La complexité de l’imbroglio politique sénégalais
- Écrit par Kané Illa
Depuis le dimanche 29 janvier dernier, la crise politique latente qui prévalait depuis plusieurs mois au Sénégal a subitement explosé, après la publication, par le Conseil Constitutionnel, de la liste des candidats à la présidentielle sénégalaise du 26 février 2012.
Comme elles l'avaient clamé depuis des longs mois, les forces politiques et sociales regroupées au sein du Mouvement du 23 juin (M23) ont vigoureusement réagi à la validation de la candidature du Président sortant, Maître Abdoulaye Wade. Pour ces forces au sein desquelles on retrouve des sommités de la scène politique sénégalaise, comme les anciens Premiers ministres Idrissa Seck et Macky Sall, ainsi que des grandes voix de la société civile sénégalaise et même africaine, à l'image d'Alioune Tine, secrétaire général de la Rencontre africaine pour les droits de l'homme (RADHO) le vieux Wade n'a aucune possibilité de se présenter pour un troisième mandat, au risque de tordre le cou à la loi fondamentale sénégalaise qui limite les mandats présidentiels à deux.
Dans le camp du grand-père Wade, on rétorque que même si la Constitution sénégalaise a limité les mandats présidentiels à deux, la disposition y relative ne saurait frapper le Président sortant, d'autant que cette disposition est intervenue après que Maitre Wade ait déjà entamé son premier mandat. Voilà, à mon avis, toute la complexité du houleux débat qui pollue actuellement le ciel politique sénégalais. Quand on s'en tient au sacro-saint principe presqu'universellement admis de la non rétroactivité de la loi, que lorsqu'elle n'accorde que des avantages à celui à qui elle sera appliquée ce qui est loin d'être le cas de la fameuse disposition de la Constitution sénégalaise pour le vieux Wade on est obligé d'être d'accord avec les partisans de ce dernier et la décision publiée le dimanche dernier par le Conseil Constitutionnel du pays de la Téranga.
On est aujourd'hui tenté de se demander où étaient tous les autres acteurs politiques sénégalais lorsque la disposition constitutionnelle limitant les mandats présidentiels à deux avait été adoptée. Pourquoi n'avaient-ils pas demandé qu'à cette période déjà il soit clairement indiqué que ladite disposition s'appliquait au Président en exercice, Maître Abdoulaye Wade s'entend ? Peut-être que si tout cela avait clarifié à l'époque, le Sénégal n'allait pas être où il se trouve actuellement car, même le Conseil Constitutionnel ne trouvera pas de parade pour le Président sortant. Chez nous au Niger, quand en 2009 le Président Tandja avait voulu rester au pouvoir, après son deuxième et dernier mandat constitutionnel, c'est la Cour Constitutionnelle qui lui avait clairement démontré que cela était impossible.
Il avait dû dissoudre cette Cour et préparer une nouvelle Constitution pour réussir son coup de force. Et même là, la manœuvre n'avait pas payé car, en plus des forces internes, une frange importante de la Communauté internationale s'était mise à ses trousses. Il n'avait au total bénéficié que de 57 jours sur son dernier mandat car, le 18 février, il avait été balayé par un coup d'Etat militaire vivement applaudi. La complexité du cas sénégalais est que c'est même la plus haute juridiction constitutionnelle qui a validé la candidature du Président sortant. Bien évidemment, cela met la Communauté internationale très mal à l'aise.
Comment, par exemple, attendre d'une Institution comme la CEDEAO qui avait beaucoup pesé dans le départ du Président Tandja au Niger qu'elle se prononce sur la situation qui prévaut au Sénégal, surtout si c'est pour dire que le Président Wade n'a pas la possibilité de briguer un troisième mandat ? Voilà certainement pourquoi, contrairement à ce qui s'est passé au Niger, la Communauté internationale donne peu de voix par rapport à l'imbroglio politique sénégalais.
Comment sortir du bourbier ?
