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Gouvernance et vérités

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Le Niger indépendant a 52 ans. 52 années jalonnées de soubresauts où la gouvernance, à l’exception notable du régime d’exception d’un certain Kountché, a rarement été exemplaire.

 

 

25 ans après la disparition de ce taciturne officier que plus personne ne peut soupçonner de légèreté dans la gestion des fonds et biens publics, la gouvernance continue de susciter de vives inquiétudes au point où il n’est pas erroné de dire qu’elle constitue la première source de tourments chez les Nigériens. Véritable gangrène ayant atteint ces dernières années des proportions inimaginables, le phénomène de détournement des deniers publics et autres abus de biens sociaux est d’une telle récurrence que la stupidité serait devenue pour bon nombre de nos compatriotes le propre de ceux qui n’abusent pas des biens de l’Etat.

L’honnête citoyen, garant des biens et fonds publics, tenant à la qualité de sa contribution au développement du pays, a donc progressivement cédé le pas au prédateur, faisant dans l’administration publique le lit à des contre-valeurs aux impacts catastrophiques sur la société et l’Etat. Ainsi, sont en train de passés pour références à la jeunesse ceux qui, sans vergogne, ont trucidé l’Etat, en s’appropriant ses biens et son argent. L’Etat ? Il n’existe plus que dans l’esprit de quelques illuminés dont les velléités sont quotidiennement tournées en dérision. Pour cause, aucune affaire de détournement de deniers publics au préjudice de l’Etat ou d’une collectivité quelconque n’a connu d’épilogue judiciaire.

Dans le pire des cas, les prévenus sont internés quelque temps à la prison civile avant de devenir des pensionnaires de l’hôpital national où ils occupent des chambres normalement destinées à des malades, le temps que l’opinion nationale, en quête perpétuelle de sensationnels, soit portée sur de nouvelles casses d’autres gangsters plus audacieux. Alors, ils sortent de leur trou et regagnent leurs domiciles, blanchis par des décisions de justice aussi noires que la paume d’une main de singe. Personne, au sommet de l’Etat ne semble s’en offusquer. L’absence de sanctions sévères susceptibles de décourager toute atteinte au principe de l’inviolabilité des fonds et biens publics a favorisé au fil du temps la multiplication des actes de défiance vis-à-vis de l’Etat ;

un Etat dont le laxisme des premiers responsables a fini de porter un coup dur au sens de l’imputabilité et de la responsabilité. La nomination à un poste de responsabilité n’est plus perçue comme un défi à relever, mais un tremplin offert pour s’enrichir à profusion. Cette mentalité désastreuse, récemment encore dénoncée avec une rare violence par le président de l’Assemblée nationale, a détruit pratiquement toutes les voies de recours pour faire rendre gorge à ceux qui ont commis de semblables forfaits. Là encore, on abreuve le peuple de discours tandis qu’on étale son incapacité à s’assumer face aux cas les plus flagrants. Il ne faut pas se leurrer. Dans bien des cas, l’Etat est mort et n’est pas prêt de ressusciter.

C’est de notoriété publique que le phénomène de faux diplômes est pratiquement entré dans les moeurs. Il a détruit en la jeunesse nigérienne ce que l’on peut en attendre de plus cher, de plus noble. Le goût de l’effort et du succès mérité a depuis longtemps fait place à une tendance systématique à la triche qui emballe à la fois les enfants les parents. Quel avenir sommes-nous en train de préparer ? Quelle jeunesse formons-nous ? Il n’y a plus un concours qui ne connaît son lot de faux diplômes. Et comme l’Etat n’existe plus pour appliquer strictement les textes en vigueur en la matière, les contrevenants sont simplement interdits de passer le concours.

Aucune mesure n’est envisagée par le gouvernement pour mettre fin à cette mort lente mais programmée de la jeunesse nigérienne, et donc de l’espoir chanté à longueur de journée par les politiques, les organisations de la société civile, les médias, etc. Car, si la jeunesse n’est pas assez mûre pour appréhender les enjeux réels de cette propension à la triche et à la fraude qui est en train de la ruiner, on a du mal à comprendre et à admettre le silence coupable des autorités politiques qui regardent, en spectateurs impuissants, ce jeu pervers et dangereux pour le Niger prospérer. Des dossiers épinglés avec de faux diplômes ? On se contente de les rejeter. Comble d’ironie, même dans le Niger de 2012, où la « renaissance » (de l’Etat ou de quoi précisément ?) est en passe de devenir l’hymne à chanter pour être dans le cercle du politiquement correct, le gouvernement est curieusement resté, l’arme au pied, attendant de voir l’étendue des dégâts pour réagir.

