabilités qu’il faut assumer : gérer l’armée, gérer le pays et m’occuper de ma famille.
Auriez-vous des moments de détente ?
Bien sûr, mais je n’en ai pas beaucoup. Mais je trouve le temps de me détendre un peu, en me consacrant à faire de la lecture, à regarder la télévision et, de fois, j’arrivais même à avoir un petit temps pour faire du sport.
Le coup d’Etat que vous avez réussi, a été salué par l’essentiel de l’opinion nationale et les partenaires du Niger. Face au Tazartché, est-ce c’était vraiment la seule solution qui restait à l’armée?
S.D: Vous savez, il y avait un choix à faire. Soit rester les bras croisés, soit mettre un terme à la dérive du pays. Puisque les différentes tentatives de règlement pacifique de la crise institutionnelle avaient échoué, il ne nous restait plus que l’action. C’est ce que nous avons fait le 18 février 2010.
Les officiers de l’armée avaient-ils attiré l’attention du régime sur la nécessité de renoncer à la violation de loi ?
S.D: Bien sûr, certains l’avaient fait, sans succès.
On sait qu’il y avait risque à dissuader les tenants de la violation de la constitution. Il semblerait même que certains officiers n’étaient plus en odeur de sainteté puisqu’ils étaient, à tort ou à raison, suspectés de résistance au Tazartché. Etait-il vrai que certains d’entre vous, allaient faire le frais de cette suspicion, si le conseil des ministres du 18 Février avait abouti?
S.D: Je ne le sais pas, et dans tous les cas, ce n’est pas pour cette raison que nous avons agi. Nous sommes intervenus pour arrêter la destruction des institutions démocratiques et républicaines.
Connaissiez-vous le Président Tandja avant le 18 février ?
S.D: Bien sûr, je le connaissais en tant qu’officier des forces armées nigériennes et en tant que Président de la République du Niger.
Aujourd’hui, les actes posés par la transition sont salués de tous (installation des institutions transitoires, la durée de la transition à 12 mois, votre volonté d’assainir les mœurs politiques et la gestion économique et financière, etc.). Etes-vous satisfaits du soutien des Nigériens et des amis du Niger pendant ces quatre mois qu’a duré la transition ? Qu’attendez-vous des nigériens et des amis du Niger ?
S.D: J’en suis satisfait et j’en profite de votre micro pour les en remercier, une fois de plus. Cela dit, nous avons encore besoin de ce soutien, non seulement pour parachever la transition démocratique, entreprise engagée le 18 février, mais surtout pour résoudre la crise alimentaire à laquelle nos populations sont confrontées.
Qu’est-ce qui vous tiendrait particulièrement à cœur comme objectif à atteindre pendant cette transition, en plus de la remise du pouvoir aux civils ?
S.D: Je viens de le dire. Résoudre la crise alimentaire et achever la mise en place de nouvelles institutions démocratiques et républicaines.
Vous venez d’évoquer la crise alimentaire. Face à cette situation préoccupante, vous avez ouvert les stocks, vous avez renfloué les magasins, les partenaires vous viennent en aide. Pourrait-on dire que la situation est sous contrôle aujourd’hui ?
S.D: La situation est sous contrôle, mais elle reste grave. L’appui des partenaires et des amis du Niger est plus que jamais nécessaire.
Mon général, Si vous réussissez cette transition, vous rentrerez dans les annales de l’histoire du Niger. Général de Corps d’armée d’une cinquantaine d’années à peine remettant volontairement le pouvoir aux civils, vous serez sollicité pour des médiations et la gestion des crises. Pouvez-vous dire à vos compatriotes et aux internautes à quoi vous comptez consacrer votre temps et votre énergie quand vous aurez remis le pouvoir aux civils?
S.D: J’ai déjà dit que je me tiendrai à la disposition de mon pays. Si je suis sollicité au plan international pour contribuer à la résolution de problèmes, je le ferai avec plaisir.
Avec l’estime et le soutien dont vous jouissez, certains courtisans ne sont pas loin de passer au culte de la personnalité. En êtes-vous conscient ?
S.D: Par nature, je ne suis pas sensible au culte de la personnalité. Avant le 18 février 2010, peu de Nigériens me connaissaient. Et peu de Nigériens avaient entendu parlé de moi. Je ne suis pas du genre que le pouvoir change. Après la transition, et comme prévu, je me retirerai. Si vous connaissez des gens qui font le culte de ma personnalité, dites-leur, de ma part, qu’ils perdent leur temps.
