La Des scènes élégantes de la classe politique nigérienne
- Écrit par Yahaya Garba (La Roue de l’Histoire N°626 du 22 Août 2012)

Le samedi 19 août 2012, la communauté musulmane nigérienne a célébré la fête de ramadan sur toute l’étendue du territoire après un mois plein de jeûne, conformément au communiqué du Conseil Islamique du Niger.
A cette occasion, l’islam recommande vivement aux musulmans de se rendre visite et de se demander pardon. La classe politique nigérienne a donné ce jour-là, comme à son habitude du reste, le bon exemple de solidarité et de pardon mutuel. Les personnalités politiques dans leur majorité ont pris part à la prière de l’Aid El-Fitr à la mosquée de Grande prière de Niamey aux côtés des hautes autorités de notre pays avec à leur tête le Président de la République SEM Issoufou Mahamadou. Après la séance de la prière, le chef de l’Etat s’est retrouvé en tête à tête avec l’ancien Président de la République déchu, en présence d’autres personnalités politiques sous les applaudissements et la grande surprise du public.
Peu après, ça sera le tour des locaux du palais de la présidence d’être pris d’assaut par une masse compacte d’acteurs de la scène sociopolitique, tous venus souhaiter la bonne fête au Président de la République. Mais au passage, le public se congratulait et se présentait les voeux de bonne fête. Là aussi, le public a été émerveillé par le conclave inédit entre M. Issoufou Mahamadou, M. Hama Amadou et M. Seïni Oumarou, qui, en toute complicité, sirotaient leur café, se tapotaient et discutaient tranquillement. Pour qui connait les couacs qui ont émaillé en certains moments les rapports entre ces trois personnalités, cette retrouvaille mérite d’être saluée.
Une bonne partie du public s’est résignée à faire le déplacement de la présidence dans la soirée où les présentations de la bonne fête ont continué jusqu’au crépuscule au regard du grand monde qui se bousculait au palais pour consacrer à ce rituel. De façon générale, la communauté musulmane de notre pays a passé la journée du samedi dans la ferveur et les réjouissances entre parents, amis et autres voisins, en se félicitant ou en se présentant les meilleurs voeux à travers des visites ou au moyen des coups de téléphone et des petits sms. Les réseaux de téléphonie cellulaire opérant sur place ont été largement débordés en ces temps de fête.
En ce qui concerne la classe politique nigérienne, il faut dire qu’elle a fait à maintes reprises preuve de hauteur d’esprit pour surmonter toutes les crises sociopolitiques qui surviennent par à-coups en vue d’assurer un bon fonctionnement de notre système démocratique. Il n’y a pas longtemps encore, notre pays a eu le mérite d’être cité en bon exemple de démocratie dans la sous-région. La classe politique et les nigériens dans l’ensemble ont su sortir le pays de la situation des plus difficiles pouvant engendrer des crises majeures sur la scène politique. Plusieurs structures de dialogue, de prévention et de règlement des conflits ont été créées pour faciliter l’obtention des compromis sur certaines questions sensibles.
On peut citer le conseil national de dialogue politique (CNDP), la commission de dialogue social, la médiature nationale, la commission nationale des droits de l’homme et des libertés fondamentales, entre autres. Même si elles ne sont pas encore institutionnalisées, les rencontres du genre de celles des jours de fête ou de rupture de jeûne collective, des cérémonies de mariage, de baptêmes et de décès et surtout la rencontre du chef de l’Etat et du chef de file de l’opposition qui a dorénavant rang de président d’institution, contribuent à baisser sensiblement la pression au niveau de la scène politique. Pour l’heure, on peut se réjouir du fait que notre classe politique met à profit ces genres d’occasion pour éteindre certains foyers de tensions et aplanir certaines divergences mineures.
Par ailleurs, il est important de souligner qu’après chaque scrutin, les différents candidats aux élections ont sagement acceptés les résultats des urnes depuis le début de notre expérience démocratique. Y compris après les coups d’Etat récurrents que nous avons connus en 20 ans de démocratie, notre classe politique a toujours fini par reconnaitre et par accepter l’équipe des putschistes pour sauver les meubles même si c’est sous la menace des baïonnettes.

Commentaires
Tous des pourris