La politique de l’Autriche, adoptée comme stratégie de gestion de ce grave « cancer » ne peut être que porteuse d’un avenir sombre pour le Niger. En vérité, l’avenir est d’abord le reflet du présent. C’est la raison pour laquelle, Christine Lagarde, directrice générale du Fonds monétaire international en visite à Niamey, a attiré l’attention de nos gouvernants sur la complexité de leurs missions actuelles. Car, si les richesses du sous-sol donnent de réels espoirs quant à l’avenir radieux de notre pays, il va sans dire que cela exigera des gouvernants actuels un sens de responsabilité aigue et une capacité réelle à privilégier une gestion transparente des ressources du sous-sol.

Les propos de Christine Lagarde sont, c’est une autre vérité, une sorte de mise en garde. La culture actuelle, faite de goût prononcé pour la facilité et qui se développe au sein de la jeunesse parce que abondamment arrosée par les politiques, a déjà profilé le comportement d’un nombre impressionnant de jeunes nigériens.

Or, LE NIGER DEMAIN SERA EXACTEMENT CELUI, SURDIMENSIONNE,D’AUJOURD’HUI.

Tel ne peut être certainement la vision du Président Issoufou Mahamadou.C’est pourquoi, au regard de toutes ces sales affaires à plusieurs milliards qui ont défrayé la chronique sans que personne ne paie de sa liberté et que l’Etat ne soit rentré dans ses droits ; au regard de ce phénomène de faux diplômes devenu quasiment banal dans la vie quotidienne de nos compatriotes, le canard déchaîné a décidé de sortir la grosse artillerie jusqu’à ce que des mesures draconiennes soient prises pour y mettre un terme et permettre au Niger de croire en son destin de pays capable d’émerger.

Commentaires  

 
0 #5 le patriote 10-08-2012 15:14
qu'estce que kountché a foutu pour le Niger? Il a trouvé 64 société que diori hamani a laissé, a sa mort il il ne reste que 4 société les autres sont toutes dilapidées dans le samaria et la recherche de renseignement. Il a tué sani Souna sidd et bien d'autres. Ne nous parle plus de kounché de grace!
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0 #4 Hamani Ali 09-08-2012 14:02
Je ne suis pas toujours d'accord avec certaines analyses et commentaires de notre presse qui est loin d'être une presse véritablement professionnelle et responsables. Peut être normal!
Néanmoins, je trouve cet article très pertinent et qui peut remémorer, rappeler à l'ordre nos dirigeants au plus haut sommet sur les problèmes de la nation. Il peut surtout avoir le mérite de leur rappeler leurs engagements vis à vis de la nation devant laquelle ils ont juré de se sacrifier.
S seulement ces dirigeants peuvent de temps en temps jeter aussi un coup d’œil dans ces pages, ils découvriront beaucoup de choses qui font mal, mais également qui peuvent faire du bien, si et seulement si……………………….
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0 #3 BHAZ 09-08-2012 13:51
Pour les faux diplômes, les dirigeants actuels peuvent lutter s'ils le désirent mais pour les détournements des biens de l'Etat, ce sont eux mêmes les champions, c'est pour cela que vous les voyez incapables de bouger le petit doigt pour sanctionner quelqu'un.

Sinon, ce n'est pas du tout difficile de savoir si un fonctionnaire nigérien a volé ou pas. On connait son revenu, on connait sa famille(pour savoir s'il a hérité ou pas), il suffit de comptabiliser ses biens et de les rapporter à son revenu.

Tout ce qui n'est en cohérence doit faire l'objet de demande de justification. Si pas de justificatifs convaincants, on saisit le bien pour le verser dans le domaine public.
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0 #2 Dr.ibrahim m.laminou 09-08-2012 13:35
Merci barmou pour cette interpellation qui s'adresse à tous en particulier à nos gouvernants. Toutefois, la situation est si critique qu'il est desesperé de renverser la vapeur.
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0 #1 Dan Sankarana 09-08-2012 13:32
LE NIGER EST UN PAYS DIFFICILEMENT GERABLE VOIRE DEPUIS LA CONFERENCE NATIONALE UNE CATEGORIE D'INTELLECTUELS ONT PRIS LE NIGER EN OTAGE ET ON CONFECTIONNE UN SYSTEME HERMETIQUEMENT FERME POUR POMPER LES RESSOURCES DU PAYS QUI SE PARTAGENT ENTRE AMIS DE CLUB, FAMILLES, AU DETRIMENT DE LA MASSE POPULAIRE QUI VIT CHAQUE JOUR DANS LA GALERE ,TOUJOURS A LA QUETE DU QUOTIDIEN DANS LA MISERE ABSOLUE, "SANS JUSTICE PAS DE DEVELOPPEMNT".
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