Depuis quelques semaines, même les plus sceptiques commencent à croire à votre volonté d’assainir. L’ Européenne, les USA et nos autres partenaires desserrent l’étau placé depuis le régime Tandja. Mais si vous gagnez en estime unanime à l’extérieur, à l’intérieur d’aucuns n’ont pas accepté l’assainissement politique proposé dans le code électoral, particulièrement la question du niveau d’éducation pour occuper les fonctions parlementaires et présidentielles. Auriez-vous reculé en promulguant une loi transitoire plus souple ?
S.D: Nous n’avons pas reculé. Nous avons simplement tenu compte des réalités de notre pays.
Depuis quelques jours, l’arrestation de certaines personnalités ayant géré les affaires de la nation défraie la chronique. Depuis le sommet de Nice, vous avez affirmé votre volonté de récupérer l’argent de la nation détourné. Etes-vous conscient des résistances fortes qui vous attendent dans ces actions ?
S.D: Bien sûr que nous en sommes conscients, mais nous avons prouvé que la difficulté ne nous effraie pas.
Sur ‘’l’assainissement’’, ne craignez-vous pas de devoir faire face au puissant pouvoir financier, à l’establishment, à la mentalité nigérienne réfractaire aux sanctions, ‘’indulgente’’, conciliante ?
S.D: Nous ne craignons que Dieu. Si vous voulez faire des omelettes et que vous avez peur de casser les œufs, alors vous n’aurez pas d’omelettes. Nous nous sommes donnés une mission d’assainissement que nous accomplirons Incha Allah.
Pourriez-vous rassurer les démocrates quant au traitement judiciaire du dossier concernant l’ancien chef de l’Etat et Monsieur Albadé Abouba?
S.D: Vous savez, le peuple nigérien décidera du traitement de ce dossier.
Suite à votre visite en terre Libyenne, vous avez obtenu du guide libyen la libération de quelques 275 Nigériens détenus, cette action a été saluée par le peuple nigérien. Pourriez-vous nous donner plus de précision sur votre action par rapport au traitement de ce dossier? Et surtout quel est votre sentiment des résultats suite à ces actions?
S.D: En tant que chef de l’Etat, mon devoir est d’intervenir partout où cela est nécessaire et possible pour défendre les intérêts du Niger et des Nigériens. C’est dans ce sens que j’ai fait ce déplacement de Tripoli en Libye. Je profite de votre micro pour remercier les autorités libyennes et en particulier le guide de la grande Jamahiriya, Son Excellence Mouammar Kadhafi.
Vous ne semblez pas vous faire du souci pour une éventuelle amnistie couvrant votre action contre le régime Tandja. Est-ce la conscience de la justesse de votre coup d’Etat, ou la confiance à la démocratie ? Ou bien même les deux à la fois ?
S.D: Comme je vous l’ai dit tout à l’heure, je me tiens à la disposition de mon pays. Si mes compatriotes estiment que je dois rendre des comptes pour l’action entreprise le 18 février 2010, je suis prêt à y répondre.
Mon général, la liberté d'expression, la liberté de la presse, l'indépendance et le pluralisme des médias, la démocratie, la paix et la tolérance sont généralement considérés comme des libertés fondamentales de l'être humain. Au Niger dans le passé, il y a eu des pénalités et sanctions suite à des délits de presse. Quel est votre vision de la presse libre dans un pays comme le Niger?
S.D: La liberté de la presse au Niger n’est plus à démontrer. Pour preuve, nous avons organisé les états généraux de la presse, réouvert la maison de la presse, puis nous avons pris une ordonnance relative à la dépénalisation du délit de presse. Et, de plus en plus, les colonnes des journaux et des antennes des médias publics sont ouvertes à toutes les sensibilités, il reste maintenant aux journalistes de faire preuve de responsabilité et de professionnalisme.
Merci mon général pour la disponibilité que vous manifestez et matérialisez ici pour les internautes. Je vous donne le dernier mot.
S.D: Par rapport aux internautes, sachez que nous sommes ouverts aux propositions constructives pour le Niger, et je vous demande donc de nous faire parvenir vos suggestions et vos critiques. Car en tant que nigériens, vous devez vous aussi participer à l’œuvre de restauration de la démocratie au Niger.

Posté à 2012-02-17 09:30:24
Tu as roaisn Epo, il faut que ca reste une soiree Kozy ( oui alors donc c'etait tout droit, c'est ca et apres le panneau lumineux, ca marche ! )

Posté à 2012-02-17 09:29:55
Tu as roaisn Epo, il faut que ca reste une soiree Kozy ( oui alors donc c'etait tout droit, c'est ca et apres le panneau lumineux, ca marche ! )

Posté à 2012-02-17 09:29:53
Tu as roaisn Epo, il faut que ca reste une soiree Kozy ( oui alors donc c'etait tout droit, c'est ca et apres le panneau lumineux, ca marche ! )

saidou
Posté à 2012-03-04 01:17:23
Le soldat n'a pss agit en son nom mais pour proteger les intérêts français au niger.Pauvre niger de la mendicité!
Répondre au commentaire