Lutte contre le terrorisme 50 experts civils européens à Niamey
- Écrit par A.I.(Le Canard déchaîné N° 548 du 27 aout 2012)
Le projet antiterrorisme entre dans sa phase active au Niger avec la présence de 50 experts européens dans les différents centres de formation militaire que compte notre pays.
Cela entre dans le cadre des négociations entre le Gouvernement nigérien et la commission de l’ européenne, apparemment bouclées lors du récent déplacement du Premier ministre Brigi Rafini à Bruxelles, siège des institutions de l’ européenne. C’était en mi-juin dernière. Présenté comme une assistance technique civile, ce plan de formation des éléments de la police, de la garde nationale et de la gendarmerie (sans les militaires occupés à fouetter d’autres chats) durera quelques deux années. Normal, comme dirait l’autre, puisque le Niger demeure un îlot, certes inondé et en proie à la vie chère, mais un îlot quand même de paix dans un océan d’enjeux sécuritaires, les uns aussi menaçants que les autres.
Aux impondérables de la crise malienne et des réminiscences de celle de la Libye s’ajoutent les menaces du MLNA et du MUJAO, pour ce qui est du flanc malien et du Boko Haram du côté du Nigeria. Du reste, des informations de plus en plus concordantes affirment que le MUJAO malien serait issu du GIA algérien (Groupe Islamique Armée) et de ses ramifications plus particulièrement en France alors que le Boko Haram avait réussi sa jonction avec ALQAIDA depuis belles lurettes. Dans ce contexte, le Niger qui aurait, selon certaines sources, signé des accords avec le MLNA (nébuleuse rébellion touarègue, du moins à son apparition) en même temps que la Mauritanie, se doit d’assurer ses arrières.
Cela est d’autant plus nécessaire que notre pays semble être isolé au sein de la CEDEAO pour l’option militaire au Mali. Les plus hautes autorités de ce pays à qui l’institution commune sous régionale a accordé un délai pour la formation d’un gouvernement d’ nationale répugnent encore à accepter la guerre sur leur propre territoire. Pour ce peuple historiquement guerrier, l’option de la guerre pour réunifier le territoire malien divisé en deux lambeaux aurait des conséquences dramatiques sans garantie d’une durée raisonnable. D’un autre côté, beaucoup de stratèges reconnaissent que le Niger est bien dans son droit d’appeler la communauté internationale à envisager le choix de la force en cas de refus du dialogue par le MLNA et le MUJAO afin de confiner les théâtres des opérations au seul territoire malien et éviter les débordements dans les pays voisins particulièrement le nôtre.
On sait qu’il y a des fréquents heurts entre les militaires nigériens avec des groupes armés écumant la zone. Il y a deux jours encore, ces militaires auraient détruit, par voie aérienne, des groupes armés en pleins combats dans nos propres terres. Nonobstant cette situation sécuritaire préoccupante, les citoyens se posent des questions sur les vraies raisons de la présence de ces 50 experts européens dans notre pays. On se souvient qu’il n’y a pas longtemps, les Etats-Unis d’Amérique avaient conduit, dans la sous région, un programme de formation militaire contre le terrorisme. Puis, il y avait eu les rumeurs de l’installation d’une base militaire américaine ou française dans le désert nigérien. Toutes ces informations, non encore confirmées de sources officielles, mises bout à bout et assorties des suppositions qu’Américains et Européens font aussi autre chose que ce pourquoi ils sont là, donnent de la chair de poule aux citoyens.
Ce ne sont donc pas les quelques interviews accordées par des hauts gradés de l’armée nigérienne qui suffiront à faire baisser les spéculations. Principalement dans un contexte où les forces armées nationales sont écartées de ce plan de formation car il y a terrorisme et terrorisme. Alors auquel des deux feront face les éléments de la police, de la garde nationale et de la gendarmerie ? Et puis pourquoi 50 experts au lieu de moins que ça vue l’étalement de la durée de la formation ? Les différents experts ne peuvent-ils pas se relayer selon les objectifs spécifiques de chaque module de formation ? Y avait-il besoin de maquiller cette mission sous le label « formation civile » alors que tout laisse croire que ces « experts » sont des redoutables éléments vraisemblablement issus des forces spéciales de certains pays européens rompus dans la lutte antiterroriste en Afghanistan, en Irak et partout ailleurs où la menace existe ?
Voilà de quoi interpeller la vigilance des ceux qui ont la destinée du pays sur leurs épaules sinon, demain, ce serait trop tard !

Commentaires
Tu crois au complot mondial contre l'afrique? Si les nigériens ne sont pas capable d exploiter leur sol ou de se débarrasser des mécréants, qui va le faire? T as pas l'impression que le Niger a besoin d aide dans tout les domaines?