Le Décor...
- Écrit par Bachir. A. (Membre du groupe Les Soldats de la verité)

« Quand les combattants du MUJAO considèrent, indifféremment, le territoire Malien comme le territoire Nigérien, comme un territoire conquis, il est aisé de comprendre que MAHAMADOU ISSOUFOU ne puisse avoir une autre position que de considérer son pays comme directement menacé. ».
Quel est l’observateur qui pouvait comprendre certaines choses se passant au Mali? Combien de « spécialistes du Mali » ont finalement avoué ne détenir qu’un bout du « tout » ? C’est ainsi que nous ne chercherons pas à tomber dans le piège de la recherche de la liaison des choses entre elles car nous sommes convaincus que si le MALI est un tout, ce qui s’y passe ne relève pas d’une approche de « tout ».
1. Le coup d’état militaire du Capitaine Sanogo :
Ne cherchez pas loin! On pourrait s’y aventurer comme l’ont fait certains qui sont partis chercher les causes dans le malaise au sein de l’armée, l’absence d’un état etc. Que d’explications plus savantes les unes que les autres n’avons-nous pas entendu ou lu ?
Pour notre part nous sommes convaincus que des sous–officiers et officiers, dont Sanogo, ont vu leurs supérieurs se « sucrer » et ont pensé tout simplement qu’en franchissant le Rubicon ils pourraient avoir leur part du gateau. Si non, comment comprendre l’allégiance de certains officiers supérieurs, dès le lendemain du coup d’état ?
2. Le gouvernement de transition ?
Devant la pression de la communauté internationale, les putschistes du Capitaine Sanogo se sont vite empressés de vouloir mettre en place une transition afin de leur permettre de résoudre le vrai problème mentionnne plus haut, mais aussi refiler à quelqu’un d’autre la « patate chaude » : résoudre certaines questions comme celle du Nord, l’organisation d’élections acceptables etc. Mal, leur en pris, devant l’intransigeance de la CEDEAO et la crainte de la contagion représentée par le coup d’état survenu en Guinée Bissao, ils furent obligés de faire des concessions à la CEDEAO et ramenèrent leur objectif à une certaine mainmise sur le gouvernement de transition.
N’a-t-on pas expliqué l’agression du Chef de l’Etat intérimaire par des badauds par une main basse de la junte militaire ?
Combien de citoyens maliens ont expliqué le zèle du Premier Ministre par le fait qu’il soit l’homme des putschistes dans le gouvernement de transition (exclusion de tous les partis politiques représentés à l’Assemblée Nationale dans le processus de négociation des contenus de la transition; création d’une alliance pro-putschistes etc.) ?
Qui n’a pas vu la main des putschistes dans la sortie rocambolesque de Diarra sur les ondes le jour même du retour du Président intérimaire de Paris après son agression ?
3. La situation au Nord.
Une autre lecture de la situation s’impose à nous quoi qu’elle sorte des raisonnements stéréotypés et généralisant.
Passons en revue certains aspects de la question !
Alliance MUJAO-ANSAR DINE-MNLA?
Là les avertis avaient déjà prévu le caractère éphémère de cette alliance pour des raisons historiques, culturelles et d’intérêts.
Que cette alliance éclate, d’abord avec le départ précipité et autoprogrammé du MNLA, n’étonne que le commun de nous autres !
Que l’on envisage, déjà, un affrontement entre le MUJAO et ANSAR DINE cela n’étonnerait que ceux qui cherchent loin et ne savent pas que la divergence ( ?) essentielle résiderait, tôt ou tard, dans le contrôle des différents trafics (drogue et armes surtout) par l’une ou l’autre des organisations.
Position des différents pays membres de la CEDEAO ?
Cet aspect de la situation dans le nord mali titille le cerveau des simples gens autour d’un certain nombre de questions ?
Pourquoi le froid de l’Algérie ?
Pourquoi le comportement de ce pays frise-t-il celui de celui qui ne se sent aucunement concerné malgré la menace claire et latente que représente cette situation pour lui ?
Qu’est-ce-qui explique la position mitigée de la Mauritanie ?
Pourquoi le Sénégal est-il distant?
Qui est qui peut expliquer le comportement zélé de certains pays comme le Niger?
Le Nigéria ?
Le Burkina Faso ?
Si l’on peut expliquer l’implication du Nigéria par les liaisons organiques et de solidarité agissante qui peuvent exister entre BOKO HARAM et AQMI, celle du Burkina la tendance de ce pays ou de ses dirigeants à jouer le rôle de modérateur dans la sous région, il n’en demeure pas moins que la position du Niger paraît un peu bizarre pour la commune jugeote.
Là encore ne cherchez pas loin!
Qu’on le veuille ou pas, les populations de ces pays et celles du Nord Mali entretiennent des relations qui dépassent de loin celles du simple voisinage.
Combien de familles sont aussi bien de Bourem, Ansongo, Kidal, Ayorou,Tillabéry, Téra et Niamey ?
Comme quoi le grand père ou son frère, si ce n’est la tante, ont voyagé dans le temps et l’espace et y ont laissé des traces !
Doit-on rappeler que la quasi-totalité des boutiques alignées sur le côté Est de l’actuel Grand Marché de Niamey appartenaient presqu’exclusivement aux fameux « GAO BOREY » ?
Doit-on rappeler que la quasi-totalité des populations de la zone de ABALA (Filingué) ont un pied au Niger et l’autre au Mali?
Ajoutez à cela la même menace qui pèse sur le Nigéria et la situation géographique du pays qui en fait un pays sur la ligne de front et vous comprendrez aisément pourquoi MAHAMADOU ISSOUFOU crie fort.
A-il tort ?
Alors nous signons et persistons que : quand les combattants du MUJAO considèrent, indifféremment, le territoire Malien comme le territoire Nigérien , comme un territoire conquis , il est aisé de comprendre que MAHAMADOU ne puise avoir une autre position que de considérer son pays comme directement menacé…

Commentaires
Si les pays frontalier au Mali ne s'associent pas pour combattre les bandits armees un jour il sera impossible d'être épargner par cette contagion