HALCIA, après un an d’attente Sur qui diligenter des enquêtes ?
- Écrit par O.I. (Le Canard déchaîné N° 551)
Créée par la volonté du président de la république, Issoufou Mahamadou, pour lutter contre la corruption...
la haute autorité pour la lutte contre la corruption et les infractions assimilées, la HALCIA, après un peu plus d’un an d’exercice, n’aura été que l’ombre d’elle- même. Il faut dire que dès le départ, le ver était dans le fruit. La presse et l’opinion publique se sont fait l’écho des dissensions à l’interne, dissensions qui, de toute évidence, ne pouvaient que freiner, sinon dévoyer le travail pour lequel cette institution a été créée. En effet, la presse a fustigé la présence au sein de l’autorité en question d’individus qui ne devraient pas y figurer du fait soi de leurs antécédents judiciaires, fiscaux ou de leur moralité sujette à caution.
Ainsi, au départ, il y avait une certaine suspicion qui, malheureusement, va se justifier, par la « dilapidation » des 60 millions mis à la disposition de la HALCIA pour son installation. Vint ensuite une forme de bicéphalisme entre le vice-président et le président. L’un, arguant son combat pour la restauration de la démocratie et le peu de confiance qu’il nourrissait à l’endroit de ses collègues et collaborateurs, serait finalement déçu par le fait que certains dossiers qu’il avait ficelés n’avaient pas eu de suite favorable. Il va finir par déposer une démission qui aurait été rejetée par le Président de la République.
L’opinion découvrait que la haute autorité pour la lutte contre la corruption et les infractions assimilées n’était, en fait, qu’une coquille vide qui, de toute évidence, ne pouvait point mener à bien une action de lutte contre la corruption. Les choses, même en restant à ce niveau, rendaient l’opinion publique sceptique. La démission fracassante mais rejetée du vice–président de la HALCIA vient lui donner raison. Malgré la volonté du président de la république de lutter contre la corruption, l’institution mise en place pour l’aider n’était pas à la hauteur des attentes et du président lui- même, et de l’opinion publique qui attendait que les prédateurs des biens publics rendent gorge.
Dans un point de presse organisé le 28 Aout 2012, le président de la HAL CIA vint apporter de l’eau au moulin des septiques. Alors que le peuple s’attendait à un déballage, l’homme chargé de conduire les travaux de l’autorité s’en tint à une litanie de plaintes. Plus d’un an après l’installation de la HALCIA, il vint dire à l’opinion que son travail avait été contrarié par les textes. Pour lui, il y a non concordance entre les textes créant son institution et les instruments juridiques internationaux. Bien plus, alors que l’opinion attendait d’avoir une idée claire des affaires traitées, voilà que le premier responsable de l’institution lui apprend que sa vocation n’est pas d’être le gendarme de la république, que son organe
« est chargé de suivre et d’évaluer le programme gouvernemental de lutte contre la corruption, de recueillir, centraliser et exploiter les dénonciations et infractions assimilées et de mener toutes études ou investigations et de proposer des mesures juridiques, administratives et pratiques de nature à prévenir ou juguler la corruption ». En fait, dans l’entendement des responsables de la HALCIA, leur institution peut être assimilée à un simple bureau d’études. Apres cette intervention, l’opinion est restée sidérée !Elle qui s’attendait à mieux, est servie par un galimatias que seuls ceux qui sont habitués à démêler les propos des membres de la CAMORA pouvaient déchiffrer.
Vendredi, à l’issue de l’entretien avec le chef de l’Etat, les responsables de la HALCIA avaient fini d’étaler, aux yeux du monde entier, leur incapacité de conduire une action salvatrice de lutte contre la corruption, ce mal qui gangrène, depuis des années, la société nigérienne au point où tous les secteurs de la vie sociale en sont touchés. Il est désormais établi que ceux qui animent la HALCIA n’ont pas l’étoffe pour lutter contre la corruption. Les yeux de l’opinion sont désormais rivés vers le président de la république lui –même. L’opinion s’interroge sérieusement : Le président de la république veut–il assainir ?
Il est clair qu’au vu des deux interventions télévisées du premier responsable de la HALCIA, la réponse est claire ! Or, en limogeant le DG des douanes et son adjoint, le président de la république a prouvé, aux yeux de son peuple qu’il n’hésiterait pas à frapper quand il le faut et où il le faut dès lors qu’il s’agit de défendre l’intérêt public. Il est temps, grand temps de mettre fin à la confusion à la HALIA en chassant tout le monde et à y apporter du sang neuf, sans oublier d’adapter les textes. Ce que le peuple veut, le président de la république le sait : le peuple veut des têtes. Il faut les lui offrir ! La renaissance n’aura de sens que si une lutte énergique est menée contre la corruption.
La renaissance n’a de sens que si ceux qui gèrent les deniers que le président de la république met à leur disposition pour servir les nigériens le font bien. L’équipe actuelle de la HALCIA n’a ni la volonté, ni la moralité, ni le courage de mener une telle action. Elle n’a pas non plus la volonté ou le courage de lutter contre les prédateurs. L’opinion publique est désabusée. Au Président de la république de prendre ses responsabilités, toutes ses responsabilités. C’est à ce prix que ses compatriotes pourraient, le moment venu, lui renouveler leur confiance !

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