Il reste que même si le droit semble pencher de son côté, le Président sortant Abdoulaye Wade fait face à une vive opposition dont il est certainement entrain de mesurer la capacité de nuisance. La tension qui prévaut à Dakar et dans les autres villes du Sénégal peut, s'il n'y prend garde, pourrir et ouvrir la voie à tous les mauvais scénarios que les uns et les autres peuvent imaginer. Et cela n'est de nature à arranger ni lui Wade, ni ses opposants, encore moins le Sénégal qui a jusque-là été un modèle exceptionnel de démocratie en Afrique. Pour donc sortir de ce bourbier, les différents acteurs de la crise sénégalaise doivent taire leurs querelles et mettre en avant les seuls intérêts du Sénégal et de son peuple. Etant donné que la plus haute juridiction constitutionnelle de leur pays a, contre vents et marrées, validé la candidature du Président sortant, les opposants à Wade, doivent prendre leur mal en patience et mettre en place une stratégie commune pour le battre dans les urnes. Au lieu de continuer à perdre leur énergie dans des manifestations, qui se soldent malheureusement par des pertes en vies humaines, les responsables du M23 n'ont qu'à demander à la Communauté internationale de créer les conditions pour que les élections du 26 février prochain soient transparentes. Comme cela, si le peuple sénégalais est véritablement de leur côté, ils vont chasser Wade et son clan démocratiquement. Et ils éviteront surtout au Sénégal de s'engouffrer dans une crise politique dont Dieu seul peut connaître l'issue.

Posté à 2012-02-18 03:18:24
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Posté à 2012-02-18 03:18:21
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Posté à 2012-02-18 03:18:01
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kadita
Posté à 2012-02-02 23:29:10
WADE= TANDJA en effet, les deux ont travaillé pour leur pays et tout le monde le reconnaît. C'est ça l'essentiel. C’est l’avenir. Tout le reste n'est que zizanie, mésentente, instabilité chronique et sous développement.
WADE = TANDJA en effet sauf que les sénégalais n'ont pas demandé à la communauté internationale de mettre leur pays, leur patrie sous embargo.
WADE=TANDJA en effet, sauf que les sénégalais, malgré leur opposition ont toujours su placer les intérêts supérieurs de leur pays, de leur patrie, au dessus des intérêts individuels et mesquins.
WADE = TANDJA oui sauf que les politiciens des deux pays ont des comportements différents. Les sénégalais aiment le pouvoir mais ils aiment encore plus leur pays. Les politiciens nigériens aiment aussi le pouvoir et certains d’entre eux aiment plus le pouvoir que leur pays. C’est une différence, une très grande différence.
WADE = TANDJA mais les politiciens sénégalais sont qualitativement différents des politiciens du Niger.
nima
Posté à 2012-02-02 23:06:19
Ah les nègres et la démocratie. Depuis que le grand homme blanc est venu un soir nous parler de démocratie et de ses bienfaits les nègres que nous sommes ne font que se charcuter. Dans toute l'Afrique noire il n'y a que pour la démocratie. Le développement peut attendre, la dignité peut attendre. Il faut tendre la main pour avoir de quoi manger ; ce n’est pas grave. Mais il faut surtout faire la démocratie c'est-à-dire les insultes, c'est-à-dire la zizanie, c'est-à-dire créer les maximum d’instabilité. C'est-à-dire que chaque 4 ou 5 ou 7 ans (ça dépend du bon vouloir des experts en démocratie) il faut organiser des séances collectives d’insultes, de corruption, de dénigrement appelées campagnes électorales. Tout ceci sous l’œil vigilant des « observateurs ». Qui sont donc ces observateurs appelés à observer la démocratie ? Ce sont des gens, nationaux et étrangers, gracieusement payés par la « communauté internationale » (entendez par là les USA, la Grande Bretagne la France…) Les observateurs viennent pour observer si le candidat de leurs employeurs est « élu ».
Si tel est le cas ils observent que « le bourrage d’urne que dénonce l’opposition ne remet pas en cause la sincérité du scrutin ». Et le tour est joué. Les battus se mettent de côté pour s’opposer et gagnant se mettent au pouvoir pour partager. Les pays sombrent dans le chaos. Et vive la pauvre, la misère et le sous-développement et la démocratie alibi.
Que faire ? Se tourner vers le grand homme blanc, vers celui pour qui nous faisons la démocratie pour demander la prime à la démocratie. Autrement dit, nous les nègres nous ne nous faisons pas la démocratie pour nous-mêmes, pour notre épanouissement. Nous la faisons parce que c’est une exigence du grand homme blanc.
Posté à 2012-02-02 07:55:14
Mr WAD quite le Senegale avant que le senegale te quitte comme tu as vu plusieurs exemples ne compte pas sur la france par ce que pour moi elle a trouvé un moyen pour te foutre à la porte comme citron sucé

Imam
Posté à 2012-02-19 21:35:08
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