MARCHÉS PUBLICS: Zakou Djibo dans la controverse
- Écrit par Ibrahim Elhadj dit Hima (Roue de l’Histoire n° 596)
Que se passe-t-il dans cette équipée aperçue dans le cabinet du Dircab adjoint de la présidence de la République le mercredi 25 janvier 2012 ? Casser l'oeuf comme on dit, faire la lumière complète sur cette spéculation ou plutôt cette sorte de campagne de subversion qui monte sur la question des marchés publics. Boukary Sani Zilly, Amadou Oumarou Maïnassara, Mohamed Rhissa et bien sûr Zakou Djibo dit Zakaï au cabinet de la présidence de la République.
Ce qui est sûr, c'est que cette démarche ne serait pas du tout étrangère à toute cette controverse entretenue sur les marchés publics, polémique centre de laquelle se trouverait le député opérateur économique Zakou Djibo dit Zakaï. Le grand fournisseur des commandes est en difficulté depuis la scandaleuse affaire des faux marchés publics à travers lesquels il a soutiré au trésor public un montant de plus de 1,5 milliards de francs CFA. Depuis, une procédure judiciaire a été ouverte par le gouvernement devant les tribunaux à travers la demande de levée d'immunité de plusieurs présumés auteurs de malversations financières dont Zakou Djibo.
Un malaise sérieux pèse sur l'homme d'affaires qui vient se greffer à une situation de disgrâce dans sa propre formation politique, le MODEN-Lumana qui trouve que Zakou Djibo devient de plus en plus encombrant. Que peut faire le MODENLumana avec l'homme politique Zakou Djibo qui, depuis qu'il est en difficulté, semble s'être installé dans une vaste campagne de subversion contre le régime. Entre la revanche et les intrigues dans les milieux d'affaires, Zakou Djibo joue fort son jeu. La dernière affaire qu'il semble manipuler, le marché de fourniture d'engrais attribué récemment à la société Rimbo Services de Rhissa Mohamed.
Dans les milieux d'affaires en effet, on n'hésite pas à voir la main de Zakou Djibo dans la polémique et les subversions sur ce marché. Il faut rappeler que courant mois de janvier 2012, la centrale d'approvisionnement en intrants et matériels agricoles CAIMA a procédé à la passation d'un marché public pour la fourniture d'une quantité de 10.000 tonnes d'engrais qui doivent renforcer son stock pour faire face aux besoins pressants de la saison des cultures irriguées. Le marché a fait l'objet, le 24 décembre dernier, d'une autorisation de la Direction Générale du Contrôle des Marchés Publics qui doit donner son aval avant toute procédure de lancement.
Depuis le mois de juin 2011, la Centrale d'approvisionnement avait des sérieuses difficultés à faire face à la pression de la demande pour couvrir les besoins d'engrais pour la saison d'hivernage. La dernière subvention accordée par le gouvernement à la CAIMA remonte à l'année 2008 pour l'acquisition d'un stock de 1.200 tonnes d'engrais. Il y a eu par la suite un appui du gouvernement japonais de 8.225 tonnes et de la CEDEAO pour un peu moins de 1.000 tonnes d'engrais. Depuis 2008,
la Centrale a ployé sous d'importantes difficultés pour répondre à la demande d'engrais des différentes campagnes agricoles. Elle devait effectuer son réapprovisionnement sur la base des recettes de la vente de l'engrais dans un contexte de renchérissement lié à l'envolée du prix du pétrole sur le marché mondial qui a une incidence directe sur le transport. Le prix de l'engrais cédé aux paysans est un prix subventionné à 50%. A son entrée en fonction en avril 2011, le gouvernement
actuel qui avait annoncé des grands efforts pour appuyer la production agricole a maintenu le niveau des prix subventionnés et devait faire face à de pressentes interpellations sur la campagne hivernale de 2011, notamment une interpellation le 9 juin 2011 par l'Assemblée Nationale des autorités gouvernementales en charge du secteur agricole sur les dispositions prises pour faire face à la campagne de culture pluviale. Pour sortir de cette pression, la CAIMA a dû racler le fonds de ses recettes pour lancer une commande de 7.000 tonnes d'engrais après une autorisation de la Direction Générale du Contrôle des Marchés Publics la DGCPM. Le marché par
entente direct a été obtenu par la société Rimbo Services. La Centrale devait par la suite attendre que tombent dans son escarcelle quelques appuis des partenaires traditionnels dans le cadre des cultures sèches, mais rien n'est tombé alors qu'on rentre de plain pied dans la campagne des cultures de la saison sèche. Il faut dire que c'est un stock de plusieurs dizaines de milliers de tonnes qui doit être constitué par la CAIMA pour faire face à la demande d'engrais avec surtout l'intensification de la culture irriguée programmée par le gouvernement. Le 24 décembre dernier, lors d'une autre interpellation par l'Assemblée Nationale à sa
dernière session ordinaire, le Ministre de l'agriculture a parlé d'un besoin global qui se chiffre à près de 33.500 tonnes d'engrais pour le plan de la campagne hivernale. Et pour la campagne des cultures irriguées, la CAIMA a exprimé un besoin de 25.000 tonnes d'engrais en direction des partenaires traditionnels du Niger qui n'ont pas encore réagi. Pour sauver les champs de riz de la culture sèche, la Centrale devait encore agir en urgence. Un appel d'offres en consultation restreinte, dans le sens de la procédure d'urgence, a été lancé qui a aussi obtenu le 14 décembre 2012 le ok de la DGCMP pour une livraison de 10.000 tonnes d'engrais.
Sur la liste des candidats au marché, la société Rimbo Services a été retenue sur le marché d'une valeur de 6 milliards de francs CFA. Sur le dossier, il n'y a rien à redire. Il n'y a en effet aucune irrégularité puisque la procédure a fait l'objet d'une autorisation de la DGCMP. Mais dans le cartel des affaires où Zakou Djibo a longtemps prospéré, ce n'est pas la régularité qui constitue la chose la plus importante. Pendant des années au cours desquelles il a brassé les commandes publiques, Zakou Djibo s'est plutôt taillé une réputation dans le montage des faux marchés ou dans la manipulation des livraisons fictives. S'il est maintenant entrain de ruer dans les brancards, cela traduit tout le malaise dans lequel il se trouve : d'énormes difficultés à gagner régulièrement une commande publique et difficultés aussi au sein de sa formation politique.
Et cela aussi explique son rapprochement de plus en plus prononcé vers son ancienne famille politique, le MNSD du temps de Tazartché, c'est-à-dire quand il a choisi de se mettre sous la bannière de Tandja Mamadou pour sauver ses affaires. Le choix du député Zakou Djibo a toujours été très simple : quand on n'est pas dans les affaires, on n'est dans l'opposition. Et aujourd'hui, il n'y a que son siège de député qui, visiblement, le retient dans le MODEN-Lumana. Les explications entre les patrons des milieux d'affaires Boukary Sani Zilly, Amadou Oumarou Maïnassara, Mohamed Rhissa et Zakou Djibo dit Zakaï, vont-elles parvenir à ramener le frondeur Zakou Djibo dans les rangs ? La question reste posée.

