Administration Nigérienne : Inefficacité ou complaisance ?
- Écrit par La Rédaction (L’Autre ESSOR N° 17 du 05 Septembre 2012)
Nous ne cessons d’en parler, l’administration Nigérienne surtout publique a trop d’insuffisances.
En principe, une administration a pour rôle fondamental, la satisfaction des usagers du service notamment les citoyens qui viennent pour un service quelconque : Renseignements, établir une pièce ou alerter le pouvoir public sur une situation. Dans ces conditions, l’administration doit écouter et satisfaire l’individu ou l’usager dans la limite de ses moyens ou compétences et cela de façon sincère. C’est pourquoi certains estiment que l’administration doit être fluide donc rapide et efficace. Le Président de la République dans son message à la Nation du 02 Août 2012, à la veille de la fête de l’Indépendance du 03 Août a plaidé pour une administration efficace pour le Niger. Mais en vérité, dans quel état se trouve notre administration aujourd’hui ? Qu’est ce qui bloque la bonne marche de cette administration ? Est-il possible de remettre cette administration sur les rails afin qu’elle soit efficace et performante ?
En regardant de très près cette administration, nous pouvons sans risque de se tromper affirmer qu’elle a beaucoup d’insuffisances : manque de moyens matériels, humains, manque aussi de compétences car beaucoup de ses cadres sont à la recherche de recyclage et de formation de qualité. Sur ces quelques insuffisances relevées ; il suffit de se rendre à l’intérieur du pays pour constater que souvent le minimum manque. Dans un département par exemple, il n’est pas rare que le matériel didactique manque ou que le personnel soit insuffisant ; le matériel roulant parfois vétuste ou totalement inexistant. Le même schéma est perceptible au niveau des régions et des entités décentralisées. Dans ces conditions, comment l’administration peut-elle offrir un service de qualité dans la rapidité souhaitée et exigée par l’usager du service public ?
Il revient donc à l’Etat de créer les conditions nécessaires pour une efficacité de l’administration. Par exemple le matériel doit être dans les bureaux pour faciliter le travail ; le personnel doit être recruté en quantité et en qualité mais aussi et surtout bien le motivé par des salaires conséquents. Par ailleurs, pour une efficacité de notre administration, elle doit être dépolitisée car, il est nécessaire et impératif de placer l’agent qu’il faut à la place qu’il faut : le méritant sans regarder son visage, ses habits ou ses chaussures. En cas de manquement , qu’il soit sanctionné proportionnellement à sa faute. Il faut un baromètre efficace pour sincèrement évaluer les agents de l’Etat afin de maîtriser la situation. Avant même le recrutement, l’Etat doit s’assurer de la bonne moralité de l’agent qui doit être façonné de telle sorte que, seul son travail le préoccupe.
Ce faisant,il n’ aura plus de place aux agents complaisants, maladroits, sans éthique qui oublient totalement qu’ils sont au service des populations. Ces agents souvent arrogants, au fonds nuls sont malheureusement tapis dans l’administration et cela à tous les niveaux. Ces mauvais commis de l’Etat sont nombreux et sont à rechercher parmi les secrétaires et chefs des cabinets qui sont généralement placés par affinité, par le biais des Parents, Amis, Connaissances et Affiliés(PACA). Cette catégorie d’agents tapis dans notre administration méconnaissent en général leur rôle dans le service. C’est pourquoi, ils sont généralement mal vus et détestés par tous. Ce sont eux qui colportent, calomnient et diabolisent certains honnêtes citoyens auprès de leurs patrons ; ce sont eux qui cachent tout appui ou avantage que leurs patrons jugent nécessaire d’apporter à un usager de leur service et ce sont eux qui rient et font semblant que le patron a dit ceci et cela.
On est où là ? Comme disent les ivoiriens ! Mais, là où ils sont souvent dangereux, c’est quand il s’agit d’un courrier dont le porteur ne les plait pas. Il égaré et en le demandant c’est la bagarre. Tous ces comportements relèvent de la mauvaise foi de certains agents de l’administration qui bloquent délibérément un projet porteur pour le Niger. Ce sont donc des comportements à bannir. A propos, nous recommandons à l’Etat de dépolitiser une fois de plus notre administration et de procéder à une enquête de moralité sérieuse afin de mettre croix sur les mauvais agents qui travaillent sans mettre en avant l’intérêt du citoyen et du Niger. Cet exercice n’est pas facile mais il le faut, car il y va de l’intérêt de notre pays. L’hypocrisie et la méchanceté doivent disparaître dans notre administration pour qu’elle soit efficace et performante comme le veut le Chef de l’Etat.

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