Décisions du dernier conseil des ministres Le limogeage des DG de la Douane sonne la panique dans les rangs des ministres et des DG
- Écrit par A.I. (Le Canard déchaîné N° 550 du 10 septembre 2012)
Dans un moment d’expectative où tout peut se produire, il vaut mieux se faire tout petit, histoire de se faire oublier.
Bien d’hommes politiques le savent si bien que certains n’hésitent pas à faire le tour des rédactions (par téléphone ou par personne interposée), histoire qu’on taise, pour le moment, leur nom même en bien. Ce signe patent de panique est accentué par la dernière décision du Conseil des ministres portant limogeage du Directeur Général de la Douane et de son adjoint. Alors, prélude au retour à la production et aux performances ou simple tempête dans un verre d’eau ?
La cure du Président de la République à Dan-dadji, son village natal, commence à produire ses effets. En tout cas, c’est le moins qu’on puisse dire si on s’en tient aux dernières décisions du conseil des ministres qui a procédé aux remplacements du DG de la Douane et de son adjoint. La communication présentée par le Ministre des Finances à l’occasion (lire en encadré) ne laissait aucune chance aux concernés : « notre administration douanière produit des résultats décevants » avait-il laissé entendre.
La messe est donc dite pour Ibro Salifou Dodo et son adjoint. Pour certains observateurs, les deux anciens patrons de la douane n’ont pas beaucoup démérité face à une administration douanière politisée et le manque des moyens modernes de travail. D’autres évoquent même l’argument selon lequel l’ancien DG Ibro Salifou Dodo qui produisait de bien meilleurs résultats du temps de Tandja Mamadou était un maillon faible puisqu’il doit sa (re) nomination à d’autres lobbys que ceux des QG des partis politiques de la mouvance présidentielle. L’un dans l’autre, la faible exécution du budget national qui était à moins de 13% au mois de juin dernier devait interpeller les plus hautes autorités du pays.
Naturellement des décisions douloureuses pareilles étaient attendues de tous sans sa voir exactement par où cela va-t-il commencer. Après que la première salve ait été tirée, il faut que cela se poursuive pour faire sérieux. Les domaines où des coups de balai identiques sont nécessaires sont légions. Le Président de la République qui, semble-til, a été bien « travaillé » lors de la ré de Dan-dadji, son réservoir électoral, se doit de sévir dans tous les compartiments de l’appareil étatique. Du reste, son unique intérêt réside dans l’action. Agir dans le sens de la demande collective des Nigériens ou bien agir pour satisfaire les attentes de l’extérieur.
Dans le premier cas, le Président grandit aux yeux du citoyen, sa côte de popularité fait un vrai bon et il reste à jamais l’homme politique proche de son peuple. A contrario, il donnera l’impression d’avoir beaucoup de mal à s’affranchir de certains groupes de pression qui font et défont les choses selon leur humeur du jour. Dans le second, il est de notoriété publique qu’on ne badine pas avec les intérêts, disons les créances, de la communauté internationale auquel cas on le paye cher et cash. Ces intérêts aussi commandent l’action. Sauf qu’en l’espèce, étant Président d’un pays africain de surcroît pauvre, Issoufou Mahamadou apparaît comme défavorisé face aux puissances extérieures.
A moins d’un soutien très fort des nigériens sans exclusive, on ne voit pas bien comment le Président Issoufou pourra prendre les mesures qui s’imposent en de telles circonstances. Pourtant, il le faut bien sinon bonjour les dégâts ! En attendant la suite des événements, la panique fait son petit bonhomme de chemin au sein de la mouvance présidentielle. Si l’on ajoute à ce premier signal de l’exécutif, les informations faisant état des conciliabules et consultations souterraines en cours depuis plusieurs semaines dans les différentes composantes du pouvoir, on comprend aisément les raisons du branle-bas général qui secoue les nouveaux nominés.

Commentaires
les cas au Niger on se connait tous et qui vivra verra.
Au temps de Tangja, quand un DG faillit à sa mission, c'est le pauvre vieux que vous accusez. Don Allah soyez réaliste. Le vieux ne vous rien fait et reconnaissez le travail qu'il a abattu, et vous savez que tous le regrettent maintenant à cause de la carence des dirigeants actuels, votre Issoufou en tête.