Qui a violé la décision du CNDP ?
- Écrit par Yahaya Garba (La Roue de l’Histoire N°624)
En violation d’une décision du conseil national de dialogue politique (CNDP) trois missions ont été effectuées dans certains pays d’Afrique...
pour, dit-on, avoir une idée sur l’expérience du fichier électoral biométrique. Les axes qui ont été retenus pour ces voyages d’étude sont Cotonou – Lomé – Ouagadougou – Dakar et Abidjan – Accra et les missionnaires sont rentrés depuis la semaine passée après leur odyssée. La question qui se pose est de savoir au nom de qui ces missions ont-elles été réalisées et qui les a autorisées ? A la dernière ré du CNDP, cette question de voyage a été largement débattue. A l’unanimité, il a été décidé de surseoir à cette mission dans l’immédiat et de laisser le comité proprement dit qui sera mis en place bientôt de la réaliser.
Ce qui va lui permettre d’appréhender les éventuelles difficultés dans la confection du fichier électoral biométrique pour que les dispositions soient prises à temps afin que notre pays réussisse son entrée dans la biométrie. Les autorités qui présidaient la ré ce jour-là avec à leur tête le Premier Ministre Brigi Rafini, par ailleurs président du CNDP, le Ministre d’Etat de l’intérieur, de la décentralisation, de la sécurité publique et des affaires religieuses Abdou Labo, le Ministre de la justice garde des Sceaux Marou Amadou avaient approuvé les avis émis par l’assistance. Du reste, la synthèse du Premier MiMinistre, président du CNDP a insisté pour dire, point de mission pour le comité ad hoc.
Mais voilà que curieusement le comité ad hoc faisant fi de cette décision unanime du CNDP s’arrangea pour effectuer ces voyages d’étude. Déjà, au cours des débats, certains membres du même comité n’ont pas caché leur attachement à ces missions et à travers les arguments somme toute légers, ils se sont entêtés à dissuader vaille que vaille le CNDP sur la nécessité de leur mission. Quelle suite alors la classe politique va-t-elle réserver à cette attitude déloyale des membres du comité ad hoc qui ont agi contre l’avis, y compris de leurs groupes respectifs ? Il faut rappeler que le cahier de charges confié au comité ad hoc ne dépasse pas plus qu’élaborer des projets de texte afférant à la biométrie pour créer le cadre légal qui permettra au Niger de rentrer véritablement dans un processus électoral sur la base de la biométrie.
Il est évident qu’en matière électorale chaque parti veille individuellement sur ses chances et ses intérêts, et puis sur les intérêts du groupe auquel il appartient. Les questions électorales étant très sensibles, chaque étape du processus compte et tous les compétiteurs doivent être mis dans les mêmes conditions pour l’organisation et la tenue d’élections libres et transparentes acceptées de tous.

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