Bonté
Posté à 2012-02-01 23:31:25
Le marché par entente direct a été obtenu par la société Rimbo Services. AH! pour 6 petits millards, n'enmerder pas le bailleur de fonds du PNDS. Avant tout le MNSD a enfanté Zakou Djibo non. Que vient faire le nom du député Zily dans cette affaire de commercant et de marchés publics? AH! j'oublie qu'il est PNDS.

Hawallaye
Posté à 2012-02-01 11:49:04
Donnez un marche d'ie valeur de 6 milliards a un seul indivudu n'est pas juste. c'est une discrimination et du favoritisme.
On peut distribuer le marche entre une dizaine voire vingtaine d'operateurs economiques afin que chacun puisse en beneficier.
Nous sommes tous des nigeriens jouissant de meme droits ( equal opportunity) peu importe sa coloration politique , son appartenance ethnique, et sa provenance regionale.
Abas le favoritisme.
KIRKOUK
Posté à 2012-02-01 10:36:17
Qu'on cesse de nous prendre pour des tarés.

kare
Posté à 2012-02-02 01:12:06
A la lumière de l'article, toutes les procédures nécessaires sont suivies pour attribuer les marchés. Alors où est le problème? Le problème est certainement que les adjudicataires des marchés ne sont les parents de ceux qui braillent aux détournements!!! Mais les parents de chaque nigérien ne peuvent avoir un marché public. De grâce du calme pour laisser travailler ceux qui veulent travailler car il n'y en a qui ne peuvent meme pas.
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